Cinéma, cinéma, cinéma, tchi, tcha!!

  Le physiologiste français Étienne-Jules Marey affirme qu’un cheval au galop voit ses pattes se décoller du sol, une vision vivement repoussée. Un prix est promis à celui qui résoudra le problème. Pour trancher la question, Muybridge va utiliser la photographie. En 1878, il commande en Angleterre 24 appareils photographiques qu’il dispose le long d’une piste équestre, déclenchés par des fils tendus. Il obtient le fameux cliché qui confirme la théorie de Marey

 

 

 

Les frères Lumière, Louis Jean et Auguste Marie mettent au point un projecteur qu’ils appellent le Cinématographe . Cet appareil permet de projeter sur un écran un film enregistré sur pellicule. Les deux frères réalisent des films de quelques minutes qu’ils projettent au public le 28 décembre 1895 à Paris ; entre autres, le fameux Arroseur arrosé ou le train entrant en gare de La Ciotat , qui effraie les spectateurs voyant approcher la locomotive ! Cette projection marque le début de l’histoire du cinéma.

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Sur Arté, dans son émission Philosophie, Raphaël Enthoven s’interroge sur le cinéma:

Cliquez:

http://www.arte.tv/fr/2965462.html

 

Fontaine de Marcel Duchamp, 1917

Fontaine (en anglais : Fountain) est un ready-made de Marcel Duchamp formé par un urinoir en porcelaine renversé signé « R. Mutt » et daté 1917. La sculpture fut refusée lors de la première exposition de la Société des artistes indépendants de New York en 1917 avant de disparaître. Seules des répliques certifiées par Duchamp dans les années 1960 sont aujourd’hui exposées dans les musées.  Elles sont officiellement exposées dans des galeries comme étant des œuvres de Marcel Duchamp mais sont néanmoins signées et datées « R. Mutt 1917 » comme l’original.Le 17 novembre 1999, un des urinoirs (réplique de Schwarz) a été vendu aux enchères par Sotheby’s pour la somme de $ 1,762,500 (1,677 million d’euros) à Dimitri Daskalopolos (Athènes). L’homme d’affaire déclare que, pour lui, « cela représente les origines de l’art contemporain« .

 

http://www.dailymotion.com/video/x5balu

 

Quelques extraits du jugement de Pierre Pinoncely, artiste avant-gardiste, poursuivi en responsabilité civile pour une performance : (avoir uriné dans le célèbre urinoir) et l’avoir (brisé) endommagé avec un marteau.

« En effet, si uriner dans un urinoir peut rendre l’objet exposé comme une oeuvre d’art à son usage premier, nul ne peut prétendre qu’une pissotière s’utilise à coup de marteau. […]

Mais plane sur ce syllogisme incontournable l’ombre du simplisme, de l’imperméabilité supposée de l’institution judiciaire à toute démarche « artistique d’avant-garde » […] Il s’agirait non pas de vandalisme, mais d’art, d’art de comportement, d’art contemporain.

Pierre Pinoncely qui s’arroge un droit de « valorisation » par le marteau de la création d’autrui et pousse la théorie de l’art conceptuel jusqu’à revendiquer l’absolution totale pour ses actes, dès lors qu’il les a déclarés symboliques. […] »

 En janvier 2007, Pinoncely ( récidiviste) est lourdement condamné à réparer son acte ( d’avoir légèrement endommagé l’oeuvre d’un coup de marteau) :  trois mois de prison avec sursis, deux ans de mise à l’épreuve et 14 352 € au musée pour remboursement des frais de réparation. Le musée Beaubourg avait réclamé 2,8 millions d’euros de dommages et intérêts mais les juges n’ont donc pas accordé une valeur d’œuvre d’art à l’objet.

L’oiseau dans l’espace, Brancusi

Constantin Brancusi ( 1876-1957)

Une profonde différence dans leur relation au monde sépare les deux sculpteurs. Rodin est un créateur au sens démiurgique du terme. Il impose au chaos de la matière, c’est-à-dire à la terre qu’il modèle, une forme. La taille directe dans la pierre ou le bois ne l’intéresse pas (elle n’est même plus enseignée au sein des académies). Des assistants réalisent en marbre ou en bronze ce qui a été créé en terre ou en plâtre par l’artiste.
Brancusi, quant à lui, est issu d’un monde archaïque et d’une tradition millénaire de la taille du bois. Pour le sculpteur, « c’est la texture même du matériau qui commande le thème et la forme qui doivent tous deux sortir de la matière et non lui être imposés de l’extérieur ».

C’est une différence essentielle avec Rodin, car Brancusi ne se présente pas comme un créateur mais comme un intercesseur capable de révéler au sein du matériau qu’il utilise « l’essence cosmique de la matière ». Dans le choix préalable de son bloc de pierre ou de bois, Brancusi perçoit par avance, dans la spécificité du matériau, la présence de la sculpture.

Poursuivant cette recherche de la forme pure de l’oiseau, Brancusi crée en 1923 L’Oiseau dans l’espace. Ici, la forme ovoïde de Maïastra est étirée, l’oiseau libère son souffle, la tête et les pattes rejoignent la verticalité de l’ascension, le corps perd son extrémité et laisse apparaître un angle ouvert dirigé vers la lumière. Mais la base conique de l’oiseau, par sa trop grande stabilité, ne permet pas d’obtenir l’envol recherché.

Avec L’Oiseau dans l’espace de 1925, il parvient à incarner un pur élan, un mouvement ascensionnel. Toutes les parties de l’oiseau se fondent dans un ovale étiré vers le ciel, tendu comme une ellipse suspendue dans l’air. Les pattes deviennent une pure ondulation.
Par la qualité de son matériau et le polissage, il parvient à une forme de plus en plus  immatérielle, jusqu’à atteindre avec le bronze poli la lueur impalpable d’une flamme.

De ces Oiseaux dans l’espace, l’œil peut difficilement en maintenir les contours. Le marbre absorbe la lumière et la retient sur sa surface comme un effleurement. Le bronze, étincelant, absorbe l’espace et réfléchit la lumière. Tout au long de sa vie, Brancusi modifiera continuellement, et parfois de manière imperceptible, son Oiseau dans l’espace : il réduira ou agrandira le pan coupé du bec, accentuera ou diminuera la courbe de l’ellipse. Matière, forme, lumière se génèrent mutuellement, créant pour le regard une métamorphose permanente.
L’artiste rejoint Gaston Bachelard pour qui « le corps de l’oiseau est fait de l’air qui l’entoure, sa vie est faite du mouvement qui l’emporte ».

 Le phoque III, 1953

liberté et feux rouges

Trés sympa cet exemple trouvé sur le site de Catherine Kintzler, là http://www.mezetulle.net/article-33092130.html:

« Je suis dans ma voiture, il est 3h du matin. J’arrive à un feu tricolore qui vient de passer au rouge. Il n’y a personne de l’autre côté. Imaginons Spinoza à ma place. Voici le raisonnement que, j’imagine, il pourrait tenir : le stupide s’arrêtera au feu sans réfléchir parce qu’il en a l’habitude, le craintif s’y arrêtera en pensant qu’un radar est peut-être caché à proximité, le soucieux s’arrêtera en réfléchissant qu’il n’a peut-être pas tout vu et qu’après tout le feu le protège, mais le sage s’arrêtera en poussant la pensée jusqu’à son comble : il comprend que la loi qui règle les feux tricolores est profondément fondée et juste, il voit que cette loi il aurait pu lui-même la décider, il peut se penser comme l’auteur de cette loi en même temps qu’il y est soumis (nous appelons cela un « sujet-législateur »), et ainsi il est au summum de la liberté philosophique en attendant à l’arrêt que le feu passe au vert ! Mais ce qui est important, c’est de montrer que l’insensé et le sage, lorsque la loi « formelle » est juste, font exactement la même chose : on ne leur demande ni d’être des héros au-dessus d’eux-mêmes, ni d’être des imbéciles au-dessous d’eux-mêmes.

Vous avez sans doute remarqué que dans ma classification j’ai oublié un personnage : le petit malin. C’est celui qui, après avoir regardé, brûle le feu « puisqu’il n’y a personne ». Le petit malin est intelligent, et il pense que les lois ne sont faites que pour ceux qui sont bêtes. Il pense que si tout le monde était intelligent comme lui, il n’y aurait même pas besoin de lois, tout se passerait très bien… Il considère que sa science surpasse l’autorité du code de la route, cette dernière étant faite pour les stupides. Nous le croisons tous les jours, nous sommes nous-mêmes parfois ce petit malin. Si on lui fait remarquer qu’il n’a pas à brûler de feu ni à circuler sur le trottoir (car très souvent il s’agit d’un cycliste bienpensant, quoique pour les limitations de vitesse ce soit plus souvent un camionneur ou quelqu’un qui conduit « la bagnole du patron »), il s’offusquera et nous considérera comme des réactionnaires doublés d’imbéciles maladroits. On devrait presque le remercier de se mettre en danger et les autres avec lui. Gardons-nous de jouer le rôle du petit malin qui, trop sûr de sa vigilance et de sa virtuosité, s’expose et expose les autres. Lorsque la loi est juste, il vaut bien mieux faire la bête, car qui veut faire l’ange fait la bête. »                               

Identité nationale?

  

  À la question « êtes-vous favorable ou opposé à ce que les enfants apprennent la Marseillaise à l’école? », 77 % des personnes interrogées (79 % des femmes, 75 % des hommes) ont répondu « favorable », 22 % y étant en revanche opposés. L’adhésion est plus sensible chez les plus de 65 ans (89 %) que chez les moins de 35 ans (67 %), souligne le sondage. La part des personnes favorables à l’apprentissage de la Marseillaise à l’école est par ailleurs plus importante chez les employés (83 %) et les ouvriers (74 %) que chez les cadres (64 %). Les sympathisants de droite sont plus nombreux à y être favorables (88 %) que les sympathisants de gauche (69 %).

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Si on s’en tient à ce sondage, sans doute représentatif de la société française dans sa diversité, la question de l’identité nationale ne semble pas vraiment se poser pour les français. 80% des personnes interrogées se sentent françaises. Il n’y aurait pas de troubles de l’identité dans la population. Alors pourquoi cette question et cette interrogation sur l’identité proposé par l’Etat ?

 

LES CAUSES

 

Pour les comprendre, on pourrait réfléchir sur les causes qui font qu’un individu peut s’interroger sur sa propre identité, une Nation étant finalement un grand individu, c’est-à-dire une totalité indivisible unique et distincte des autres nations.

Un individu s’interroge sur son identité quand il a un sentiment d‘éclatement, il n’a plus le sentiment de demeurer le même sous la diversité de ses états de conscience ou des personnages qu’il est amené à jouer. Il peut aussi s’interroger quand il a observé un changement profond en lui-même, on peut ici penser aux grandes périodes qui jalonnent l’histoire de la construction de soi ( la période du non des 2 ans, l’adolescence…) ou aux accidents de la vie qui changent ce qui servait de fondement à notre identité: permanence du corps, structure familale…. Une perte de conscience ou/et de mémoire pourrait être à l’origine de cette interrogation, cette inconscience ayant brisé  la continuité passé/présent qui donne le sentiment de demeurer le même. Là ce sont les autres qui m’assurent que je suis encore moi. On peut enfin penser qu’on revient sur notre identité quand celle-ci n’est pas reconnue et par là menacée, quand l’autre ne nous reconnaît pas dans notre particularité ce qui nous empêche d’accéder à la confiance en soi, au respect de soi et à l’estime de soi. On s’interroge aussi sur son identité, sur ce qui est quand manisfestement le futur n’est plus le cadre d’une réalisation.  » L’identité, c’est la redondance, la fuite malsaine dans le passé, l’incapacité à construire le présent », comme le dit Anne Sauvenargues, maître de conférence en lettres et sciences humaines.

