Bonheur et désirs ES/S/L

                                     Introduction : plaisir, joie et bonheur
Plaisir : la prise de conscience de la satisfaction d’une tendance, d’un désir ; elle est intense, mais brève et incomplète ( plaisir du corps ou de l’âme, satisfaction d’une seule tendance)
Joie : elle est plus complète on est satisfait corps et âme ; il peut y avoir des plaisirs tristes par leur répétition, par leur dimension d’un progrès (ce qui n’est pas dans l’expérience du même, du déjà vu, su ou ressenti) d’un progrès d’ordre spirituel, intellectuel ou esthétique (joie d’apprendre, de contempler, de créer) ;
C’est la satisfaction de progresser qui fait qu’on est joyeux, même s’il ne s’agit que de progresser vers soi : la joie vient du fait qu’on a trouvé ce qui nous correspond, du coup on se sent plus plein. La joie est la réalisation d’un désir actif qui découle de la nécessité de notre nature ( opposé au désir passif venu du dehors
C’est ce que soutient SPINOZA : « Par Joie (Laetitiam) j’entendrai donc, une passion par laquelle l’Esprit passe à une plus grande perfection. Et, par Tristesse (Tristitiam), une passion par laquelle il passe à une perfection moindre. »
Mais La joie, contrairement au bonheur, est une émotion de courte durée et passagère, elle est un passage d’un état à un autre.
Bonheur : Kant le définit comme « l’état d’un homme raisonnable à qui dans tout le cours de son existence tout arrive selon son souhait et sa volonté ». C’est donc « la totalité des satisfactions possibles »
Il y a dans cette définition 3 points importants ;
– l’idée que le bonheur est total ou n’est pas à la fois en terme de quantité, de qualité et de durée : pleine et intense satisfaction permanente, voilà ce qu’est le bonheur
– l’idée que le bonheur d’un accord entre ce qui arrive et ce que l’on désire, et donc entre le monde extérieur et soi, avec l’idée de bon-heur, bonne chance.
– l’idée qu’il s’agit de l’accord des souhaits d’ UN individu et du monde, le bonheur est donc individuel. C’est un universel concret qui dépend de la nature de chacun, même si c’est une aspiration universelle, si c’est la fin des fins, « le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre »comme le dit Pascal ( pensées425), le souverain bien.
Et justement à vouloir être heureux, l’homme ne se condamne -t-il pas à être malheureux ?
Texte de Freud ; 2 p 423 ( L p 621)
Freud précise :
1 ; que le bonheur est dicté par le principe de plaisir et donc l’inconscient
2 ; que le bonheur est en désaccord avec le MACROCOSME et le MICROCOSME, donc que ce n’est qu’un « idéal de l’imagination » comme le disait déjà Kant.
3. l’expérience de la souffrance est plus facile à faire : la déchéance du corps, force destructrices et inéxorables du monde et le rapport aux autres. + devoir d’être heureux, « tyrannie du ça va » selon Pascal Bruckner dans Euphorie perpétuelle qui redouble le malheur comme échec alors qu’on pouvait, devait être heureux.
On peut donc en déduire que les obstacles au bonheur sont aussi bien extérieurs qu’intérieurs et que donc même si le bonheur reste inaccessibles, il y aurait des conditions OBJECTIVES et SUBJECTIVES qui permettent sinon de l’atteindre du moins de s’épargner le maximum de souffrance.
-idée de conditions objectives reprises par l’économiste pierre Leroy
-d’où une dimension POLITIQUE de la question du bonheur ! Rôle de l’Etat ?
