Coronavirus jour 6

Le soleil était éclatant. La moindre eau sale se mit à fumer. Les journées étaient torrides, les nuits froides. Il y eut un cas de choléra foudroyant. Le malade fut emporté en moins de deux heures. […] Les convulsions, l’agonie, devancées par une cyanose et un froid de la chair épouvantable firent le vide autour de lui. Même ceux qui lui portaient secours reculaient. Son faciès était éminemment cholérique. C’était un tableau vivant qui exprimait la mort et ses méandres. L’attaque avait été si rapide qu’il y subsista pendant un instant encore les marques d’une stupeur étonnée, très enfantine mais la mort dut lui proposer tout de suite des jeux si effarants que ses joues se décharnèrent à vue d’œil, ses lèvres se retroussèrent sur ses dents pour un rire infini ; enfin il poussa un cri qui fit fuir tout le monde.

J. Giono, Le Hussard sur le toit 

Si nous nous retrouvons à temps pour le troisième trimestre, Promis nous allons voir le film LE HUSSARD SUR LE TOIT ! C’est le troisième film de Lycéens au cinéma choisi pour les TS1…

Intrigue : 1838. Angelo Pardi, hussard italien originaire de Piémont, est notre héros, en fuite après avoir remporté un duel mortel. Ses tribulations le mènent à Manosque, en Provence, où une épidémie de choléra fait rage. Poursuivi par les autorités, qui le croient coupable d’empoisonner les fontaines de la ville, il erre sur les toits des demeures délaissées. Il virevolte alors d’une maison à une autre, s’abstrait de l’abominable chaos de l’épidémie tout en s’offrant une contemplation impressionniste des paysages désolés d’une ville en agonie. Néanmoins, en bon personnage d’inspiration stendhalienne, Angelo accorde une importance particulière au devoir et à la vertu. Fort d’une immunité inexplicable et d’une noble dévotion, il se met au service de quelques condamnés dans l’espoir de les sauver du calvaire, se retrouvant aux premières loges de la danse macabre. Il s’insurge contre ce mal foudroyant qui, selon lui, révèle “la saloperie humaine”.