Changement de paradigme !

– On peut commencer par cette vidéo assez connue:

Ken Robinson explore avec son intelligence et son humour habituels le modèle éducatif dont nous avons hérité : c’est celui des Lumières.  Une période – il y a plus de deux cents ans – à l’origine de la révolution industrielle.  Et le modèle scolaire répond toujours aux besoins de l’industrie.

Mais aux besoins d’une industrie qui a disparu.  Une industrie fordiste et tayloriste où les tâches sont divisées, où chacun travaille à son poste en ignorant superbement ce que fait son voisin.  Il est interdit de copier, d’ailleurs.

Alors que les industries naissantes – qu’il s’agisse d’Internet ou du développement durable – exigent la coopération, la créativité, la faculté d’adaptation.

Le modèle scolaire actuel ne répond donc plus aux exigences du marché du travail et, si le diplôme reste nécessaire, il est insuffisant…

Ken Robinson dénonce aussi une « fausse épidémie » : celle du trouble des enfants hyperactifs que l’on traite à l’aide de quantités impressionnantes de médicaments.  De médicaments qui les endorment alors qu’il faudrait les éveiller, les rendre plus ouverts, plus responsables à l’utilisation des nouveaux médias…

L’école a besoin d’une révolution culturelle : pas demain.  Maintenant.

L’éducation est aujourd’hui dans une impasse. C’est non seulement parce quelle est intégrée à un système mais c’est aussi parce que ce système est désespérément défaillant et qu’il s’en va en déshérence… Cette fuite est démente puisque l’éducation est à l’origine et est supposée être le lieu de l’épanouissement personnel, de l’ouverture à la pensée et à la connaissance, de l’élévation à la culture, et le lieu de l’intégration à l’âge adulte et à la société. Pourtant, le système éducatif est en panne car il échoue à rencontrer ces impératifs premiers.

Le problème de l’éducation actuellement c’est que son système est engoncé dans un autre système, celui de l’économie, de la compétition, de la consommation et de la spéculation. L’éducation s’est écartée de son objectif social et sociétal pour intégrer un objectif plus à la mode : l’économie de marché. Le savoir n’est plus intégré mais consommé.  Les programmes sont normalisés et standardisés au lieu d’être libres et sources d’inspiration. L’évaluation discrimine les élèves au lieu de les aider à progresser. Des jeunes s’ennuient au lieu de s’épanouir et des professeurs sont coincés dans un programme à respecter.

Le problème lié au système éducatif vient du fait que nous avons persuadé insidieusement les élèves, les professeurs, les parents et la société entière que le droit à l’erreur était banni… Nous avons instauré l’apprentissage de la certitude alors que nous ne savons même pas à quoi ressemblera le monde dans cinq ans… Nous avons instauré la peur de l’échec et plutôt que d’éduquer les individus, nous avons fabriqué un système scolaire qui reproduit l’inertie méméplexe. Autrement dit, la peur de l’échec (élément devenu objet culturel) est répliquée inconsciemment par les professeurs et retransmise aux élèves dans une logique mimétique de sauvegarde du paradigme. Et tout cela pour supprimer la faute, pour lutter contre l’erreur, pour résister à l’échec. Mais l’échec de quoi ? En stigmatisant l’échec, le système éducatif se prive d’une prise de risque essentielle et formidable : la contingence, la culture du « pourquoi pas », la pensée alternative ; en somme la créativité. Dans une culture où l’on refuse l’échec et où l’on s’éduque dans la peur, il n’y a pas de place pour la créativité, ni pour la liberté…

Sans compter les désastres que peut avoir l’évaluation sur les élèves : au lieu de stimuler l’apprentissage, les notes sont vécues comme une forme de prix ou de sanction et sont donc source d’angoisse et de stress. Les notes ne donnent aucune indication sur le « comment progresser ? » mais donne une information très précise sur le rang… car « elles sont utilisées de façon normative », autrement dit elles comparent les élèves entre eux. En réalité, « ce ne sont pas les notes qui induisent une culture de la peur mais c’est la culture qui s’en sert comme d’un bras armé » (1) : elle structure l’esprit de compétition et elle est un outil de classement puis de sélection.

Les effets de cette calamité ne sont pas durs à cerner : crispation, échec scolaire, décrochage des professeurs, ennui général et frustration… Les « mauvais » élèves, qui sont mis au ban sont bien conscients qu’ils ne sont pas adaptés à un système qu’ils perçoivent comme abstrus. En fait, c’est le système éducatif qui n’est pas adapté à ces élèves. Il les a rejetés. Face à un élève qui s’ennuie ou qui décroche, le système éducatif ne sait pas quoi faire, et comme dans tout système fermé, quand il ne sait pas quoi faire, soit il ne fait rien, soit il fait ce qu’il ne faut pas (2). S’il ne les abandonne pas, le système éducatif cherche à enrégimenter de force les « rebelles »… et les obligent à rejoindre la culture de la compétition (c’est-à-dire qu’il les force à accepter la doctrine selon laquelle il y a des gagnants et des perdants). Nous n’éduquons plus nos enfants, nous les dressons à la résistance à l’échec.

Pourtant les fins de l’éducation sont nobles. Sans être exhaustif dans l’énumération des objectifs originels de l’éducation, on doit préciser ici qu’elle permet avant tout d’élever les individus au savoir et surtout de les intégrer à la société. En fait, l’éducation est censée permettre aux individus de trouver leur voie. Cela semble simple a priori, pourtant il apparaît clairement que ce n’est pas évident d’atteindre de tels objectifs lorsque l’on s’entête à demeurer dans un système schizoïde, fermé et suranné. C’est la raison pour laquelle le changement de paradigme est une étape plus que nécessaire dans l’élaboration de la nouvelle éducation : il faut sortir de ce carcan. Et cela commence par la violation de la norme…

Violer la norme c’est en réalité se battre contre le démiurge de la notion guindée de normalité. La conformisation à la normalité fait des ravages car elle empêche la création de valeur dans une société. Cette valeur doit provenir de l’ensemble des individus et embrasser la diversité. En violant la norme pour rentrer dans un processus inédit de création de valeur, les individus pénètrent la sphère féconde de l’imagination et réinventent la liberté. La créativité transforme la perception supposément établie et collectivement acceptée en une nouvelle vision alternative et originale de la réalité. Elle offre une kyrielle de possibilités et suppose donc que l’on sorte du cadre préétabli et flétri de la licence scolaire. Pour Ken Robinson, la créativité est la solution ultime pour redonner sens à l’éducation et faire cesser l’opprobre. C’est en accueillant la créativité avec amour que l’on sera capable de revoir notre façon d’enseigner, de « reconstruire notre conception de la compétence et de l’intelligence »(3). Faire l’avènement de la créativité signifie que le système éducatif autorise (ou permette) aux professeurs d’être créatifs pour qu’à leur tour ils permettent aux élèves de laisser libre cours à leur créativité. Ainsi chaque individu, élevé (éduqué d’une part, et hissé d’autre part), peut venir ajouter sa nuance chromatique au panorama participatif de la société.

Ce nouveau paradigme détruit des croyances collectivement assumées telles que l’éducation se fait à l’école uniquement ou encore que les établissements scolaires sont les seuls lieux où il faut briller. Cette prémisse pernicieuse est préjudiciable car elle est cause d’exclusion et de discrimination. En effet, les individus qui ne rentrent pas dans le schéma classique du système éducatif actuel, sont exclus. Le système échoue à mailler les individus car en voulant les uniformiser, il les disloque de leur talent naturel. En cela, il les prive de la chance de découvrir leur(s) compétence(s). C’est pourquoi, les « cancres » du système finissent par en sortir et vont chercher ailleurs leur propre champ de possibles. Par là même, ils se créent des espaces de liberté et parfois sans le savoir des espaces de création… D’ailleurs, éducation désigne étymologiquement l’action de « guider hors de ». En effet, l’école doit permettre à l’origine que l’on en sorte !(4) Ce n’est donc pas fondamentalement dramatique qu’un enfant n’ait pas un fonctionnement, une attitude proprement scolaire ; l’adjectif est par ailleurs plutôt péjoratif à la réflexion… Ainsi donc, les expériences extra scolaires peuvent parfois redonner de l’ambition culturelle et souvent ces expériences se jouent à peu : « il s’agit d’une valorisation qui vient de manière étonnante dans un cortège de gamelles » et « qui fait événement ». Ce type d’expérience est soumis à deux conditions : un renouvellement (un changement par exemple, une nouvelle donne), et une rencontre (une personne qui nous fait confiance et qui conséquemment nous valorise) (5).

Cette issue est possible si le système cesse de croire aux bienfaits de la culture de l’élitisme et commence à penser que les contours de l’événement éducatif sont perméables et souvent flous : il ne faut pas chercher à délimiter les espaces d’apprentissage, ni à les désarticuler.

Laurène Castor

Notation et « Evaluation » des enseignants par le chef d’établissement ?

N’est-il pas étonnant de prendre connaissance subitement d’un texte ministériel qui est un véritable bouleversement, sur un sujet aussi sensible … ? Je regrette la précipitation sur un thème qui mérite beaucoup mieux.

Nous passerions d’une situation, dans laquelle la note (administrative) du chef d’établissement compte pour 40% (et 60% pour l’inspection pédagogique), à la notation faite exclusivement par le chef d’établissement, tous les trois ans… Redonner la compétence pédagogique au chef d’établissement, ne peut pas se faire sans en définir les modalités avec précision… Il me semble également que cette question méritait une sérieuse concertation entre les inspecteurs, les enseignants et les chefs d’établissement … !

 

Il est vrai qu’actuellement, je considère le processus de notation, comme une légère mascarade … Mascarade, parce qu’il ne s’agit pas d’une évaluation, mais d’un système administratif qui calcule l’avancement en fonction de l’ancienneté ; et légère, parce que la notation administrative n’a que peu d’effet et surtout un effet « psychologique », et d’ailleurs, peut-être est-ce suffisant … pour ne pas tomber sur une pratique infantilisante … ?

Je parle, là, de la notation et non de l’évaluation… (C’est d’ailleurs là : un point pédagogique important … ! ) Et c’est sur ce point, qu’il serait sans doute nécessaire de réfléchir à une autre pratique, en particulier parce que l’accompagnement pédagogique des enseignants est quasi inexistant… N’est-il pas regrettable que les inspecteurs pédagogiques soient si peu présents dans les établissements ? ( le texte en est peut-être la conséquence ? )

 

Et je dissocierai de plus, l’évaluation de la gestion de carrière. Sur l’académie, je proposerais un véritable service de gestion des ressources humaines, en dissociation des établissements, et de son chef d’établissement.

Dans l’établissement, je privilégierais sous la houlette du chef d’établissement, le travail pédagogique collectif, et donc la cohésion de l’équipe éducative. Aussi, je crains le manque de « nuance » du projet, qui pourrait exacerber certains conflits … ?

Je trouve intéressant que le chef d’établissement, puisse valoriser la pédagogie en s’impliquant et en l’évaluant… A l’inverse, nous pourrions craindre des chefs d’établissement « uniquement « gestionnaires… !

Nous pourrions également nous interroger, à partir du projet ministériel, sur l’équité entre établissements. Qui fera la part des choses entre les établissements « difficiles » et « plus tranquilles » ? De plus l’objectif d’Education, me semble plus à évaluer d’un point de vue global ( académique .. ? ) que local … ( carte scolaire, bassin de formation …etc )

Une réforme sur le métier d’enseignant, et son statut me semble nécessaire … mais, en aucun cas, dans cette précipitation, et dans l’objectif d’économiser sur les salaires ( grille d’avancement ).

 

Nb / Le mot « évaluation » a pour le grand public, une légitimité et une consonance positive … Le piège du refus pur et simple du terme… donnera l’impression que les fonctionnaires refusent l’évaluation … Attention au piège !

Education 2012: accord PS-EELV

Ci-dessous un extrait de l’accord EELV-PS ( 15 nov 2011 ) sur l’Education:

IV – Améliorer la vie quotidienne des Français et préparer l’avenir de notre jeunesse

 1) Faire de l’éducation la priorité nationale et du savoir le levier du redressement

  Toutes les évaluations et les comparaisons internationales décrivent un système éducatif français déclinant, une école en panne, socialement ségrégative. 20 % d’une génération quitte l’école sans aucun diplôme de l’enseignement secondaire. 40 % des jeunes privés d’études supérieures sont au chômage trois ans après la sortie du système scolaire.

Apprentissage de la citoyenneté, transmission des connaissances, préparation à la vie professionnelle, formation à la coopération tout autant qu’à la compétition : c’est à l’école qu’un pays prépare son avenir. Elle doit redevenir le premier sujet, le premier projet, le premier budget de la République. Elle sera notre grande cause nationale.

Après une décennie d’abandon et de stigmatisation, l’école est à reconstruire. Dès 2012, sur la base d’une négociation globale avec les organisations syndicales, nous engagerons un plan pluriannuel de recrutement de professionnels – enseignants, conseillers d’éducation et d’orientation, médecins scolaires, assistants sociaux, surveillants – prioritairement destinés à ceux à ceux qui en ont le plus besoin : école primaire et zones d’éducation prioritaire. Nous revaloriserons le métier d’enseignant par une nouvelle formation pratique initiale et continue.

