La religion est l’opium du peuple

Trois textes de Marx qui montrent que si la postérité a surtout retenu la dernière phrase, « la religion est l’opium du peuple », elle est avant tout comprise comme réponse à la question qu’est ce que l’essence du « fait religieux » ? C’est une question sociale affirme Marx, la religion est l’archétype de l’idéologie, elle exprime les pratiques sociales, les modes de production, elle produit des représentations. L’essence de l’homme réside dans le travail, la religion est le revers idéal des formes réelles de misère qui naissent de la détresse qu’il engendre. La religion est à la fois une protestation et un idéal toujours visé, imaginaire ou hallucinatoire. La religion est une illusion : opium

«Le monde religieux n’est que le reflet du monde réel. Une société où le produit du travail prend généralement la forme de marchandise et où, par conséquent, le rapport le plus général entre les producteurs consiste à comparer les valeurs de leurs produits et, sous cette enveloppe des choses, à comparer les uns aux autres leurs travaux privés à titre de travail humain égal, une telle société trouve dans le christianisme avec son culte de l’homme abstrait*, et surtout dans ses types bourgeois, protestantisme, déisme, etc., le complément religieux le plus convenable. (…) 

Le reflet religieux du monde réel ne pourra disparaître que lorsque les conditions du travail et de la vie pratique présenteront à l’homme des rapports transparents et rationnels avec ses semblables et avec la nature. La vie sociale, dont la production matérielle et les rapports qu’elle implique fornent la base, ne sera dégagée du nuage mystique qui en voile l’aspect, que le jour où s’y manifestera l’œuvre d’hommes librement associés, agissant consciemment et maîtres de leur propre mouvement social. Mais cela exige dans la société un ensemble de conditions d’existence matérielle qui ne peuvent être elles-mêmes le produit que d’un long et douloureux développement.»

Karl Marx, Le capital, liv. l, pp. 90-91.

 

«Le christianisme est … la religion spéciale du capital. Dans l’un et l’autre, l’homme seul compte. L’homme en soi qui ne vaut ni plus ni moins qu’un autre. Dans l’un tout dépend de sa croyance, dans l’autre tout dépend de son crédit.» 

K. Marx, Théories sur la plus-value.

« La misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple »

Génération romantique

Vendredi 17 février,

Opéra-Théâtre d’Avignon

Yann Maresz : Mosaïques pour orchestre
Wolfgang Amadeus Mozart : Concerto pour piano et orchestre n°24, en ut mineur K.491
Georges Onslow :  Symphonie n°2 en ré mineur op. 42

Direction : Alexander Vakoulski
Piano : Giovanni Bellucci (photo)

On en parle…

Sur Radio Classique

Par « génération romantique », il faut entendre le romantisme et ses racines dans le classicisme viennois.
Le romantisme : Dans ce concert, le romantisme sera représenté par le trop méconnu George Onslow (1784-1853). Compositeur français issu de la vieille noblesse anglaise, il accomplit, à Londres, de solides études musicales, avant de les terminer à Paris pendant le Premier Empire. Sa génération – celle de Carl Maria von Weber – se situe entre celle de Beethoven et celle des Berlioz, Chopin, Mendelssohn et Schumann. Au lieu de le brimer, cette tension, entre classicisme et romantisme, en fait un créateur passionnant où l’écriture classique viennoise (celle de Haydn, Mozart et Beethoven, avec sa part de contrepoint et d’écriture obéissant à des règles strictes) est contrebalancée par l’expression subjective des sentiments personnels, comme chez son ami Felix Mendelssohn. Écrite en 1831, sa Symphonie ! n°2, en ré mineur, palpite de cette vive tension. À découvrir absolument !

Le classicisme viennois : Dans certaines de ses œuvres, le classicisme viennois révèle, à l’auditeur stupéfait, un pressentiment romantique. Citons quelques-uns de ces compositeurs ainsi prémonitoires : deux des fils de Bach – Emanuel et Friedemann – mais aussi Haydn, Vanhall, Krauss, etc. Et Mozart : son Concerto pour piano n°24, en ut mineur est un de ces trésors, de ces phares qui éclairent le futur XIXe siècle. Instable, tendu, sombre, il aura pour interprète le flamboyant pianiste italien Giovanni Bellucci.

