Cours 1 La recherche de soi

HLP : La recherche de soi

Que/Qui suis-je ?: – que/ qui = objet _ je : sujet

On peut considérer que la recherche de soi consiste à cerner notre propre identité de manière évidente. Je sais ce que je suis à défaut de savoir qui je suis, ce que je suis c’est une personne qui se distingue des autres choses, mais cette affirmation ne permet pas de résoudre la question de ma propre identité. Dire que je me distingue d’un objet matériel ou d’un animal ne résout pas la complexité de mon identité.

A. La personne est un esprit

  • raisonratio = calcul, la pesée ( DESCARTES XVII° siècle « le bon sens ( la raison) est la chose du monde la mieux partagé » ) = aequus : la même proportion et tous l’ont.

  • passions : – sentiments, émotions

-sensations, sens

-imagination

– l’esprit s’oppose au corps

DESCARTES : psychisme = conscience

FRUD : psychisme = conscience + inconscient

A la question qui suis-je ? Descartes répond « je suis une substance pensante »

B. La connaissance de soi

La réponse a la question qui suis-je ? suppose la conscience de soi, c’est-à-dire la saisie de l’identité personnelle, intérieure, difficile à comprendre dans le cas de crise d’identité. La question de l’identité ne se réduit pas a celles des états psychiques qui peuvent affecter notre moi. Elle n’est pas non plus la conséquence de perturbations physiques.

Billy Elliot de Stephen Daldry

A quelle condition la connaissance de soi est-elle possible ?

à écouter

EXERCICE :

Illustrer ces trois points par des références personnelles :

1/ L’humanité a tendance à se définir par la conscience ; cependant, on peine à la connaître, à la localiser, à saisir son fonctionnement et ses effets. Par ailleurs, il est difficile de situer la conscience : est-elle une donnée ou un processus ?

2/ Dans l’étude de la conscience, nous sommes juges et parties ; nous avons des souvenirs que nous nous construisons, que nous inventons ou que nous oublions. Nous avons une image de notre apparence qui ne correspond pas forcément à notre identité réelle. À l’inverse, qui n’a jamais été envahi par une sensation d’étrangeté en entendant sa propre voix de l’extérieur ? Il reste donc un point à déterminer : comment se définit notre identité ?

3/ Cette conscience rencontre aussi d’autres consciences, mais un doute subsiste : les autres consciences sont elles bien présentes ? Sont-elles du même type que la nôtre ? Faut-il accorder à l’animal ou à la plante une forme de conscience ? Autrement dit, sommes-nous les seuls à être conscients ?

BERGSON : A la fin de la seconde guerre mondiale ce sont ses élèves qui publient ses écrits

B. La question de la sensibilité

1. ressentir et exprimer sa sensibilité

Nous sommes empêchés par le langage de communiquer ce que nous ressentons: nos émotions, nos sentiments, nos désirs.

Question d’interprétation:

C’est l’explication de texte qui est le fil directeur du devoir.

Une petite introduction (rien sur l’auteur, rien sur l’époque) avec le thème, la thèse, le problème que la réponse pose, quelle est la démarche de penser de l’auteur pour le résoudre.

Le développement consiste en une explication linéaire en suivant les grands mouvements du texte (autrement dit l’argumentation de l’auteur pour répondre au problème) travail précis sur les concepts utilisés par l’auteur. Pas d‘ouverture et pas de références (uniquement dans le développement pour suivre un argument) et pas de jugement de valeurs

La conclusion permet de faire le point en reprenant le problème.

Annotation du texte:

Premièrement rechercher les connecteurs logique, puis se pencher sur l’argumentation ( par exemple mettre des // entre chaque parties) et puis dernièrement rechercher le problème et si il se vérifie tout au long du texte.

Problématiser, argumenter, conceptualiser

Nous ne voyons pas les choses même ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. Cette tendance, issue du besoin, s’est encore accentuée sous l’influence du langage. Car les mots (à l’exception des noms propres) désignant des genres. Le mot, qui ne note de la chose que sa fonction la plus commune et son aspect banal, s’insinue entre elle et nous, et en masquerait la forme à nos yeux si cette forme ne se dissimulait déjà derrière les besoins qui ont créé le mot lui-même. Et ce ne sont pas seulement les objets extérieurs, ce sont aussi nos propres états d’âme qui se dérobent à nous dans ce qu’ils ont d’intime, de personnel, d’originalement vécu. Quand nous éprouvons de l’amour ou de la haine, quand nous nous sentons joyeux ou tristes, est-ce bien notre sentiment lui-même qui arrive à notre conscience avec les milles nuances fugitives et les mille résonances profondes qui en font quelque chose d’absolument nôtre? Nous serions alors tous romanciers, tous poètes, tous musiciens. Mais, le plus souvent, nous n’apercevons de notre état d’âme que son déploiement extérieur. Nous ne saisissons de nos sentiments que leur aspect impersonnel, celui que le langage a pu noter une fois pour toutes parce qu’il est à peu près le même dans les mêmes conditions, pour tous les hommes. Ainsi, jusque dans notre propre individu, l’individualité nous échappe. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles.

BERGSON, Le rire

Dans ce texte BERGSON, aborde le thème de la confrontation entre le langage et la sensibilité. Peut-on par le langage exprimer ce que nous ressentons, ainsi que notre individualité? A cette question l’auteur répond que nous sommes incapables de ressentir, d’exprimer et de partager nos sentiments. En raison du fait que le langage soit bien trop général afin de parvenir à l’expression de l’individualité de nos sentiments. Il y a dans le texte une restriction à la thèse : la dimension poétique du langage. En effet, les artistes seraient les seuls à pouvoir atteindre et exprimer l’authenticité de leur sentiments.

Plan de rédaction :

I- La généralisation des choses par le langage qui est une interface entre nous et les choses.

II- Le langage n’est pas seulement le moyen général pour désigner des choses, mais aussi pour désigner nos états d’esprits, nos sentiments et tout ce qui est rendu par le langage impersonnel.

III- Opposition qu’il fait à sa propre thèse en opposant la majorité des individus aux artistes qui sont des exceptions, seuls capables d’éprouver et de partager des sentiments authentiques.

Le langage nous permet-il n’exprimer nos sentiments de manières authentique?

C/ Les limites de la connaissance de soi

La conception romantique du moi en littérature se heurte au logos philosophique mais aussi à la question sociale du moi. En effet, s’il est difficile de saisir l’intimité, la sincérité du moi, il est tout autant important de souligner la question d’autrui dans le rapport a soi. A la fin du 19ème siècle, ce sont les sciences humaines qui vont permettre de problématiser le rôle joué par autrui non seulement pour vivre ensemble mais aussi pour avoir conscience de nous-même.

Sciences humaines :

Elles vont permettre une reconnaissance sociale du « moi »

  • Sociologie

  • Histoire

  • Anthropologie

  • Psychologie / Psychanalyse

  • Ethnologie – Claude Lévi-Strauss

2 exemples : «Je est un autre» de Rimbaud

Hegel   dialectique de la reconnaissance de soi par l’autre, autrui dans la vie en commun.

Le rapport à l’autre est d’abord celui de la différenciation, de la négation de soi même que l’on peu prendre comme fondement de la conscience de soi

  • Nous prenons conscience de nous même non pas en nous regardant à l’intérieur ou dans un miroir mais en adoptant le point de vue d’un autre sur nous même.

    Ex : Le jeu (jouer un rôle (play) et jouer à quelque chose (game).

  • Cette prise de conscience de soi requiert une différenciation sociale : reconnaissance des autres.

  • Cette prise de conscience implique que le soi à une structure sociale qu’il conserve même dans la solitude.

La connaissance de soi ayant pour condition le rapport à autrui, suppose une relation sensible. Ce que je reconnais dans l’autre n’est pas seulement un logos, une raison qui me parle et à qui je parle, c’est aussi une sensibilité, des sentiments (l’admiration, la crainte, la jalousie, etc) un désir. La théorie mimétique du désir de René Gérard XXème siècle : ce que l’on désire c’est le désir de l’autre

D- L’hypothèse de l’inconscient

Descartes esprit = conscience au XVIIème siècle

XXème siècle = Freud

Depuis l’enfance nous avons des désirs refoulés que nous ne connaissons pas, que nous ne voulons pas nous avouer à nous même mais qui vont peser un poids toute notre vie. Cette hypothèse de l’inconscient non seulement empêche de se connaître soi-même mais explique aussi certaines pathologies. A l’état de sommeil la conscience est moins vigilante et laisse passer certaines images refoulées, déguisée : c’est le rêve. A l’état de veille le désir refoulé se désir et se manifeste : c’est la lapsus, le jeu de mot, le mot d’esprit. Enfin si nous subissons une censure très importante de nos désirs, un refoulement sans fin de ses derniers cela créer des symptômes psychiques : c’est la maladie mentale. En mettant sur le même plan, rêve, lapsus et maladie Freud rend impossible la connaissance de soi en raison de désirs infantiles plus ou moins refoulés dont l’homme devenu adulte de se défait jamais. Pour exprimer l’hypothèse de l’existence de l’inconscient, Freud ne s’en tient pas à sa théorie d’un moi divisé mais prétend fonder une pratique, une thérapie : c’est la psychanalyse. Cette dernière aura une influence sur la littérature et les arts du 20 eme siècl.

Travail d’écriture
Faites une recherche d’une expérience de la folie en art (œuvre iconographique, œuvre littéraire ou philosophique ou séquence filmique). Vous associez au support choisi un texte expliquant l’expression de la folie et de la perte de soi chez l’artiste.

Surréalisme et inconscient
?L’écriture automatique pour laisser parler l’inconscient
?La libre association d’images comme libération de l’être profond
?Repenser les rapports des arts picturaux et poétique
Freud, Introduction à la psychanalyse
le moi n’est pas même maître dans sa propre maison
le moi seul ne rend pas compte de la totalité du psychisme
Freud, « Sur un souvenir de jeunesse de Léonard de Vinci »
comment la vie psychique entraîne la création artistique
comment la psychanalyse se sert de l’œuvre pour interroger le moi
Notion : la « sublimation » : l’art, moyen détourné de laisser s’exprimer les pulsions sexuelles sous une forme plus élevée et en les détournant de leur objet ordinaire, donc sous une forme admissible par les instances de censure qui déterminent la conscience de soi. Texte 5 p.144

Pour aller plus loin TEXTE 6 p.146

Construire la critique argumentée d’une notion
Nietzsche
?l’art du point de vue du créateur plutôt que du spectateur
?critique radicale de la notion de génie et du culte romantique de l’artiste
?la croyance au moi comme superstition grammaticale
?l’art, manifestation d’une volonté de puissance qui agit sur le monde et sur le moi, non pas contemplation hystérique, désabusée ou simplement passive du monde et de soi