Le sujet

LE SUJET

I. La conscience et l’inconscient psychique

psychique: psychè ? l’esprit ? animus,a = âme

Introduction:

Le mot conscience est défini par Descartes grâce à l’étymologie latine con-cum : avec et scientia : science, connaître.

‘‘ Science sans conscience n’est que ruine de l’âme .’’ Rabelais

le savoir sans la réflexion morale nous détruit complètement ? l’homme va à sa perte s’il ne réfléchit pas

Descartes a pour projet non seulement de rechercher la vérité mais surtout d’arriver a la certitude

La conscience = saisie immédiate de la pensée pour Descartes

– Raison

Esprit:- Sensation

– Sentiment

– Imagination

Tout le reste est relatif au corps. – Descartes

? Descartes oppose l’esprit et le corps au contraire Spinoza dit « On ne sait pas ce que peut le corps. »

Au 19e siècle Freud, qui n’est pas un philosophe, est médecin, fonde la psychanalyse en faisant l’hypothèse d’un inconscient psychique.

Comment Freud va faire l’hypothèse de l’inconscient?

? psychisme = conscience (Descartes )

? psychisme = conscience+ inconscient (Freud )

Enjeux du débat :

– Y a t-il une activité psychique inconsciente?

– Ou bien faut-il assimiler la conscience à l’esprit?

Intérêt philosophique:

La liberté et déterminisme de l’individu

La connaissance de soi + connais toi toi même = mot d’ordre attribué à Socrate = sache qui tu es, connais tes défauts, ton caractère

La maîtrise de soi

La science humaine n’est pas exacte

prendre position = subjectivité

heuristique : thème de l’interprétation

= s’interroger sur ce que c’est que l’interprétation

l’inconscient psychique est une hypothèse scientifique ou une interprétation pour mieux se comprendre ?

I . L’analyse cartésienne de la conscience

Pour la comprendre il faut se souvenir du projet de Descartes (mathématicien 17ème s. ) : à la fin de ses études n’est pas certain : comment puis je être assuré de ne pas me tromper ? Comment être sur ?

La certitude = rechercher un fondement stable de la vérité= L’INDUBITABLE= ce qu’on ne peut pas mettre en doute

ne pas se précipiter

1ère condition :

se donner une méthode = chemin

= pour trouver l’indubitable paradoxalement il faut passer par le doute

2ème condition :

méthode qu’il va chercher et découvrir dans les sciences=

Le discours de la méthode

pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences

la vérité= qlq chose qui peut être démontré

3ème condition :

il réduit son champ de recherche aux seules sciences

il exclut la croyance, la religion, les arts, la littérature, l’opinion, la métaphysique, la morale

= la croyance n’est pas dans ça, dans le domaine de l’action, de nos conduites , de la morale il faut prendre ses précautions car ce n’est pas là que l’on doit chercher la vérité

Prendre ses précautions en morale :

{ car la morale contrairement à la science :

– urgence

implicitement on répond à la question morale sans le vouloir = que dois-je faire ?

Descartes «  je ne peux pas rester irrésolu » = sans prendre des décisions = il faut choisir, se décider

– autrui

«  je ne suis pas seul » «  je ne peux pas demeurer seule dedans mon poêle » = la pièce chauffée= sa chambre

– tout ça conduit à la morale par provision= en attendant d’avoir découvert la morale dans les sciences je me donne une morale provisoire

1° : les étapes du doute

Descartes nous conseille de suivre les étapes dans le discours de la méthode (1er texte de philosophie en français)

= douter c’est une chose difficile qu’il faut faire pendant des journées entières

il sort de études de mathématicien et veut mettre en doute ses sciences

en matière de morale il vaut mieux être prudent

de quoi ne doutons-nous pas dans notre vie quotidienne ?

– de notre existence

– de ce que nous percevons

a) nous ne doutons pas de ce que nous voyons, ce que nous percevons

est ce que la réalité que je perçois est bien telle que je la perçois ?