 

Bâtir l’école du 21ème siècle suppose de repenser son organisation et ses missions. Dix ans de politiques incohérentes, de programmes déconnectés du socle, de diminution du nombre de jours de classes dans le primaire, d’atteinte à la formation pratique des professeurs ont abîmé l’école et accru les inégalités. L’acquisition d’un socle commun de savoirs et de compétences (lire, écrire, compter, cliquer) doit redevenir la vocation première de l’Education nationale. La personnalisation des réponses éducatives avec des pédagogies différenciées et une refonte des rythmes scolaires pour alléger les journées de travail et mieux les répartir dans l’année sera notre méthode. Une nouvelle sectorisation sera nécessaire pour en finir avec les inégalités territoriales.

Favoriser la réussite scolaire et universitaire de tous les jeunes, c’est garantir leur autonomie pendant la durée des études. Convaincus que la jeunesse est la richesse de la nation et l’espoir d’un monde différent, nous déploierons, au cours de la législature, un « parcours autonomie » pour sécuriser leur entrée sur le marché du travail. Pour que jeune soit soutenu dans l’élaboration et la concrétisation de son projet de vie, nous regrouperons les aides sociales existantes (aides au logement, bourses sur critères sociaux…) dans une véritable allocation d’études. Pour qu’il n’y ait plus un seul jeune de 16 à 25 ans sans formation ni emploi, nous créerons un droit à la qualification pour tous garanti par un compte formation individuel. Nous nous appuierons sur les schémas régionaux pour combler le retard en matière de logements universitaires et nous améliorerons l’accès des étudiants au parc privé. Pour qu’aucun jeune ne soit désormais interdit d’accès aux soins, nous développerons les « chèques santé » expérimentés dans plusieurs régions et nous étendrons la gratuité de la contraception au delà de 18 ans pour les jeunes privés de couverture maladie autonomie.

Nous donnerons une nouvelle ambition à l’enseignement supérieur. La réussite en premiers cycles universitaires sera notre priorité. Un objectif de la moitié d’une classe d’âge au niveau de la licence sera fixé en début de mandature. Nous renforcerons la pluridisciplinarité, personnaliserons les parcours et améliorerons les conditions d’encadrement pédagogiques lors des trois premières années d’études supérieures. Pour rapprocher les filières et lutter contre les inégalités, nous engagerons l’intégration progressive des BTS et des classes préparatoires à l’Université que nous rapprocherons progressivement des Grandes Ecoles. Des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche seront organisées afin de réexaminer la loi LRU et de trouver les voies pour mieux garantir l’indépendance de la recherche. Parce que nous considérons que le savoir ne s’arrête aux portes des études, nous ferons de la culture le moteur d’un nouveau projet de société. Nous engagerons un plan pour l’éducation artistique et culturel à tous les âges fondé sur l’expérimentation territoriale. Le service public de la culture aura notamment pour mission de valoriser la diversité culturelle. Tous les artistes et les salariés du secteur culturel sans exception doivent être soutenus et valorisés : le régime Unedic des intermittents du spectacle et de l’audiovisuel sera réformé. Pour protéger la création tout en démocratisant l’accès à la culture, nous abrogerons la loi Hadopi au profit d’une approche qui assurera le financement des œuvres.

Questions au militant :

Face à l’urgence écologique:  » militer  » consiste t-il à rechercher le consensus ( démocratie participative ) … ?

Le 9 novembre 1989, notre vision du monde changeait.

 La démocratie moderne (alors que ce régime est honni depuis la fin de l’antiquité..) est née avec le christianisme dans les monastères, les papes sont élus…

Les principes en sont la valeur insigne de la personne individuelle qui la rend digne de ne pas être gouvernée contre son gré et la fait qu’une société humaine puisse s’améliorer, et que le progrès humain est possible.

Aujourd’hui, après l’échec des idéologies collectivistes, et le repli vers l’individualité, comment gérons nous le « bien commun » ? Les notions mêmes de progrès et d’idéal, sont remises en cause … !

 Je m’interroge sur le passage d’une démocratie représentative ( et le pouvoir donné au groupe majoritaire …) à une démocratie participative (la démocratie du consensus )…

 Les négociations actuelle entre partis, avant les élections présidentielles, illustrent très bien cette problématique … ( EELV, peut-elle négocier l’arrêt du nucléaire ? )

 Il me semble qu’aujourd’hui, l’opinion, valorise plus la « démocratie participative », que la « démocratie représentative » qui vise plus à la négociation qu’au débat. Clairement le citoyen préfère aujourd’hui parler au nom de ses intérêts, plutôt que des ses idéaux. On ne négocie pas des valeurs ( croyances ), mais on négocie des intérêts .. !

