sommaire de la quinzaine

PROGRAMME DES REJOUISSANCES 

Brève introduction  

Chapitre 1  l’élaboration du plan : les deux premières parties de la dissertation         

Chapitre 2  l’élaboration du plan (suite) : la 3ème partie de la dissertation. 1ère Option

(Cours : la culture)

Chapitre 3  l’élaboration du plan (suite) : la 3ème partie de la dissertation. 2ème Option                 

(Cours : la conscience et l’inconscient)

Chapitre 4  l’élaboration du plan (suite) : la 3ème partie de la dissertation. 3ème Option                 

(Cours : l’art)

Chapitre 5  la rédaction de l’introduction                 

(Cours : le désir et le bonheur)

Chapitre 6  la rédaction des transitions                 

 (Cours : l’Etat)

Chapitre 7  Pause

(Cours : la religion)

Chapitre 8  la rédaction du développement : mettre en bon ordre ses arguments                 

 (Cours : la justice) 

Chapitre 9  la rédaction du développement : faire bon usage des exemples et références                    

(Cours : le langage)

Chapitre 10  la rédaction de la conclusion                 

(Cours : l’histoire)

Chapitre 11  le choix du sujet : ne pas céder à la facilité                  

(Cours : le travail et la technique)

Chapitre 12  le choix du sujet : ne pas fuir devant l’apparente difficulté                   

(Cours : la science)

Chapitre 13  évaluations

Chapitre 14  épreuve de 4 heures

Chapitre 15  ultimes rappels et exercices

extrait du Banquet de Platon

Il s’agit du discours d’Aristophane et de son mythe de l’androgyne qui va vous permettre de comprendre ce qu’on appelle le désir comme »manque ontologique » et quel est le véritable objet du désir amoureux en particulier! :

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le désir (suite)

 Si cet extrait du Banquet de Platon ( dialogue trés arrosé sur Eros, le désir amoureux, fils de Pénia, la mendiante et de Poros, Dieu de la richesse) permet donc de comprendre  

– pourquoi on peut associer le désir à un manque ontologique qui est donc  un manque à être ou d’être

et

pourquoi on dit que ce que l’on recherche dans l’amour, c’est  ce qui pourrait nous compléter: notre moitié !

Ces deux films (moins sérieux) permettent eux de comprendre d’autres éléments sur le désir :

– « la cristallisation » dont parle Stendhal et le désir triangulaire pour Liberté Oléron

la difficulté de s’abandonner au désir et le fait que tout désir est désir d’être reconnu ( comme le montre la fameuse dialectique du maître et de l’esclave de Hegel pour Je me sens pas belle

( Marina Foïs y est excellente comme d’habitude!)

« le barbare, c’est celui qui croit à la barbarie »

Ces deux films historiques vous permettront de comprendre ce que veut dire par là Claude Lévi-strauss et ce qu’il entend par « ethnocentrisme »!

– ce film est la mise en image de cette fameuse contreverse, commandée par le Pape,  dont le sujet est le suivant: les indiens du Nouveau Monde ont-ils une âme?

Cette controverse oppose en 1550 à Valladolid, capitale de l’Espagne, le chanoine philosophe Sepulveda et le dominicain Las Casas, ardent protecteur des indiens.  De la décision prise va dépendre pour des siècles, le sort de dizaines de millions d’hommes…

celui-ci concerne le fait suivant: en 1870, un anthropologue écossais ramène en Europe deux pygmées qui deviendront des bêtes de foire. Il va alors s’acharner à prouver que ces indigènes sont des hommes à part entière et non des animaux destinés à faire sensation dans les zoos.

1870, ce n’est pas si loin de nous… mais 1931, date de la dernière exposition coloniale internationale de Paris, c’est hier!

[Les expositions coloniales furent organisées au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle dans les pays européens ( Première en France: 1906 à Marseille) Elles avaient pour but de montrer aux habitants de la Métropole les différentes facettes des colonies.Les expositions coloniales donnaient lieu à des reconstitutions spectaculaires des environnements naturels et des monuments d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie.
La mise en situation d’habitants des colonies, souvent déplacés de force, les fera plus tard qualifier de
zoos humains, en particulier dans l’ouvrage Zoos humains, ouvrage collectif sous la direction de Nicolas Blancel]

 Bande annonce: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18379286&cfilm=45649.html

A voir absolument !!

Des cultures, oui! Mais un homme sans culture, non!

 

Ce film de François Truffaut relate l’histoire vraie de Victor de l’Aveyron!