= argument de l’erreur du sens = les illusions d’optiques( ex : le mirage) les illusions auditives ( les ultrasons) le goût ( les sirops, les colorants) le toucher ( la pression atmosphérique)

parce que les sens nous trompent qlqs fois je décide qu’ils sont toujours trompeurs = il décide de prendre un exemple précis= il fait des généralités= si une fois alors toujours

doute = faux

b) qu’est ce que nous ne mettons pas en doute

=les vérités mathématiques, scientifiques ( généralement ne sont pas mis en doute)

-argument de l’erreur de raisonnement= la précipitation et l’inattention

je ne peux pas me fier à ma raison= à ce moment là je peux remettre en doute

on est trompé par notre raison elle-même

c) reprise du 1er argument

=mettre en doute la réalité elle-même

=nous n’avons pas de critères pour distinguer l’imaginaire et la réalité =nous pouvons mettre la réalité, le monde en doute. Argument du rêve

ex : le cinéma = le rêve éveillé

finalement on ne sait pas si le réel est ce qu’il est

rien ne nous prouve, rien ne nous dit, ce que le monde est

d) Les méditations métaphysiques (Descartes)=écrit en latin, adressé à tous ceux qui lui ont fait des réflexions

=argument de la « fiction du malin-génie » = le doute hyperbolique =doute poussé à l’extrême, à son max

il imagine un petit dieu a programmé l’homme à l’erreur, tout ce que je pense est faux

il peut me faire tromper en pensant mais ne peut pas m’empêcher de penser, de douter

au nom de la rose, Umberto Eco

la vérité n’est plus dans l’objet (sciences, maths…,Platon vérité des Idées), mais dans le sujet (le « je » sujet universel)=Descartes

la philosophie est de chercher le savoir, connaître

pour Platon le monde vrai est le monde des idées

pour Descartes la vérité est l’immédiateté de la pensée

le doute

Les sceptiques Descartes
-le doute ne consiste pas à rechercher la vérité

-doute qui consiste à suspendre son jugement, il n’affirme rien, ne nie rien = doute constant

Montaigne: «que sais-je?» = …

école sceptique = Pyrrhon (1er s.ap.J.C)

-doute méthodique = moyen qui vise la vérité
-art de vie

«  le doute est un mol oreiller pour une tête bien faite » Montaigne

-moyen, méthode

il faut sortir du doute à tous prix , il est invivable

on ne peut pas continuer à vivre en se demandant si il est en train de rêver

-mais ce n’est pas la finalité = sortir du doute

La découverte de la vérité, sortie du doute :

«  mais aussitôt je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement, que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense donc je suis était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n’étaient pas capable de l’ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchais » Descartes, Discours de la méthode 1637

=il a trouvé la vérité

= le doute se dissipe par un jugement de pure intériorité= dégagé de son contenu de penser

à condition de distinguer le sujet et l’objet

=on ne peut pas mettre en doute cette vérité sinon ça veut dire qu ‘on se contredit

=  «  aussitôt.. » au moment où je suis en train de douter je trouve la vérité

« cogito »=tout ce qui se passe dans notre esprit

le « je »=âme, universel

« ergo » quand il va recevoir des jugements , ils se corrige lui même et à la place de DONC il met ERGO ou « , » = « je pense donc je suis = je pense, je suis »

pas de chronologie =d’abord je pense et puis je dis que je suis

ni de principe logique de cause à effet = c’est parce que je pense que je dis ce que je suis

« je connus de là que j’étais une substance dont toute l’essence où la nature n’est que de pensées et qui pour être n’ a besoin d’aucun lieu ni ne dépend d ‘aucune chose matérielle » Descartes, Discours de la méthode

=indépendance de l’acte et la pensée

 

II . Freud, l’hypothèse de l’inconscient

1 : critique de l’hypothèse et réponse de Freud

2 : nécessité de l’hypothèse de l’inconscient psychique

3 : légitimité annoncée de l’ hypothèse : pratique couronnée de succès

4 : critique de l’hypothèse de Descartes : psychique= conscience

hypothèse scientifique : hypothèse universelle

pourquoi il s’acharne ?

Le détail du texte :

1 :

« de tous cotés » : plusieurs critiques à Freud, le « on » = qui peut contester l’hypothèse ? les cartésiens, on ne peut pas supposer quelque chose qui nous échappe de nos esprits :

identification de Descartes entre la conscience et le psychisme

les médecins refusent d’universaliser cette hypothèse

critique philosophique à Freud = répond avec une hypothèse scientifique=quitte les philosophes

cette hypothèse est-elle véritablement scientifique ?

