Conscience et inconscient psychique

I. La conscience cartésienne

1- Le Projet de Descartes:

XVII siècle

Distinguer vérité et certitude

Certitude: être capable de donner le fondement du savoir

Le premier texte écrit en français: «Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences»

La raison ne se laisse pas influencer.

DESCARTES dit qu’il faut utiliser sa propre raison et il se méfie de ses sens:

-L’ouïe-dire

-L’évidence

-La sensibilité ? raison et il met la sensibilité du côté du désir

Les deux points essentiels du livre de DESCARTES:

-Conduire sa raison

-Chercher la vérité dans les sciences

DESCARTES trouve la vérité dans le domaine de la connaissance.

« Descartes est sûr de trouver la vérité que dans les sciences et ni dans la beauté ni la morale »

2- La méthode/Le chemin du doute:

Comment ne pas se tromper chez Descartes?

1-Éviter la précipitation

2-Éviter l’inattention

Selon Descartes si l’on se trompe c’est qu’on la voulu, c’est notre responsabilité. Nous sommes transparents à nous mêmes.

a) Les sensations

Ex. «Je ne remet pas en question le temps»

-Argument du doute: Est-ce qu’on ressent tous la même chose? ? relativité des 5 sens.

Les sens sont trompeurs. Doute ? faux.

«Tout ce qui peut être mis en doute peut être faux» –DESCARTES

Descartes dit que douter ce «n’est pas pour les esprits faibles et chancelants»

Il invite son lecteur à rentrer dans le chemin du doute.

TEXTE 2 PAGE 33 – Les perceptions

b) Les vérités mathématiques

Comment mettre en doute: 2+2 = 4?

-Argument: erreur de raisonnement ? Comment mettre en doute les sciences?

«Il se peut qu’à chaque fois qu’on fait un calcul on se trompe» ? Erreur de raisonnement.

? Idée universelle ? On considère que tout est faux. Doute ? Faux

c) La réalité

-Argument: rêve ? On a aucun critère pour distinguer le réel de l’imaginaire.

d) Doute hyperbolique (plus dans Le discours de la méthode)

– « Les méditations métaphysique » DESCARTES, texte écrit en latin adressé aux savants contre les septiques en particulier. Réponse aux objections du discours de la méthode. Il reprend la méthode et ajoute l’argument du doute hyperbolique.

Doute cartésien / Doute septique – Montaigne «Essais » « Le doute est un mol oreiller

– Ici le doute est – Chez les septique le pour une tête bien faite »

un moyen pour doute est une fin. Le « Que sais-je ? » = Que sais-je…

arriver à la but est de douter. DONC Suspension

vérité.

– Contrairement aux – On ne peut pas

septiques la trouver la vérité,

recherche de la vérité on suspend le

interroge le sujet jugement.

connaissant.

Comment pousser le doute à l’extrême ? Descartes veut mettre fin au doute septique en les poussant dans leurs retranchements pour trouver une vérité.

– L’argument du malin génie

A chaque fois que je pense, je pense faux. Je suis trompé par ce « malin génie » qui à programmé l’esprit humain à l’erreur. Le doute est poussé à l’extrême, je ne possède plus aucune vérité.

(C’est une hypothèse), ce que je pense du monde faux est faux, Descartes montre la non réalité du monde.

Tant que je pense, la vérité est que je pense. « Je pense , donc je suis » DESCARTES

Texte 3 page 20 « indubitable » Qui ne peux pas être mis en doute. (Descartes cherche une certitude)

« Je suppose » Hypothèse de penser

Ligne 1 à 8 : Les sens (premier argument)

– La conscience est la perception immédiate de ce qui se passe dans mon esprit et la garantie de la réalité et de la vérité indubitable, la vérité que l’on ne peut plus mettre en doute.

