Sur l’aura

« C’est aux objets historiques que nous appliquions plus haut la notion d’aura, mais, pour mieux l’éclairer, il faut envisager l’aura d’un objet naturel. On pourrait la définir comme l’unique apparition d’un lointain, aussi proche soit-il. (…) Cette description permet d’apercevoir aisément les conditionnements sociaux auxquels est dû le déclin actuel de l’aura. Il tient à deux circonstances, liées l’une et l’autre à l’importance croissante des masses dans la vie actuelle. Car rendre les choses spatialement et humainement « plus proches » de soi, c’est chez les masses d’aujourd’hui un désir tout aussi passionné que leur tendance à déposséder tout phénomène de son unicité au moyen d’une réception de sa reproduction. » Walter Benjamin, L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique