Cours Raphaël

Le programme :

une série de trois perspectives ;
• une liste de notions ;
• une liste d’auteurs ;
• l’une et l’autre précisées par une liste de repères.

Trois perspectives sont retenues :
L’existence humaine et la culture
La morale et la politique
La connaissance


Le programme de la voie générale propose à l’étude
dix-sept notions.


L’art Le bonheur La conscience Le devoir L’État L’inconscient La justice Le langage La liberté La nature La raison La religion La science La technique Le temps Le travail La vérité

Les auteurs du programme

Les présocratiques ; Platon ; Aristote ; Zhuangzi ; Épicure ; Cicéron ; Lucrèce ; Sénèque ;
Épictète ; Marc Aurèle ; N?g?rjuna ; Sextus Empiricus ; Plotin ; Augustin ; Avicenne ; Anselme ;
Averroès ; Maïmonide ; Thomas d’Aquin ; Guillaume d’Occam.
N. Machiavel ; M. Montaigne (de) ; F. Bacon ; T. Hobbes ; R. Descartes ; B. Pascal ; J. Locke ; B.
Spinoza ; N. Malebranche ; G. W. Leibniz ; G. Vico ; G. Berkeley ; Montesquieu ; D. Hume ; J.-J.
Rousseau ; D. Diderot ; E. Condillac (de) ; A. Smith ; E. Kant ; J. Bentham.
G.W.H. Hegel ; A. Schopenhauer ; A. Comte ; A.- A. Cournot ; L. Feuerbach ; A. Tocqueville (de) ;
J.-S. Mill ; S. Kierkegaard ; K. Marx ; F. Engels ; W. James ; F. Nietzsche ; S. Freud ; E. Durkheim
; H. Bergson ; E. Husserl ; M. Weber ; Alain ; M. Mauss ; B. Russell ; K. Jaspers ; G. Bachelard ;
M. Heidegger ; L. Wittgenstein ; W. Benjamin ; K. Popper ; V. Jankélévitch ; H. Jonas ; R. Aron ;
J.-P. Sartre ; H. Arendt ; E. Levinas ; S. de Beauvoir ; C. Lévi-Strauss ; M. Merleau-Ponty ; S. Weil
; J. Hersch ; P. Ricœur ; E. Anscombe ; I. Murdoch ; J. Rawls ; G. Simondon ; M. Foucault ; H.
Putnam.

Les repères

Absolu/relatif – Abstrait/concret – En acte/en puissance – Analyse/synthèse – Concept/
image/métaphore – Contingent/nécessaire – Croire/savoir – Essentiel/accidentel –
Exemple/preuve – Expliquer/comprendre – En fait/en droit – Formel/matériel – Genre/
espèce/individu – Hypothèse/conséquence/conclusion – Idéal/réel – Identité/égalité/
différence – Impossible/possible – Intuitif/discursif – Légal/légitime – Médiat/immédiat –
Objectif/subjectif/intersubjectif – Obligation/contrainte – Origine/fondement – Persuader/
convaincre – Principe/cause/fin – Public/privé – Ressemblance/analogie – Théorie/pratique
Transcendant/immanent – Universel/général/particulier/singulier – Vrai/probable/certain.

Dans le cadre d’une œuvre complète choisie nous étudierons le texte d’Emmanuel Kant Qu’est-ce que les lumières ? ci joint.

Raphaël peut peut-être le lire sur l’écran ou vous lui en faites une copie, merci.

https://lewebpedagogique.com/philo-bac/lectures/quest-ce-que-les-lumieres/

 

L’épreuve du bac

4 heures (ou plus si tiers temps)

3 sujets au choix

Trois énoncés de sujet sont proposés au choix du candidat.

– Deux de ces énoncés, dits « sujets de dissertation », sont, chacun, constitués par une question simple qu’il est demandé aux candidats de traiter. Ils donnent aux candidats l’occasion de mobiliser la culture philosophique acquise par leur travail.Les intitulés de sujet appellent une discussion rigoureuse sur une ou plusieurs notions du programme

– Le troisième énoncé de sujet est constitué par un texte d’une longueur raisonnable dont l’auteur figure dans la liste des auteurs au programme, qu’il est demandé au candidat d’expliquer. Le texte se rapporte explicitement à une ou à plusieurs notions du programme. Le candidat n’est tenu de connaître, ni la doctrine de l’auteur, ni son œuvre, en totalité ou en partie. Il doit rendre compte d’une compréhension précise du texte et du problème dont il est l’expression ou la solution.

Cours du 10 janvier 2022

Présentation de l’épreuve du bac et notion la vérité (origine de la philosophie en Grèce antique)

Cours du 12 janvier 2022

La vérité, le domaine de la connaissance

Cours du 17 janvier 2022

Méthodologie de la dissertation

Cours du 21 février

Savoir et croire

A retenir

Le savoir ne s’oppose pas à l’ignorance

 

  • La philosophie est née dans l’Antiquité grecque et se base sur le dialogue.
  • La philosophie est en quête d’unité, d’universalité, au-delà du chaos des visions partielles et plurielles du monde (les opinions)

 

Le terme philosophie, se compose du grec philein, « aimer », et de sophia, qui désigne à la fois la «sagesse» et le « savoir ». Philosopher, c’est penser par soi-même en interrogeant le monde pour se construire un savoir et une sagesse.

1. L’origine de la philosophie

Socrate, pour la philosophie occidentale, symbolise la naissance de la philosophie. Il est notamment le premier à se détacher des mythes, qui sont des récits, des histoires à travers lesquels on pouvait comprendre le monde. Socrate introduit la notion de logos qui représente la Raison, le langage ordonné. Toutefois, Socrate, dans Les Dialogues de Platon, a souvent recours aux mythes, ce qui peut sembler paradoxal. Nous rappelons que Socrate n’a laissé aucun écrit. C’est par conséquent essentiellement à travers l’œuvre de Platon, disciple de Socrate, que nous pouvons accéder à la philosophie socratique. Platon fonde l’« Académie », en 387 av.J.-C., douze ans après la mort de Socrate.

Le dialogue occupe une place fondamentale dans la construction de la démarche philosophique qui ne peut alors se penser sans une réflexion pédagogique : Socrate veut amener son interlocuteur à trouver lui-même la vérité. Phénarète, la mère de Socrate, sage-femme, accouchait les corps ; Socrate s’en inspire et se donne la tâche d’accoucher les esprits. Cet art d’accoucher les esprits s’appelle la « maïeutique ». Cet art nécessite de la part de Socrate de feindre l’ignorance, d’user d’ironie pour que l’interlocuteur fasse par lui-même, dans un jeu de questions-réponses, un parcours dialectique vers la connaissance.

2. Pourquoi philosopher ?

La philosophie est en quête d’unité, d’universalité, au-delà du chaos des visions partielles et plurielles du monde. Ainsi Epictète, dans ses Entretiens, nous présente-t-il la philosophie comme la recherche d’une norme commune. Il s’agit d’élaborer « un principe supérieur à l’opinion », puisque toutes les opinions se contredisent, et qu’« il ne suffit pas qu’une chose paraisse vraie pour qu’elle le soit » (Ibidem, II, 11).

Aristote (384-322 av. J.-C.) est formé au sein de l’Académie, nom de l’école philosophique créée par Platon. Il met en évidence le rôle de l’étonnement au sein de la démarche philosophique :

« Ce fut l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques (…) Apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance. »
(Physique, Livre IV)

Platon et Aristote s’accordent sur ce point : on commence à philosopher en reconnaissant qu’on ne sait rien. Le savoir demande un apprentissage, il s’acquiert. Il est le fruit d’une recherche. Il faut donc se méfier, en général, des opinions et de ceux qui s’imaginent détenir des vérités toutes faites : leurs connaissances sont bien souvent illusoires, et non fondées.

Cours du 23 février 2022
  • Qu’est-ce que philosopher ?
  • NOTIONS LA CONNAISSANCE : La vérité et la raison

La philosophie peut-elle s’apparenter à la « recherche de la vérité » ?

Pour l’école sceptique, il est impossible de trouver des vérités universelles. Montaigne par exemple, dans les Essais (1580-1588) pense être plus proche de la vérité en sachant qu’elle n’existe pas, que ceux qui sont certains d’y avoir accès. Pour lui, «le monde est une branloire pérenne» : tout est en perpétuel mouvement. On ne saurait établir en ce monde une vérité définitive.