En ce qui concerne la Nation française, on pourrait retrouver les mêmes raisons de s’interroger, c’est en tout cas ce que s’efforce de souligner le premier Ministre, François Fillon dans son discours, dont voilà quelques extraits:

 « Devant l’étiolement des vertus civiques, devant la résurgence des communautarismes et la puissance des flux migratoires, devant cette forme de repentance qui voyait les pages sombres de notre Histoire prendre systématiquement le pas sur ses pages les plus lumineuses, il fallait réagir. Refuser ce débat et stigmatiser l’idée même que notre peuple puisse avoir une identité singulière, c’est laisser le champ libre aux extrémistes, eux dont le succès repose notamment sur la prétendue faiblesse de notre sentiment national. C’est aussi baisser notre garde devant tous ceux, nihilistes ou intégristes, qui contestent l’autorité et la laïcité de la République. Je ressens honte et colère lorsque je vois la Marseillaise sifflée par des supporters, tout comme je suis scandalisé de voir les émeutiers, à Poitiers, détruire les biens publics. Je suis également inquiet devant l’expression radicale des appartenances ethniques ou religieuses. Tous ces comportements sont les signes d’une société qui a besoin de raffermir ses repères historiques, civiques et moraux. Débattre de notre identité et agir pour la renforcer, c’est revitaliser notre pacte national, c’est retisser notre socle social et redresser nos idéaux républicains. Nous sommes les héritiers d’une Histoire exceptionnelle dont nous n’avons pas à rougir. Nous sommes les dépositaires d’une culture brillante, dont le rayonnement international doit être fermement défendu. Nous avons nos mœurs et un certain art de vivre dont les observateurs étrangers perçoivent, souvent mieux que nous-même, la singularité. Dans la mondialisation, c’est le pluralisme et la richesse des patries, des langues et des héritages qui déjouent l’unilatéralisme des Etats les plus puissants et la standardisation appauvrissante qui guette notre humanité. Pour relever les immenses défis de notre temps, les 65 millions de Français doivent faire bloc. Mais pour faire bloc, encore faut-il être convaincu que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise. Un peuple uni et fier de ses racines, est un peuple ouvert et généreux. En revanche, le poison xénophobe s’insinue dans le cœur des hommes dès lors que l’âme fédératrice de la nation est desséchée et brisée. A l’origine, cette identité ne fut ni spontanée, ni même le fruit d’une géographie évidente. Notre nation n’a jamais cessé de se bâtir, de s’agrandir, de s’unifier, fédérant des provinces rebelles, refoulant  nos patois, embrassant des religions aux cultes distincts, recevant des vagues d’immigrants aux cultures dissonantes. Par la force de l’Etat, par la communion de la langue et la marque du droit, par le prix du sang et par la flamme de la mémoire et des mythes, sous le sceau enfin d’une République démocratique et laïque, l’identité française s’est faite pas à pas. C’est cette longue trajectoire avec nous-mêmes que nous devons prolonger et actualiser. Elle n’est pas, et n’a jamais été, l’expression d’une race, pas plus qu’elle ne fut et ne doit être une juxtaposition de communautés repliées sur elles-mêmes. De Hugues Capet à Henry IV, de Richelieu à Georges Clemenceau, la sédimentation progressive de notre creuset national et notre ferme volonté politique d’unir nos différences se sont imposées sur nos particularismes et nos vieux penchants pour la division.
Transcendant nos provinces, nos origines et nos religions, nous sommes depuis le début, une nation fondée sur la volonté d’être précisément… une nation ! Et depuis 1789, nous sommes une nation de citoyens, ce qui, au demeurant, nous impose plus de devoirs que de droits, plus de civisme que d’égoïsme, plus de volonté que d’indifférence. Il est impossible de s’intégrer s’il n’y a rien à intégrer ! Etre Français, vouloir devenir Français, vivre parmi nous, ça n’est pas seulement disposer d’une pièce d’identité et avoir ses papiers en règles. Etre Français, c’est une chance mais c’est aussi une charge. »

Donc si on en croit ce discours, l’identité française serait chancelante, il y aurait un déclin français :

1) à cause d’un changement de visage ( la diversité serait devenue une division avec le repli communautaire, un non-respect des signes traditionnels de l’identité: drapeau, hymne.., une population de plus différente)

2) à cause d’un changement de rapport au passé ( on ne se reconnaîtrait plus dans un passé commun et revendiqué, assurant la continuité dans le temps)

3) à cause d’une reconnaissance insuffisante ou en danger : la menace semble être aussi bien intérieure ( extrémisme, communautarisme, nihilisme, multiculturalisme à l’américaine, racisme, honte d’être français..) qu’extérieure ( mondialisation et uniformisation, ou même européinisation?).

 

 

LES DANGERS

 

Ils apparaissent comme étant nombreux:

– d’abord confondre identité et appartenance comme le souligne Marcel Gauchet : « dites a est a, je suis je, et voilà l’identité; et vous dites a appartient à telle collection et voilà l’appartenance ». Le risque est alors de se condamner à la persécution, de générer de l’exclusion et de conduire au nationalisme et au racisme, puisqu’on réduit les individus à des appartenances: il est ceci , cela, alors qu’un individu est la somme changeante de ses appartenances.