Victor de l’Aveyron est un enfant sauvage, qui serait né vers 1790 dans l’Aveyron.

Le 8 janvier 1800, un enfant nu, voûté, aux cheveux hirsutes, est débusqué par trois chasseurs. Il s’enfuit, sort des bois et se réfugie dans la maison du teinturier Vidal, à Saint-Sernin-sur-Rance. Il ne parle pas et fait des gestes désordonnés. Il est envoyé trois jours plus tard à Saint-Affrique puis à Rodez.

C’est un certain abbé Bonnaterre qui le récupère et l’emmène à l’École centrale. Le ministre Lucien Bonaparte réclame son transfert à Paris. Il arrive donc dans la capitale le 6 août 1800. Le voilà livré à la curiosité de la foule et des savants. Toutes sortes d’hypothèses, même les plus absurdes, ont été formulées à son sujet. En particulier on ne saura jamais si son retard mental était dû à son isolement ou si un handicap mental préalable avait conduit à son abandon vers l’âge de deux ans.

En 1801, Victor est confié au docteur Jean Itard. Personne ne croit à sa réinsertion sociale, mais Jean Itard s’attelle à la tâche. Il publiera un mémoire la même année et un rapport en 1806 sur ses travaux avec Victor de l’Aveyron. Pendant cinq années, il a travaillé avec cet enfant à sa réinsertion sociale, mais a considéré comme un échec personnel son incapacité – ou son refus ? – à parler.

Victor est confié à une certaine madame Guérin qui le soigne pendant 17 ans, de 1811 à sa mort en 1828, dans une maison de l’impasse Feuillantine.

En 1970, François Truffaut s’inspire de l’histoire pour réaliser un film, L’Enfant sauvage.

Lucien Malson publie les écrits du docteur Itard qui cherchait à humaniser le garçon. Il remarque les difficultés qu’il a eu à faire retrouver à l’enfant une sensibilité, des sentiments, une faculté de raisonnement, mais surtout à lui apprendre à communiquer. Itard se demande finalement s’il n’aurait pas mieux fallu le laisser dans la forêt.

Malson déclarera « L’homme à la naissance n’est qu’une espérance », « une nuée de possibilités »

et

il dira de ces enfants sauvages sans acculturation que ce ne sont ni des hommes ni des animaux,

donc des êtres inclassables

donc des « monstres ».

Vous hésitez encore à l’acquérir ! Stratégie de l’échec?

C’est ridicule et inattendu!

Car ce livre contient aussi des élèments précieux et précis comme un lexique des concepts essentiels (permettant de faire des nuances de sens et de construire à partir d’elles de bons plans! ) comme des fiches sur des références incontournables, dites « zooms » (permettant d’enrichir vos arguments et d’être plus convaincant!):

Index des définitions

Actuel/inactuel

Beau/joli/sublime

Bon/agréable

BonheurCulture

Démocratie/république

Démontrer/vérifier

Désir/envie/besoin

Fatalisme/déterminisme

Faut-il

Erreur/illusion/délire

Erreur/faute

Etat

Faire l’histoire/ faire de  l’histoire

Liberté

Machine/ outil

Nature

Penser

Peut-on

Phénomène/fait

Réel/réalité

Science

Technique

Travail

Utile/utilitaire

Vérité

Voir/percevoir

Vouloir/désirer

Index des zooms

Allégorie de la caverne (Platon)

Ame tripartite (Platon)

Condamnation de l’homme à la liberté (Sartre)

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » (Pascal)

Désir comme puissance (Spinoza)

Dialectique du maître et de l’esclave (Hegel)

Critiques de l’hypothèse de Freud (Popper, Sartre, Alain)

Fonctions du langage (Jakobson)

Histoire et ses prétentions scientifiques ( Schopenhauer)

Hypothèse de l’inconscient (Freud)

Hypothèse du voile d’ignorance (J. Rawls)  

Illusion de la liberté (Spinoza)

Impératif catégorique et la morale  (Kant)

Intérêt pour le passé (Nietzsche)

Liberté d’indifférence (Descartes)

Loi des 3 Etats  (Comte)

Mépris de l’art ou le philistinisme (Hannah Arendt)

Mythe de l’androgyne (Platon)

Paternalisme (Tocqueville)

Sagesse ou du bon usage désirs (Epicure)

Temps libre et temps de la liberté   

Voici enfin le détail des exercices proposés.

TOUS SONT SUIVIS D’UNE CORRECTION!

