Portrait de Lucrezia Panciatichi, 1541-1545, Agnolo Bronzino, Florence, Musée des OfficesPortrait de Lucrezia Panciatichi, 1541-1545, Agnolo Bronzino (Florence, Musée des Offices).

La dame,

au teint d’ivoire, et au cou long et élégant, est assise de trois quarts sur une chaise en bois ; sur sa main gauche posée sur l’accoudoir sculpté, on peut apercevoir une alliance, sa main droite, est posée sur un livre de prières ouvert, ce qui permet de lire quelques mots. La somptueuse robe rouge est ornée de dentelles et d’une ceinture en or et pierres précieuses. Les bijoux représentent non seulement l’appartenance de la dame à une classe sociale élevée, mais aussi le reflet de sa personnalité dans la symbologie de gemmes, et dans la phrase « Amour dure sans fin » inscrite sur le pendentif de son collier de perles. La phrase peut faire référence à l’amour conjugal ou à l’amour de Dieu pour les hommes. Lucrezia est assise devant une niche sombre entre deux colonnes ioniques, symbole de beauté et de chasteté.

Portrait de Georg Gisze, 1532, Hans Holbein le Jeune, Berlin, Staatliche Museen Gemäldegalerie

Portrait de Georg Gisze, 1532, Hans Holbein le Jeune (Berlin, Staatliche Museen Gemäldegalerie).

Le marchand Georg Gisze, figure sur la lettre qu’il tient dans ses mains, sur celles accrochées au porte-lettres à côté de lui, sur le billet fixé au-dessus de sa tête, ainsi que sur le mur lui-même, où il est écrit au dessous cette maxime : « Il n’y a pas de joie sans douleur ». Les objets représentés dans le tableau témoignent non seulement le statut social et les centres d’intérêt du personnage portraituré, mais aussi de l’habilité du peintre. L’aisance matérielle du personnage est attestée par le précieux tapis d’Anatolie,  Sur la table figurent les objets liés à la profession de Georg Gisze : sceau, cire, plumes, monnaies. Derrière lui est accrochée une balance de précision.

 

Marsilio Cassotti et son épouse Faustina, 1523, Lorenzo Lotto (Madrid, Museo del Prado).

Portrait dâ??Andrea Doria, 1526, Sebastiano del Piombo, Gênes, Palazzo DoriaPortrait d’Andrea Doria, 1526, Sebastiano del Piombo (Gênes, Palazzo Doria).

Ce tableau fut exécuté pour le pape Clément VII, qui demanda au peintre de faire un portrait de l’amiral avant que celui ne quitte Rome. Selon une disposition répandue dans le portrait vénitien, le modèle est placé derrière un parapet. De la main droite désigne à l’intention du spectateur la frise sculptée. Sur le parapet son alignés six trophées navals, tirés d’un fragment de bas relief d’époque augustéenne très copié à la Renaissance, conservé aujourd’hui au Museo Capitolino. La référence aux gloires militaires de Rome avait une signification précise liée à la récente nomination d’Andrea Doria à la fonction de capitaine général du pape. Le portrait célèbre l’engagement par l’Église de l’un des plus habiles chefs militaires de l’époque en le représentant comme un descendant idéal des anciens amiraux romains.

 

Le Tailleur, 1565-1570, Giovan Battista Moroni, Londres, National Gallery

Le Tailleur, 1565-1570, Giovan Battista Moroni (Londres, National Gallery). L’intensité du regard et le sérieux pensif de l’expression ne diffèrent pas de ceux que montrent dans les tableaux semblables des gentilshommes qui abandonnent un moment la lecture d’un livre ou d’une lettre, et ils confèrent une grande dignité aussi bien à la personne de l’artisan qu’à son travail. Le tailleur est représenté non seulement avec les instruments de son métier, mais en train de les utiliser pour exécuter son travail. Il s’applique à couper une pièce de tissu sur laquelle a tracé à la craie les lignes du modèle de vêtement à confectionner.

Triple portrait dâ??un orfèvre, vers 1530, Lorenzo Lotto, Vienne, Kunsthistorisches Museum

Portrait du duc Alexandre de Médicis, vers 1534, Giorgio Vasari, Florence, Galleria degli Uffizi

 

François 1er (3)

François 1er par Clouet légendé BnF

François 1er, Jean Clouet (?), vers 1530

La stature impressionnante du roi est mise en évidence par son costume, qui occupe toute la largeur du tableau et dont le peintre a minutieusement décrit les étoffes soyeuses brodées d’or.

 

François 1er en Mars et Mercure

François 1er en déité composite, vers 1545, parchemin collé sur panneau de chêne.

Le roi en allégorie divine est représenté en pied, revêtu des attributs de plusieurs divinités. Il est coiffé du casque de Minerve orné d’yeux et porte la tête de Méduse en pectoral ; son bras droit est recouvert de pièces d’armure et armé de l’épée de Mars, la pointe tournée vers le haut. Son bras gauche est nu. Il porte, à la ceinture, la trompe de chasse de Diane, accrochée à une courroie d’étoffe verte, brochée d’or, et, en bandoulière, le carquois de l’Amour rempli de flèches. Il semble tenir de la main gauche, tout à la fois, l‘arc de celui-ci et le caducée de Mercure dont il a chaussé les cothurnes ailés.
Son vêtement drapé, constitué de deux tuniques superposées, l’une gris-bleu et l’autre rouge, frangée d’or, est attaché sur une épaule par une tête de lion, et relevé sur les hanches par une ceinture.

Sur un cartouche servant de piédestal, orné de cuirs découpés avec effet en trompe-l’œil, très perceptible par les marques de clous, est inscrit un huitain explicatif :

« Françoys en guerre est un Mars furieux 
En paix Minerve et Diane à la chasse 
A bien parler Mercure copieux 
A bien aymer vray Amour plein de grâce
O France heureuse honore donc la face
De ton grand Roy qui surpasse Nature
Car l’honorant tu sers en mesme place 
Minerve, Mars, Diane, Amour, Mercure. »

Ce huitain est au présent, ce qui indique que le roi, auquel sont attribuées les qualités des dieux de l’Olympe, la force et la vaillance de Mars, la sagesse de Minerve, l’éloquence de Mercure, est toujours vivant. Le visage du monarque, d’ailleurs très évocateur de celui de François Ier, est représenté avec finesse et réalisme.