Un éclairage contemporain : Né en 1966, Yan Maresz concilie des études dans de hautes institutions (Berklee College of Music, à Boston ; Juilliard School, à New York ; et à l’IRCAM, à Paris) et un précoce engagement dans le jazz. Ayant reçu des commandes de prestigieuses institutions (Ministère de la Culture, Orchestre de Paris, Radio France, Accentus, Festival d’Aix-en-Provence, Percussions de Strasbourg, etc), il enseigne actuellement à l’IRCAM et au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Sa pièce orchestrale Mosaïques honore idéalement son titre : cet alliage de fragments dont la combinaison offre un tout unifié est une fête des couleurs ; par ses multiples copeaux chatoyants, elle crée, pour chaque auditeur, une attente fébrile de l’inconnu, un véritable suspense.

Lois et religion

DES LOIS DANS LE RAPPORT QU’ELLES ONT
AVEC LA RELIGION ÉTABLIE DANS CHAQUE PAYS,
CONSIDÉRÉE DANS SES PRATIQUES ET EN ELLE-MÊME.

CHAPITRE PREMIER.
DES RELIGIONS EN GÉNÉRAL.

Comme on peut juger parmi les ténèbres celles qui sont les moins épaisses, et parmi les abîmes ceux qui sont les moins profonds, ainsi l’on peut chercher entre les religions fausses celles qui sont les plus conformes au bien de la société ; celles qui, quoiqu’elles n’aient pas l’effet de mener les hommes aux félicités de l’autre vie, peuvent le plus contribuer à leur bonheur dans celle-ci.

Je n’examinerai donc les diverses religions du monde, que par rapport au bien que l’on en tire dans l’état civil ; soit que je parle de celle qui a sa racine dans le ciel, ou bien de celles qui ont la leur sur la terre.

Comme dans cet ouvrage je ne suis point théologien, mais écrivain politique, il pourroit y avoir des choses qui ne seroient entièrement vraies que dans une façon de penser humaine, n’ayant point été considérées dans le rapport avec des vérités plus sublimes.

A l’égard de la vraie religionil ne faudra que très peu d’équité pour voir que je n’ai jamais prétendu faire céder ses intérêtsaux intérêts politiques, mais les unir or, pour les unir, il faut les connoître.

La religion chrétienne, qui ordonne aux hommes de s’aimer, veut sans doute que chaque peuple ait les meilleures lois politiques et les meilleures lois civiles, parce qu’elles sont, après elle, le plus grand bien que les hommes puissent donner et recevoir.

MONTESQUIEU, Esprit des lois Cinquième partie livre XXIV

« Dieu, cet asile d’ignorance »

Dans cette célèbre citation de Spinoza, l’ignorance est à comprendre comme origine de la religion en même temps que ce qui maintient les hommes dans une communauté déterminée, en apportant des réponses toutes faites aux questions qu’ils se posent : Dieu est l’origine et la finalité de tout ce qui appartient à la nature. Cette ignorance, origine et ciment de la religion, empêche la connaissance scientifique et rationnelle de la nature comme le montrent deux exemples : une pierre tombe d’un toit et tue un homme, la complexité d’un corps humain.

 

 » Les hommes supposent communément que toutes les choses de la nature agissent, comme eux-mêmes, en vue d’une fin… Si par exemple une pierre est tombée d’un toit sur la tête de quelqu’un et l’a tué, voici la manière dont ils démontreront que la pierre est tombée pour tuer cet homme. Si elle n’est pas tombée à cette fin , par la volonté de Dieu, comment tant de circonstances ont-elles pu se trouver par chance réunies? Peut-être répondez-vous que cela est arrivé parce que le vent soufflait par là et que l’homme passait par là. Mais, insisteront-ils, pourquoi le vent a-t-il soufflé à ce moment? Pourquoi l’homme passait-il par là à ce même moment? Si vous répondez encore: le vent s’est levé parce que la mer, le jour avant, avait commencé à s’agiter, l’homme avait été invité par un ami, alors ils insisteront encore, car ils n’en finissent pas de questionner: pourquoi donc la mer était-elle agitée? Pourquoi l’homme a t-il été invité à ce moment? Et ils continueront ainsi de vous interroger sans relâche, sur les causes, jusqu’à ce que vous vous soyez réfugiés dans la volonté de Dieu, cet asile d’ignorance. De même, quand ils voient la structure du corps humain, ils sont frappés de stupeur, et, de ce qu’ils ignorent les causes d’un ouvrage aussi parfait, ils concluent qu’il n’est point formé mécaniquement, mais par un art divin ou surnaturel. Et ainsi arrive-t-il que quiconque cherche les vraies causes des prodiges et s’applique à connaître en savant les choses de la nature au lieu de s’émerveiller comme un sot est souvent tenu pour hérétique et impie par ceux que la foule adore comme les interprètes de la Nature et des Dieux. Et c’est qu’ils savent que détruire l’ignorance, c’est détruire l’étonnement imbécile, c’est-à-dire la sauvegarde de leur autorité. »

