Cours 3 A/ les représentations du monde

Je pense au mot cosmos. Il a signifié d’abord, pour les Grecs, ordre, convenance; puis monde; et la parure des femmes. La source de la poésie, ce sont ces moments où, dans un éclair, quelquefois aussi par une lente imprégnation, ces trois sens coïncident, où [… ] surgit une beauté, qui est la convenance d’un monde, singulier appât où le poète ne cesse de revenir » – Philippe Jaccottet, « Paysages avec figures absentes », 1970.

Parler des représentations du monde c’est inscrire l’homme dans un contexte culturel et historique. Il s’agit de penser la pluralité des cultures, la pluralités des mondes, pour mieux comprendre l’homme et sa conscription (tracer) dans la nature. Existe-t-il une nature humaine ? C’est-a-dire quelque chose d’universel qui nous permette de définir l’homme ? Faut il le distinguer des dieux, des animaux ou bien de ses semblables ? Car enfin, représenter un monde c’est porter un regard sur tout ce qui nous entoure, mais aussi sur autrui.

Pour répondre a ces questions, on peut s’interroger sur les regards que les homme portent sur les autres hommes, autres mondes (utopie), les autres espèces (animaux).

le monde : tout= la totalité

il est naturel et artificiel. Il comprend les humains et les animaux.

Définition= délimiter

La totalité qui semble définir le monde n’est pas accessible, c’est peut être une représentation, c’est à dire une idée, l’idée de tout ce qui est. Une idée subjective que l’on se fait du monde. C’est le contraire de l’objectivité de la connaissance. La mythologie est ,par exemple, une représentation.

Les représentations du monde

A/ L’homme et le monde

le monde : tout= la totalité

il est naturel et artificiel. Il comprend les humains et les animaux.

Définition= délimiter

La totalité qui semble définir le monde n’est pas accessible, c’est peut être une représentation, c’est à dire une idée, l’idée de tout ce qui est. Une idée subjective que l’on se fait du monde. C’est le contraire de l’objectivité de la connaissance. La mythologie est ,par exemple, une représentation.

1) La représentation grecque du monde : le COSMOS

Cosmos= le tout, dont les dieux qui ne sont pas créateurs du monde.

Le cosmos est limité, c’est à dire qu’il est fini et terminé, donc parfait et suffisant.

Le cosmos est aussi ordonné, c’est une perfection qualitative, tout y est et tout est à sa place (les hommes sont à leurs places, les poissons sont dans l’eau, ect). Seul l’homme connaît l’Ubris, une qualité propre à l’homme.

2) La pensée médiévale

Idée d’un Dieu seul et transcendant= monothéisme chrétien

Dieu ne saurait participer du monde tout en le créant. Du cosmos, on passe à la création.

Celui qui est parfait et a qui il ne manque rien est Dieu.

L’homme devient une créature privilégié car le monde a été créé pour lui. Admiré le monde, pour l’homme, c’est contempler la grandeur de la divinité elle même.

3) L’humanisme de la renaissance

L’homme commence a envisager sa place dans le monde en tant qu’intelligence, en tant que raison, en tant que celui qui pense et calcule le monde.

Cette intelligence proprement humaine va le rendre capable de dégager les lois de tout ce qui est, capable d’inventer des expériences capable de contraindre la nature à dévoiler ses lois et capable enfin de produire des moyens techniques pour faire évoluer le monde. Le monde n’est plus représenté comme un cosmos, finit et ordonné, il n’est plus représenté non plus comme une création.

Raison= logos

Le monde est représenté comme un univers, un ensemble de réalités dont les lois peuvent être unifiées mathématiquement (loi de l’attraction, Newton).

4) Le rapport de l’homme au monde

Le monde est un cosmos. L’homme menace l’ordre du monde donc il doit rester à sa place, et pour cela il faut la connaître.

« Connais toi toi-même », Socrate. L’inverse du souci de soi, c’est un « je » universel ici.

Pour Aristote, « l’homme est un animal politique ». Chaque homme doit être à sa place pour le bien du peuple, l’homme ne fait pas parti du genre humain, pour cela il doit faire parti de la cité.

Si le monde est création, l’homme est une créature privilégié, il a été créé à l’image de Dieu, on le voit dans la première Genèse.

Si le monde est univers, l’homme est une intelligence, pour en comprendre les lois et dire le monde dans un langage mathématique qui est un privilège de l’homme. Descartes « l’homme a pour tâche de se rendre comme maître et possesseur de la nature ». L’homme a une place de domination, le projet de développer les sciences et les techniques (sciences= connaissance ; techniques= savoir faire). On peut se demander si les animaux ont un monde.

Les représentations du monde renvoient à une ou plusieurs idées de l’homme sur le monde qui l’entoure.