– ensuite si on réaffirme son identité parce qu’elle est menacée, si on retourne le stigmate discriminatoire en un élément revendiqué et une fierté, c’est pour affirmer sa différence, la radicaliser. Et dans ce cas on peut tomber dans un nationalisme exacerbé ( machine à exclusion) où  on ne se définit plus  dans une opposition à…, contre… que par….. »Je te hais donc je suis »

– il y a aussi un risque de réduire la Nation ( telle qu’on l’aura définie) à une communauté ( français de souche, chrétiens, etc..) d’où une nouvelle forme de communautarisme

« Ce qui survient dès lors que l’on ne pense plus la nation comme simple communauté civique (réunie autour de principes juridiques et politiques), mais aussi et de plus en plus comme communauté française de langue et de traditions. Une communauté présentée comme lestée de valeurs irréductibles à celles de toute autre communauté. Dans ce cas, une forme de communautarisme guette le nationalisme républicain, parce que la fidélité à l’identité nationale en vient à prendre le pas sur le respect des droits et des devoirs impliqués par l’appartenance à l’humanité comme telle » selon Alain Renaut, philosophe.

 

LES DIFFICULTES

 

En admettant que réfléchir sur l’identité nationale soit une nécessité, il s’agit là d’une entreprise périlleuse, on risque évidemment de tomber dans des caricatures, des clichés ou des considérations que l’on pourrait prêter à tout homme comme le souligne le clip de la Chanson du dimanche et son texte.

 http://www.dailymotion.com/video/xb2mv1 

Être honnête et courageux
C’est être Français
Être sage et généreux
C’est être Français

Être fier de son drapeau
C’est être Français
Aimer sa couleur de peau
C’est être Français

Aimer les Châteaux de France
C’est être Français
Et travailler le dimanche
C’est être Français

Fermer sa gueule ou s’en aller
C’est être Français
Ne pas savoir parler anglais
C’est être Français

Boire un verre entre copains
C’est être Français
Aimer sa femme au quotidien
C’est être Français

Se remémorer la chute du mur de Berlin
En allant chercher son pain
C’est être Français

Manger plein de spaghetti
C’est être Italien
Être obèse et en T-shirt
C’est être ricain
Être saoul comme un cochon
C’est être breton
Avoir du poil sur le torse
C’est ça être Corse

 

Selon Jean-Claude Kaufmann, Sociologue, directeur de recherche au CNRS, auteur de  L’Invention de soi, une théorie de l’identité, il y  a déjà 3 croyances erronées sur lesquelles s’appuie cette réflexion   :

« – La première est de croire que l’identité renvoie à l’histoire, à notre mémoire, à nos racines. En fait, c’est exactement le contraire. L’emploi inflationniste du terme ne date que d’un demi-siècle : avant (sauf pour l’administration), il était rarement question d’identité. Parce que justement l’individu faisait bloc avec son histoire et était défini par les cadres institutionnels qui le portaient.

– la deuxième c’est croire qu’il y a des critères objectifs : Je reconnais qu’il est difficile de comprendre que l’identité est du côté de la subjectivité et de la production de sens et non de celui des  » racines « . confondre l’identification administrative et la production du sens de sa vie. Les deux processus, qui emploient le même mot  » identité « , s’ opposent : « ‘L’identification conduite par l’Etat consiste à repérer, ficher, classer des individus, en se fondant sur leur biologie ou la matérialité objective de leur histoire. C’est d’ailleurs pourquoi l’Etat est toujours très mal placé pour parler d’identité, car il n’a que cette vision étroite. La production de sens, au contraire, travaille avec ces éléments hérités, mais en les reformulant sans cesse. D’autant plus fortement que nous n’avons pas une seule histoire mais mille, enchevêtrées et contradictoires. C’est nous qui choisissons une part de notre passé ou une appartenance pour faire sens à un moment donné.

– La troisième erreur est de croire que l’identité pourrait être quelque chose de fixe et de stable. Toute identité se construit par une fixation et une réduction provisoires. Cela est nécessaire pour créer une totalité significative claire, voire simpliste, qui seule autorise l’action. Mais ces fixations ne durent qu’un instant et sont extraordinairement changeantes. Le processus identitaire en lui-même se caractérise au contraire par son ouverture et ses variations permanentes, ancrées dans le présent et dressant des scénarios d’avenir. »

 

En disant cela, le sociologue rejette déjà comme simple croyance, comme erreur une certaine conception de l’identité ( celle du droit du sang, du déterminisme, du passé d’un Barrès, d’un Mauras), en ce sens il se positionne pour une certaine conception de l’identité.

Il rejette aussi à travers l’idée de critères objectifs, l’idée d’une sorte de KIT IDENTITAIRE pourtant standardisé de manière transnationale. Les éléments du kit sont: une histoire multiséculaire, des ancêtres fondateurs, des héros, un folklore, une langue, une gastronomie… tout cela faisant en quelque sorte « l’âme d’un peuple », son « génie ».

Il rejette aussi l’idée que l’identité puisse se réduire à une définition juridique, civique . C’est ce qu’on retrouve aussi sous la plume de Dominique Schnapper dans  Qu’est-ce que la citoyenneté ? (2000) : « La Nation n’est pas en effet purement « civique ». Toute nation est à la fois civique et ethnique. Il faut sortir de la traditionnelle opposition que les historiens et les penseurs ont faite entre la « nation ethnique » (le Volk allemand) et la « nation civique » (la nation politique française) à la suite des conflits entre nationalismes du siècle passé. Cette opposition est historique et idéologique. Mais dans la réalité, toute nation démocratique est, de fait, à la fois « ethnique » et « civique ». Toute société démocratique organisée comporte de manière indissoluble des éléments dits ethniques, une culture, une langue, une histoire commune, et la conscience de partager cette culture et cette mémoire, et un principe civique, selon lequel les individus sont également citoyens par-delà leurs diversités et leursinégalités. ».

