Série S
L’art transforme-t-il notre conscience du réel?
I. Non, car l’art est soit une copie, une imitation du réel qui ne nous apprend rien de plus que ce que l’on sait déjà, soit une fuite du réel ( divertissement, imaginaire) soit enfin il prend la place du réel ( simulacre de Platon) et par là nous dupe plus que ce qu’il nous apprend à mieux voir ce réel,
mais cette réduction de l’art à une simple imitation de la réalité est trés discutable, car c’est réduire l’art à un simple exercice technique ( Hegel) or l’art se distingue justement de celui-ci, dans ce cas ne peut-on pas dire que le véritable art ouvre les yeux sur le réel et par là affine la conscience que nous en avions?
II. oui, l’art ne rend pas le visible, il rend visible ( l’invisible), l’art permet de voir autrement, mieux la réalité ( Klee, l’artiste est un oculiste pour Proust, un voyant pour Merleau- ponty), de prendre une certaine distance par rapport à la réalité ( Adorno); il offre un nouveau regard, il va au-delà des apparences; il donne un sens à ce qui n’en avait pas ( la science rend le monde disponible, l’art le rend habitable).
Donc L’art affine la conscience en même temps qu’il la force et nous invite à penser cette conscience du réel, à l’interroger: est-ce bien du réel dont nous avons conscience? peut-on en avoir conscience?
III. le sujet présuppose, une conscience pré-existante que l’art viendrait ensuite transformer, or on peut se demander si cette conscience du réel pré-existe à l’art et même si elle peut même exister. Car le réel ne se réduit pas à la réalité pour nous. Le réel , c’est ce qui est indépendamment de nous, en soi or nous ne pouvons percevoir que pour nous par rapport à nous, on est condamné à l’apparence, à l’apparaître du réel, au monde phénoménal comme le dirait Kant! La chose en soi, le réel nous échappe donc et par là l’idée même d’une conscience du réel, avec ou sans art, est discutable! L’art n’offre qu’une autre représentation de ce réel, à moins que l’on présuppose qu’il arrive à toucher le fond même de l’être.
Donc l’art s’il est vraiment art peut améliorer notre conscience du réel, même si cette conscience reste qu’une représentation de ce réel.
Y a-t-il d’autres moyens que la démonstration pour établir une vérité?
I. Si on ne réduit pas la vérité aux vérités de la raison, dont le critère est la cohérence et le moyen de les établir, la démonstration ( raisonnement logico-mathématique), alors OUI, il y a aussi les vértités de faits et d’autres moyens d’établir la vérité d’un énoncé: il y a la monstration par la preuve expérimentale ou le constat dans le réalité pour les vérités de fait dont le critère est la correspondance entre l’idée et la réalité; il y a aussi l’intuition pour les vérités du coeur distinctes des vérités de la raison pour Pascal, dont le critère est l’évidence; ou encore l’épreuve du doute ( Descartes et le doute hyperbolique auquel résiste la certitude du cogito)
Mais ne peut-on pas douter de ces vérités et des moyens de les établir?
II. La démonstration reste le seul moyen certain d’établir avec certitude et solidité une vérité: car on peut remettre en question la valeur de la preuve expérimentale ( Popper) , sa réelle capacité à établir la correspondance entre la théorie et le réel ( Einstein et la métaphore de la montre), de même on peut douter de l’évidence sensible comme de la valeur des intuitions ( mieux vaut une bonne démonstration qui permet, elle , d’établir une vérité universelle ( tout esprit la reconnaît et y parvient).
Mais cette vérité est-elle aussi solide qu’elle paraît l’être?
III. la démonstration a ses limites: on ne peut tout démontrer, donc toute démonstration s’appuie sur du non-à-démontrer ou du non-démontré car indémontrable, donc la vérité établie est au mieux une vérité conditionnelle, relative aux postulats ou axiomes posés au départ; ensuite on peut penser que la démonstration est plus souvent un moyen d’exposer une vérité ( syllogisme) qu’un moyen de l’établir; de plus on n’est pas à l’abri d’un paralogisme; enfin ces vérités de la raison ne correspondent qu’à des relations entre les idées, mais ne préjugent pas du rapport entre celles-ci et la réalité. Or on peut penser que ce qui fait qu’un énoncé est vrai, c’est cette correspondance avec la réalité. Mais comme on l’a dit en II, cette correspondance est bien difficile à établir, à moins qu’on adopte la position de W.James ou de Russell pour qui la vérité est d’abord pragmatique ou technique, mais dans ce cas, c’est seulement l’épreuve de la réalité dans l’action qui permettra d’établir la vérité d’une théorie plutôt qu’une simple démonstration, même avantageuse pour la penser.
