Le désir

LE DÉSIR

A) La problématique Grecque : l’usage des plaisirs

  1. Tempérance et démesure

cf Platon désir /besoin

Devise de Socrate venue d’un oracle : « connaîs toi toi même » (=connaissance de l’homme)

Désir de Eros = Amour

Chez Platon le désir est un mouvement qui nous pousse vers la jouissance ou la possession d’un objet, il dérive d’un manque initial.

Or Le désir contrairement au besoin n’est jamais satisfait

1) Désir, passion

cf Platon : « Le banquet » (dialogue)

dans ce texte le désir est symbolisé par le dieu Héros, c’est ce qui nous conduit vers les beaux corps mais alors l’âme est alors assujettie au corps. C’est une véritable passion lorsque l’objet du désir est corporel. Le désir chez Platon est toujours une représentation psychique.

« Lorsque sont ensembles âme et corps, à ce dernier, la nature assigne servitude et obéissance, à la première commandement et maîtrise» PLATON

Lorsque l’âme va vers le corps elle est contre nature elle se mutile elle même.

Exemples de désirs corporels :

-la nourriture

-la boisson

-l’ambition

-l’honneur

-la richesse

-la gloire

– le désir des songes

? des choses éphémères

PASSION= SOURCE D’ILLUSION

Exemples de désirs de l’âme :

-le bien : soleil

-le beau : Eros et Aphrodite

-le vrai : Philosophie

2) Désir, amour

-Naissance d’Eros

« Quand Aphrodite naquit, les dieux célébrèrent un festin, tous les dieux, y compris Poros, fils de Métis. Le dîner fini, Pénia, voulant profiter de la bonne chère, se présenta pour mendier et se tint près de la porte. Or Poros, enivré de nectar, car il n’y avait pas encore de vin, sortit dans le jardin de Zeus, et, alourdi par l’ivresse, il s’endormit. Alors Pénia, poussée par l’indigence, eut l’idée de mettre à profit l’occasion, pour avoir un enfant de Poros : elle se coucha près de lui, et conçut l’Amour. Aussi l’Amour devint-il le compagnon et le serviteur d’Aphrodite, parce qu’il fut engendré au jour de naissance de la déesse, et parce qu’il est naturellement amoureux du beau, et qu’Aphrodite est belle.

« Etant fils de Poros et de Pénia, l’Amour en a reçu certains caractères en partage. D’abord il est toujours pauvre, et, loin d’être délicat et beau comme on se l’imagine généralement, il est dur, sec, sans souliers, sans domicile; sans avoir jamais d’autre lit que la terre, sans couverture, il dort en plein air, près des portes et dans les rues; il tient de sa mère, et l’indigence est son éternelle compagne. D’un autre côté, suivant le naturel de son père, il est toujours à la piste de ce qui est beau et bon; il est brave, résolu, ardent, excellent chasseur, artisan de ruses toujours nouvelles, amateur de science, plein de ressources, passant sa vie à philosopher, habile sorcier, magicien et sophiste. Il n’est par nature ni immortel ni mortel; mais dans la même journée, tantôt il est florissant et plein de vie, tant qu’il est dans l’abondance, tantôt il meurt, puis renaît, grâce au naturel qu’il tient de son père. Ce qu’il acquiert lui échappe sans cesse, de sorte qu’il n’est jamais ni dans l’indigence ni dans l’opulence, et qu’il tient de même le milieu entre la science et l’ignorance, [204] et voici pourquoi. Aucun des dieux ne philosophe ni ne désire devenir savant, car il l’est ; et, en général, si l’on est savant, on ne philosophe pas ; les ignorants non plus ne philosophent pas et ne désirent pas devenir savants; car l’ignorance a précisément ceci de fâcheux que, n’ayant ni beauté, ni bonté, ni science, on s’en croit suffisamment pourvu. Or, quand on ne croit pas manquer d’une chose, on ne la désire pas. » – Extrait du Banquet, de Platon.

Dans le banquet Platon explique grâce a la naissance d’Éros que l’amour est un intermédiaire pour celui qui veut contempler les idée intermédiaire entre le corps et l’âme qui permet par le dédoublement d’Éros de porter le désir vers la vérité.

Platon, Discours d’Aristophane lu par JF Balmer :

https://www.youtube.com/watch?v=hwW7MNV5GD0

-Dans le banquet Planton explique que le désir est à l’origine un manque punissant l’insolence des hommes. Chacun cherche sa moitié, soit pour produire des corps nécessaires à la survie de l’espèce soit pour produire de belles idées, de belles actions nécessaires à la cité.

-La dialectique de l’amour :

Diotime

On aime d’abord:

– un beau corps

– des beaux corps

-une belle âme

-des belles âmes

l’idée de beau ne s’atteint qu’au terme d’une dialectique où Éros est l’aiguillon.