Mais enfin, le sociologue semble indiquer qu’il est impossible de définir à un moment donné l’identité d’une Nation, celle-ci étant en changement. On pourrait ici faire à nouveau le parallèle avec l’individu, il se définit au fur et à mesure de son existence, de sa vie, par son passé mais aussi ses projets.

On se rend compte alors que toute définition de l’identité repose sur la croyance qu’elle est et peut-être cernée, mais aussi sur une certaine conception de ce qui fait l’identité d’une nation. C’est donc adhérer à un modèle.

 

 

Les grands modèles

 

 Il y a en somme  4  modèles essentialistes ou existentialistes! L’essece précède l’existence ou l’existence précède l’essence?

 1. un modèle issu de le Terre, le droit du sol et même du sang (essentialiste).

 2. un modèle issu d’un ciel de Valeurs, de principes ( sacrés pour lesquels il peut y avoir sacrilèges et sacrifices) et  d’une culture hérités ou voulues (essentialiste et existentialiste): «Plutôt que par des symboles, plaide Alain Finkielkraut, l’amour de la France s’acquiert par la familiarité avec la langue portée par la littérature française. L’amour de la France n’est pas un but, il est une conséquence possible de la connaissance de la civilisation française.»

 3. un modèle issu du passé, « les vivants sont toujours gouvernés par les morts » comme le disait Auguste Comte (essentialiste)

 4. un modèle tendu vers l’avenir: désir de vivre ensemble, de continuer une vie commune plutôt que de simplement perpétuer un passé, ce qui confirme l’idée du contrat social, « l’existence d’une nation est une définition volontariste » (existentialiste).   C’est un projet politique qui nous unit.

 

Ce qu’on trouvait chez Ernst Renan dès 1882, dans  Qu’est-ce qu’une nation ?

« Nous venons de voir ce qui ne suffit pas à créer un tel principe spirituel : la race, la langue, les intérêts, l’affinité religieuse, la géographie, les nécessités militaires. Que faut-il donc en plus ?(…)Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une,constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent.L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans la passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet. Le chant spartiate : «Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes» est dans sa simplicité l’hymne abrégé de toute patrie. Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l’avenir un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; voilà ce que l’on comprend malgré les diversités de race et de langue. Je disais tout à l’heure : «avoir souffert ensemble» ; oui, la souffrance en commun unit plus que la joie. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort en commun. »

 

Ernst Renan  » L’existence d’une nation est (…) un plébiscite de tous les jours comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie. « 

 

AUTRES PISTES 

  • Au fil du temps, cette  » identité démocratique «  n’a cessé de s’enrichir : sous le Front populaire, avec les lois sur les congés payés ; à la Libération, quand les femmes ont obtenu le droit de vote et que la Sécurité sociale a été créée ; en 1981, avec l’abolition de la peine de mort… L’existence de ce  » patrimoine commun de droits et de libertés « , dont la liste est par définition ouverte, constitue ce que Vincent Duclert appelle donc l’identité démocratique de la France – expression qu’il préfère à celle d’ identité nationale, dans la mesure où elle met l’accent sur un  » projet politique «  en devenir plutôt que sur une  » définition essentialiste «  fixée une fois pour toutes. La combinaison d’un héritage commun et d’une espérance partagée, une définition reposant paradoxalement sur le refus d’une définition trop précise…

 

  • ce qui définit l’identité, c’est la langue. C’était ce qui était au coeur du projet de Jules Ferry sous la IIIème république (1881;1882), faire du français, la langue de la Nation par de là les patois. La langue française, c’est une manière de penser, des mots chargés d’un sens construit au fur et à mesure de l’histoire, un héritage mais aussi ce qui est le reflet d’une diversité, que la langue peut intégré sans pour autant se perdre. René Rémond, qui vient de quitter la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques, « l’identité n’est pas un musée, ni un conservatoire. La France a une capacité à créer et à innover. À condition de ne pas toucher aux principes généraux, son identité nationale est appelée à se développer. »René Rémond établit dans le même sens un parallèle avec l’évolution de la langue : « À la commission du dictionnaire de l’Académie française, dont je suis membre, l’on introduit quantité de nouveaux mots empruntés à des langues étrangères. Ils enrichissent le français, mais n’affectent pas sa syntaxe, qui modèle la structure de l’esprit. ». Dans ce cas, la nation française ne s’arrête pas aux frontières de la France.

 

  • On peut aussi penser que, de la même manière que nous ne sommes pas les mieux placés pour nous connaître et nous reconnaître, la nation n’est peut-être pas la mieux placée pour se définir. Vincent Cespédes dans un article de Libération, invite à se rappeler cette phrase de Nathalie Sarraute, française juive d’origine russe : « vue de l’intérieur, l’identité n’est rien ».

 

  • Enfin, on pourrait se demander si c’est au pouvoir politique de décider de cette définition de l’identité qui relève en en grande partie de la subjectivité d’un peuple et des individus. C’est d’ailleur ce qui distingue l’Etat de la Nation. Si toute société n’est pas nécessairement doté d’un Etat ( institution permanente séparée de la société civile au pouvoir transcendant et coercitif ayant pour mission de faire se tenir debout la société) et n’est pas un Etat ( communauté juridique), une nation n’est pas forcèment un Etat, ( ex: la nation Tzigane) et l’Etat n’est pas encore une nation, tout Etat n’est pas un Etat-Nation.