Donc la démonstration est un moyen de parvenir à des vérités de la raison, plus sûrs que ceux qui permettraient des vérités de fait, mais la démonstration ne peut établir que des vérités de la raison.
Bonjour,
Je voulais savoir si le fait de s’être posé la question » Au fond… peut-on réellement établir une vérité quel que soit le moyen utilisé ? » en troisième partie constituait un Hors Sujet ?
Vous avez traité des limites de la démonstration mais je l’ai fait au moment de montrer que la démonstration n’était pas le seul moyen d’établir une vérité. Bref, je ne sais pas si je suis en Hors Sujet ou pas ?
Merci d’avance pour votre réponse.
Alex.
p.s : merci beaucoup pour la correction !
Non cela ne constitue pas du tout un hors-sujet, rassurez vous! C’était d’ailleurs un peu le sens du III proposé; dans le sens où montrer les limites de la démonstration et des vérités de la raison était une manière de suggérer la difficulté d’établir une vérité, que l’on pense en général comme vérité-correspondance avec la réalité. On pouvait donc trés bien terminé en disant qu’il n’y a aucun moyen permettant d’établir une vérité absolue et immuable.
Soyez donc tranquille pour cette épreuve et abordez sereinement les autres. Merci de votre commentaire et à bientôt.
Pourriez vous m’indiquer si le plan suivant était valable ?
1. Nature de la vérité qui fait qu’elle peut particulièrement faire objet de démonstration (prédicat purement intellectuel, correspondance toujours de l’intellect à la chose mais aussi cohérence logique)
2. Les diverses formes des procédures conduisant à la vérité s’avèrent toutes démonstratives (forme expérimentale, démo math etc)
3. Une théorie globale de la vérité englobe que démo (cf Kant, critique raison pure) car c’est médiation intellectuelle construite et scientifique
Merci. Alex
bonjour, j’ai parlé de l’argumentation dans la 3eme partie de mon plan aprés avoir parlé des limites de la démonstration, est- ce un hors sujet? parce que le sujet demandait s’il y d’autre moyens :s
Youhou !
J’ai choisi le sujet II et c’est à peu près le plan que j’ai fait au demi mixage entre la partie I et II
Bonjour,
Je voudrais savoir si ce que j’ai fait est problématique, ce que ça vaut. J’ai vu avec soulagement que ça correspondait plus ou moins avec ce que vous avez fait. Mais moi j’ai orienté mon travail autour de la problématique :
L’art n’est-il qu’une transformation du réel ? (sous-entendu -> s’il n’est pas transformation du réel alors il est autre chose que le réel et peut agir sur la cs du réel).
Est-ce une mauvaise problématique ?
Le plan est le suivant :
I. L’art s’inscrit dans le réel
L’art est matière, fait par un artiste qui a lui-même une conscience du réel et une subjectivité. L’art s’inscrit donc dans le réel comme n’importe quel objet : comment pourrait-il modifier notre conscience du réel ?
L’art est même négligeable selon Platon > l’art comme dégradation du réel dont il perd l’utilité.
II. L’art « cadre » le réel
Ayant perdu son utilité, l’objet représenté par l’art peut être appréhendé par le sujet de façon objective. L’art enlève l’objet de son « dispositif » (Heidegger). L’utilité est un « voile » (Bergson, Le rire), l’art l’enlève.
Un rapport plus objectif à la réalité grâce à l’art.
De même, on étudie les effets de l’art sur l’artiste qui doit apprendre à s’approprier le réel dans son objectivité.
III. L’art objectivise le réel
L’art représente des objets tels quels, le sujet peut donc prendre conscience de sa subjectivité (Ceci n’est pas une pipe de Magritte en est un bon exemple) par comparaison. Il s’extériorise donc (conscience) et peut la corriger.
Par l’art, on peut corriger sa conscience du réel et viser une conscience plus objective.
Donc, l’art nous libère de l’utilité, de l’intérêt.
Le plan, et notamment la partie III, est-il bon ?
Merci beaucoup.
Bonjour,
Depuis la fin de l’examen je prends conscience que ma façon de traiter le sujet 2, sur la démonstration, est complètement différente des corrections que j’ai pu lire sur le net… Bien sûr, je devine que je suis passée totalement à côté du sujet, mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi..
