Posts Tagged ‘Grande Guerre’

Trop de commémorations historiques ? L’exemple britannique

jeudi, novembre 13th, 2008

Le rapport de la commission dirigée par l’historien André Kaspi vient d’être remis au président de la République le mercredi 12 avril. Il fait débat en interpelant les Français sur le grand nombre, douze au total, de jours de commémorations nationales.

Voici les cinq propositions de la commission (Source, L’Express) :

1. »Ramener les commémorations nationales à trois dates »
Pour « combattre l’inflation commémorative, même si cela coûte quelques voix aux candidats à des fonctions électives », la commission préconise de ramener les commémorations nationales à trois dates: le 11 novembre pour commémorer les morts du passé et du présent, le 8 mai pour rappeler la victoire sur le nazisme et la barbarie et le 14 juillet qui exalte les valeurs de la Révolution française.

2.Pas de « Memorial Day » à l’américaine
Elle suggère cependant une « révolution lente », constatant qu’il « est impossible de faire disparaître des jours fériés ». La commission réfute par ailleurs la « rumeur sans fondement » qui lui prêtait l’intention de faire du 11 novembre un « Memorial Day » à la française, sur le modèle américain de commémoration unique.

3. »Décentralisation » des commémorations
Les autres dates deviendraient des commémorations locales, régionales voire privées. De temps à autre, elles revêtiraient un caractère exceptionnel, comme la célébration en 2004 des débarquements alliés de 1944. Il appelle les collectivités territoriales à ne pas tout attendre de l’Etat central, soulignant leur « place primordiale ».

4.Inventer de nouvelles formes de commémoration
Il ne suffit pas d’exprimer des exigences à l’égard de l’Education nationale et des médias, estime la commission. Il faut inventer de nouvelles formes de commémoration. Le rapport, qui évoque par exemple le slam, préconise de porter l’effort sur le tourisme de mémoire ou sur des projets pédagogiques élargissant la réflexion autour d’une date à sa signification profonde.

5.Implication des médias
Le rapport préconise, à l’intention de la presse écrite, audiovisuelle et électronique « des programmes ou des événements qui retiennent l’attention des lecteurs et des téléspectateurs ».

Les Américains ont leur Memorial Day, et les Britanniques leur « Remembrance day ». Voici un reportage de France 2 sur cette journée particulière et bien plus suivie qu’en France par les citoyens.

Pensez-vous que la France devrait s’inspirer des anglo-saxons pour honorer les morts de la guerre ?

Le Bruit et la Fureur : un reportage présente le documentaire-choc

mardi, novembre 11th, 2008

France 2 en a fait grande publicité. Et pour cause. Le Bruit et la Fureur est un documentaire retraçant la Grande guerre. Un énième reportage sur la guerre me direz-vous. Certes mais celui-là restitue la couleur et le son aux images d’archives, couplés à des extraits reconnus de films de cinéma. Je suis en train de le regarder en écrivant ce message, c’est remarquable. J’espère que vous faites de même.

Les poilus d’Elbeuf

mardi, novembre 11th, 2008

Le journal d’Elbeuf vient de rédiger un dossier de quatre pages très intéressant sur les poilus d’Elbeuf. Je vous invite à le découvrir en cliquant sur les pages animées ci-dessous. Vous aurez du mal à le lire et ne pouvez pas le télécharger. Normal, je n’ai pas le vraiment le droit de le publier ! Aussi, cette présentation est plutôt une publicité pour cette édition que vous pouvez encore acheter en kiosque, (si vous n’êtes pas abonnés).

Merci à Gilles Gauvin, un collègue du collège Cousteau à Caudebec-lès-Elbeuf, pour la source.

Une Histoire au poil…

mercredi, novembre 28th, 2007

Le poil aurait-il son Histoire ? Dans un ouvrage récent(in Régis Révenin (dir.), Hommes et masculinités de 1789 à nos jours, Autrement, 2007), Gil Milhaey a rédigé un surprenant article intitulé :  «?Un poil de différence. Masculinités dans le monde du travail?: années 1870-1900?».

Où l’on apprend que « le 4 mai 1907, les garçons limonadiers et restaurateurs ont gagné leur grève?: ils pourront désormais porter la moustache?! Non sans résistance de leurs patrons, qui voient là un franchissement dangereux de la frontière entre dirigeants et subalternes… » La suite des explications est dans le numéro du mois de décembre de sciences humaines (disponible en version papier au CDI du lycée).

Cette Histoire est bien entendu à rapprocher de celle du poilu, appellation d’origine contrôlée du soldat français de la Grande guerre. Pourtant, l’origine de cette appellation est plus ancienne, remontant aux grognards de Napoléon. Selon le CRID 14-18, « l’origine du terme est plus claire qu’on ne le croit souvent, puisqu’il est attesté dès le XIXe siècle, pour désigner un soldat endurant et courageux, dans l’argot militaire, ainsi chez Balzac (Le Médecin de Campagne, 1833) les pontonniers de la Bérézina en 1812. Il arrive souvent que le poil soit signe de virilité, de courage ou d’expérience. »

L’article Poilu de Wikipédia apporte des explications supplémentaires :

« Dans un ouvrage du linguiste Alfred Dauzat (1877-1955) datant de 1918 et réédité en septembre 2007, reposant sur une enquête que l’auteur, mobilisé en 1914, réalisa dans les tranchées, on trouve une histoire du mot Poilu tout à fait intéressante :

Avant d’être le soldat de la Marne, le poilu est le grognard d’Austerlitz, « ce n’est pas l’homme à la barbe inculte, qui n’a pas le temps de se raser, ce serait trop pittoresque, c’est beaucoup mieux : c’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! symbole de virilité ».

Le mot Poilu, terme militaire datant de plus d’un siècle avant la Grande Guerre, « désignait dans les casernes où il prédominait, l’élément parisien et faubourien, soit l’homme d’attaque qui n’a pas froid aux yeux, soit l’homme tout court. A l’armée, les soldats s’appellent officiellement « les hommes ». »

Ainsi sur le front les soldats s’appelaient aussi les biffins, les PCDF ou les bonhommes.