COURS 2 Histoire et violence chapitre 1

Corpus-1-HLP-histoire-et-violence

 

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COURS Violence et histoire

(Relation entre les deux)

?Violence = force, brutalité, douleur

Passion = pathos, la souffrance

Relation qui consiste à soumettre quelqu’un / rapport de force / intérêt à autrui ?la morale

 

?Histoire = Culture 

– espace lieu

– temps / histoire des hommes (profane différent de sacré)

= Droit différent de fait ? ce qui se passe, ce qui arrive (accido)

Directum ? regula = la règle, ce qui devrait être / différent de ce qui est

 

Droit naturel

  • Force, Calliclès / Hobbes
  • Sentiments, Rousseau

 

En philosophie le thème de la violence renvoie à un débat classique, qui est moral et politique (Polis). En effet, toute violence repose sur la volonté de soumettre quelqu’un contre sa volonté par le recours à la force. La violence est une suspension de la légalité, on peut se demander si elle est légitime.

Le débat philosophique s’insère dans la tradition des penseurs contractualistes, c’est par exemple le débat de Hobbes et Rousseau au 18èm siècle.

Au 20èm siècle, la majorité des penseurs rejettent la violence, soit au nom du respect des individus (Sartre) soit une nouvelle notion (pacifisme). Cf.Projet de paix perpétuelle KANT

Que ce soit pour l’individu ou le vivre ensemble , on écarte la notion de violence. On peut se demander si l’Histoire n’est pas fondamentalement violence ou s’il ne faut pas au contraire insister sur le rôle moteur de la violence dans l’histoire

 

Le mot violence violent violer, dérivent du latin violentia issu de vis : force en action ou vires les forces physiques. Confondue avec la force ou le conflit. Elle est sujet de questionement concernant son origine : d’où vient cette force, quelle est son origine ?

Un facteur social, culturel

I/ La nature humaine à l’origine de la violence

  • par sa nature instinct de survie attaque et contre attaque / Calliclès- Hobbes
  • animalité en l’homme ce sont les passions délaissant la raison (Le désir, la peur, Hume, texte le loup et l’agneau, le loup de la Fontaine justifie (logos) sa passion, la raison est une justification secondaire de la passion
  • L’homme est violent parce qu’égoïste il a de l’amour propre, de l’amour de soi sans aucune sympathie(Rousseau)

II/ Le facteur culturel comme producteur de violence

  • La violence comme outil de langage au lieu d’utiliser des mots pour persuader, on utilise la violence physique pour vaincre . Paul Valéry « Entre les hommes il n’y que deux sortes de relation possibles, la parole ou la guerre ». On parle (logos = un discours raisonné) ou on frappe.
  • Il existe aussi un discours violent, c’est la rhétorique des sophistes, celle de Calliclès, un usage particulier de la parole qui consiste à convaincre à tout prix son interlocuteur, a avoir toujours raison.
  • L’histoire montre la non possession de soi, l’absence de contrôle comme une perte de la raison exemple le cannibalisme (Montaigne), l’esclavage

III/ Histoire et violence

La perfectibilité Rousseau

https://www.youtube.com/watch?v=GmkEmkcivSo

La violence exprime la difficulté de démêler ses origines parce que l’homme n’et jamais totalement à l’état de nature ni dépourvu de son animalité. Il n ‘existe pas de pont, de passage entre les deux, mais plutôt un « génie de l’équivoque » qui montre que nature et culture est une sorte d’échappement qui caractérise l’humanité.

Hegel La dialectique du maître et de l’esclave

Hegel explique la violence de la conscience du rapport entre le maître et l’esclave

Besoin de reconnaissance de 2 êtres conscients qui s’affrontent dans une lutte et le gagnant a la reconnaissance du perdant. Cette lute ne conduit pas à la mort car le but est d’avoir un gagnant reconnu et un perdant le reconnaissant plutôt qu’un mort. Hegel explique que l’existence humaine serait impossible sans violence, cela serait contraire à la nature. L’esclave est authentique parce qu’on a besoin de lui pour subvenir à ses besoins c’est-à-dire de son travail, alors que le maître n’est rien sans lui. C’est pour Hegel « la certitude objective ».

Ainsi l’humain préfère rechercher la reconnaissance à travers la violence plutôt que de vivre en dépendance pour le maître (l’esclavage se retourne contre lui) ou plutôt que mourir pour l’esclave (il se libère par son travail).

