CORONAVIRUS JOUR 1

Je vais utiliser Pronote au fil des jours et mon blog Philochar élèves pour les ressources complémentaires, Chaque classe pourra trouver le cours correspondant dans les PAGES
Le cours sera constitué de plans comme à l’accoutumé, des  titres, sous titres, références et des textes à lire en cherchant les problématiques.L’activité de l’élève sera de comprendre le déroulé de la séance, s’interroger et retenir les problématiques et les arguments présents dans les textes. Le cours doit être noté DANS LE CAHIER au fil des semaines., sous forme de prise de notes.
Toutes les questions et échanges sont bienvenus via ATRIUM
En fin de semaine vous aurez les sujets type bac : Un devoir à préparer et à rendre (manuscrit uniquement) quand on se retrouvera. Ce devoir sera guidé par vers les textes utiles, voire des questions ou pistes de recherche.
L’usage du MANUEL de Philosophie est fortement (et exclusivement) recommandé.
Puisque vous restez à la maison, n’oubliez pas de partager notre QUOI DE NEUF !!! Pour donner à chacun ce petit coup de pouce nécessaire pour se mettre en route et garder le contact…
Bon courage à tous, bonne journée et à demain.

« Il y a des choses qui dépendent de nous et d’autres qui ne dépendent pas de nous. » – Epictète

«Notre ultime reconnaissance envers l’art»

L’art est comme le bouffon, son insolence nous est nécessaire, et même vitale :

« Si nous n’avions pas donné notre approbation aux arts et inventé cette espèce de culte du non-vrai : la compréhension de l’universalité du non-vrai et du mensonge que nous offrent à présent les sciences – la compréhension de l’illusion et de l’erreur comme condition de l’existence connaissante et percevante -, nous seraient totalement insupportables. La probité entraînerait le dégoût et le suicide. Mais aujourd’hui notre probité possède une contre-puissance qui nous aide à éluder de telles conséquences : l’art, entendu comme la bonne disposition envers l’apparence. Nous n’interdisons pas toujours à notre oeil d’arrondir, de parachever par l’imagination : et ce n’est plus alors l’éternelle imperfection que nous transportons sur le fleuve du devenir – nous pensons alors porter une déesse et nous accomplissons ce service avec de la fierté et une innocence enfantine. Comme phénomène esthétique, l’existence demeure toujours supportable, et l’art nous offre l’oeil, la main et surtout la bonne conscience qui nous donnent le pouvoir de faire de nous-mêmes un tel phénomène. Nous devons de temps en temps nous reposer de nous-mêmes en jetant d’en haut un regard sur nous-mêmes, et, avec un éloignement artistique en riant sur nous-mêmes ou en pleurant sur nous-mêmes; nous devons découvrir le héros et de même le bouffon qui se cachent dans notre passion de connaissance, nous devons quelquefois nous réjouir de notre folie pour pouvoir continuer à éprouver de la joie à notre sagesse ! Et c’est précisément parce que nous sommes en dernière instance des hommes lourds et sérieux, et plutôt des poids que des hommes, que rien ne nous fait tant de bien que le bonnet de bouffon : nous en avons besoin à l’égard de nous-mêmes – nous avons besoin de tout art insolent, planant dans les airs, dansant, moqueur, enfantin et bienheureux pour ne pas perdre cette liberté qui se tient au-dessus des choses que notre idéal exige de nous. Ce serait pour nous une rechute que de tomber, en raison précisément de notre probité susceptible, au beau milieu de la morale et par amour pour des exigences excessivement sévères que nous nous imposons à cet égard, de nous transformer en monstres et en épouvantails de vertu. Nous devons aussi pouvoir nous tenir au-dessus de la morale : et pas seulement nous tenir avec la raideur anxieuse de celui qui craint à chaque instant de glisser et de tomber, mais aussi planer et jouer au-dessus d’elle ! Comment pourrions-nous pour ce nous passer de l’art, tout comme du bouffon ? »
Le gai Savoir ( 1882-1887), § 107, trad. Patrick Wotling, G.F., 2000, pp. 158-159.