3 – La découverte de la vérité : le cogito

(Texte distribué)

J’avais dès longtemps remarqué que, pour les mœurs, il est besoin quelquefois de suivre des opinions qu’on sait être fort incertaines, tout de même que si elles étaient indubitables, ainsi qu’il a été dit ci-dessus, mais, parce qu’alors je désirais vaquer seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu’il fallait que je fisse tout le contraire, et que je rejetasse, comme absolument faux, tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s’il ne resterait point, après cela, quelque chose en ma créance, qui fût entièrement indubitable. Ainsi, à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu’il n’y avait aucune chose qui fût telle qu’ils nous la font imaginer. Et parce qu’il y a des hommes qui se méprennent en raisonnant, même touchant les plus simples matières de géométrie, et y font des paralogismes, jugeant que j’étais sujet à faillir, autant qu’aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que j’avais prises auparavant pour démonstrations. Et enfin, considérant que toutes les mêmes pensées, que nous avons étant éveillés, nous peuvent aussi venir quand nous dormons, sans qu’il y en ait aucune, pour lors, qui soit vraie, je me résolus de feindre que toutes les choses qui m’étaient jamais entrées en l’esprit n’étaient non plus vraies que les illusions de mes songes.

Mais, aussitôt après, je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense donc je suis, était si ferme et si assurée, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n’étaient pas capables de l’ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir, sans scrupule, pour le premier principe de la philosophie que je cherchais. »

Plan :

I  : Première parti : Les mœurs = moral

La méthode du doute ( l.1 – l.6 )

A : La morale écartée du doute (ligne 1 à 6)

  • Suivre les opinions même si elles sont incertaines (ligne 1 à 3)

  • Impact sur l’Autre, Autrui (je suis pas seul, vis en société)

  • Urgence « Que dois-je faire ? »

Descartes écarte la morale du doute.

B : Le doute appliqué à la recherche de la vérité.

  • On en peut chercher la vérité que dans le domaine des connaissance

  • Doute = Faux, il pousse le doute à l’extrême

II : Les étapes de la méthode ( l.6 – l.14 )

A : Douter des sens (perceptions)

B:Douter des sciences

C : Douter de la réalité

II : La conscience comme activité.

Descartes = Chose pensante, substance pensante (ce qui perdure, ce qui est indépendamment de ce qui paraît et de la réalité sensible) Il identifie la conscience à l’âme.

1 : Kant = (Page 25, texte 9)

« Posséder le Je dans sa représentation : ce pouvoir élève l’homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. Par là, il est une personne ; et grâce à l’unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne, c’est-à-dire un être entièrement différent, par le rang et la dignité, de choses comme le sont les animaux sans raison, dont on peut disposer à sa guise ; et ceci, même lorsqu’il ne peut pas dire Je, car il l’a dans sa pensée; ainsi toutes les langues, lorsqu’elles parlent à la première personne, doivent penser ce Je, même si elles ne l’expriment pas par un mot particulier. Car cette faculté (de penser) est l’entendement.

Il faut remarquer que l’enfant qui sait déjà parler assez correctement ne commence qu’assez tard (peut-être un an après) à dire Je; avant, il parle de soi à la troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc.) ; et il semble que pour lui une lumière vienne de se lever quand il commence à dire Je; à partir de ce jour, il ne revient jamais à l’autre manière de parler. Auparavant il ne faisait que se sentir; maintenant il se pense. »  Kant

  • La connaissance vient de la sensibilité et de l’entendement.

La sensibilité sans la raison est aveugle / La raison sans la sensibilité est vide.

Le « je » accompagne toutes mes représentations et les unifies. Le sujet conscient ne peut prendre conscience de lui même que part cette activité. Il n’y a pas de conscience de Soi immédiate.

Kant suppose qu’il y a deux mouvements de conscience,

  • 1ere la conscience immédiate ; celle qui accompagne les actes du sujet.

  • 2eme la conscience réfléchie ; celle dans laquelle le sujet se pense lui même comme conscient de quelque chose. Ces deux mouvements sont complémentaires.

2 : Bergson Philosophe français du 20ème siècle.

  • La conscience permet la conservation du passé et le mouvement vers l’avenir.

La conscience fait le lien entre ma mémoire et mes projets. C’est une conscience claire dont on fait l’expérience à chaque instant.

