La Géographie, la Revue de la société de Géographie, est la première revue de Géographie au monde. Née en 1822, sa nouvelle formule trimestrielle signe une nouvelle naissance après 1528 numéros !
Editée en couleur sur du jolie papier, elle se destine à enrichir les rayons des bibliothèques et se destine tant au grand public qu’aux amateurs avertis, laissant une part belle aux écrits des géographes universitaires.
Ce premier numéro fait le point sur les « Iles, ces étranges objets de désir ». Cliquez sur la couverture pour feuilleter le magazine !
Les îles de l’archipel japonais
Dans un article sur le Japon, on apprend que le nombre d’îles de l’archipel japonais fut longtemps inconnu, oscillant selon les estimations entre 2394 îles en 1946, à 3639 en 1957. Suite à la convention de Montego Bay (1982), qui détermine l’espace maritime des pays à la zone des 200 milles nautiques, les Japonais affinent le comptage des îles : en 1987, le Japon revendique 6852 îles, basé sur un pourtour côtier supérieur ou égal à 100 mètres. Sur ce total, 430 îles sont actuellement habitées.
Cette difficile évaluation renvoie à l’étymologie géographique ambigue du Japonais concernant les îles. Le mot « Shima » qui signifie île en japonais est particulièrement polysémique, comportant au moins une quinzaine de significations : « jardin », « lieu d’exil », « territoire » mais surtout « communauté villageoise ». On retrouve ainsi ce nom attaché à des toponymes à l’intérieur des terres ! « Shima » est donc d’abord une entité humaine avant d’être une définition physique d’une île.
Les quatre grandes îles de l’archipel ne sont pas dénommées en shima :
- · Honshû signifie la « Contrée centrale »
- · Kyûshû les « neuf contrées »
- · Skikoku les « Quatre pays »
- · Hokkaidô la « Route de la mer du Nord »
Le « shû » vient du chinois zhu, qui désigne tant un continent qu’une grande île. Autrement dit, les quatre grandes îles de l’archipel ne sont pas vraiment considérées comme des îles. Ce sentiment est renforcé depuis qu’elles sont reliées les unes aux autres par des aménagements (ponts et tunnels) imposants.