-le bonheur doit rester une affaire privée et les obstacles au bonheur sont plutôt intérieurs :
-notre constitution contre laquelle nous ne pouvons rien ( nous sommes faits de telle manière que la durée comme la quantité tue l’intensité, on a besoin de contraste pour avoir du plaisir, un état de plaisir est une contradiction)
– nos désirs
I. Définition du désir
1. Désir, pulsion, besoin, volonté :
– Besoin/ désir :
1. nécessité, 2. naturalité et innocence ( on ne reproche pas à un homme de satisfaire ses besoins, irresponsabilité en cas de besoin vital, de force majeure) , 3. limitation du besoin correspondant à un objet déterminé même si indéfini ( de la nourriture, à boire, de l’air, …) : le besoin a une dimension finie et un niveau fini d’exigence
CONTRE
1. contingence et superflu du DESIR, 2. Spiritualité du désir et éventuelle perversion ( il est le fruit de la culture, de nos représentations collectives ou individuelles, il présuppose la conscience et donc un jugement moral possible) ; 3. Il est illimité car son objet est indéterminé bien qu’apparemment défini : l’objet du désir est le fruit d’une représentation ( il est imaginé, fantasmé, halluciné
– désir/ pulsion :
le désir présuppose la conscience, comme le dit Spinoza dans l’ETHIQUE : « le désir est l’appétit avec conscience de lui-même » et cette conscience fait qu’on va tendre vers ce qu’on se représente comme objet d’une satisfaction future.
– Désir/volonté : la volonté, c’est le pouvoir de se déterminer à agir en fonction d’une raison, d’un motif.
On pourrait voir ici un parallèle avec le désir, mais
– distinction au plan des fins : si la volonté présuppose le désir, elle présuppose aussi une capacité de recul par rapport au désir. S’il y a une spontanéité dans le désir, il y a dans la volonté un choix , une liberté: on évalue le désir par rapport à d’autres, par rapport à nos valeurs, à la situation et puis on décide de ratifier, de consentir ou de s’opposer. Certains assimilent d’ailleurs le fait d’avoir de la volonté à la force de dire non au désir : « la volonté est nolonté » disait Renouvier)
Un motif n’est pas une cause, un motif raisonnables n’est pas un simple mobile affectif
-distinction au plan des moyens : le désir pose des fins mais ne se préoccupe pas des moyens, « il attend la manne » comme dit Alain ; il est un souhait , velléitaire ; la volonté , elle, est soucieuse des moyens, aussi elle délimite le possible et l’impossible, elle est plus modeste car volontaire et déterminé.
– cependant le désir est à distinguer de la simple envie : le désir a un objet bien précis, il est plus ambitieux que nos petites envies.
B. la nature du désir : Eros dans le Banquet de Platon ( Photocopie) : aspiration à l’absolu et conscience de ce manque d’où deux visions du désir radicalement opposées
II. le désir comme manque et négativité : insatisfaction, servitude et immorali
A. Raisons de l’insatisfaction :
– 1 – écart entre le manque et l’objet : analyse du mythe de l’androgyne dans le banquet de Platon : Textes 1,2,3 p 58.59 ; donc désir s’efforce de combler un manque ONTOLOGIQUE et à pour objet : l’absolu.
D’où cristallisation Stendhal + Pétrarque ( XIV ème, amour courtois : aimée , physique idéal et âme angélique)
Texte de Bergson en TL p 96 : si l’amour confine à l’adoration, il prend alors des accents religieux ( on s’illusionne sur l’objet – le corps- mais aussi sur l’amour lui-même : aussi « la marge de déception est devenue énorme parce qu’elle est l’intervalle entre le divin et l’humain »
– 2- écart entre l’objet apparent et objet réel du désir : le seul est unique objet du désir, c’est le DESIR :
– le désir en lui-même : la chasse plutôt que la prise !
– le désir de l’autre :
• la convoitise + la théorie du désir mimétique de René Girard
• le caprice comme exemple : Françoise Dolto, P 50/51 ( L, p 90.91)
– le désir d’être désiré : le désir est désir de reconnaissance, les hommes luttent pour cette reconnaissance
• Dialectique du maître et de l’esclave: textes 1, 2, 3 p62-63. ( L 1/2/3 p. 104-105).
• Difficile reconnaissance dans l’amour : Texte de Sartre à photocopier ( L P 97)
B. la servitude : insatisfaction ou non, on assiste à la renaissance du désir, comme si on ne pouvait pas cesser de désirer, d’où l’idée qu’on subit le désir et que celui nous dévore :
• Le tonneau des danaïdes : mythologie grecque : les Danaïdes, selon la légende, avaient, sauf une d’entre elles, assassiné à coup de dague leurs premiers maris qui ne les avaient pas respectées lors de la première nuit de noces. Zeus, horrifié par le geste des jeunes épouses, les envoya dans le Tartare, désert des suppliciés, et les condamna à remplir un tonneau percé. Platon, dans le Gorgias, compare ainsi le désir au tonneau percé des Danaïdes, toujours plein, toujours vide, impossible à remplir.
• Schopenhauer reprend l’image, la satisfaction d’un désir n’est que l’ « aumône » jetée à un mendiant ( elle lui sauve la vie jusqu’à demain !) et il associe le désir au Vouloir-vivre, force irrationnelle et insatiable, dont tout n’est qu’un degré d’objectivation : on croit que nous désirons, mais en réalité, ça désire en nous, donc seule issue « l’euthanasie de la volonté » par l’ascétisme, souffrance encore mais choisie.
Texte 1 P.462 (L 1, p. 620)
C. désir comme immoralité : du coup, source de souffrance et de servitude est associé au mal.
• Quand le désir l’emporte, il peut devenir passion, « maladie incurable de l’âme » qui enlève liberté, raison, ..
• Le désir détourne de Bien :
– en mettant toujours un motif pathologique derrière nos actes moraux ( intérêts, plaisir…)
– en faisant que l’on tombe dans l’acrasie, « je vois le meilleur, je l’approuve et je fais le pire » par manque de volonté, parce que je suis détourné du bien par l’agréable immédiat : d’où l’idée que le désir renverse la hierarchie, met l’âme à l’envers : Platon et le sac de Peau dans la République livre 9 : âme tripartite :
– Epithumia : partie concupiscible (terme de scolastique. Appétit concupiscible, l’inclination qui porte l’âme vers ce qu’elle considère comme un bien. Les philosophes appellent appétit concupiscible celui où domine le désir.) : « bête multiforme et polycéphale » : le VENTRE , partie bestiale et sauvage folle et impudente, prête à tout, mélange de bien et de mal )
– Thumos : partie irascible : un lion qui incarne le CŒUR qui est courage, qui a le sens de l’honneur, de la dignité, de l’indignation d’où colère possible
– nous : partie rationnelle : l’homme rationnel et raisonnable.
Le rationnel est moins puissant que le désir, mais avec la force du cœur , il peut tenir la bête et l’ORDRE qui est synonyme de vertu et de tempérance : il faut contrôler « le nourrisson polycéphale à la manière du laboureur qui nourrit et apprivoise les espèces pacifiques et empêche les sauvages de croître »
• Le plaisir est associé au péché : bucher de vanités . EX: Le Bûcher des Vanités (en italien : Falò delle vanità) a lieu le 7 février 1497 quand les disciples du moine Jérôme Savonarole rassemblent des milliers d’objets pour les brûler, à Florence, le jour du Mardi Gras. Les objets visés par cette destruction sont ceux qui poussent au péché, spécialement ceux qui touchent à la vanité, comme les miroirs, les cosmétiques, les robes richement travaillées, les bijoux, les instruments de musique. D’autres objets aboutissent sur le bûcher : livres immoraux, chansons non-religieuses, images licencieuses. Quelques chefs-d’œuvre de la peinture florentine, des nus d’inspiration mythologique de Botticelli sont portés par le peintre lui-même au bûcher. De tels bûchers ne sont pas une invention de Savonarole, et accompagnaient fréquemment les sermons hors des églises de saint Bernardin de Sienne, dans la première moitié du XVe siècle.