Nature et culture

La barbarie, c’est de demander à quoi sert la culture ; d’admettre l’hypothèse que la culture puisse être dépourvue d’intérêt intrinsèque, et que l’intérêt pour la culture ne soit pas une propriété de nature, d’ailleurs inégalement distribuée, comme pour séparer les barbares des prédestinés, mais un simple artefact social, une forme particulière et particulièrement approuvée de fétichisme ; c’est de poser la question de l’intérêt des activités que l’on dit désintéressées parce qu’elles n’offrent aucun intérêt intrinsèque […] et d’introduire ainsi la question de l’intérêt du désintéressement.

Pierre Bourdieu
La Distinction. Critique sociale du jugement
Les Éditions de Minuit, Paris, 1979

Remarques sur le plagiat

 

La tentation du plagiat

 

Les ressources que vous consultez doivent vous aider à approfondir votre pensée, mais ne peuvent se substituer à votre propre questionnement et à votre propre travail. Il ne faut pas tomber dans le plagiat : vous devez être auteur de vos devoirs (attention recopier en changeant quelques mots, c’est aussi une forme de plagiat).

 

Le copier-coller est devenu une habitude sur internet, et le plagiat peut être tentant lorsqu’on fait son devoir au dernier moment, ou bien quand on a l’impression qu’on n’arrivera pas à faire soi-même le travail demandé.

 

Pourquoi faut-il éviter le plagiat ?

 

Le plagiat est :

  • une infraction au règlement intérieur (susceptible de sanctions) ;
  • une tricherie inutile, puisque les professeurs détectent facilement les cas de plagiat ;
  • un manque d’honnêteté intellectuelle (on vole les idées d’autrui qu’on fait passer pour siennes) ;
  • et surtout : un acte contraire à l’esprit même de la philosophie, qui suppose de penser par soi-même !

 

Comment éviter le plagiat ?

 

  • Organisez-vous afin de ne pas faire vos devoirs au dernier moment.
  • N’hésitez pas à poser vos questions au professeur, à travailler en groupe (n’attendez pas le dernier moment là aussi pour solliciter de l’aide).
  • Distinguez bien la phase de recherche et la phase d’écriture de votre devoir. Lors de la phase de recherche, vous pouvez consulter toutes les ressources que vous voulez, mais lors de la phase d’écriture, laissez toutes ces ressources de côté, vous aurez ainsi la garantie que vous rédigerez vraiment par vous-même.
  • Si vous voulez reprendre un court extrait d’un document qui semble particulièrement pertinent pour votre réflexion, il faut citer ce document en bonne et due forme.
  • Prenez confiance en vous : vous êtes capables de réussir ! C’est en vous confrontant par vous-mêmes aux exigences du travail demandé que vous arriverez à faire des progrès.

Et pourtant nous sommes libres!

« Nul n’a choisi ses parents, ni même, s’il regarde bien, ses amis. Nul n’a choisi d’être grand ou petit, blond ou brun. C’est une des conditions les mieux établies de notre existence, que nous devons accepter une situation de fait, et travailler en partant de là. Si j’ai une mauvaise mémoire, je n’ai pas à récriminer, mais je dois m’efforcer de la rendre passable ; et, si j’ai une oreille paresseuse, je dois regarder plus attentivement de ce côté-là en traversant les rues. L’indignation ne sert point. Cette idée est familière à tous. Nous comprenons aisément que notre nature et ce qui l’environne, tout cela nous est donné, et ne peut être changé comme un vêtement ; il faut se contenter de modifier un peu ces conditions imposées. L’expérience fait voir que les modifications qui dépendent de nous sont très faibles, par rapport à la structure et au régime de l’ensemble ; mais l’expérience fait voir aussi qu’elles suffisent presque toujours ».

ALAIN, Vigiles de l’esprit, 1942