2 :

« les données de la conscience »= « lacunaires »

la connaissance de soi = qu’est ce qu’on a fait ? qu’est ce qui nous a poussé à agir ?=on s’interroge

quelles sont ces lacunes ?

manque de mémoire, rétrospection=au moment où je veux sortir de la salle qlq chose me l’empêche = quelque chose nous échappe

avant de répondre il faut revenir entre l’homme sain et le malade = l’inconscient chez tous les hommes =le mettre sur le même plan=ce n’est pas exceptionnel

réduire la psychanalyse à une sorte de pathologie

montre des idées qui sont là par HASARD = Freud le refuse, mais il va lui donner du SENS

détermination des actes

il veut faire une hypothèse scientifique

I

les actes manqués : le lapsus (c’est un exemple mais pas la définition)=l’oubli du prénom de qqn,  «  je l’ai sur le bout de la langue »

ex= oublier ses clés, pertes d’objets, les maladresses

:les jeux de mots=les bris d’objets

cet acte manque de sens, de logique, manque le but, il est détourné

Freud va montrer que ces actes ont du sens, on les a voulus = c’est les données lacunaires de la conscience = actes psychiques= le hasard ?

(désir intensif)

l’analyse des actes manqués permet de trouver une signification et une direction=une origine et un but

2ème ex : les rêves

type même d’actes psychiques au point que Freud va en faire toute l’analyse

« le rêve est la voie royale de l’exploration, de l’inconscient »

titre de son premier ouvrage « la science des rêves »

le rêve est le lieu du non sens = il n’ a pas de sens,absurde

3 difficultés lorsqu’il veut étudier le rêve

– lorsque nous nous souvenons de nos rêves=contenu manifeste est incohérent = aucun fil conducteur, aucune chronologie, illogique

il y a du sens, mais on ne peut pas l’identifier

veut trouver du sens là où il y en a pas

– l’interprétation du rêve= le rêve domaine d’interprétation=donner du sens

mais donner des sens

ce sens est à chercher du côté des hommes (pas des dieux, miracles)

-le rêve s’explique en tant que causalité= on donne une cause =manifestation de l’activité électrique du cerveau

=le cerveau ne s’arrête jamais

la causalité n’épuise pas la question du sens

pour montrer que le désir a du sens va chercher le désir de l’enfant car il rêve de ce qu’il a fait la veille

définition générale du rêve = le rêve est la réalisation d’un désir

=réalisation d’un désir refoulé car il y a une censure de la petite enfance, on les met dans une zone d’oubli, mais le désir il s’exprime toujours déguisé (enfant et adulte)

ex : petit garçon veut des bonbons la maman ne veut pas, il va les rêver et le lendemain n’exprime plus ce désir car il les a eu

le contenu manifeste est explicable, visible donc pas de refoulement

désir acceptable socialement moralement, donc ne se déguise

déguisement : le désir prend une image étrangère, on ne connaît aucun signe

Eros  et Thanatos

=peu déguisé

dans l’esprit nous avons la conscience

à l’extérieur la censure = ensemble d’interdit qui va peser sur l’esprit dès tout petit (ex : l’inceste)= elle fait que les désirs sont refoulés

du désir à l’inconscient= l’explication de rêve

l’interprétation du rêve par le psychanalyste :

– la technique : faire abstraction des enchaînements d’idées que le contenu manifeste semble offrir

cette technique repose sur la connaissance des mécanismes de chiffrage utilisés par l’inconscient

2 remarques : les images du rêve sont symboliques, le langage= symbolique

les procédés de symbolisation propre à l’inconscient sont les mêmes que les procédés stylistiques du discours

ex : la métaphore, la métonymie= déplacement

il n’est pas question d’épuiser le sens du rêve

c’est le sujet lui-même qui doit comprendre son rêve c’est-à-dire les figures de style, seul le patient peut le comprendre, par lequel le désir se dit et en même temps s’interdit

cit : Freud « par le rêve c’est l’enfant qui continue à vivre dans l’homme, avec ses particularités et ses désirs, même ceux qui sont devenus inutiles »

l’homme n’est pas libre, il n’est que ce qu’il a été

cf. film Augustine De Alice Winocour

Paris, hiver 1885. A l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, le professeur Charcot étudie une maladie mystérieuse : l’hystérie. Augustine, 19 ans, devient son cobaye favori, la vedette de ses démonstrations d’hypnose. D’objet d’étude, elle deviendra peu à peu objet de désir.