 On peut dire que sans la Nation, l’État demeurerait une tête sans corps, ou une belle âme, une volonté sans affectivité ou encore un corps sans âme. C’est pourquoi chez Rousseau le pacte d’association doit précéder le pacte de soumission ( contrat social) car la soumission d’individus épars ne saurait constituer une unité.

« La nation est une communauté de rêve » disait Malraux, la nation renvoie donc à une dimension morale, subjective ( venant des sujets). 

On pourrait se dire qu’en faisant de la question de l’identité une question étatique et juridique, on est dans une confusion des ordres. 

« Connais-toi toi-même »

1.  » Quel est le sens, quel est l’auteur du précepte sacré qui est inscrit sur le temple d’Apollon, et qui dit à celui qui vient implorer le Dieu : Connais-toi toi-même? Il signifie, ce semble, que l’homme qui s’ignore lui-même ne saurait rendre au Dieu des hommages convenables ni en obtenir ce qu’il implore. Soit que ce précepte, si utile pour l’homme dans toutes les circonstances de la vie, ait pour auteur Phémonoé , qui passe pour avoir transmis la première aux hommes les oracles d’Apollon, ou Phanothéa, fille de Delphus; soit que Bias, ou Thalès, ou Chilon l’ait Inscrit sur le temple, par suite d’une inspiration divine; soit que Chilon, comme le prétend Cléarque, ayant demandé à Apollon ce qu’il était le plus utile aux hommes d’apprendre, en ait reçu pour réponse « Connais- toi toi-même »; soit que ce précepte ait été inscrit sur le temple avant l’époque de Chilon, comme le dit Aristote dans ses livres sur la philosophie; dans tous les cas, quelle que soit l’opinion qu’on ait sur l’origine de ce précepte, il faut admettre que,  puisqu’il est inscrit sur le temple de Delphes, il a été ou dit ou inspiré par le Dieu. Il nous reste donc à examiner ce qu’il signifie, et ce qu’au nom d’Apollon il nous prescrit de faire avant de nous purifier par l’eau lustrale. »

2.  » Peut-être le précepte « Connais-toi toi-même » équivaut-il à Sois tempérant, c’est-à-dire Conserve la sagesse : car la tempérance est une espèce de conservation de la sagesse . En ce cas, Apollon parlerait de la sagesse et de la cause de la sagesse en nous prescrivant de nous conserver nous-mêmes. Si telle est la pensée du Dieu, il nous faut connaître quelle est notre essence.—D’autres philosophes, qui admettent que l’homme est un petit monde, disent que le précepte d’Apollon commande sans doute de se connaître soi- même, mais que, l’homme étant un petit monde, la prescription de se connaître soi-même équivaut à celle de se livrer à l’étude de la philosophie. Si donc nous voulons nous livrer à l’étude de la philosophie sans nous égarer, appliquons-nous à nous connaître nous-mêmes, et nous arriverons à la droite philosophie en nous élevant de la conception de nous-mêmes à la contemplation de l’univers. — Sans doute on a raison de dire que nous concluons de ce qui est en nous à tout ce qui est hors de nous, et qu’après nous être cherchés et nous être trouvés nous-mêmes, nous passons facilement à la contemplation de l’univers ; peut-être cependant Apollon nous ordonne-t-il de nous étudier nous-mêmes moins pour arriver à posséder la philosophie que pour atteindre un but plus relevé, en vue duquel nous étudions la philosophie elle-même. En effet, si nous nous appliquons à la philosophie, c’est parce que nous avons de l’inclinaison pour la sagesse et que nous aimons la spéculation. Or, le zèle que nous mettons à accomplir le précepte Connais-toi toi-même nous conduit au véritable bonheur, qui a pour conditions l’amour de la sagesse, la contemplation du Bien, laquelle est le fruit de la sagesse, et la connaissance des êtres véritables. Dans ce cas, le Dieu nous ordonne de nous connaître nous-mêmes, non pour nous livrer à l’étude de la philosophie, mais pour arriver au bonheur par l’acquisition de la sagesse. En effet, trouver notre essence réelle, la connaître véritablement, c’est acquérir la sagesse ; or, le propre de la sagesse est d’avoir la science véritable de l’essence réelle des choses, et la possession de la sagesse conduit au véritable bonheur. »

3. « Comme en descendant ici-bas nous revêtons l’homme extérieur, et que nous tombons dans l’erreur de croire que ce qu’on voit de nous est nous-mêmes, le précepte Connais-toi toi-même est fort propre à nous faire connaître quelles facultés constituent notre essence. Platon, en mentionnant dans le Philèbe le précepte Connais-toi toi-même, distingue trois espèces d’ignorance à cet égard. L’ignorance de soi-même est donc un mal sous tous les rapports, soit qu’ignorant la grandeur et la dignité de l’homme intérieur, on rabaisse ce divin principe, soit qu’ignorant la bassesse naturelle de l’homme extérieur on ait le tort de s’en glorifier. C’est qu’alors on ne sait pas que la nature se joue de toute chose mortelle,

« Comme, sur les bords de la mer, un enfant
Qui a, de ses mains délicates, élové des édifices de sable
Les pousse ensuite du pied et les confond en se jouant . »

 Homère, Iliade, XV

Ainsi, quiconque, par ignorance de soi-même, exalte son extérieur glorifie plus qu’elle ne le veut la nature qui l’a formé : car il admire comme des chefs-d’œuvre des choses que la nature fait en se jouant, tandis que celle-ci parait estimer chacune de ces choses à sa véritable valeur et ne partage pas l’erreur de ceux qui exaltent ses dons outre mesure. Le précepte Connais-toi toi-même s’applique donc à l’appréciation de toutes nos facultés, puisqu’il nous commande de connaître la mesure de chaque chose. Ce précepte semble signifier qu’il faut connaître notre âme et notre intelligence, parce qu’elles constituent notre essence. Enfin, nous connaître parfaitement nous-mêmes, c’est tout à la fois nous connaître nous-mêmes [c’est-à-dire notre âme], connaître ce qui est nôtre [c’est-à-dire notre corps] et ce qui se rapporte à ce qui est nôtre.

