Devoir confinement à la maison pour le 28 avril

Andy WARHOL, Brillo Box, 1964 sérigraphie et peinture polymère sur bois, 44 x 43 x 33,5cm

 

Vous expliquerez le texte suivant en répondant dans l’ordre aux questions posées :

Supposons qu’un homme collectionne des objets (des ready-mades), y compris une boîte de Brillo ; nous apprécions l’exposition pour sa variété, son ingénuité, tout ce qu’on veut. Ensuite, il n’expose plus que des boîtes de Brillo, et nous critiquons cela comme ennuyeux, répétitif, autoplagiaire ou (plus profondément) nous prétendons qu’il est obsédé par la régularité et la répétition (…) Ou encore il les entasse en hauteur, laissant un passage étroit ; nous nous frayons un chemin à travers les piles opaques régulières et nous trouvons que c’est là une expérience déconcertante, et nous en rédigeons un compte rendu comme s’il s’agissait de définir des produits de consommation, qui nous enferment comme des prisonniers ; ou encore nous disons qu’il est un constructeur moderne de pyramides. Il est vrai que nous ne disons pas ces choses-là du magasinier. Mais c’est qu’un entrepôt n’est pas une galerie d’art, et que nous ne pouvons pas facilement séparer les boîtes de Brillo en carton de la galerie dans laquelle elles se trouvent (…) En dehors de la galerie, ce sont des boîtes en carton. Mais alors, si nous pensons à fond à cette affaire, nous découvrons que l’artiste a échoué, réellement et nécessairement, à produire un simple objet réel. Il a produit une oeuvre d’art, son utilisation des boîtes de Brillo réelles n’étant qu’une extension des ressources dont disposent les artistes, un apport aux matériaux de l’artiste, comme le fut la peinture à l’huile ou la touche. Ce qui finalement fait la différence entre une boîte de Brillo et une oeuvre d’art qui consiste en une boîte de Brillo, c’est une certaine théorie de l’art. C’est la théorie qui la fait entrer dans le monde de l’art, et l’empêche de se réduire à n’être que l’objet réel qu’elle est (…) Bien sûr, sans la théorie, on ne la verrait probablement pas comme art, et afin de la voir comme faisant partie du monde de l’art, on doit avoir maîtrisé une bonne partie de la théorie artistique aussi bien qu’une part considérable de l’histoire de la peinture récente à New York. Ce n’aurait pas pu être de l’art il y a 50 ans. De même, il n’aurait pas pu y avoir, toutes choses restant égales, d’assurance avion au Moyen Age,ni d’effaceurs pour machines à écrire étrusques.Le monde doit être prêt pour certaines choses, pas moins le monde de l’art que le monde réel. C’est le rôle des théories artistiques, de nos jours comme toujours, de rendre le monde de l’art, et l’art, possibles.

Arthur DANTO «Le monde de l’art», in Philosophie analytique et esthétique,Trad. Danielle Lories, © Klincksieck, p. 193-195.

A. Analyse
1. Pourquoi Arthur Danto choisit-il l’exemple des « ready-made » pour parler de l’art ?
2. Quelle différence entre un artiste et un collectionneur de boîtes de Brillo ? Quelle différence entre un artiste et un magasinier ? Quelle différence entre une boîte de Brillo et celle d’Andy Wharol ? En quoi est-ce que le lieu de l’art est important ?
3. Expliquez la phrase en rouge.

B. Synthèse
1. Quelle est la question à laquelle le texte de Danto tente de répondre ?
2. Comment cette réponse est-elle organisée ? Dégagez les différents moments de
l’argumentation présente dans ce texte de Danto, et montrez comme ils s’articulent les uns aux autres.
3. Dégagez l’idée principale du texte, c’est-à-dire sa thèse.

C. ESSAI
1. Quel éclairage ce texte jette-t-il sur la notion de création artistique ?
2. En quoi la création artistique apparaît-elle comme dépendant d’une théorie de l’art ?

 

Devoir à rendre impérativement le 28 avril dernier délai !!!