II

Le sens chez les malades

déterminisme historique : on ne peut pas se débarrasser de son histoire

Freud découvre que le symptôme a un sens, qu’‘il n’y a pas de causalité organique

ils sont un sens, un but, une signification il faut les traiter comme un rêve, un désir qui se dit et s’interdit

pourquoi ce symptôme affecte-t-il tel membre ?

le symptôme exprime le conflit entre nos volontés conscientes et nos désirs inconscients, le sens du symptôme est inscrit dans l’histoire singulière du sujet = lire le symptôme comme symptôme psychique

III

les idées qui nous viennent sans que nous connaissons les origines, les résultats de pensées dont on ne connaît pas l’origine

névrose : attachement excessif a un désir infantile

hystérie = cit : «les hystériques souffrent de réminiscence, leurs symptômes sont les résidus et les SYMBOLES de certains traumatismes vécus autrefois » Freud

pour Freud la maladie a son langage, les symptômes commémoratifs= le malade est celui qui reste attaché à des souvenirs douloureux : il revient sans cesse mais ne se réalise pas : pour traiter il faut revivre une autre expérience traumatisante

dernière partie du texte :

la preuve pratique de l’hypothèse

légitimité de l’hypothèse

met en place la thérapie

il s’appuie sur la théorie pour montrer que les symptômes peuvent se dissiper si le patient lui-même comprend l’origine de ses affects réprimés= tout ce qui consiste en énergie psychique

les premiers médecins qui se sont intéressés à la psychanalyse c’était sous hypnose= le malade même sous hypnose parle, se libère

Freud sert une place importante à la PAROLE

l’homme n’est plus un être de raison, mais de désir qui connaît le refoulement comme processus normal, être psychique normal (=le problème c’est le TROP du refoulement) l’homme est toujours en conflit avec lui-même entre les exigences de sa volonté consciente et ses désirs inconscients

les voies possibles du traitement : trois issues possibles au traitement =

(Freud dit que la psychanalyse ne soigne pas, ne guérit pas, mais elle normalise)

– le malade convient qu’il a eu tort de refouler le désir pathogène et il accepte son désir

-le patient reconnaît qu’il était juste de rejeter et remplace le mécanisme insuffisant, inconscient par un mécanisme conscient

-le désir est dirigé vers un but plus élevé

sublimation= rendre beau, vrai, acceptable un désir de son désir

le désir se retrouve acceptable grâce à la sublimation

ref. texte : « un souvenir d’enfance de Leonardo Da Vinci » Freud

ref. texte/ rêve : « le rêve et son interprétation » Freud

CONCLUSION

En traitant de l’inconscient psychique comme d’une hypothèse dont il s’agit de vérifier la vérité et l’usage, Freud se place sur le terrain de la science en général et de la médecine en particulier. Par conséquent la psychanalyse n’est pas de la philosophie même si elle pose des questions aux philosophes. L’hypothèse de l’inconscient contient une difficulté fondamentale, alors même que Freud prétend en donner des preuves. Admettre cette hypothèse c’est affirmer que malgré l’absurdité de son contenu manifeste le rêve a un sens, c’est poser que les maladies mentales ne sont pas le retentissement de troubles organiques. Admettre l’hypothèse c’est affirmer qu’il existe un langage de l’esprit dont certains signes ou images renvoient a des sens. Cette hypothèse n’a de valeur explicative que par la décision de ne jamais rendre compte du psychisme que par lui-même.

 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-lundi-6-novembre-2017

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/bac-philo-2016-1ere-session-24-explication-de

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/la-folie-15-michel-foucault-et-la-folie

https://www.franceculture.fr/conferences/un-nouveau-regard-sur-les-troubles-psychiques

COURS DES TL2 ANNée scolaire 2017/2018