Le dogmatisme, sommeil de la raison, correspond à l’attitude de celui qui rejette le doute et la critique tout en affirmant posséder la vérité absolue.

À l’opposé, se situe le scepticisme qui érige le doute en système et conteste la possibilité d’atteindre avec certitude la connaissance.

L’attitude critique (du grec crinein, « passer au crible », « tamiser ») seule semble conforme à la démarche philosophique. Critiquer (krisis signifie initialement « séparation »), c’est notamment être capable de prendre de la distance avec les vérités établies. Lorsque Descartes publie, en 1637, le Discours de la méthode, c’est avec l’ambition de fonder une science nouvelle, qui s’inscrit en rupture avec les vérités scientifiques officielles de son époque.

À travers ses trois Critiques, Kant souhaite instituer un tribunal de la raison pour en délimiter les utilisations légitimes. Dans la Critique de la raison pure (1781), il montre qu’il est légitime que la raison établisse des vérités scientifiques grâce aux expériences et aux démonstrations. En revanche, il estime que la raison a ses limites : certaines « Idées » métaphysiques, telles que l’existence de Dieu, la liberté et le sens de la vie ou l’immortalité de l’âme et l’origine et destination de l’univers, ne peuvent être expliquées et démontrées. Il faut, dit Kant, se contenter d’y croire. La croyance nous permet d’admettre l’existence d’« Idées » autour desquelles ne peut se constituer un savoir authentique.

Marx, au XIXe siècle, a assigné à la philosophie le rôle de « transformer le monde », elle n’avait fait jusqu’ici, selon lui, que l’« interpréter ».

Jean-Paul Sartre (1905-1980) ou Michel Foucault (1926-1984), deux figures éminentes de la philosophie française de la seconde moitié du XXe siècle, ont adopté des positions politiques très tranchées : pour Sartre, le marxisme aura été « l’horizon indépassable de notre temps ». Il soutiendra de manière particulièrement active les manifestants de mai 68. Michel Foucault intervient également sur le devant de la scène sociale et politique : il s’enthousiasme notamment, en 1978, pour la révolution iranienne. Dans le cas de Foucault comme dans celui de Sartre, l’engagement caractérise la démarche philosophique.
Le rôle de l’intellectuel d’aujourd’hui est de donner son avis sur les faits de société ou sur les évènements qui se déroulent dans le monde ; toutefois, certains estiment qu’un excès de médiatisation discrédite le philosophe de « profession », un peu comme si, pour être un philosophe authentique, il fallait vivre et demeurer caché.

  • Platon élabore la première grande pensée métaphysique occidentale
  • Le platonisme consiste à faire des distinctions entre des concepts contraires (mondes sensible et intelligible, âme et corps, science et opinion).
  • Aux XVIIIe et XIXe siècles, ces distinctions sont remises en cause.

1. Philosophie et métaphysique

La philosophie occidentale prend naissance en Grèce aux VIe et Ve siècles avant J.-C. Elle se définit comme investigation du cosmos (qui désigne le monde comme totalité ordonnée). Elle prend peu à peu ses distances vis-à-vis des explications mythiques de la tradition religieuse polythéiste grecque, dont Homère et Hésiode sont les éminents représentants.
Une telle investigation rationnelle coïncide avec l’émergence du souci d’explication scientifique du monde. Science et philosophie sont à ce titre une seule et même activité, manifestant la puissance et l’autonomie de la raison humaine.

C’est dans ce sillage de la philosophie grecque des VIe et Ve siècles que se constitue la métaphysique. Platon (428-347 av. J.-C.), élève de Socrate (470-399 av. J.-C.), élabore dans ses Dialogues la première grande pensée métaphysique occidentale. Toutes les métaphysiques ultérieures peuvent y être rapportées ; elle constitue leur source originaire.

