Archive for the ‘Cinéma’ Category

« Entre les murs » ou « Faubourg 36 » ?

dimanche, septembre 21st, 2008

Cette semaine sortent en salle deux films qui ne manqueront pas d’intéresser ceux qui aiment l’école et l’Histoire. Le premier, Entre les Murs, est l’adaptation de Laurent Cantet du libre éponyme de François Bégaudeau, dont il est d’ailleurs l’acteur principal. Nous en avions parlé quand il avait reçu la palme d’or à Cannes. Il pourrait d’ailleurs représenter la France à la cérémonie des oscars hollywoodiens !
Le deuxième est une grosse production, Faubourg 36, par le réalisateur des Choristes, qui réunit un plateau de comédiens prestigieux : Kad Mérad, Gérard Jugnot et Clovis Cornillac. Ce qui est intéressant pour le professeur d’Histoire est de voir traiter un point du programme de 3e, le Front Populaire, dans les paysages de banlieue et les conflits sociaux de la fin des années 1930. Voici la bande-annonce :

A voir aussi le site officiel du film, pour ses jolies photos, les extraits, la musique !

« Entre les murs », la bande-annonce et un reportage sur le retour des collégiens

mardi, mai 27th, 2008

Le film de Laurent Cantet portant sur un collège difficile du vingtième arrondissement de Paris vient de remporter la palme d’or à Cannes. Voici la bande-annonce et un reportage de France 3 sur le retour triomphal des collégiens.

« Entre les murs » est une adaptation de l’oeuvre de François Bégaudeau, professeur de Français qui joue son rôle dans le film. Il témoigne des relations parfois difficiles dans le monde scolaire entre les adultes et les élèves, mais aussi la richesse des échanges et des relations dans le cadre scolaire. Vivement sa sortie en octobre 2008.

Le reportage suit notamment les collègiens à Cannes, lors du festival. Le retour sur Terre (brevet des collèges) s’annonce délicat, comme en témoigne le professeur de Mathématiques, invité sur le plateau, et également acteur du film.

 

Le Nord !

dimanche, mars 9th, 2008

Le nouveau film de Danny Boon, Bienvenue chez les Ch’tis !, rencontre un succès populaire important sur les écrans. Le ressort de l’humour repose sur les représentations que l’on se fait des régions (notamment la description du climat du Nord par Michel Galabru) et sur les particularismes des langues régionales. L’acteur-réalisateur constate avec étonnement que les comédies sont tournées dans le sud alors que les drames sont plutôt dans le nord. Changement de perspective avec Bienvenue chez les Ch’tis !

Dans cet entretien accordé au journal « la Voix du Nord », Dany Boon raconte son attachement à sa région, l’accueil fait au film, et s’explique sur les clichés véhiculés sur la région.

Pour en savoir plus, lisez cet article de mon collègue Bruno Sentier, qui explique l’origine du Ch’ti.

Petite précision qui chagrine les puristes : la ville de Bergue, où se joue le film, est une ville flamande où on ne parle pas le Ch’ti. Mais comme vous pouvez le voir ci-dessus (Francis Bocquet, Survol de France), c’est une belle ville qui mérite le détour.

Lucky Luke, Tous à l’Ouest

samedi, décembre 8th, 2007

Le héros de Morris et de Goscinny est de nouveau adapté pour le cinéma. L’histoire début de façon originale à New York, au milieu du 19e siècle, où les Dalton tente de braquer une banque. Lucky Luke doit escorter une caravane de migrants débarqués d’Europe vers les nouvelles terres qu’ils ont achetées à l’Ouest. La difficile traversée du continent est prétexte aux aventures du cow-boy solitaire, né sous la plume de Morris au lendemain de la guerre. Lucky Luke obtient ses lettres de noblesse de la ligne claire avec Goscinny pour scénariste, réinterprétant avec humour l’imaginaire de l’Ouest américain. Ce film est ainsi très inspiré de l’album  » La caravane » paru en 1964.

Voici la Bande-annonce et un reportage sur le personnage de BD et le film en préparation.

We feed the World – Le marché de la faim

mercredi, novembre 21st, 2007

Les élèves de Seconde ont pu voir au cinéma en début de semaine Le marché de la faim.

Synopsis :

Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche, Graz… Environ 350.000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique latine, sont employés à la culture du soja destiné à la nourriture du cheptel des pays européens alors que près d’un quart de la population de ces pays souffre de malnutrition chronique. Chaque Européen consomme annuellement 10 kilogrammes de légumes verts, irrigués artificiellement dans le Sud de l’Espagne, et dont la culture provoque des pénuries d’eau locales.

We feed the world est un film sur la pauvreté au cœur de la richesse, qui éclaire la manière dont notre nourriture est produite et répond aux questions que le problème de la faim dans le monde nous pose. Ce ne sont pas seulement des pêcheurs, des fermiers, des agronomes, des biologistes et Jean Ziegler, fonctionnaire aux Nations Unies qui sont interrogés, mais aussi un des responsables de Pioneer, le leader mondial des ventes de semences, ainsi que Peter Brabeck, le P.D.G. de Nestlé, la plus importante multinationale agro-alimentaire mondiale.

Ce film vient à propos pour illustrer et débattre d’un thème abordé en Géographie : « Nourrir les Hommes ».