Le droit à l’interprétation

On ne peut pas interpréter librement les lois d’un État, mais on peut, en matière de religion, accorder un sens variable aux textes, aux dogmes et aux pratiques de la religion. Telle est l’affirmation de Spinoza dans ce texte. Revient-il à l’État de définir le contenu de la religion par la loi, ou  bien l’individu peut-il librement interpréter ce qui relève de l’absolu, du sacré dans la religion ?

« Si chacun avait la liberté d’interpréter à sa guise les lois de l’Etat, la société ne pourrait subsister, elle tomberait aussitôt en dissolution, le droit public devenant droit privé. Il en va tout autrement dans la religion. Puisqu’elle consiste non dans des actions extérieures, mais dans la simplicité et la candeur de l’âme, elle n’est soumise à aucun canon, à aucune autorité publique et nul absolument ne peut être contraint par la force ou par les lois à posséder la béatitude : ce qui est requis pour cela est un enseignement pieux et fraternel, une bonne éducation et par-dessus tout un jugement propre et libre. Puisque donc un droit souverain de penser librement, même en matière de religion, appartient à chacun, et qu’on ne peut concevoir que qui que ce soit en soit déchu, chacun aura aussi un droit souverain et une souveraine autorité pour juger de la religion et pour se l’expliquer à lui-même et pour l’interpréter. La seule raison pour laquelle en effet les magistrats ont une souveraine autorité pour interpréter les lois et un souverain pouvoir de juger des choses d’ordre public, c’est qu’il s’agit d’ordre public; pour la même raison donc une souveraine autorité pour expliquer la religion et pour en juger appartient à chacun, je veux dire, parce qu’elle est de droit privé. »
Spinoza, Traité théologico-politique, VII :

Tout serait permis

En général, je demande de nouveau la permission de me récuser à ce sujet, répéta Pierre Alexandrovitch, et à la place, je vais vous raconter, messieurs, une autre anecdote, sur Ivan Fédorovitch lui-même, fort intéressante et des plus caractéristiques. Pas plus tard qu’il y a cinq jours, dans une société principalement féminine, il a déclaré solennellement, au cours d’une discussion, que sur toute la terre il n’est rigoureusement rien qui force les hommes à aimer leurs semblables, qu’il n’existe aucune loi de la nature ordonnant à l’homme d’aimer l’humanité et que s’il y a eu et qu’il y ait encore l’amour sur la terre, ce n’est pas en vertu d’une loi naturelle, mais uniquement parce que les hommes croyaient en leur immortalité. Ivan Fédorovitch ajouta, entre parenthèses, que c’est en cela que consiste toute la loi naturelle, de sorte que si l’on détruit dans l’humanité la foi dans son immortalité, cela fera tarir aussitôt en elle non seulement tout amour, mais encore toute force vive qui permette de continuer la vie du monde. Bien mieux : il n’y aura alors plus rien d’immoral, tout sera permis, même l’anthropophagie. Mais cela n’est pas tout encore : il conclut en affirmant que pour tout individu, tels que nous maintenant par exemple, qui ne croit ni en Dieu ni en son immortalité, la loi morale de la nature doit immédiatement devenir le contraire absolu de l’ancienne loi religieuse, et que l’égoïsme poussé jusqu’à la scélératesse doit non seulement être permis à l’homme, mais reconnu pour une issue indispensable, la seule raisonnable et presque la plus noble dans sa situation. D’après un tel paradoxe, vous pouvez juger, messieurs, de tout le reste que proclame et qu’a peut-être l’intention de proclamer encore notre cher excentrique et amateur de paradoxes Ivan Fédorovitch. (…) Et son absurde théorie, tu l’as entendue tout à l’heure :  » S’il n’y a pas d’immortalité de l’âme, il n’y a pas non plus de vertu, donc tout est permis.  » (Et ton frère Mitenka, à propos, tu te rappelles comme il a crié :  » Je m’en souviendrai ! « ). C’est une théorie séduisante pour les gredins… je vitupère, c’est stupide… pas pour les gredins mais pour les fanfarons primaires avec  » une profondeur insondable de pensée « . C’est une bravache mais, quant au fond, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Toute sa théorie n’est que bassesse. L’humanité trouvera en elle la force vive pour la vertu, même sans croire à l’immortalité de l’âme. Elle la trouvera dans l’amour de la liberté, de l’égalité, de la fraternité…

DOSTOÏVESKI, Les Frères Karamazov, trad. E. Guertik, Hazan T. 1.