Le consensus recherché cherche à répondre de façon pragmatique à des problèmes concrets. Il ne s’agit plus de parler de « bien » ou de « mal » , mais de bon sens et de prudence, Le quotidien n’a pas à être transformé mais il doit être sauvegardé

 Le « militant » pétri d’idéaux  rejette le consensus, qui semble s’apparenter à de la magouille politicienne. Aussi – peut-être – suis-je piégé dans ma contradiction quand j’idéalise la « démocratie participative » ; d’autant que l’urgence écologique et sociale, nécessiterait une rupture politique … Autre contradiction : Ne préférons nous pas aujourd’hui «  la paix » ( fichez moi la paix ! ), à la «  vérité » ? Nous préférons « la sagesse » ( cool, zen, l’instant présent …) au jugement ( vérité, opposition, combat ..).

 A cette condition, y a-t-il encore une «  vision de monde » possible… ?

Depuis, son existence, le mouvement écologiste reste extrêmement minoritaire. Dans le système majoritaire actuel, celui qui n’a pas vu prévaloir son opinion ( par l’élection ) la conserve par devers lui et tente de la faire prévaloir au prochain vote…. Et le temps passe!

Aujourd’hui, peut-être, le citoyen, exclusivement voué à la vie quotidienne, aspire à plus de « connexions » et moins d’opposition …

L’Education : des réponses et des perspectives.

Luc Chatel nous trompe. Le service public de L’Education n’est pas la priorité de ce gouvernement, il n’est qu’une variable d’ajustement pour faire des économies…  Les expérimentations et autres dispositifs présentés aux médias sont « poudre aux yeux ». exemple ci-dessous : (1)

Des réponses claires proposées par «  Europe Ecologie les Verts » :

Le «  collège unique » s’enlise – après avoir scolarisé toute une génération ( – 16ans )- à vouloir former une « élite ». Oui, à «  l’Ecole Fondamentale » jusqu’à 16ans, avec une nouvelle articulation entre le primaire et le collège. L’absence de sélection et de redoublement implique une autre relation aux savoirs ( tous les savoirs .. ! ). La logique : « qu’un professeur enseigne pendant une heure une matière à une classe qui réunit toute l’année les mêmes élèves qui travaillent pour obtenir des notes qui leur permettront de passer dans la classe supérieure » est remise en cause !

L’arrêt des «  suppressions de postes » est immédiat : Rapport de l’IGAEN « Synthèse sur la préparation de la rentrée 2010 » sept 2010 : les options politiques et budgétaires « ne préparent pas totalement l’avenir dans la mesure où elles reposent souvent sur des choix conjoncturels et des solutions provisoires ».

Revoir le statut des enseignants ( 1950 ! ) On ne peut changer l’école que si on réforme le statut enseignant, dans le sens d’une plus grande présence dans l’établissement, ce qui, d’ailleurs, permettrait de reconnaître l’investissement de beaucoup de professeurs, en dehors du strict cadre de leurs cours, qui est une réalité capitale et aujourd’hui ignorée par le système..
Réformer le système des mutations des enseignants pour favoriser la constitution d’équipes stables et donner aux établissements la part d’autonomie nécessaire pour que, dans un cadre national clair, ils puissent définir de vrais projets.

La « carte scolaire » : est une réponse imparfaite. Il est préférable de se situer dans des politiques et des projets éducatifs de territoire. Une partie des « moyens », en particuliers ceux pour les « élèves en difficulté » seront décidés à l’échelle locale …

La formation des enseignants est prioritaire : ( objectif de former 30000 profs par an ). Pas de place ici pour en dire plus …

L’éducation tout au long de la vie… Aujourd’hui 150000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification. L’allongement de deux années de la période d’instruction obligatoire garantira à tous les jeunes de plus de 16 ans une place en lycée. La possibilité de suivre ces deux années de formation générale ou professionnelle jusqu’à 25 ans donnera la possibilité à ceux qui le souhaitent de prendre du recul, au cours d’une période qui doit être investie par les mouvements d’éducation populaire.
Après ce temps de formation, chacun bénéficiera d’un crédit de huit années de formation à suivre tout au long de la vie, avec garantie d’un revenu.
Ce revenu sera garanti d’emblée aux 16-25 ans, à travers un revenu universel d’autonomie, mis en place en cinq ans.

Le contrôle continu au BAC : Mais le problème du bac est bien plus profond : privilégiant la mémoire et la capacité de restitution en temps limité, et ce sur des savoirs strictement délimités, il ne permet pas d’évaluer les qualités de créativité, de coopération, de curiosité et d’esprit critique, autrement plus utiles dans l’enseignement supérieur, auquel il donne accès. Plus grave, il oriente toute la pédagogie en amont vers des exercices de mémorisation et de restitution.
Le contrôle continu n’est donc qu’une petite partie de la solution. Dans le cadre d’un lycée modulaire, une partie du diplôme pourrait être obtenue par un système d’unités capitalisables, le reste ayant la forme de la présentation de travaux personnels ou collectifs et d’une ou deux épreuves ponctuelle(s) transdisciplinaires.

