Hannah Arendt

 Ce livre est passionnant car il fait d’abord dans la prologue une analyse trés inattendue des deux évènements majeurs du XXeme siècle qui sont, pour elle, la conquête spatiale et le début de l’automatisation dans le travail, qu’elle interpréte comme trés inquiétants…

 Je vous laisse découvrir pourquoi!

Elle y fait aussi une analyse trés pertinente des 3 aspects de la vie active que sont le travail, l’oeuvre et l’action politique…

Un ouvrage lisible, bien écrit et trés utile pour les sujets sur le travail et l’art en particulier!

Corrigés 2008 – plan possible

Série ES

Peut-on désirer sans  souffrir ?

Selon Montaigne dans ses Essais , « le désir et la jouissance nous mettent pareillement en peine ». Le désir étant l’appétit avec conscience de lui-même, c’est-à-dire le fait de tendre vers ce que l’on n’a pas ou n’est pas dont la possession ou la réalisation est pensée comme source de satisfaction, on comprend alors que la conscience de cette incomplétude puisse affecter , inquiéter  l’âme et la toumenter d’où  un sentiment de peine , donc la faire souffrir. Et, c’est d’ailleurs pour dissiper ce trouble , ce tourment que l’on désire , c’est-à-dire qu’on fait effort vers une chose, un sujet ou un état, même si cet effort présuppose un obstacle et qu’on se donne de la peine. On sait aussi que cet effort peut être vain, tout désir n’est pas satisfaisable  et que pour échapper à la peine par la peine, on risque de finir dans la peine. Mais , il semble que le jeu en vaille la chandelle, car le désir peut aussi être satisfait et l’action de désirer récompensé par le plaisir de la satisfaction. Mais si comme le suggère Montaigne, la satisfaction est encore souffrance, on peut se poser la question :  désirer est-ce nécessairement souffrir ?

Autrement dit , la souffrance n’est-elle pas co-substantielle du désir ? est-elle pour autant la conséquence inévitable du désir ? et  une souffrance voulue est-elle encore une souffrance ?

I.Le désir , comme conscience malheureuse du manque.

       Le fait de désirer est une action qui a pour cause la conscience d’un manque. Ce manque est le signe de la précarité de l’existence ( nécessité de satisfaire des besoins toujours renaissants , en tant qu’être vivant)  et de notre finitude . C’est un manque ontologique , un manque à être ( mortalité) et d’achèvement (imparfait) . La conscience de ce manque est souffrance parce que :

      1)  en même temps nous avons l’idée de perfection et visons cette perfection, cette complétude et

2) cette finitude nous ne l’avons pas choisie comme nous n’avons pas choisi de la savoir et de chercher à la dépasser.

      DC désirer répond de différentes manières à cette conscience en souffrance car troublée et affectée (elle subit :la souffrance est en ce sens passion) : à travers le désir, on se sent exister, on cherche la reconnaissance de l’autre pour exister par lui (Hegel),  on comble le manque d’être par l’avoir, on se divertit (Pascal), on tend vers ce que l’on n’a pas ou n’est pas . Donc l’objet du désir c’est l’Autre.

      MAIS je ne peux pas être satisfait car finalement je ne trouve que le Même et  Moi. En effet, les objets et sujets sont eux aussi précaires, imparfaits et finis ; si je viens à les posséder, ils deviennent miens et je nie leur altérité ; le désir me met vite face à mes propres limites qui définissent possible et impossible ( je ne saurais jamais tout, je ne serais jamais immortel,  par exemple) . DC le désir me place face à mon impossible complétude, plénitude d’où insatiabilité du désir et souffrance . Finalement c’est  mon espoir qui fait mon désespoir.