 Platon a raison de nous recommander dans le Philèbe de nous séparer de tout ce qui nous entoure et nous est étranger, afin de nous connaître nous-mêmes à fond, de savoir ce qu’est l’homme immortel et ce qu’est l’homme extérieur, image du premier, et ce qui appartient à chacun d’eux. A l’homme intérieur appartient l’intelligence parfaite; elle constitue l’homme même, dont chacun de nous est l’innée. A l’homme extérieur appartient le corps avec les biens qui le concernent. Il faut savoir quelles sont les facultés propres à chacun de ces deux hommes et quels soins il convient d’accorder à chacun d’eux, pour ne pas préférer la partie mortelle et terrestre à la partie immortelle, et devenir ainsi un objet de pitié et de risée dans la tragédie et la comédie de cette vie insensée, enfin pour ne pas prêter à la partie immortelle la bassesse de la partie mortelle et devenir misérables et injustes par ignorance de ce que nous devons à chacune de ces deux parties . »

  


 

 

 

  Ces trois fragments de Porphyre, philosophe néoplatonicien, disciple de Plotin, sont extraits du Florilegium de Stobée, tit. xxi, § 26, 27, 28, éd. Gaisford.

Tableau: René Magritte, La reproduction interdite, 1937

Sur Galilée

Un documentaire:

http://www.dailymotion.com/video/x1628j http://www.dailymotion.com/video/x8ip4a http://www.dailymotion.com/video/x162yl

ainsi que le film réalisé par J.D Verhaeghe en 2005 sur le procès de Galilée, intitulé Galilée ou l’amour de Dieu:

Ce n’est pas un film d’action, c’est une évidence… Ni un film de grands espaces… Ni cascade, ni vue panoramique!C’est un huis-clos qui prend le temps de la démonstration, de souligner les liens entre la science et la religion!Un film qui relate ce procès de 1633 que Galilée s’est vu imposé par l’Inquisition à cause de son livre Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Ce livre rédigé à la demande du Pape met en scène la thèse géocentriste ( selon laquelle la Terre serait le centre de l’univers et donc l’homme le centre de la Création divine) incarnée par l’aristotélicien Simplicio et la thése  héliocentriste ( selon laquelle la Terre tourne autour du soleil), thèse de Copernic, incarnée là par Salviati. Ce dialogue est orchestré par un troisième personnage Salviati! Selon l’Inquisition, Galilée n’expose pas de manière neutre les deux théories et prend fait et cause pour la théorie de l’hérétique polonais Copernic. Bien que pensant effectivement que celle-ci est vraie ( l’ayant vérifié avec sa lunette astronomique, dont il est l’inventeur en 1609), Galilée ne l’a jamais enseigné comme telle et se défend d’avoir pris partie dans son dialogue pour l’une ou l’autre.Ce film retrace le procès de Galilée et les différents arguments en faveur de cette « hypothèse » que Galilée avoue, ici, trouver « élégante », surtout plus élégante que celle d’Aristote et de l’Eglise, car plus cohérente avec l’idée d’un ordre de la nature, qui, créée par Dieu, ne peut l’avoir été sans ordre, ni dessein intelligent et donc intelligible. La science ne s’oppose pas avec la religion, avec l’idée d’un Dieu créateur;  simplement, elle croit que si Dieu est, si la Nature est sa création, « Dieu ne joue pas aux dés » comme le redira Einstein!Donc un film un peu lent mais trés intéressant dans lequel vous pourrez aussi puiser des exemples permettant de montrer que l’expérience en science a ses limites et ses conditions tout comme la vérification des hypothèses théoriques! Ou grâce auquel vous pourrez peut-être mieux comprendre le concept d' »obstacle épistémologique » de Bachelard! Donc trés utile et éclairant!! NB: cela permet aussi de ne pas dire n’importe quoi sur l’issue du procès, sur la vie de Galilée que l’on tient pour un des pères de la science moderne!!

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La religion

Cliquez et regardez :

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/philosophie/2912808.html

Et aussi le bonus sur la séparation entre religion et Etat, sur la laïcité :

 http://www.arte.tv/fr/Videos-sur-ARTE-TV/2151166,CmC=2912670.html

 

En complément le film sur Averroès Le destin de Youssef Chahine en 1997:

Né à Cordoue en Espagne en 1126, Averroès est initié très tôt par son père, cadi (juge) de la ville, à la jurisprudence et à la théologie. Il étudie ensuite la physique, la médecine, l’astrologie, la philosophie et les mathématiques. Sa vie mouvementée se partage alors entre Cordoue, Marrakech et Fès. Magistrat influent, il réforme l’administration de la justice à Marrakech. Il devient le médecin attitré de princes influents et échappe ainsi, grâce à sa fonction, aux ennuis que lui valent ses partis pris philosophiques. Il rédige un traité de médecine (Colliget , en latin), qui lui apporte la notoriété. Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre. Il consacre toute sa vie à l’oeuvre du philosophe grec. Il cherche à en retrouver le sens originel en la débarrassant de toutes les interprétations faites jusque-là. Il se l’approprie avec assez de pénétration et de puissance pour construire un système qui porte sa marque personnelle. C’est à la question de l’origine des êtres qu’il s’intéresse le plus. Selon lui, Aristote prétend que rien ne vient du néant et que ni la forme ni la matière ne sont créées. Le mouvement serait éternel et continu : c’est la doctrine de l’éternité de la matière. Il distingue en l’homme l’intellect passif et l’intellect actif. Celui-ci se situerait au-delà de l’individu : il lui serait supérieur, antérieur, extérieur car il serait immortel. L‘immortalité serait un attribut de l’espèce et non de l’individu. Cette distinction conduit Averroès à séparer radicalement raison et foi, les lumières de la Révélation n’étant accessibles qu’à l’intellect actif; Thomas d’Aquin, en revanche, cherchera à les réconcilier, fondant la théologie comme science rationnelle. Ces doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde chrétien et trouveront presque autant de disciples que d’opposants. La tendance à séparer la raison et la foi comme relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner les efforts de ceux qui voulaient au contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la foi révélée. Les principes d’Averroès considérés comme dangereux seront finalement condamnés par l’Église en 1240, puis en 1513. C’est dire l’influence considérable du philosophe arabe en Occident, notamment dans les écoles médiévales. Condamné en son temps par la religion musulmane qui lui reproche de déformer les préceptes de la foi, Averroès doit fuir, se cacher, vivre dans la clandestinité et la pauvreté, jusqu’à ce qu’il soit rappelé à Marrakech, où il meurt, réhabilité, en 1198.

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L’utopie

UTOPIE : « EU-TOPOS » ( lieu de bonheur) et  »A- TOPOS » ( qui n’existe nulle part) selon Thomas More (1480-1535)

     

   Palmanova, c’est la ville « utopique » imaginée par Tommaso Campanella, philosophe calabrais anti-aristotélicien né en 1558, pour son grand projet politique, la Cité du soleil ( 1593). Un livret, écrit en prison, qui décrit un île imaginaire ( situable vers Sumatra) au centre de laquelle se trouve une ville idéale, avec en son centre le Temple du Soleil, car les Solariens, même s’ils ont entendus parler du christianisme,  ont une religion naturelle, celle du Soleil.  Ce centre est entouré de murailles qui servent à la fois d’habitation et de fortification, dont les murs peints servent de pédagogie illustrée: il y a des figurations des connaissances scientifiques et techniques ainsi que  des grands hommes de l’histoire humaine. Dans cette cité, tout le monde travaille, tous les enfants vont à l’école, filles et garçons et il y a procréation eugénique assistée par les étoiles. C’est la polygamie complète mais sans érotisme. Ce sont les astrologues qui organisent les rencontres pour avoir les meilleurs individus. Pas de propriété privée même les enfants sont mis en commun, ce qui  supprime tout conflit de  propriété, dont la cause est précisèment est les enfants.

Extrait: « Maisons, chambres, lits, tout, en un mot, est commun entre eux. Tous les six mois, les magistrats désignent à chacun le cercle, la maison et la chambre qu’il doit occuper… Tous les arts mécaniques et spéculatifs sont communs aux deux sexes. Seulement les travaux qui exigent plus de vigueur et qui se font hors des murs sont exécutés par les hommes… A chaque nouvelle, ainsi qu’à chaque nouvelle lune, on rassemble, après uin sacrifice, le Conseil. Tous les individus au-dessus de vingt ans sont admis à donner leur avis sur l’état de la République, à faire valoir leurs plaintes contre les magistrats ou à leur accorder des éloges. Tous les huit jours, les magistrats se rassemblent; c’est-à-dire d’abord le Soleil, puis Sagesse, Puissance et Amour, qui ont chacun trois magistrats sous leurs ordres, chargés de la direction des arts dont ils ont la spécialité, ce qui fait douze magistrats. Puissance dirige tout ce qui concerne l’art militaire ; Sagesse ce qui regarde les sciences ; Amour s’occupe de la nourriture, des vêtements, de la génération et de l’éducation. »

Pour lui, astrologue, ce n’est pas une utopie mais une prophétie, ce qui va advenir. Après des troubles, on va arriver à un millénarisme ( mille ans de bonheur) prédit au chapitre 20 de l’Apocalypse. Cette Cité du soleil  sera cette terre du bonheur qui va concerner alors les chrétiens puis la terre entière.

Sa Cité du soleil est tout de même inspirée de la Cité idéale décrite par Platon dans la République, ainsi que de l’ile d’ Utopia de Thomas More (1516):  encore une île où l’économie  repose aussi sur la propriété collective des moyens de production et ajoute l’absence d’échanges marchands. Cette société, composée d’une cinquantaine de villes gérées de manière semblable, vit sans monnaie, et les échanges collectifs y prennent la place de l’accumulation privée qui cause en Angleterre les malheurs du peuple. On y travaille six heures par jour, pour se conscacrer le reste du temps, à laculture. La première mission du Sénat, qui compte trois députés par ville, est la statistique économique, permettant la péréquation des richesses entre villes. Utopie commerce intensivement avec l’étranger. Pacifiques et respectueux de la liberté religieuse, les Utopiens reconnaissent cependant, tous ou presque, un être suprême et l’immortalité de l’âme ; plusieurs embrassent la doctrine chrétienne que leur présentent leurs visiteurs. Fondée sur la volonté de “vivre selon la nature”, la morale publique d’Utopie est rigoureuse, condamnant la dissimulation, la chasse, les jeux de hasard, la polygamie et l’adultère puni d’esclavage; le divorce par consentement mutuel est possible.

 

Pour penser l’utopie, regardez: http://www.arte.tv/fr/recherche/2873454.html