L’effort civilisateur

Bergson explique dans les deux sources de la morale et de la religion, que la religion et la philosophie ont permis un effort civilisateur en insérant une transcendance (Dieu unique ou la Raison) entre les hommes. Religion et philosophie sont-elles des remèdes à une humanité qui manque de cohésion sociale ?

 

Qui ne voit que la cohésion sociale est due, en grande partie, à la nécessité pour une société de se défendre contre d’autres, et que c’est d’abord contre tous les autres hommes qu’on aime les hommes avec lesquels on vit ? Tel est l’instinct primitif. Il est encore là, heureusement dissimulé sous les apports de la civilisation ; mais aujourd’hui encore nous aimons naturellement et directement nos parents et nos concitoyens, tandis que l’amour de l’humanité est indirect et acquis. À ceux-là nous allons tout droit, à celle-ci nous ne venons que par un détour ; car c’est seulement à travers Dieu, en Dieu, que la religion convie l’homme à aimer le genre humain ; comme aussi c’est seulement à travers la Raison, dans la Raison par où nous communions tous, que les philosophes nous font regarder l’humanité pour nous montrer l’éminente dignité de la personne humaine, le droit de tous au respect. Ni dans un cas ni dans l’autre nous n’arrivons à l’humanité par étapes, en traversant la famille et la nation. Il faut que, d’un bond, nous nous soyons transportés plus loin qu’elle et que nous l’ayons atteinte sans l’avoir prise pour fin, en la dépassant. Qu’on parle d’ailleurs le langage de la religion ou celui de la philosophie, qu’il s’agisse d’amour ou de respect, c’est une autre morale, c’est un autre genre d’obligation.

BERGSON, Les deux sources de la morale et de la religion

 

Philosophie et théologie

Il faut donc dire que si, en fait, les arguments de la raison humaine sont sans force pour démontrer ce qui est de la foi, il reste qu’à partir des articles de foi, la doctrine sacrée peut prouver autre chose. Il est certain que notre doctrine doit user avant tout des arguments d’autorité; on peut même dire que cela lui est souverainement propre, en tant qu’elle s’appuie sur la révélation et exige donc qu’on en croie ceux à qui la révélation a été faite. Mais cela ne déroge nullement à sa dignité; car si l’argument d’autorité est le plus infirme quand il s’agit de l’autorité d’une raison humaine, l’argument fondé sur l’autorité de la révélation divine est de tous le plus efficace. Du reste, la raison humaine garde ici un grand rôle; elle ne démontre pas les dogmes, ce qui enlèverait le mérite de la foi; mais elle obtient d’autres conclusions qui font également partie de la doctrine. Comme donc la grâce ne détruit pas la nature, mais l’achève, c’est un devoir, pour la raison naturelle, de servir la foi, comme l’inclination naturelle de la volonté accompagne et seconde la charité. Aussi l’Apôtre dit-il : « Nous assujettissons notre pensée à l’obéissance du Christ. » De là vient que la doctrine sainte utilise même les dires des philosophes, là où l’exercice de la raison naturelle leur permit de découvrir le vrai.

Saint Thomas d’Aquin

A l’Opéra ; le trouvère

Ce projet culturel consiste pour les élèves à suivre une production artistique de l’Opéra d’Avignon . Les élèves seront immergés dans l’univers de l’Art Lyrique en étant invités à la générale du spectacle Vendredi 3 février (20 heures)

L’action se situe au nord de l’Espagne, en partie en Biscaye et en partie dans l’Aragon du XVe siècle.

Prologue

Avant le lever du rideau, Ferrando, capitaine de la garde, narre au spectateur le contexte dans lequel l’opéra va se dérouler : le père du comte de Luna a eu deux fils d’un âge proche. Une nuit, on découvrit une gitane près du berceau du plus jeune des deux frères. On la chassa, mais l’enfant tomba malade peu après et on pensa qu’elle lui avait jeté un sort. Elle fut retrouvée et condamnée au bûcher.