Index des exercices

n° 1 : trouver un mot d’articulation dans un sujet.

n°2 : utiliser ces différents outils (étymologie, analyses…)

n°3 : savoir hiérarchiser les nuances de sens repérées grâce à ces outils et trouver le « bon » mot d’articulation dans un sujet

n°4  savoir utiliser de manière progressive deux mots d’articulation dans un sujet

n°5: savoir utiliser le triple sens d’un mot d’articulation pour construire un III

n°6 repérer le(s) présupposé(s) d’une question du quotidien

n°7 repérer le(s) présupposé(s) d’un sujet de dissertation

n°8  savoir utiliser un présupposé pour un plan progressif et un III convaincant

n°9  savoir dégager les 3 axes d’une dissertation

n°10  être capable de rédiger chacun des 4 premiers temps de l’introduction 

n°11 être capable de réussir une introduction

n°12  être capable de passer d’une définition à une autre dans une transition

n°13  réussir les temps 1, 2 de la transition entre I et II

n°14  être capable de mettre en ordre des arguments

n°15  savoir choisir et exploiter ses exemples

n°16  parvenir à faire la synthèse d’une démarche en conclusion

n°17  parvenir à tirer parti d’un exemple ou d’une idée simple en élevant le débat

n°18 être capable de voir le lien entre un sujet et le programme

n°19  évaluations de fin de cycle

n°20 faire une dissertation en temps limité
 

Art contemporain ?!

                                                                       

  Si vous vous interrogez sur le statut de cette « oeuvre d’art » qu’est Fontaine de Marcel Duchamp

alors il vous faut lire deux ouvrages trés éclairants:

1.

L’adieu aux arts relate une affaire retentissante! Celle de L’oiseau dans l’espace du Sculpteur Brancusi!

Quand cette oeuvre débarque au port de New-york pour une exposition d’art moderne ( Marcel Duchamp est sur le quai!)Brancusi tombe face à un douanier dubitatif: est-ce de l’art ou du ….? , ou un objet manufacturé à taxer ?

Le douanier ne voyant pas d’oiseau va décréter que ce n’est pas une oeuvre d’art et va appliquer une taxe de 340 dollars à cet objet métallique.

Outré, Brancusi va porter plainte contre les Etats-unis!

Ce livre retrace ce procès, son cadre, ses conséquences et est l’occasion de prendre la mesure de ce que peut être l’art moderne!

2.

En lisant L’art à l’état gazeux, vous comprendrez pourquoi avec l’art contemporain et ses délires, l’art n’est peut être pas mort mais que ce qui est mort, c’est une certaine conception de l’art qui mettait au coeur de la démarche artistique

« l’objet d’art ».

Alexis de Tocqueville

  

                       

Un texte d’une étonnante modernité…
 

Tocqueville, un visionnaire qui nous invite à prendre conscience des dérives
de notre société pour éviter de sombrer dans ce despotisme annoncé!

EXTRAIT du Volume II:

 

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est a côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.Au-dessus de ceux-la s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple.

Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne. »

A découvrir d’urgence!

sujets texte – toutes les séries

Série L

Expliquer le texte suivant: 

Puisque la liberté exige que la réussite ne découle pas de la décision comme une conséquence, il faut que la réalisation puisse à chaque instant ne pas être, pour des raisons indépendantes du projet même et de sa précision ; ces raisons forment l’extériorité par rapport à tout projet et la liberté est la perpétuelle invention des moyens de tourner ces difficultés extérieures, mais il est bien entendu que la réussite doit être seulement possible, c’est-à-dire qu’il n’y a action que si les difficultés extérieures peuvent toujours être si élevées ou si neuves que l’invention humaine ne puisse pas les surmonter. Ainsi est-il toujours entendu à la fois que l’entreprise humaine a réussi à cause de la libre décision et de la libre inventivité qui a surmonté les obstacles et à la fois qu’elle a réussi parce que ce sont ces obstacles-là et non d’autres plus grands qui lui ont été imposés. Toute entreprise humaine réussit par hasard et en même temps réussit par l’initiative humaine. Si le tireur n’avait pas eu le soleil dans l’œil il m’atteignait, je manquais ma mission de reconnaissance. Il s’en est donc fallu d’un rayon de soleil, de la vitesse d’un nuage, etc. Mais, en même temps, mes précautions étaient prises pour éliminer tous les dangers prévisibles. En un mot les possibles se réalisent dans la probabilité. La liberté se meut dans la sphère du probable, entre la totale ignorance et la certitude ; et le probable vient au monde par l’homme.                                                                                  

