Savoir ce qu’il ne faut pas dire, c’est déjà ça!!
Il ne faut pas dire « j’aurai 15 en philo sans réviser et sans connaissances! »
Mais aussi:
« La science recherche des vérités absolues » (faux : la science ne prétend plus atteindre des vérités absolues et ne vise que des vérités partielles et relatives (fin du positivisme) et elle peut aussi ne chercher qu’à donner les moyens de « devenir comme maître et possesseur de la nature », comme le disait Descartes).
« Les hommes ont de tout temps recherché la vérité » (faux : avant la science et la philosophie (en gros 6 ième siècle av . JC), on pensait que la vérité, c’était ce qu’il ne fallait pas oublier, autrement dit les croyances ancestrales. En Grèce le mot vérité est « alétheia » qui veut dire : le non-oubli.
« Tous les hommes recherchent la vérité » (faux : seuls certains hommes, dont les savants et les philosophes, les journalistes, les juges aussi, les médecins etc… recherchent la vérité. Sûrement pas tous les hommes. Et ce désir de vérité n’est pas anodin selon Nietzsche qui, en en faisant la généalogie, retrouve cet « idéal ascétique » qui traverse religion et philosophie aussi).
« Le bonheur est le but de la vie » (Non : même si tous les hommes recherchent le bonheur, ce n’est pas forcément LE but de la vie. Il peut y avoir d’autres buts. C’est ce que pense Kant).
« Kant veut imposer une morale unique à tout le monde » (faux : Kant ne veut rien imposer du tout. Il réfléchit aux conditions de possibilité d’une morale universelle avec une autonomie du sujet. C’est moi qui suis mon propre législateur, ma raison via les deux impératifs catégoriques ne me donnant que la forme que doit avoir ma règle de conduite: elle pouvoir être érigée en loi universelle de la nature et être en accord avec le respect de la personne humaine aussi bien en moi-même que dans la personne de tout autre).
« Quand on agit moralement, c’est pour se donner bonne conscience » (c’est un contresens sur la conscience morale. Vladimir Jankélévitch a montré pourquoi la conscience morale scrupuleuse est toujours malheureuse – au contraire).
« La science détient la vérité » (faux : la science propose des théories qui rendent compte partiellement de la réalité, mais qui ne sont jamais définitives et qui ne peuvent être vraiment vérifiées ( théorie du falsificationisme de Popper). Elle ne peut « détenir » quoique ce soit. A moins que l’on pense la vérité comme William James et son pragmatisme, non plus en terme de correspondance avec le réel, mais en terme de prévisions efficaces permettant une action efficace dans le réel. Le critère c’est alors le succés, l’efficacité technique).
« Ce qui, dans la science est vrai à un moment, devient faux par la suite » (inexact : les vérités scientifiques sont provisoires, mais elles ne sont pas annulées ni renversées par les théories ultérieures. Elles sont soit complétées, soit englobées, soit relativisées).
« Rousseau veut retourner à l’état de nature » (faux et absurde. Nul ne peut vouloir sérieusement revenir en arrière, nul ne peut abolir la civilisation).
« Platon pense que l’art est inutile et le condamne » (faux : Platon ne critique que la poésie et la peinture).
« Le projet politique de Rousseau dans le Contrat social est utopique » (inexact. Ce n’est pas un projet politique mais une théorie qui sert de référence pour juger ce qui est souhaitable)
« Pour comprendre une œuvre d’art, il faut en déchiffrer le message » (faux : les œuvres d’art n’ont pas forcément un message ; mais surtout, en art, le contenu ne peut être dissocié de la forme. Donc le « message » , c’est ce qui, dans l’oeuvre, ne relève pas de l’art).
« L’art abstrait a pour contenu des idées abstraites » (faux : l’art abstrait ne cherche pas à communiquer des idées d’ailleurs on peut penser que c’est mépriser l’oeuvre d’art que de la réduire à un moyen ( même celui de porter un message). L’oeuvre d’art vaut pour elle-même, elle est sa propre fin et si un artiste crée, c’est d’abord pour créer, pour lui ( effet cathartique, reconnaissance de soi à travers l’oeuvre, homo faber).
« La religion peut se définir comme le fait de croire en un Dieu » (faux : la plupart des religions pratiquées dans le monde aujourd’hui même ne se réfèrent à aucun Dieu (animisme, fétichisme, chamanisme, bouddhisme, syncrétisme etc…), ou bien à plusieurs divinités. Et puis si on associe la religiosité au sacré, le sacré peut aller se nicher dans la raison, dans l’homme auquel l’athée croit. Si « dieu est mort » selon Nietzsche, le monde religieux divisé en sacré et profane, en transcendant et immanent lui demeure.
« Les stoïciens sont fatalistes et résignés » (faux : la doctrine stoïcienne prône un coopération active et joyeuse au destin. Le destin entraîne celui qui refuse et conduit celui qui l’accepte en faisant usage de sa raison, soutenait Epictète).