Hobbes le Léviathan 1651

Défend une thèse à l’état de nature l’homme est un loup pour l’homme

Si deux hommes désirent la même chose alors qu’il n’est pas possible qu’ils en jouissent tous les deux, ils deviennent ennemis: et dans leur poursuite de cette fin (qui est, principalement, leur propre conservation, mais parfois seulement leur agrément), chacun s’efforce de détruire ou de dominer l’autre.Et de là vient que, là où l’agresseur n’a rien de plus à craindre que la puissance individuelle d’un autre homme, on peut s’attendre avec vraisemblance, si quelqu’un plante, sème, bâtit, ou occupe un emplacement commode, à ce que d’autres arrivent tout équipés, ayant uni leurs forces, pour le déposséder et lui enlever non seulement le fruit de son travail, mais aussi la vie ou la liberté. Et l’agresseur à son tour court le même risque à l’égard d’un nouvel agresseur. Du fait de cette défiance de l’un à l’égard de l’autre, il n’existe pour nul homme aucun moyen de se garantir qui soit aussi raisonnable que le fait de prendre les devants, autrement dit, de se rendre maître, par la violence ou par la ruse, de la personne de tous les hommes pour lesquels cela est possible, jusqu’à ce qu’il n’aperçoive plus d’autre puissance assez forte pour le mettre en danger. Il n’y a rien là de plus que n’en exige la conservation de soi-même, et en général on estime cela permis. […] Il apparaît clairement par là qu’aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun.

Explication

Quand des personnes désirent posséder, elles sont incapables de posséder, c’est chacun pour soi, on entre en violence, l’autre est incapable de renoncer et devient un obstacle.

Violence, pouvoir et domination.

Tout est permis pour avoir ce que l’on veut, quitte à faire la guerre.

Le discours de Calliclès

«  Comment un homme pourrait-il être heureux s’il est esclave de quelqu’un d’autre ? Veux-tu savoir ce que sont le beau et le juste selon la nature ? Eh bien, je vais te le dire franchement ! Voici, si on veut vivre comme il faut, on doit laisser aller ses propres passions, si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer. Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandes passions et de les assouvir avec tout ce qu’elles peuvent désirer. Seulement, tout le monde n’est pas capable, j’imagine, de vivre comme cela. C’est pourquoi la masse des gens blâme les hommes qui vivent ainsi,gênée qu’elle est de savoir dissimuler sa propre incapacité à le faire. La masse déclare donc bien haut que le dérèglement -j’en ai déjà parlé- est une vilaine chose. C’est ainsi qu’elle réduit à l’état d’esclave  les hommes dotés d’une plus forte nature que celle des hommes de la masse; et ces derniers, qui sont eux-mêmes incapables de se procurer des plaisirs qui les combleraient, font la louange de la tempérance et de la justice à cause du manque de courage de leur âme. Ecoute, Socrate, tu prétends  que tu poursuis la vérité, eh bien , voici la vérité : si la facilité de la vie, le dérèglement, la liberté de faire ce qu’ont veut, demeurent dans l’impunité, ils font la vertu et le bonheur ! Tout le reste, ce ne sont que des manières, des conventions, faites par les hommes, à l’encontre de la nature. Rien que des paroles en l’air, qui ne valent rien ! »

Platon, Gorgias, 491e-492C, traduction M.Canto

1° argument de Calliclès laisser aller ses propres passions, ne pas les réprimer. Contre la raison, la tempérance (courage et intelligence) il faut satisfaire toutes ses passions Or, seuls quelques uns sont capables de vivre dans un tel débordement de passions et de désirs, il y donc une inégalité de nature. Ceux qui ne parviennent pas à satisfaire tous leurs désirs pour cause d’incapacité vont blâmer par jalousie et et faiblesse ceux qui réussissent.

Calliclès veut montrer à Socrate qu’il a raison, Il se met à égalité avec Socrate car il dit lui aussi poursuivre la vérité. Quant aux discours moralisateurs de la masse des gens :  Les hommes faibles inventent une nature pour masquer leur propre faiblesse, pour se rassurer.

Arendt

« Il existe une diffe?rence essentielle entre le criminel qui prend soin de dissimuler a? tous les regards ses actes re?pre?hensibles et celui qui fait acte de de?sobe?issance civile en de?fiant les autorite?s et s’institue lui-me?me porteur d’un autre droit. Cette distinction ne?cessaire entre une violation ouverte et publique de la loi et une violation clandestine a un tel caracte?re d’e?vidence que le refus d’en tenir compte ne saurait provenir que d’un pre?juge? allie? a? de la mauvaise volonte?. Reconnue de?sormais par tous les auteurs se?rieux qui abordent ce sujet, cette distinction est naturellement invoque?e comme un argument primordial par tous ceux qui s’efforcent de faire reconnai?tre que la de?sobe?issance civile n’est pas incompatible avec les lois et les institutions publiques […]. Le de?linquant de droit commun, par contre, me?me s’il appartient a? une organisation criminelle, agit uniquement dans son propre inte?re?t ; il refuse de s’incliner devant la volonte? du groupe et ne ce?dera qu’a? la violence des services charge?s d’imposer le respect de la loi. Celui qui fait acte de de?sobe?issance civile, tout en e?tant ge?ne?ralement en de?saccord avec une majorite?, agit au nom et en faveur d’un groupe particulier. Il lance un de?fi aux lois et a? l’autorite? e?tablie a? partir d’un de?saccord fondamental, et non parce qu’il entend personnellement be?ne?ficier d’un passe-droit. »