J’ai vu ‘les moyens […] d’établir une vérité’ et suis partie pour étudier ce que nous avions comme moyens à notre disposition pour se faire : les perceptions d’un côté, et l’esprit de l’autre, en montrant qu’aucun ne pouvait y parvenir. En troisième partie : la différence avec la démonstration, une démarche scientifique qui se base sur une ‘vérité’ qui peut muer car peut être invalidée. J’arrivais à une réponse négative pour le sujet.
Je ne vois pas sur quel terme j’ai dérapé et à partir duquel je me suis mise à faire du hors sujet de masse…
Merci
Diane
Diane, il ne me semble que vous ayez peut-être tant dérapé que cela.. il me semble que votre plan se tient en I et II, si je le comprends bien: c’est I. il y a d’autres moyens ( les perceptions) mais II. elles ont leurs limites comme la démonstration, tout comme la démarche scientifique (III) D’où votre non! la démonstration n’est pas un moyen d’établir la vérité , il n’y a aucun moyen de l’établir; ce qui vous a peut-être manqué, c’est de parvenir à organiser vos idées avec progression et de distinguer les vérités établissables par démonstration et celles qu’on établit par d’autres moyens: intuition, perception, vérification expérimentale.
Théo,
votre problématique est AB, le I est intéressant et AB vu, le II rejoint le II que j’avais proposé ( les grands esprits se rencontrent et Bergson est TB convoqué!); le III qui prolonge ce II est possible même si vous allez peut-être cherché un peu loin, ce rapport objet/ sujet permettant au sujet de se voir comme tel et par là de prendre conscience qu’il est conscience. ceci dit, c’est encore interessant, bien qu’à mon sens difficile à argumenter… Mais comme cela va dans la logique du reste du devoir, si vous n’avez pas dit des choses trop fumeuse, cela devrait aller. Ce devoir me semble correct avec de bonnes références. Vous pouvez me semble-t-il continuer avec confiance vos épreuves. Mais quand vous aurez les résultats, prenez le temps de me communiquer votre note! A bientôt!
ravi pour vous, Come, et j’espère qu’à la sortie de chaque épreuve, ce sera le même youhou!!!! Bonne chance pour la suite!
Ayane,
si je vous comprend bien, vous avez fait I. non, il n’y a pas d’autres moyens ( les autres comme la perception, la vérification, l’intuition ne pouvant établir le vrai OU la force de la démonstration?) , puis II. Mais la démonstration n’est pas non plus un moyen d’établir la vérité ( soit!) et III. mais il y en un autre l’argumentation. Qu’entendez-vous par argumentation? Un argument, c’est quelque chose que l’on va avancer pour étayer une idée, mais quels sont les arguments que nous utilisons, sinon des faits, des démonstrations ou leur conclusion. Je ne vois malheureusement pas vraiment, ce que vous avez dit dans ce III. Mais bon, je n’ai pas votre copie sous les yeux alors difficile de vous dire vraiment ce qu’il en est. Que cela ne vous décourage pas cependant! Bon courage donc pour la suite!
Alexis, costaud votre plan, mais pourquoi pas! Je me demande cependant si en II vous avez bien distinguer démonstration et démarche expérimentale, même si cela s’appuie sur des déductions et des hypothèses. Le III m’apparaît intéressant même si un peu vague en l’état. Difficile de vous rassurer donc pleinement! bon courage pour la suite!
Bonjour, je pensais a voir réussi ce sujet mais après des discution et des recherches sur internet je suis moins confiant…Je voulais savoir s’il était justifié de faire toute une partie sur la religion et plus précisément la foi qui est pour moi un moyen d’établir une vérité la ou la démonstration atteint ses limites.
Merci !!
Bonsoir,
cette perspective trés pascalienne « le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point » était possible, car il souligne en effet les limites de la toute puissance de la raison , qui ne peut établir à elle seule toutes les vérités. Une partie sur cela était possible, pour montrer les limites de la démonstration comme seul moyen d’arriver à la vérité ( même si la démonstration peut aussi mener à Dieu, avec Descartes par exemple et sa preuve ontologique de l’existence de Dieu! ou même Pascal avec le pari!). Donc ne vous affolez pas outre mesure et aller vous reposer, aujourd’hui,ce n’était que le premier jour! Allez courage!