(1)  Poudre aux yeux : Exemples : Le dispositif « cours le matin, sport l’après-midi ne concerne que 0,14 %  des élèves. Les « internats d’excellence » n’accueillent que 0,6 % des boursiers… Idem pour (dispositif CLAIR contre la violence, promotion des langues ou des sciences…)

Mon bilan à chaud, de la « préparation de rentrée » dans une cité scolaire de 830 élèves.

Au delà de la «  rentrée techniquement réussie », je tiens à rester concret, et démentir ce constat.

Les faits sont têtus .. ! A effectif constant, nous perdons au Lycée 100 heures Poste entre R2007 ( 745.5 HP avec  441 élev.) et R2011 (646 HP avec 439 élev) ! Nous avions 31,5 Hsa, cette rentrée 57 hsa alors que je n’ai que 30 professeurs qui peuvent les utiliser ( les autres étant des temps partiels ou des BMP )…  Les textes définissent à 1hsa par enseignant, la possibilité pour un chef d’établissement  de les imposer. Unilatéralement, les services imposent donc un nombre insatisfaisant d’heures supplémentaires. Au collège la distribution des Hsa est aggravée par le nombre important de collègues en temps partiel …

La préparation de la rentrée au Collège a été très difficile. La DGH distribuée en cours d’année dernière ne reflétait pas la réalité des effectifs pressentis ( et proclamés en vain …) pour cette rentrée. Au 15 juillet, la répartition de services avait été opérée ( il me semble légitime que les enseignants puissent partir en congé avec la liste des niveaux, des classes qu’ils auront en charge ..) sur une prévision d’Heures Postes correspondant à une classe supplémentaire inévitable en 3ème ( en gros, 28 heures étaient nécessaires …) ,prévision oblige … Fin juillet, un mel rectoral m’annonce, – pour l’ouverture de la troisième – 12 heures poste pour abonder la DGH … ! Catastrophe !

Je suis contraint, sans concertation aucune avec le Conseil pédagogique ( qui avait donc travaillé pour rien .. ! ), sans décision et approbation du Conseil d’administration ( alors qu’il avait déjà voté une répartition … ! ), de refaire la répartition de service… Et de bricoler sur un niveau ( choix du niveau 4ème ) et partager l’ensemble de l’effectif en 4 groupes, ou en 3 groupes,  selon les enseignements…

Effectivement, l’utilisation de regroupements pédagogiques artificiels, les Itinéraires de découvertes ( maintenues avec conviction en 5ème…), les « soutiens » divers servent de variable d’ajustement. Malheureusement, nous avons au collège plusieurs classes à 29 ou 30 élèves ; et la « personnalisation des parcours » ne devient alors que des mots creux ( et politiques …).

Au lycée, ce sera cette année « l’accompagnement personnalisé » en seconde qui en fera les frais ( à peine mise en place ! ). Nous avons du revoir une organisation complexe, qui permettait à chaque élève de seconde, de profiter en ‘ groupe restreint ‘, de 2 heures d’Acc. P.

Au lycée afin de proposer Espagnol et Allemand, en littérature étrangère ; nous avons du supprimer l’Espagnol – langue de complément – en L, et ES . Nous avons « rogné » sur le grec et le latin, et profité de l’engagement ( hors rémunération ) d’enseignants.  Les enseignements d’exploration fonctionnent avec des groupes d’élèves trop importants. Et la baisse des postes d’AED, ne nous permet plus d’organiser des aides et soutiens … qui seraient nécessaires. Je sais que «  les cours particuliers privés » profitent de ce désengagement du Service public quant au soutien individuel … !

Lors de cette préparation de rentrée, j’ai vécu ( comme jamais auparavant…) un dialogue difficile avec les services académiques qui gèrent les moyens. A deux ou trois jours de la rentrée, je n’avais toujours pas l’ensemble des personnels, en particulier les professeurs qui n’effectuent que quelques heures sur deux ou trois établissements… avec le risque ( important ) de devoir refaire les emplois du temps pour les faire coïncider .. !

Cette rentrée s’opère avec du stress, et nécessite de la part des équipes, un don de bricoler une organisation, que je préfèrerai à l’inverse : solide, concertée et sécurisante…

Et pourtant, miracle ! L’enthousiasme est au rendez-vous de cette pré-rentrée 2011.