La dialectique c’est engendrer de beaux discours (=dialogue)

On tombe amoureux du physique de quelqu’un nous dit Platon mais l’amour est il nécessairement physique ?

« L’amitié c’est de l’amour avec un petit défaut physique » NIETZSHE

contemplation : théoria

Le désir des corps / le désir des idées (=philosophie)

Le mot grecque esthésis signifie esthétique

Platon pense qu’il n’y a pas de beau dans l’art, on ne peut pas aimer de l’art

Platon : p72 texte 2 + p71

Epicure : p73

Rouseau: p78

Girard : p82 texte 14

3) Désir et délire

-L’excès des désirs est prôné par le sophiste Calliclès (apologie de l’excès, de la démesure, de la force)

Calliclès.

Comment en effet un homme pourrait il être heureux, s’il est esclave de quelqu’un. Mais voici ce qui est beau et juste suivant la nature, je te le dis en toute franchise, c’est que, pour bien vivre, il faut laisser prendre à ses passions tout l’accroissement possible, au lieu de les réprimer, et, quand elles ont atteint toute leur force, être capable de leur donner satisfaction par son courage et son intelligence et de remplir tous ses désirs à mesure qu’ils éclosent. Mais cela n’est pas, je suppose, à la

portée du vulgaire. De là vient qu’il décrie les gens qui en sont capables, parce qu’il a

honte de lui même et veut cacher sa propre impuissance. Il dit que l’intempérance est une chose laide, essayant par là d’asservir ceux qui sont mieux doués par la nature, et, ne pouvant lui-même fournir à ses passions de quoi les contenter, il fait

l’éloge de la tempérance et de la justice à cause de sa propre lâcheté. Car pour ceux qui ont eu la chance de naître fils de roi, ou que la nature a faits capables de conquérir un commandement, une tyrannie, une souveraineté, peut-il y avoir véritablement quelque chose de plus honteux et de plus funeste que la tempérance ? Tandis qu’il leur est loisible de jouir des biens de la vie sans que personne les en empêche, ils s’imposeraient eux-mêmes pour maîtres la loi, les propos, les censures de la foule ! Et comment ne seraient-ils pas malheureux du fait de cette prétendue beauté de la justice et de la tempérance, puisqu’ils ne pourraient rien donner de plus à leurs amis qu’à leurs ennemis, et cela, quand ils sont les maîtres de leur propre cité ? La vérité, que tu prétends chercher, Socrate, la voici : le luxe, l’incontinence et la liberté, quand ils sont soutenus par la force constituent la vertu et le bonheur ; le reste, toutes ces belles idées, ces conventions contraires à la nature, ne sont que niaiseries et néant.

Platon, Gorgias

Faiblesse = procès ? cf La Fontaine

Le faible crée la morale pour s’opposer a celle des forts

La morale n’est pas naturelle

cf Etienne de la Boétie ? la servitude volontaire

-Mythe de Platon : Phèdre ( le mythe de l’attelage ailé) :

Platon explique par des métaphores que l’âme est comme un attelage ou plutôt comme un cocher qui mène deux chevaux dont l’un est docile, l’autre rétif, l’un représente le désir, l’autre la passion.

Ce qui meut l’attelage est l’amour du beau, du bien, du vrai, que Platon nomme délire, c’est la victoire de la raison sur les passions tumultueuses du corps qui conduit au plus grand des plaisirs :

La contemplation des idées.

2. Plaisirs, Volupté, Sagesse

1) la critique du débordement passionnel chez Épicure

cf? HORACE : Carpe Diem

« On a une image déformée d’Épicure et de son goût pour la volupté du pourceau du troupeau» HORACE

Le plaisir n’est pas le fruit de la luxure

Le bonheur n’est pas la démesure

Démocrite est le premier a affirmer que dans la nature il n’y a que des atomes et du vide

cf ? Clinamen

La lettre à Ménécée d’Épicure : p73 – p424 (référence à connaître pour l’écrit)

Dire qu’il n’y a que des atomes et du vide dans la nature permet de changer le rapport qu’a l’homme au monde et la connaissance de l’homme lui-même. (explication d’Épicure)

«Ce ne sont pas les beuveries et les orgies continuelles, les jouissances des jeunes garçons et des femmes, les poissons et autre mets qu’offre une table luxueuse qui engendrent une vie heureuse.»

ÉPICURE

a) Comment reconnaître ses désirs ?

C’est la nature qui sert de critère pour connaître l’ordre même du monde, la place de notre corps dans ce monde et les exigences du corps comme les représentations de l’âme.

Le sage épicurien connaît la nature ainsi que la place de notre corps dans cette nature.