(Texte 13, page 28)

« Il me paraît donc vraisemblable que la conscience, originellement immanente à tout ce qui vit, s’endort là où il n’y a plus de mouvement spontané, et s’exalte quand la vie appuie vers l’activité libre. Chacun de nous a d’ailleurs pu vérifier cette loi sur lui-même. Qu’arrive-t-il quand une de nos actions cesse d’être spontanée pour devenir automatique ? La conscience s’en retire. Dans l’apprentissage d’un exercice, par exemple, nous commençons par être conscients de chacun des mouvements que nous exécutons, parce qu’il vient de nous, parce qu’il résulte d’une décision et implique un choix, puis, à mesure que ces mouvements s’enchaînent davantage entre eux et se déterminent plus mécaniquement les uns des autres, nous dispensant ainsi de nous décider et de choisir, la conscience que nous en avons diminue et disparaît. Quels sont, d’autre part, les moments où notre conscience atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pas les moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux ou plusieurs partis à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous l’aurons fait ? Les variations d’intensité de notre conscience semblent donc bien correspondre à la somme plus ou moins considérable de choix ou, si vous voulez, de création, que nous distribuons sur notre conduite. Tout porte à croire qu’il en est ainsi de la conscience en général. Si conscience signifie mémoire et anticipation, c’est que conscience est synonyme de choix. »

La conscience est une chose qui dure, une habitude apprise. (Exemple : marche, écriture, vélo…)

Nietzsche :

(texte 12, page 27)

« Il est pensé : donc il y a un sujet pensant », c’est à quoi aboutit l’argumentation de Descartes. Mais cela revient à poser comme « vraie a priori » notre croyance au concept de substance : dire que s’il y a de la pensée, il doit y avoir quelque chose qui pense, ce n’est encore qu’une façon de formuler, propre à notre habitude grammaticale qui suppose à tout acte un sujet agissant. Bref, ici déjà on construit un postulat logique et métaphysique, au lieu de le constater simplement… Par la voie cartésienne on n’arrive pas à une certitude absolue, mais seulement à constater une très forte croyance.

Si l’on réduit le précepte à « il est pensé, donc il y a des pensées », on obtient une tautologie* pure : et ce qui est justement en cause, la « réalité de la pensée », n’est pas touché ; sous cette forme en effet, impossible d’écarter le « phénoménisme » de la pensée. Or ce que voulait Descartes, c’est que la pensée eût non seulement une réalité apparente, mais une réalité en soi. »

(* : Dire quelque chose qui veut dire la même chose)

  • La conscience n’est rien sans le corps qui la porte, elle se définie comme une interprétation de notre esprit pour des raisons morales. Il pense qu’on a inventé la conscience pour faire taire le corps et veux inverser la hiérarchie entre l’âme et le corps.

  • Nietzsche critique le « je pense » de Descartes comme une illusion de la grammaire qui suppose une unité de la pensé. L’unité de la conscience est une illusion pratique face à la multiplicité des pensés qui peuvent venir du corps ou des causes extérieures.

Husserl : Il va être à l’origine d’un mouvement de pensé qui s’appelle « La Phénoménologie »

« Toute conscience est conscience de quelque chose » = Il reprend Descartes, lorsque la pensé se saisie elle même, elle saisie l’objet. La conscience est intentionnalité. « Connaître s’est s’éclater vers […] »

Sartre : ( texte 15, page 29)

« La conscience et le monde sont donnés d’un même coup: extérieur par essence à la conscience, le monde est, par essence relatif à elle. C’est que Husserl voit dans la conscience un fait irréductible qu’aucune image physique ne peut rendre. Sauf, peut-être, l’image rapide et obscure de l’éclatement. Connaître c’est s’éclater « vers », s’arracher à la moite intimité gastrique pour filer, là-bas, par-delà soi, vers ce qui n’est pas soi, là-bas, près de l’arbre et cependant hors de lui, car il m’échappe et me repousse et je ne peux pas plus me perdre en lui qu’il ne se peut diluer en moi -hors de lui, hors de moi. Est-ce que vous ne reconnaissez pas dans cette description vos exigences et vos pressentiments? Vous saviez bien que l’arbre n’était pas vous, que vous ne pouviez pas le faire entrer dans vos estomacs sombres et que la connaissance ne pouvait pas, sans malhonnêteté, se comparer à la possession. »