« Pour la doctrine déterministe, l’homme n’est pas libre » (faux : c’est la fatalisme qui nie la liberté, pas le déterminisme car le déterminisme peut être une ressource pour la liberté. « Science d’où prévoyance; prévoyance, d’où action » disait Auguste Comte. Ceci le déterminisme remet en question le libre-arbitre en remettant en question la contingence et la spontanéité de nos choix)
« Machiavel prône dans Le Prince un régime de type dictatorial » (faux : Machiavel est républicain, mais il constate que la fondation d’un Etat appelle des procédés souvent violents, car au regard de la nature des hommes (mauvaise) et des buts du politique ( maintenir la stabilité de l’Etat pour éviter le désordre dans la société, « la fin justifie les moyens », la politique ne peut se plier aux exigences morales. L’homme d’Etat qui voudrait faire l’ange ne pourrait conserver son pouvoir! ).
« La beauté est relative au goût de chacun » (faux selon Kant : l’agréable varie selon le goût de chacun, au contraire le beau est susceptible de plaire universellement; car pour Hume la beauté est relative au goût et à la sensibilité de chacun, même s’il présuppose une uniformité naturelle du goût)
« Les philosophes pensent que l’homme doit en toute circonstance suivre la raison » (faux : Pascal a dit que c’est une erreur de croire que l’homme n’est constitué que d’une partie rationnelle. Saint Augustin, Kant etc… estiment eux aussi que la raison seule ne suffit pas pour mettre l’homme sur la voie du salut. D’autres encore (Nietzsche, Heidegger) critiquent la raison.
« La démocratie est forcément un régime politique parfait, c’est le meilleur » ( c’est « le pire de tous, à l’exception de tous les autres » selon Churchill, Platon y voyait le régime de l’incompétence et de la licence menant inévitablement à la tyrannie, Rousseau disait aussi que ce régime était un régime trop parfait pour des hommes et que la non-séparation des pouvoirs ( prônée par Montesquieu) . Par contre, si on peut critiquer le régime politique démocratique, on ne peut critiquer les principes de la démocratie ( liberté, égalié, souveraineté), de la république: c’est à dire le peuple souverain détenant le pouvoir législatif. )
« Les philosophes veulent « éradiquer” toute opinion » (faux : Platon par exemple, insiste sur le rôle de l’opinion droite dans le Ménon.)
« Toute inégalité est injuste » (faux : Rawls avec sa procédure du voile d’ignorance souligne qu’on peut accepter une inégalité socio-économique sous certaines conditions: égalité des chances, préservation des libertés de base, principe du maximin : l’enrichissement doit profiter au plus démuni; on peut aussi penser à Aristoté est au principe de l’égalité géométrique dans le domaine de la justice distributive, celle qui concerne la répartition des charges, des récompenses et des fonctions; Hume souligne aussi les dangers de l’égalitarisme: )
« La justice, c’est de traiter tout le monde également » (faux : il y a donc aussi l’é).
« Aimer ne peut être un devoir, car on ne peut se forcer à aimer » (à nuancer : revoyez votre cours sur la morale de Kant).
« Parce que nous vivons en société, nous ne pouvons être libres » (Enfantillage : l’homme ne peut se passer de ses semblables, car il est un « animal politique » (Aristote). C’est un songe creux de croire qu’à l’ « état de nature » où loin de toute société (cf le film Into the wild) nous pourrions être heureux et libres.
“Pour Freud, l’homme n’est pas libre car il est déterminé par son inconscient” : (pour Freud en effet, l’homme est en grande partie déterminé par son inconscient, mais cela ne l’empêche pas d’être libre ou d’y tendre. La psychanalyse l’aide à reconquérir sa liberté)
“Pour Spinoza la liberté est une illusion ” : (c’est le libre arbitre qui est une illusion. Pour Spinoza, l’homme devient libre par la connaissance rationnelle, par l’acceptation et la compréhension de la nécessité. Pour Spinoza libre ne s’oppose pas à necessaire ( comme pour ceux qui défendent le libre-arbitre et la contingence des choix); libre s’oppose à contraint et c’est le cas quand on subit la nécessité sans la comprendre. C’est ce qu’il illustre avec la fameuse pierre qu’on dote de conscience au milieu de sa chûte et qui par ignorance se croit libre et active, alors qu’elle est soumise et passive à sa nature, aux lois de la nature et à une cause extérieure à l’origine de son mouvement et de de sa nature. Si elle était doté de raison elle pourrait se connaître et comprendre ce qu’elle est et participer activement à sa chûte!)
A EVITER ABSOLUMENT AUSSI : –
– Guernica de Picasso et la Joconde de Vinci comme exemples d’oeuvres d’art, à moins que vous ayez quelque chose de précis, documenté et de neuf à dire sur ces deux tableaux.
– les exemples de l’actualité du jour même ou les références à votre propre copie du type » travailler, c’est faire ce que je suis en train de faire!, » la justice ce serait que le travail soit récompensé malgré les imperfections » ou « nous ne sommes pas libres puisque je suis là coincé pour 4H »……