La fille de la gitane, Azucena, décidée à venger sa mère, s’introduisit dans le château et s’empara du jeune enfant dans l’intention de le jeter lui aussi au bûcher. Mais elle fut prise d’un accès de folie et jeta au bûcher son propre enfant à la place de l’héritier. Elle éleva alors l’enfant de Luna comme son propre fils. Il prit le nom de Manrico.

Au début de l’opéra, Manrico est devenu adulte et trouvère, et Azucena est toujours décidée à exercer sa vengeance contre le comte de Luna à travers Manrico.

Acte I : Il duello (le duel)

Le palais d’Aliaferia en Aragon. Le comte de Luna, amoureux éconduit de la duchesse Leonora, ordonne à ses hommes de saisir un troubadour qui chante sous les fenêtres de sa bien-aimée.

Dans les jardins du palais, Leonora confie à Iñez son amour pour un vaillant chevalier vainqueur d’un tournoi. Elle sait que celui-ci partage son amour, car elle a entendu son trouvère chanter une sérénade sous ses fenêtres.

Alerté par le chant du trouvère qu’il entend au loin, le comte de Luna sort du palais pour livrer un duel avec lui. Leonora l’entend aussi, et se précipite au dehors. Elle tombe sur les deux hommes qui déjà ont commencé à croiser le fer. Leonora s’évanouit.

Acte II : La gitana (la gitane)

Dans le camp des gitans, Azucena et Manrico sont assis autour du feu. Elle raconte avec passion ses souvenirs et ses haines, et comment sa mère a été tuée. « Venge-moi » dit-elle à Manrico, qui se demande s’il est bien son fils. Elle le rassure et lui jure son amour de mère.

Elle rappelle à son fils comment, engagé dans une bataille contre les troupes d’Aragon, il a épargné la vie du comte de Luna, qu’il tenait pourtant entre ses mains. Il lui répond avoir entendu une voix venue du ciel, le suppliant d’épargner la vie du comte. Un messager vient annoncer à Manrico que Leonora, le croyant mort, s’est cloîtrée dans un couvent.

Dans le couvent, le comte et ses hommes viennent enlever Leonora avant qu’elle prononce ses vœux. Il lui chante son amour pour elle (Il balen del suo sorriso). Manrico et ses hommes, venus sauver Leonora, apparaissent alors dans le couvent, et s’opposent aux hommes du comte.

Acte III : Il figlio della zingara (le fils de la gitane)

Manrico est parvenu à mettre Leonora en lieu sûr dans son camp de Castellor. Le comte de Luna et ses hommes font le siège du camp. Ils capturent une bohémienne qui rôdait alentour. C’est Azucena. Ferrando reconnaît la femme qui avait autrefois jeté le deuxième fils de Luna dans le bûcher. Pour se défendre, elle appelle au secours Manrico, en criant qu’il est son fils. Le comte la condamne au bûcher.

Dans la forteresse de Castellor, Manrico et Leonora se préparent à être unis par le mariage. Au moment où leur union va être conclue, un messager arrive et annonce la capture d’Azucena et sa condamnation au bûcher. Manrico réunit ses hommes et se précipite hors de la forteresse.

Acte IV : Il supplizio (le supplice)

Manrico échoue dans sa tentative de sauver sa mère. Il est capturé lui aussi, et la mère et le fils sont retenus prisonniers dans le donjon du palais d’Aliaferia. Leonora, revenue au palais, échafaude un plan désespéré pour sauver Manrico. Elle propose au comte de Luna de l’épouser à condition qu’il rende sa liberté à Manrico. Le comte accepte son marché. Mais il ne sait pas que sa bague contient un poison qu’elle est décidée à absorber dès que son amant sera libéré. Ainsi elle échappera à cette union qu’elle refuse.

En se rendant au donjon où sont emprisonnés Manrico et Azucena, Leonora absorbe son poison. Elle pénètre dans la cellule et presse Manrico de partir. Mais il comprend que celle-ci a payé sa liberté au prix fort, quand il voit le poison produire ses premiers effets. Le comte arrive et trouve Leonora morte dans les bras de Manrico. Il ordonne que Manrico soit condamné à mort, et oblige Azucena à assister à l’exécution. Une fois le travail du bourreau achevé, elle avoue au comte que Manrico était son propre frère en s’écriant « Tu es vengée, ô ma mère ! »