Management: de « directeurs académiques » en « chefs d’entreprise pour EPLE »

S’il existe aujourd’hui, un véritable problème de « management » dans l’éducation, c’est à mon avis que les objectifs à long terme de notre ministre, ne sont pas avoués, voire « trompeurs ». Les « effets d’annonce » de ces derniers temps, cachent des réformes structurelles beaucoup plus influentes, comme ce simple décret qui tue les inspecteurs d’académie des départements, au profit de « directeurs académiques » en transférant au Rectorat les compétences des IA-DSDEN, le primaire, les affectations dans le secondaire, les moyens … Sous la pression de la RGPP, on préfère supprimer la proximité, et les acteurs de terrain. Et s’il est plus aisé, dans une logique libérale, de gouverner par une série de budgets distribués à la façon des « poupées russes » ; les « petits ministres de l’éducation » dans chaque académie rechercheront des « chefs d’entreprise » pour manager les établissements scolaires. Un budget (une enveloppe financière) leur sera distribuée, et ils auront toute autonomie, pour gérer au mieux ce capital …

Cette gouvernance s’applique dès aujourd’hui ; en effet, la réforme des lycées donne une grande autonomie à chaque établissement pour ouvrir ou fermer des enseignements d’exploration, des options facultatives… Nous décidons des disciplines qui bénéficieront des dédoublements, au profit ou au détriment des aides et soutiens … Cette année en première générale, nous avons du décider des langues vivantes que nous enseignerons en littérature étrangère et en approfondissement, des disciplines qui s’attribueront l’Acc. Perso… . Tout cela dans la précipitation, car nous ne connaissons pas encore le déroulement du BAC 2013 prévu par «  la réforme », et des questions se posent sur l’ouverture d’options comme l’histoire  …etc

Et ce qui est paradoxal, c’est que si les règles de « gouvernance » évoluent, le comportement syndical reste figé sur d’anciennes postures – telles par exemple celle du refus  de la part de certains enseignants, d’une «  co-gestion avec l’administration » –  … et qui donnent au seul chef d’établissement la responsabilité de choix aussi importants que ceux que je viens de nommer ….

Ainsi, dans mon établissement ( au lycée ); lors du CA, la moitié des représentants des enseignants, ont choisi l’abstention, alors que je demandais un vote sur les résultats d’un travail collectif portant sur des choix d’organisation de l’accompagnement personnalisé, le nombre des Ens. d’explo., le choix des options en LV …etc . L’argument étant de protester conte le manque de moyens …! ( objectifs? efficacité ? )…  Je crains que l’autonomie des établissement allié à certains comportements syndicaux, annoncent le pouvoirs de «  petits-chefs » qui se passeront de la légitimité de votes en CA, alors que seule la présentation de la répartition de la DGH suffit ( en deux CA,  si nécessaire …) ; – présentation trop éloignée des réalités de la rentrée, qui a pour conséquence que la répartition votée n’est pas celle qui est appliquée le jour de la rentrée … ! –

Discipline: de nouvelles mesures, mais pour quelle rentrée ?

Encore une fois, je ressens le « fossé » qu’il peut exister entre des mesures ministérielles et les réponses attendues à un problème de société, particulièrement aigüe  dans un lieu clos qui regroupe des centaines d’adolescents …

Créer une nouvelle sanction, appelée «mesure de responsabilisation » et appeler les chefs d’établissement à limiter les exclusions temporaires, ne représentent pas pour moi, une réponse satisfaisante à la question de l’indiscipline et de la violence scolaire. D’autant que, et c’est incompréhensible, des postes d’assistants d’éducation sont supprimés, et que le nombre de professeurs pour un même effectif d’élèves, baisse.. !

De plus, publier au Journal officiel, un 26 juin, de nouveaux textes ne permettent pas leur application à la Rentrée de septembre 2011. Mon autorité hiérarchique sait très bien que cela nécessite la modification du règlement intérieur de l’établissement après un vote du conseil d’administration et, en lycée, une consultation du conseil pour la vie lycéenne.

Le règlement intérieur figure sur les carnets de correspondance des élèves, et ceux-ci sont déjà à l’impression !

Questions pour 2012 sur l’autonomie des lycées

L’autonomie est une notion ancienne, même s’il faut attendre le décret du 30 août 1985 (article 2) pour la voir officiellement mentionnée et reconnue. De fait, dès les années 1970, la démocratisation de l’enseignement et son corolaire qu’est la massification, s’accompagnent de l’octroi de marges de manœuvre nouvelles aux établissements, indispensables pour gérer des publics de plus en plus hétérogènes.