  ( La présence du désir comme signe de misère, la misère comme cause du désir, le désir comme manque ( Platon, Schopenhauer)Qu’on entende misère comme pauvreté (indigence ,dénuement) , comme souffrance (tristesse, détresse psychologique) , comme dérisoire ( une salaire de misère par ex.) , il peut sembler que le désir est bien la marque , au sens de signe, (de quelque chose qui en  représente une autre,qui vaut pour,  qui renvoie à, comme un mot renvoie à un référent dans la réalité)  de la misère de l’homme. -Si on envisage la misère comme pauvreté, on peut penser à la fois à l’inadaptation originelle de l’homme dans la nature) et à ses manques, et le désir est alors signe de ce dénuement. C’est parce que l’homme est un être prométhéen, devant par lui-même répondre à ses besoins, qu’il s’est arraché à la nature, qu’il est libre, perfectible et qu’il aspire à d’autres choses que la simple satisfaction instinctive des besoins, qu’il est un être de désirs. Son dénuement originel explique qu’il peut être un être de désirs. De plus , le désir est il est conscience d’un manque, représentation imaginaire d’une future possession agréable pour l’instant absente, dont on manque et plus fondamentalement ,on peut le rapporter à un manque ontologique, à être ( mythe d’Aristophane dans Le Banquet de Platon.) On désire parce qu’on se sent incomplet, non plein : désir de l’autre moitié, manque de Dieu ( « misère de l’homme sans Dieu), …-si on envisage la misère comme dérisoire, comme le néant de la condition humaine, de notre  «  condition faible et mortelle » comme le disait Pascal, on peut aussi montrer que le désir semble en être un signe. Le désir  et le fait de désirer sans cesse peuvent être                                                                  

 – un moyen de mettre entre parenthèses  la mort, de la narguer, de la nier ; la vie est plus forte que la mort, elle s’exprime par les désirs incessants, elle veut malgré tout et contre tout le plaisir la jouissance. Celui qui ne désire plus est déjà mort, et celui qui est en vie ne peut pas ne pas désirer, c’est le mouvement de la vie qui l’y pousse, le « vouloir-vivre » qui l’anime, ou dont chaque homme est une manifestation en tant qu’être vivant.   De plus, c’est parce que l’homme est un être fini, qu’il désire l’infini, l’absolu et à l’infini, qu’il désire l’éternité, l’immortalité, être Dieu.                                                       

  -un nécessaire « divertissement » au sens pascalien du terme. Le désir se présente alors comme une fuite inévitable, on s’y perd pour ne pas se retrouver face à soi et à son néant  « l’âme ne trouve rien en elle qui la contente » alors « elle se répand au dehors et cherche dans l’application aux choses extérieures à perdre souvenir de son état véritable », selon Pascal. En même temps, le désir est aussi démesuré que l’ambition de l’homme ; il n’est rien, perdu au milieu de l’infini ; ce qui montre sa vanité aux deux sens du terme, orgueil et côté vain.                                                                    

– un moyen d’échapper à l’inquiétude que suscite la difficulté d’être homme, à la hauteur de son humanité face à ses responsabilités et libertés. « L’homme est véritablement fait pour penser, c’est toute sa dignité et son mérite », mais c’est un exercice difficile, austère qu’on fuit délibérément . « Or que pense le monde ? Jamais à cela, à danser, jouer au luth, à chanter (…)à se faire roi, sans penser à ce que c’est qu’être roi, qu’être homme », selon Pascal.                    

 Donc les désirs et le fait de désirer (propre de l’homme, l’animal n’ayant que des besoins s’évanouissant dans la satisfaction, alors que le désir présuppose une représentation, le fait qu’on s’autodétermine) sont l’expression, la manifestation, le signe de notre misère de fait ou de nature, mais ne peuvent-ils pas en être aussi la marque de la misère de l’homme , au sens où le désir laisserait une trace , marquerait l’homme de misère? )

 

     TR : Peut-être que la sage solution est de cesser d’espérer et de maîtriser ses désirs pour réduire ou en tout cas ne pas redoubler la souffrance ?