MAIS Transition : « c’est une triste et sauvage superstition qui interdit de prendre du plaisir… » : texte de spinoza
III. le désir comme puissance et positivité : créativité
• Le désir est d’abord puissance d’affirmation comme le souligne Spinoza
– « le Désir est l’appétit qui a conscience de lui-même, et l’appétit est l’essence même de l’homme, en tant qu’elle est déterminée à faire les choses qui sont utiles à sa conservation. » : cet effort, c’est le conatus : « L’effort par lequel toute chose tend à persévérer dans son être n’est rien de plus que l’essence actuelle de cette chose. » Éthique III, Proposition VII. Chez l’homme, le conatus s’exprime dans l’âme, mais aussi dans le corps. Le corps cherche l’utile et l’agréable, l’âme, quant à elle, recherche la connaissance pour elle-même.
DC le désir n’est pas un manque, mais affirmation de soi, il faut le penser comme une puissance, un débordement : ex. de la création du monde par Dieu. Dieu n’a pas crée le monde par manque, ce qui serait incompatible avec sa perfection et plénitude, il l’a crée par débordement de puissance d’où conception immanente de Dieu : Dieu est la nature.
• Il est créateur de valeurs : « nous ne faisons effort vers aucune chose, que nous ne la voulons pas ou ne tendons pas vers elle par appétit ou par désir, parce que nous jugeons qu’elle est bonne; c’est l’inverse : nous jugeons qu’une chose est bonne parce que nous faisons effort vers elle, que nous la voulons et tendons vers elle par appétit ou désir. (Ethique, III, Prop. IX, scolie)
DC Il n’y a pas de bien et de mal en soi, il n’y a que du bon et du mauvais pour moi
ET – ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre : c’est d’ailleurs cela qui explique nos insatisfactions dues en grande partie au désir mimétique ( on désire ce que l’autre désire, mais cela ne nous correspond pas) et à l’ignorance de soi-même et des choses.
– ce qui est bon pour moi dans une certaine rencontre peut ne pas l’être dans une autre : ex. eau, elle sauve l’assoiffé, mais le tue s’il en boit trop ; elle permet de surnager, mais peut noyer si avaler
Nous avons chacun une « formule d’être » : elle est ce que nous pouvons faire et subir, notre puissance d’être affecté et d’affecter et nous faisons de bonne rencontres et de mauvaises rencontres : d’où composition ou décomposition, augmentation ou diminution de puissance, joie ou tristesse.
Cela exige donc la connaissance adéquate de soi et des choses ( connaissance partielle et imaginaire)
• Le désir est « vivant » : renier le désir, c’est renier la vie ( Nietzsche qui fait dans le Crépuscule des idoles une critique sévère de l’ascétisme, même s’il n’ignore pas aussi « la bêtise des passions ») et son pouvoir de créativité et d’enchantement du réel.
C’est parce que l’homme est un être de désir qu’il ne se contente pas de ce qui est et transforme la réalité. Et c’est en cela qu’il se distingue du besoin : le besoin se soumet à ce qui est et se contente de ce qui est. Il est réaliste.
Et dans ce cas, l’énergie du désir est PRODUCTRICE et la passion devient alors ce qui décuple cette force.
Hegel , La raison dans l’histoire: « La passion est tenue pour une chose qui n’est pas bonne, qui est plus ou moins mauvaise : l’homme ne doit pas avoir des passions. Mais passion n’est pas tout à fait le mot qui convient pour ce que je veux désigner ici . Pour moi, l’activité humaine en général dérive d’intérêts particuliers, de fins spéciales ou, si l’on veut, d’intentions égoïstes, en ce sens que l’homme met toute l’énergie de son vouloir et de son caractère au service de ses buts, en leur sacrifiant tout ce qui pourrait être un autre but, ou plutôt en leur sacrifiant tout le reste. Nous disons donc que rien ne s’est fait sans être soutenu par l’intérêt de ceux qui y ont collaboré. Cet intérêt, nous l’appelons passion lorsque, refoulant tous les autres intérêts ou buts, l’individualité entière se projette sur un objectif avec toutes les fibres intérieures de son vouloir et concentre dans ce but ses forces et tous ses besoins. En ce sens, nous devons dire que rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion. »
Conclusion : donc au regard de la positivité du désir, la voie de l’ascétisme semble être contre-nature., alors que faire de nos désirs et dans quels buts ?