Comme le relève le Sgen-CFDT : «  la prise de responsabilités par les équipes pédagogiques n’est-elle pas une « aspiration légitime » ?. « Le pilotage descendant, souvent excessivement tatillon, bloquant, est de plus en plus souvent mal vécu par les personnels, infantilisant », affirme Thierry Cadart, secrétaire général du syndicat. Aussi, n’est-il pas nécessaire, en 2012 de trouver : « une nouvelle articulation entre le niveau national et les initiatives locales est nécessaire » ?

Pour « desserrer le nœud de l’éducation », le SGEN-CFDT plaide pour une autonomie dans les programmes et les horaires. Il propose une part de la dotation horaire globale, « pas majoritaire, mais pas négligeable », pour la mise en place de projets dans les établissements. Il se dit également favorable à un contrôle des actions a posteriori, un contrat établissement-inspection, sans «évaluation sanction ». ( par exemple : baisse de la DGH, si redoublement important .. ! )

Le SNES résiste, mais que propose t-il ? Il évoque « une fausse autonomie », qui revient à gérer les situations locales avec moins de moyens, et provoque une réaction de rejet chez les professeurs. Et de lancer une pique : « Depuis 4 ans, tous les textes sur l’autonomie ont visé à renforcer le pouvoir du chef d’établissement, instaurant encore plus de hiérarchie ». Il s’agit donc de réfléchir, à la place et au rôle du Chef d’établissement … Si le pilotage se joue d’abord au sein même de l’EPLE par le jeu de ses acteurs internes, il faut avoir le courage de clarifier et préciser la responsabilité de chacun … !

Le SNPDEN, préfère le mot « responsabilité » à celui d’autonomie, trop « vague ». « Mais des responsabilités sans ressources, cela n’a pas de sens », remarque Philippe Tournier. Le représentant des chefs d’établissement soulève les questions de la gouvernance, de la régulation, du rôle de la communauté éducative… « Aujourd’hui, l’éducation est une succession de métiers hyper pointus, il n’y a pas de travail en commun. On est dans un fonctionnement tayloriste ».

Alors aujourd’hui, comme le souligne la FCPE, nous sommes plus dans la « débrouille » que dans l’autonomie…

http://www.educpros.fr/detail-article/h/8429e3e2d9/a/les-syndicats-de-leducation-sont-daccord-pour-lautonomie-des-lycees-mais-pas-celle-propos.html

Par contre, et cela est pointé dans toutes les études sur l’efficacité des systèmes scolaires :

la concurrence entre établissement est contre productive et inégalitaire… Développer l’autonomie des collectivités locales et des établissements, induit un rôle appuyé de l’Etat, comme celui qui doit rester garant de la qualité des conditions de scolarisation dans tout le pays? ( en Finlande: les écarts de résultats entre établissements y sont les plus faibles au monde [site de l’OCDE ou de Pisa.]

– Autre écueil : « le pilotage par les résultats ».. D’abord parce qu’il s’agit toujours – alors – de la mesure des résultats aux examens et de l’orientation .. ! En éducation.. Comme le médecin, l’enseignant n’est soumis qu’à l’obligation de moyens …

Questions à 2012 :

–          Que faire des 150 000 jeunes qui sortent aujourd’hui de l’école « en grande difficulté de compréhension de l’écrit » des élèves qui ont réussi normalement leur scolarité élémentaire et leurs études au collège, et entendent dès lors poursuivre tout aussi normalement leur parcours dans la voie commune d’un lycée unique ?

–          Comment dépasser les réserves contenues dans les théories du « handicap socioculturel » ou du « tout génétique » …? Elles semblent ne peuvent suffire à trouver les réponses qui nous permettront de concilier enseignement de masse et enseignement de haut niveau…?

–          Ne pourrait-on pas réfléchir à « la substitution – à l’actuelle école « unique » – de ce qu’on pourrait appeler une école « commune »(1)  puisqu’elle procède de la suppression de toute mise en concurrence des élèves et des établissements, et de la mise en place d’un véritable tronc commun.( GRDS ) http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?rubrique1

(1)    L’ »école commune » ou « Ecole fondamentale », dans un contexte non concurrentiel se caractérise par l’absence de redoublement et de classement , une réflexion innovante de l’évaluation formative et normative …

2012: propositions sur l’Education d’Europe Ecologie Les Verts

Avec Philippe MEIRIEU, EELV propose une réelle réflexion sur l’Education. Les propositions vont bien au-delà de quelques corrections du système actuel … Nous voyons bien, avec la mise en place actuelle du  » Socle Commun  » , le danger de plaquer ainsi des éléments de réforme sur de  l’existant qui -logiquement- ne peut les absorber sans être en ‘ contradiction ‘ avec les pratiques actuelles ( notation, conseils de classe, orientation …! ) : situation intenable pour des équipes éducatives …!

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