 Sartre, Cahiers pour une morale 

Série ES

Expliquer le texte suivant:

Je regarde comme […] détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs. Suis-je en contradiction avec moi-même ?
Il existe une loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous les hommes. Cette loi, c’est la justice.
La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple.
Une nation est comme un jury chargé de représenter la société universelle et d’appliquer la justice, qui est sa loi. Le jury, qui représente la société, doit-il avoir plus de puissance que la société elle-même dont il applique les lois ?Quand donc je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander ; j’en appelle seulement de la souveraineté du peuple à la souveraineté du genre humain. […]Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu’on nomme la minorité ? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité ? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère ? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts ? Pour moi, je ne saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique

Série S

Expliquer le texte suivant:

Si la morale ne considère que l’action juste ou injuste, si tout son rôle est de tracer nettement, à quiconque a résolu de ne pas faire d’injustice, les bornes où se doit contenir son activité, il en est tout autrement de la théorie de l’État. La science de l’État, la science de la législation n’a en vue que la victime de l’injustice ; quant à l’auteur, elle n’en aurait cure, s’il n’était le corrélatif forcé de la victime ; l’acte injuste, pour elle; n’est que l’adversaire à l’encontre de qui elle déploie ses efforts ; c’est à ce titre qu’il devient son objectif. Si l’on pouvait concevoir une injustice commise qui n’eût pas pour corrélatif une injustice soufferte, l’État n’aurait logiquement pas à l’interdire. Aux yeux de la morale, l’objet à considérer, c’est la volonté, l’intention ; il n’y a pour elle que cela de réel ; selon elle, la volonté bien déterminée de commettre l’injustice, fût-elle arrêtée et mise à néant, si elle ne l’est que par une puissance extérieure, équivaut entièrement à (injustice consommée ; celui qui l’a conçue, la morale le condamne du haut de son tribunal comme un être injuste. Au contraire, l’État n’a nullement à se soucier de la volonté, ni le l’intention en elle-même ; il n’a affaire qu’au fait (soit accompli, soit tenté), et il le considère chez l’autre terme de la corrélation, chez la victime , pour lui donc il n’y a de réel que le fait, l’événement. Si parfois il s’enquiert de l’intention, du but, c’est uniquement pour expliquer la signification du fait. Aussi l’État ne nous interdit pas de nourrir contre un homme des projets incessants d’assassinat, d’empoisonnement, pourvu que la peur du glaive et de la roue nous retienne non moins incessamment et tout à fait sûrement de passer à l’exécution. L’État n’a pas non plus la folie prétention de détruire le penchant des gens à l’injustice, ni les pensées malfaisantes ; il se borne à placer, à côté de chaque tentation possible, propre à nous entraîner vers l’injustice, un motif plus fort encore, propre à nous en détourner ; et ce second motif, c’est un châtiment inévitable.

A. Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

Série STG

3èmesujet:

Lorsque, dans les matières qui se fondent sur l’expérience et le témoignage, nous bâtissons notre connaissance sur l’autorité d’autrui, nous ne nous rendons ainsi coupables d’aucun préjugé ; car, dans ce genre de choses, puisque nous ne pouvons faire nous-mêmes l’expérience de tout ni le comprendre par notre propre intelligence, il faut bien que l’autorité de la personne soit le fondement de nos jugements. – Mais lorsque nous faisons de l’autorité d’autrui le fondement de notre assentiment* à l’égard de connaissances rationnelles, alors nous admettons ces connaissances comme simple préjugé. Car c’est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles ; il ne s’agit pas alors de demander: qui a dit cela? mais bien qu’a-t-il dit? Peu importe si une connaissance a une noble origine ; le penchant à suivre l’autorité des grands hommes n’en est pas moins très répandu tant à cause de la faiblesse des lumières personnelles que par désir d’imiter ce qui nous est présenté comme grand.

Kant 

* donner son assentiment: approuver et tenir pour vrai.

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1.a) Le texte est construit à partir d’une distinction. A quelle thèse conduit-elle?

b) Analysez les étapes de l’argumentation.

2. Expliquez

a) «nous ne nous rendons ainsi coupables d’aucun préjugé» et «alors nous admettons
ces connaissances comme simple préjugé».

b) «c’est de façon anonyme que valent les vérités rationnelles»

3. Quand on cherche la vérité, faut-il rejeter l’autorité d’autrui ?