II. La maîtrise du désir pour guérir de la souffrance.

(le désir, comme accélérateur de misère, la misère comme conséquence du désirIssu de la misère, il peut aussi être source de misère au sens de malheur et de souffrance, pour 2 raisons essentielles :1. A la différence du besoin qui s’évanouit dans la satisfaction , le désir ne trouve jamais une satisfaction définitive soit parce qu’un désir satisfait est aussitôt suivi d’un nouveau désir à satisfaire, comme le montre l’allégorie des tonneaux de Socrate  dans le Gorgias de Platon ; soit parce qu’étant quête d’absolu, il ne trouvera jamais l’objet qu’il cherche (ex. de Dom Juan), ici, comme le dit Hegel, « on est sur la piste du mauvais infini » ; soit parce que même si on imaginait que tous nos désirs soient satisfaits, on serait encore insatisfait de n’avoir plus rien à désirer et condamner à l’ennui, comme le montre Schopenhauer, le désir n’étant que l’expression d’une force de vie irrationnelle et insatiable, le Vouloir-vivre. Le désir est donc souvent synonyme de frustration ( décalage entre réel et imaginaire, entre objet apparent et réel du désir, désir et son objet absolu, impossible) et de tristesse ( on n’obtient pas ce qu’on a désiré, on ne sait ce qu’on désire, …)2.c’est pire encore quand le désir devient passionné, alors il enlève à l’homme sa rationalité (Pascal :  « la connaissance s’est obscurcit par les passions »), sa liberté et dans certains cas son humanité. Le passionné est condamné au malheur de ne pouvoir être en unité avec soi et à l’insatisfaction.)

      Pour échapper à cette misère et souffrance,  Epicure proposait son tétrapharmakon qui consiste à accepter notre finitude sans trembler donc à se contenter de ce que l’on est , à cesser d’espérer qu’une main divine vienne accorder le monde à nos désirs et à limiter ses désirs aux besoins (désirs naturels et nécessaires seuls recherchés, les désirs ni naturels ni nécessaires – désir de richesse , de pouvoir, d’immortalité, ..- étant rejetés car insatiables!) sans bouder le plaisir pur du superflu, car sans attente ni attachement aux plaisirs de la satisfaction prudente des désirs naturels mais non nécessaires. On parvient alors à l’ataraxie, l’absence de trouble dans l’âme et donc absence de souffrance, d’autant plus que le corps toujours rassasié ne l’affecte pas. On apprend à s’accepter, à préférer à l’Autre le même, moi.

     MAIS ceci passe par la souffrance de la privation, de la désillusion (on détrouble l’âme), l’abandon de l’espoir, dc pour ne plus souffrir, on souffre encore (Schopenhauer). Pour certains cette maîtrise du désir est même au renoncement au désir lui-même, qui se distingue du besoin par ses objets, par sa recherche de l’absolu.

TR : Mais une souffrance voulue, choisie, active est-elle encore à proprement parler une souffrance, c’est-à-dire quelque chose de subi et qui affecte ? Et ce qui fait souffrir n’est-ce pas plutôt l’ignorance du désir que le désir lui-même?

III. A. Une souffrance acceptée n’en est plus vraiment une.

      Elle n’est plus passion ( patior : souffrir , subir) , elle est action. Et , cette action peut être aussi bien l’effort pour maîtriser le désir que pour le réaliser. En effet , la souffrance est , nous l’avons vu , l’éperon du désir ( sa cause) mais aussi son moyen ( faire un effort pour) et paradoxalement ce qui augmente le plaisir qui accompagne le désir en pimentant la chasse ( « nous défendre quelque chose, c’est nous en donner envie, nous l’abandonner tout à fait , c’est nous engendrer le mépris », Montaigne) et sa prise ( la douleur augmente le plaisir final). Dans ce cas, la souffrance n’est plus négative mais positive, et n’est plus ressentie comme telle. Si j’ai choisi de me donner de la peine , ce n’est plus vraiment une souffrance pour