B/ Les animaux et le monde

Dès l’antiquité, on pense que les animaux vivent dans le même monde que nous mais on a conscience que la terre, le soleil, les déserts, ne sont pas pour eux ce qu’ils sont pour nous, par exemple la mer n’est pas pour nous ce qu’elle est pour les poissons. Il faut distinguer le monde comme un espace qui nous entoure et un ensemble de signification. Avec la distinction du langage, on apprend que les animaux perçoivent et comprennent des signaux. L’homme interprète également des signaux en leur donnant du sens et est capable de donner du sens même à quelque chose que l’on ne comprend pas, l’homme suppose. Il y a une multiplicité de mondes chez les animaux plutôt qu’un monde animal.

L’éthologue Uexüll, explique que les animaux et les hommes ne perçoivent pas la même chose. Donner du sens pour l’homme, c’est donner un comportement déterminé. Un sens n’est jamais fixe, car il est multiple, personnel et différent pour chacun, alors que l’animal est déterminé par un comportement, il ne peut pas attribuer de sens.

La tique, peut percevoir l’odeur d’un mammifère auquel elle va s’accrocher, comme un réflexe.

Si elle arrive à s’accrocher au mammifère, elle va aller sur une partie chaude pour la perforer.

En dehors de ses sens là, tout le reste ne signifie rien pour elle.

Heidegger, « l’animal est pauvre en monde ». Il sous-entend que l’homme n’est pas pauvre et donc fait une distinction. Il reprend l’idée d’un monde environnant, pour désigner les mondes animaux différents d’une espèce à l’autre, limitation spatiale et limitation de signification. A l’inverse de l’animal, l’homme sonde de manière de plus en plus complexe le monde.

«La pierre est sans monde»,

«L’animal est pauvre en monde»,

«L’homme est configurateur de monde».

Illustration par des textes et citations de Heidegger, Concepts fondamentaux de la métaphysique :

«Nous disons : la pierre exerce une pression sur le sol. En cela, elle « touche » la terre. Mais ce que nous appelons là « toucher » n’est nullement tâter. (…) La terre n’est pas pour la pierre donnée comme appui. (…) La pierre, dans son être de pierre, n’a absolument aucun accès à autre chose parmi quoi elle se présente» : elle est «sans monde».

Le lézard qui se dore au soleil, sur un caillou, n’est pas dans le même cas. «Il a recherché la pierre, il a l’habitude de la rechercher. Éloigné d’elle, il ne reste pas n’importe où : il la cherche de nouveau.» Le lézard a bien «une relation propre» au caillou, mais n’en fait pas expérience, et le soleil ne lui est pas «accessible comme soleil». C’est pourquoi, «quand nous disons que le lézard est allongé sur la roche, nous devrions raturer le mot « roche » pour indiquer que ce sur quoi le lézard est allongé lui est certes donné d’une façon ou d’une autre mais n’est pas reconnu comme roche».

On ne peut donc pas dire de l’animal qu’il est sans monde, mais pas davantage qu’il a un monde. Car s’il est vrai que sur la base d’un stimulus olfactif, gestuel ou visuel, il enclenche une séquence comportementale qui le met en relation avec une partie du monde, il est tout aussi vrai que cela finit par l’enfermer dans cette portion de monde. Heidegger, pour traduire cet «être pris en soi-même» de la bête, utilise la notion d’accaparement : «L’accaparement est la condition de possibilité pour que l’animal, de par son essence, se comporte en étant pris au sein d’un milieu ambiant, mais jamais dans un monde.» Et cite l’exemple de l’abeille ­ illustration, en langage heideggerien, de ce que «l’animal est exclu de la manifesteté de l’étant».

«On a placé une abeille devant un petit bol suffisamment rempli de miel pour que l’abeille ne puisse absorber ce miel en une seule fois. Elle commence à aspirer puis, après un moment, interrompt cette activité pulsionnelle, s’envole et délaisse le miel qui reste encore là.» On dirait qu’elle «constate qu’il y a toujours du miel, et même trop de miel, qui se trouve là». Mais «on a observé ceci : si l’on sectionne soigneusement l’abdomen d’une abeille pendant qu’elle aspire le miel, l’abeille continue tranquillement à boire, tandis que le miel ne cesse de s’écouler derrière elle». Cela montre, poursuit Heidegger, que «l’abeille ne constate nullement la surabondance de miel. Elle ne constate ni cette surabondance ni même la disparition de son abdomen ­ ce qui est encore moins compréhensible».

C/ La pluralité des mondes humains

Pour l’homme ce qui est complexe c’est la multiplicité et la diversités des cultures. Il faut comprendre que le monde des hommes est fragmenté en monde multiple. Dans ce cas, on parle de cultures diverses de systèmes de valeur voire de civilisations. Ce sont des mondes en lesquels les êtres humains se reconnaissent en étant comme toujours différents les uns des autres.