Désirs naturels et nécessaires (1) : ceux dont l’objet est susceptible de supprimer la douleur, ce sont des plaisirs simples à reconnaître et à satisfaire. Exemple : la boisson étanche la soif

Désirs naturels et non nécessaires (2) : On parle seulement de variations de plaisir.

Exemple : « les mets délicats qui ne font que varier le plaisir sans supprimer la douleur » Épicure

Le critère pour évaluer le plaisir est l’absence de douleur.

« ataraxie » : tranquillité de l’âme et du corps

Les désirs esthétiques seraient des désirs non nécessaires

désirs ni naturels ni nécessaires (3): Qui ne nous touche pas au sens physique, ce sont des fantasmes

Exemple : Le désir d’immortalité, le désir d’être « honoré par des couronnes et des statues », les désirs des biens terrestres superflues ( richesse, ambition…)

Ses désirs viennent et sont du vide, ils ont la même origine.

La fausse opinion sur la mort qui engendre des désirs vain portant sur des biens immédiats ou matériels, or le sage épicurien ( le savant ) sait que la mort est privation de sensation et que la mort n’est rien pour nous « elle rend objet de jouissance, cette vie en ce qu’elle a de mortel. » Épicure, Lettre à Ménécée

b) Faut il satisfaire ses désirs ?

1 : Il faut les satisfaire car ces désirs sont naturels

2 : Il faut faire appel à une réflexion personnelle

Il n’y a pas de bien ni de juste, ni de jugement moral : il faut prendre appui sur ses sensations

« A propos de chaque désir il faut se poser cette question : quel avantage résultera t’il pour moi si je le satisfait, et qu’arrivera t’il si je ne le satisfait pas ? »

On ne connaît pas le plaisir que chaque désirs peut nous procurer.

Cf Don Juan ; homme qui satisfait tout ses désirs

3 : Il faut rejeter ces désirs vigoureusement

c) Connaître le plaisir : la sensation

La connaissance, la sagesse sont la lutte contre l’investissement de l’homme dans des désirs vides, l’homme sage substitue au vide des désirs le plein de la jouissance de la vie, par la fonction réflexible ( la réflexion ) il dissipe les craintes du néant et vit en plénitude. L’objet du désir n’est plus illimité ni limité : il est naturel, et celui qui le poursuit n’est plus passif mais acteur.

Définition du plaisir : « le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse, c’est le souverain bien » Épicure, Lettre à Ménécée

B) Rationaliser ses passions

1. «  Changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde »

(Descartes)

? THÈME MATIÈRE ET ESPRIT (s’appuyer sur le dualisme cartésien)

je pense = vérité

cf l’arbre de la connaissance

Au mécanisme des passions réponds notre volonté

« Ceux en qui naturellement la volonté peut le plus aisément vaincre les passions et arrêter les mouvements du corps qui les accompagnent ont sans doute les âmes les plus fortes. »

article 48 du traité des passions de DESCARTES

cette volonté est définie selon DESCARTES comme l’estime de soi

C’est le remède absolu aux passions

PASSION > PATOS > EN SOUFFRANCE

permet de surmonter l’infortune

le bonheur dépends de la connaissance que nous avons de nous même ( contentement)

2. « Le désir est l’essence même de l’homme »

(Spinoza, éthique livre 3définition 1)

1)L’homme un être de désir au sein de la nature

Spinoza fait partie de la lignée des rationalistes.

Il cherche a connaître les passions non pas en les jugeant, non pas en les déguisant.

Il faut cesser d’inventer une nature humaine « qui n’existe nulle part ou bien en flétrissant celles qui existent réellement » il faut donc l’étudier comme le scientifique qui essaye de connaître le monde.

Il va partir de l’expérience qui serait une connaissance du premier degré.

« L’homme n’est pas une empire dans un empire »

? L’homme subit a travers son corps l’action des choses extérieures.

l’homme ne peut pâtir que dans la mesure ou une activité étrangère a notre nature limite notre propre activité la passion ne se définit que par rapport a l’aspect actif de notre être (= le conatus)

CONATUS? l’effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être

La source de toutes nos tendances.

seul rapporté a l’esprit il s’appelle VOLONTÉ.

Seul rapporté au corps il s’appelle APPÉTIT.

Le désir c’est l’appétit accompagne par l’homme seulement de la conscience de lui même.

Le désir ne se restreint plus a la volonté mais manifeste toutes les caractéristiques de la vie humaine.

L’objet du désir devient secondaire.

«  Il est donc établit par tout cela que nous ne nous efforçons a rien, ne voulons , n’appétons ni de désirons aucune chose parce que nous la jugeons bonne ; mais au contraire nous jugeons qu’une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons , appétons et désirons »