2. Le platonisme : mise en place des traits caractéristiques de la métaphysique occidentale

Platon, héritier des philosophes présocratiques (Héraclite, Parménide) d’une part, et, d’autre part, disciple de Socrate (mort en 399 av. J.-C.) est l’investigateur d’une nouvelle conception du monde.

a. La distinction de deux plans de réalité

Le monde sensible LIRE ALLEGORIE DE LA CAVERNE, République livre VII
Il désigne les existences sensibles, soumises à la naissance, à la mort, au changement, au temps.

Le monde intelligible
Il désigne les essences, c’est-à-dire des réalités immuables, intemporelles, éternelles.

b. La distinction de l’âme immortelle et du corps mortel

Dans cette perspective, il y aurait, d’une part, une réalité perçue par les sens, c’est-à-dire par le corps, et, d’autre part, une réalité perçue par l’âme, c’est-à-dire saisie par la raison seule.
Cette distinction va de pair avec la valorisation de l’activité rationnelle, autrement dit de l’activité de l’âme. La nature de l’âme et la nature du corps sont radicalement différentes ; en effet, seule l’âme est en mesure, du fait de sa nature divine, d’échapper à la mort.

COURS DU 28 février

Cours du 2 mars

Cours du 14 mars

La conscience

Étymologiquement, le terme de conscience – l’un des termes majeurs de la philosophie occidentale – provient du latin cum scientia, qui signifie « accompagné de savoir ». Mais il possède plusieurs significations, qu’il faut savoir distinguer.

1. La conscience comme vigilance psychique

Tout d’abord, conscience signifie vigilance psychique, c’est-à-dire éveil et attention. En ce sens, elle n’est pas exclusivement réservée à l’être humain, la plupart des animaux manifestent au cours d’une même journée différents degrés de vigilance, allant du sommeil le plus profond à l’état de veille le plus intense. L’augmentation de la vigilance a des répercussions mesurables sur la qualité du comportement. La conscience, dans cette perspective, est une propriété du cerveau : elle semble inséparable d’une réalité matérielle, celle dont se préoccupent la médecine et la biologie.

Cette activité spontanée est propre aux êtres vivants. Elle conditionne la perception des objets et situations, elle assure l’adaptation au monde extérieur et elle détermine l’efficacité des gestes ou des choix, qu’il s’agisse de gestes instinctifs ou de choix intelligents.

2. La conscience comme réflexion sur soi

La conscience, en un second sens, signifie la réflexion sur soi, qui caractérise le sujet humain doté de pensée. C’est le philosophe français Descartes (1596-1650) qui formule cette idée lorsqu’il déclare qu’« avoir conscience, c’est penser et réfléchir sur la pensée qu’on a » (Entretien avec Burman). Dans cette perspective, l’homme, grâce à la pensée et à la puissance de réflexion, montre sa supériorité spirituelle sur l’animal.

La culture occidentale sera profondément marquée par cette conception à laquelle tous les philosophes des siècles suivants se réfèreront. Le philosophe allemand Kant (1724-1804) soutiendra ainsi que cette puissance de réflexion, propre au sujet pensant, fait de l’être humain un être d’exception :

« Que l’homme puisse disposer du Je dans sa représentation : voilà qui l’élève à l’infini au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. »
(Anthropologie du point de vue pragmatique, livre I, 1798)

3. La conscience comme sens moral

L’acception de la conscience comme sens moral, en usage dans la langue française des XVIe et XVIIe siècles, est celle qu’adopte, notamment, le philosophe suisse Rousseau (1712-1778) lorsqu’il déclare que tout homme, de manière immédiate, entend parler en lui la voix de sa conscience. Or cette voix intime est « juge infaillible du bien et du mal » (Émile ou De l’éducation, livre IV : « Profession de foi du vicaire savoyard »).

L’inconscience, dans cette perspective, irait de pair avec l’irresponsabilité morale. Elle mettrait en évidence le refus ou l’impuissance de l’homme à s’approprier les règles universelles de la moralité. Cette inconscience signalerait la faiblesse ou la déficience de la volonté.

Seul un être doté de réflexion, apte au retour sur soi, s’avère capable de distinguer le bien et le mal. L’animal, dénué de conscience morale, se borne à ressentir le plaisir et la douleur, liés à la satisfaction ou à la non-satisfaction de ses besoins.

Psychisme = conscience

je pense = esprit

Conscience : saisie immédiate de la pensée par elle-même.