Voici la bande-annonce :

Pour aller plus loin, je vous conseille de consulter le site officiel du film.

Voici l’entretien accordé par Jean Ziegler, rapporteur social de l’ONU, sur Canal +, au moment de la sortie du film en avril 2007. Jean Ziegler a également inspiré le film grâce à son livre L’Empire de la honte. C’est un peu long, mais ça vaut le coup, dévoilant les stratégies de domination de garndes firmes multi-nationales agro-alimentaires, qui contribuent aux inégalités de répartition de la nourriture, exploitant les ressources des pays du Sud pour fournir les marchés du Nord. Ainsi au Brésil l’agriculture vivrière est menacée et la forêt amazonienne grignotée pour la culture du soja (décision soutenue par Lula). La décision de l’ouvrier métallurgiste devenu président est polémique. Ziegler explique son choix par la nécessité de réduire la dette.
Autre paradoxe, les produits agricoles des pays industialisés sont tellement subventionnés qu’ils arrivent moins chers sur les étales de Dakar, comparés aux produits locaux.
Le gaspillage montré dans le film est effarant, interrogeant le modèle du développement durable.
Pourtant, les citoyens peuvent agir :

  • Ziegler milite ainsi pour la consommattion de produits de saison,
  • pour l’interdiction des OGM qui font le jeu de puissantes multi-nationales et la logique des profits boursiers,
  • pour l’abolition de la dette du Tiers-Monde,
  • pour le soutien des ONG actives, comme Action contre la faim.

Pour les élèves de 2nde, présentez en une quinzaine de lignes la théorie du film, que vous illustrerez par quelques exemples. Enfin, vous livrerez un commentaire personnel sur ce film (ce qu'il vous a appris, ce qui vous a marqué, ce qui vous a plu ou pas, et pourquoi !). Ce travail est à faire sur Wikiprof, à la suite de votre travail sur l'agriculture au Mali. Si vous ne pouvez imprimer votre travail, laissez avant mardi soir un commentaire à cet article. Bon WE.

Persépolis, du 9e au 7e art

lundi, novembre 12th, 2007

Cette ville mythique est choisie par Marjane Satrapi pour nous raconter sa jeunesse en Iran, pays bouleversé par la Révolution islamiste (1979), ruiné en partie par la guerre avec son voisin irakien (1980-88). Avant d’être un film, Persépolis est une série de BD magnifique (édition L’Association) : les cases ressemblent à des pochoirs à l’encre, le style est minimaliste. L’auteur témoigne de la vie d’une famille bourgeoise « éclairée »en Iran avant et après la Révolution, dans un pays en dérive totalitaire, mal connu finalement des Français.

Dans cette planche, elle raconte ses difficultés à s’adapter aux nouveaux codes vestimentaires imposés par les gardiens de la Révolution (Tome 2, p.62).

Le film est sorti en juin 2007 a été primé à Cannes. Ci-dessous, vous trouverez la bande-annonce et des critiques de spectatrices.

Le régime iranien actuel a condamné et interdit ce film en Iran.

Un long dimanche de fiançailles

samedi, novembre 3rd, 2007

Voici la Bande-annonce du film sorti en salle en octobre 2004. Jean-Pierre Jeunet est alors déjà connu pour être un réalisateur à succès. Pour ce nouveau long-métrage, il convoque de nouveau Audrey Tautou (Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain).

Synopsis : Dans les tranchées de la Somme pendant la Première guerre mondiale, cinq soldats sont accusés de s’être auto-mutilés pour échapper à leur devoir. Condamnés à mort par une cour martiale, ils sont conduits jusqu’à un avant-poste nommé « Bingo crépuscule » et abandonnés à leur sort dans le No man’s land qui sépare les deux camps. Parmi eux figure Manech, le fiancé de l’héroïne du film, une jeune boiteuse romantique prénommée Mathilde qui ne croit pas au décès de son amoureux. S’il était mort, elle le saurait. Forte de cette intuition, Mathilde mène son enquête et recueille peu à peu les indices qui vont l’amener à découvrir ce qui s’est passé ce jour-là à « Bingo crépuscule »… (Source : wikipedia)

Malgré ses gros moyens de production et son succès commercial, le film ne m’a pas convaincu. Outre les détails historiques peu crédibles, comme le téléphone dans une maison isolée de Bretagne, la réalisation pêche par excès de démonstration, notamment pour le goût du réalisateur pour les clips, qui finissent vite par lasser. La focalisation sur les détails, qui fait entre autre fait le succès d’Amélie Poulain, l’emporte sur le récit. Bien entendu le cadrage est sublime, les couleurs imposantes (mais que de jaune !), mais l’esthétique l’emporte sur le fond.

Surtout, le film, à mon sens, trahit le livre éponyme de Sébastien Japrisot (1991). Que Jeunet transforme les lieux (la Bretagne à la place du pays basque, un détour hors-piste et caricatural en Corse) ne masque pas l’essentiel. Japrisot a écrit un très beau livre sur le deuil impossible et la perte de l’être aimé, là où Jeunet conte une bleuette : « Amélie Poulain va dans les tranchées ».

Mais peut-être vous ferez-vous votre opinion tout seul. Je sais que les fans de Jeunet ont adoré…