La conscience se définie par son activité relative à la connaissance de soi ou du monde. Mais elle manifeste une opacité des lacunes, il y a des choses qui lui échappe et d’autres choses qui se disent. Penser la conscience c’est aussi mettre en question son autorité : c’est donc son usage (connaissance et pouvoir sur sois même/ maîtrise de soi) qui fait problème.

Philosophe = conscient + inconscient, sommes nous libre ou bien cette part obscure m’empêche d’être libre ? La définition de l’esprit humain pose problème

III : L’hypothèse de l’inconscient psychique

Freud : (texte 6, page 49)

« Dans le cours des siècles, la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis/ La première fois, ce fut lorsqu’elle a montré que la terre, loin d’être le centre de l’univers, ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine’ ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique, lorsqu’elle a réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s’est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Charles Darwin, de Wallace’ et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique . Les psychanalystes ne sont ni les premiers ni les seuls qui aient lancé cet appel à la modestie et au recueillement, mais c’est à eux que semble échoir la mission d’étendre cette manière de voir avec le plus d’ardeur et de produire à son appui des matériaux empruntés à l’expérience et accessibles à tous. D’où la levée générale de boucliers contre notre science, l’oubli de toutes les règles de politesse académique, le déchaînement d’une opposition qui secoue toutes les entraves d’une logique impartiale ».

Idée générale : (brouillon)

  • L’humanité pensait d’une certaine manière mais était dans le faux

  • La perception/conception que l’homme se fait de lui même est fausse au fil des siècles

  • C’est la science qui dément les idées que l’homme se fait de sa propre humanité et rétablie les vérités. Ce qui faisait la dignité de l’homme depuis Descartes est démenti par la science

1ère partie du texte : Il annonce deux démenti mais en propose trois.

  • Est ce que la psychanalyse est une science au même titre que les deux exemples que cite Freud ; l’astronomie et la biologie . En quoi la découverte scientifique de Copernic dément l’égoïsme naïf de l’humanité qui pourrait venir de la religion

  • Freud se situe dans l’histoire de la pensé qui est un combat entre la science et l’opinion.

II) En quoi la science peut apporter des démentis ?

« On nous conteste de tous côtés le droit d’admettre un psychique inconscient et de travailler scientifiquement avec cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l’hypothèse de l’inconscient est nécessaire et légitime, et que nous possédons de multiples preuves de l’existence de l’inconscient. Elle est nécessaire parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires ; aussi bien chez l’homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d’autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l’homme sain, et tout ce qu’on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade ; notre expérience quotidienne la plus personnelle nous met en présence d’idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l’origine et de résultats de pensée dont l’élaboration nous est demeurée cachée. Tous ces actes conscients demeurent incohérents et incompréhensibles si nous nous obstinons à prétendre qu’il faut bien percevoir par la conscience tout se qui se passe en nous en fait d’actes psychiques ; mais ils s’ordonnent dans un ensemble dont on peut montrer la cohérence, si nous interpolons les actes inconscients inférés. Or, nous trouvons dans ce gain de sens et de cohérence une raison, pleinement justifiée, d’aller au-delà de l’expérience immédiate. Et s’il s’avère de plus que nous pouvons fonder sur l’hypothèse de l’inconscient une pratique couronnée de succès, par laquelle nous influençons, conformément à un but donné, le cours des processus conscients, nous aurons acquis, avec ce succès, une preuve incontestable de l’existence de ce dont nous avons fait l’hypothèse. L’on doit donc se ranger à l’avis que ce n’est qu’au prix d’une prétention intenable que l’on peut exiger que tout se qui se produit dans le domaine psychique doive aussi être connu de la conscience. »