IV. De l’usage de nos désirs et des fins de l’existence :
Après ce III on ne peut plus condamner le désir, ce n’est pas le désir en lui-même qui est mauvais, c’est l’usage qu’on en fait et les fins qu’on lui assigne.
– 1- si le désir est ce qui peut nous maintenir dans le médiocre ( satisfaction insignifiante), il peut aussi nous emmener vers le meilleur, et c’est d’ailleurs lui qu’il vise : recherche d’absolu, de perfection. C’est ce que souligne Platon avec son parcours initiatique sur l’échelle des beautés dans le Banquet
Textes p 60-61 (L p102-103) . (Cf roméo et juliette)
Il ne faut pas rester en bas de l’échelle. C’est dans la contemplation du Beau que le désir atteint son but. C’est ce que suggèrera aussi Aristote ( 384- 322 av JC) dans l’Ethique à nicomaque en distinguant différents genres de vie : la vie de plaisir, la vie politique et le vie contemplative/
– les deux premières considèrent que le bonheur doit se trouver dans des choses VISIBLES : le plaisir, la richesse ou les honneurs. Mais rechercher la jouissance, c’est mener une vie d’esclave bestiale de Sardanapale ( Roi 7ème siècle av.JC qui incarne la débauche et la manque de courage : préférer se suicider que combattre). Rechercher les honneurs, c’est mener une vie aux dépends des autres et rechercher la richesse, c’est « mener une vie de contrainte » et confondre la fin avec les moyens ( l’argent n’est qu’un moyen)
– la vie contemplative est la seule qui puisse être digne de l’homme qui est d’abord esprit ( et par là divin)et la seule qui peut lui procurer le bonheur : la contemplation est une activité libre, solitaire, continue, qui vaut pour elle-même, conforme à notre nature.
– 2- s’il peut être source d’insatisfaction et de tristesse, il peut aussi être source de plaisir et de joie. Et le bonheur étant inaccessible en tant qu’état de satisfaction totale, autant rechercher le plaisir ou affirmer que c’est là finalement dans le plaisir qu’est le bonheur : « le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse » Epicure
c’est le principe des philosophies HEDONISTES.
L’hédonisme ( hédoné=plaisir) peut avoir plusieurs visages :
• Celui de la débauche : Aristippe de Cyrène (435-356) et les cyrénaïque qui pense le plaisir comme « un mouvement doux accompagné de sensations ». Il considère qu’être heureux, ce n’est que multiplier et additionner les plaisirs. Le bonheur n’est pas dans le repos, mais dans le mouvement. Il faut vivre le plaisir au présent sans penser au futur, ni aux conséquences. Pas l’idée qu’ajourner pourrait augmenter le plaisir futurs. Pas de discipline, pas d’ascèse, tout est permis.
• La qualité avant la quantité : Bentham (1748-1832) « par bonheur, on entend le plaisir et l’absence de douleurs » ; pour lui, il n’y a pas lieu d’opposer plaisir et vertu, le bien ayant été défini par une véritable arithmétique du plaisir.
Mais tous les plaisirs ne se valent pas qualitativement : « il vaut mieux être un homme insatisfait qu’un porc satisfait, il vaut mieux être Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait »
Textes p 458-459 (L p618-619)
• Celui de la sagesse : Epicure et la lettre à Ménécée
« Quand donc nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas des plaisirs voluptueux et inquiets. , ni de ceux qui consistent dans les jouissances déréglées, ainsi que l’écrivent des gens qui ignorent notre doctrine, ou qui la combattent et la prennent dans un mauvais sens. »
Au départ, même constat que les stoïciens,
1. il y a ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous ou que de nous ( mais qui ne dépend de personne d’autres : destin contre hasard).
2. Le bonheur est dans l’ATARAXIE, « absences de troubles dans l’âme et le corps ». Mais si pour les stoïciens, on doit pour y parvenir se rendre vertueux et renoncer aux désirs pour une volonté raisonnable et accepter la nécessité, pour les épicuriens, il y a une place pour le plaisir et le désir.