allégorie de la caverne

Dans cette allégorie, chaque élément est un symbole :
• les chaines qui maintiennent le corps au sol, ce sont celles de notre propre corps qui peut nous tenir prisonnier de ses sensations, si on croit que voir, c’est savoir. Si on n’interroge pas ce que nous dit le corps, on en reste à une connaissance par les sens partielle, relative. Les sens nous disent comment les choses nous apparaissent non ce qu’elles sont. Si je me fie au sens, c’est le soleil qui tourne autour de la terre et la pleine lune est une sphère de 1 m de diamètre, le bâton se brise en entrant dans l’eau, les ombres sur le fonds de la caverne n’en sont pas, si je n’ai jamais rien vu d’autre.
• les chaines qui font qu’on ne peut regarder ailleurs ni autrement, ce sont aussi celles de nos habitudes et de la vie collective. En société, nous sommes enchaînés les uns aux autres. Cela permet l’apparition d’une opinion commune, à laquelle on va adhérer par confort, par souci d’intégration, par conformisme, mais aussi par paresse, par intérêt, par désir. Tout ceci n’a pas été jugé, n’est que du pré-jugé, un ensemble d’idées reçues avant même d’être examinées donc sans examen ni jugement. C’est bien la pensée qui n’en est pas au sens 2 de penser.
• les chaines peuvent aussi être celles d’un conditionnement que représente dans l’allégorie le feu. Ce feu qui est à l’origine de l’ombre et de l’erreur pour les prisonniers, c’est un feu allumé et entretenu par des hommes. Ces hommes manipulent ceux qui sont dans la caverne en leur donnant à voir ce qu’ils ont décidé de leur faire voir (le muret empêche de voir des ombres d’hommes que sont les porteurs, les prisonniers ne peuvent voir que des ombres d’objets et que des ombres d’ombres d’hommes que seraient des statuettes d’hommes par exemple (on ne se porte pas les uns les autres sur les épaules dans l’allégorie !). Dans le cas d’une statuette d’homme, la situation des prisonniers est même plus grave que ce qu’on pouvait penser car les prisonniers sont éloignés de deux degrés de la réalité et vérité en prenant l’ombre avec la réalité, ils confondent une ombre d’ombre (la statuette étant déjà un double, une copie !) avec la réalité.
• Le rapport entre la statuette et l’homme réel symbolise le rapport entre le monde sensible ( notre monde) et le monde intelligible ( le vrai monde, le monde des idées qui est éternel et que Dieu aurait pris pour modèle pour créer le monde). Si on veut bien penser ce monde, il faut retrouver par la pensée ce monde-modèle. Par exemple, penser la justice, c’est retrouver cette idée de justice originelle.
• Le soleil condition de possibilité de la vision symbolise l’idée de Bien qui illumine le ciel des idées et celui qui la contemple en la retrouvant par la pensée.
• les chaines sont enfin celles d’une vie collective dominée par les valeurs techniques et le paraître. Dans l’allégorie, les prisonniers n’ont pas le souci du vrai, ils ne se battent que pour les honneurs, c’est à celui qui sera le plus habile, le plus rapide à reconnaître les ombres, non à celui qui sera le plus sage, le plus savant.
Toutes ces chaînes expliquent leur ignorance ignorée, que les prisonniers croient savoir et ne savent pas, qu’ils ne sont que dans la doxa, l’opinion commune.
Ils croient penser alors qu’ils ne sont que l’opinion. Ils ne s’interrogent pas, ne doutent pas, ce qui explique que seuls ils ne peuvent sortir de la caverne et de son obscurité qui symbolise le manque de clarté et de distinction de ce qu’ils appellent leur pensée.
D’où aussi la difficulté de les en sortir pour d’affronter la lumière pour remonter jusqu’au principe, le soleil, par accéder à la claire et distincte connaissance.

 

 

Intérieur de la caverne 

Le monde sensible

Extérieur de la caverne

Monde intelligible

 

Illusion/ignorance

Illusion                    =

apparence

Vérité                         =

Réalité

Connaissance totale

=

Ombres

Objets fabriqués

Réalités elles-mêmes

Contemplation du soleil

  =

obscurité

opinion

Conviction/croyance

Pensée/science hypothétique d’après le sensible

Accès aux idées elles-mêmes par l’intellect : science dialectique

Soleil, lumière