     B. Le désir comme remède à la misère, le désir comme Puissance et transcendance ( Spinoza)

  Si le désir peut faire redescendre l’homme en dessous de l’animal quand il n’est plus géré ou raisonnable, sans désir l’homme ne serait qu’un animal, ne connaissant que le besoin et étant enfoncé dans la réalité immédiate. Le désir traduit un manque, un état de misère mais aussi une non-acceptation de ce qui est et la volonté de changer « l’ordre du monde ». Le désir est en cela un moteur pour l’action, un facteur de progrès, y compris celui de l’esprit. Rousseau , dans le discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, insiste sur le fait que l’entendement s’est développé en partie grâce aux passions et aux désirs. « Quoiqu’en disent les moralistes, l’entendement doit beaucoup aux passions, qui d’un commun aveu, lui doivent aussi beaucoup : c’est par leur activité que notre raison se perfectionne ;nous ne cherchons à connaître que parce que nous désirons jouir », mais, d’un autre côté, « on ne peut désirer ou craindre les choses que sur les idées qu’on peut en avoir ». De manière plus générale, Hegel voit dans la passion et l’énergie qu’elle canalise et produit, un moteur de l’histoire. « Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion ». Le désir est misère, mais il est aussi ressource lorsqu’il devient une force maîtrisée ( la philosophie épicurienne). Le désir peut être un point d’appui pour s’élever. Le désir, gravissant l’échelle des beautés chez Platon. Le désir est misère, mais il est aussi richesse lorsqu’il est éclairé par la connaissance. Pour Spinoza, le désir est l’essence de l’homme, le désir de persévérer dans son être, de se développer de s’épanouir. Si il s’accompagne de connaissance et a rompu avec l’illusion, il accroît notre puissance d’agir et apporte joie et bonheur. Le désir n’est donc pas nécessairement signe de misère, si on ne le pense plus comme manque, mais comme puissance et si on sait user avec maîtrise et connaissance de son énergie créatrice et vitale.  

 

Conclusion : Le désir et la souffrance ont un lien à la fois co-substantiel et de causalité. On ne peut désirer sans d’abord souffrir et le désir peut être cause de nouvelles souffrances, qui étaient prévisibles si on sait ce que nous désirons au fond, l’Autre, l’Absolu. Mais nous avons vu que la sagesse ne réduit la souffrance que par la souffrance. Donc désirer c’est en apparence nécessairement souffrir. Mais si souffrir, c’est être peiné, peiner n’est pas exactement la même chose. Si on est peiné, on est passif ,on subit. Si on peine, on agit, et cette peine devient un moyen pour atteindre une satisfaction , pour aller vers un mieux. Dans ce cas, on peut se demander si la seule alternative au désir comme souffrance est la sagesse, peut-être est-il plus judicieux d’utiliser la souffrance du désir comme moteur. La vraie sagesse n’est peut-être pas de soigner le mal par le mal, mais de vouloir ce mal comme un auxiliaire du bien.

 

Est-il plus facile de connaître autrui que de se connaître soi-même?

Apprendre à se connaître est très difficile […] et un très grand plaisir en même temps (quel plaisir de se connaître !) ; mais nous ne pouvons pas nous contempler nous-mêmes à partir de nous-mêmes : ce qui le prouve, ce sont les reproches que nous adressons à d’autres, sans nous rendre compte que nous commettons les mêmes erreurs, aveuglés que nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, par l’indulgence et la passion qui nous empêchent de juger correctement. Par conséquent, à la façon dont nous regardons dans un miroir quand nous voulons voir notre visage, quand nous voulons apprendre à nous connaître, c’est en tournant nos regards vers notre ami que nous pourrions nous découvrir, puisqu’un ami est un autre soi-même. Concluons : la connaissance de soi est un plaisir qui n’est pas possible sans la présence de quelqu’un d’autre qui soit notre ami ; l’homme qui se suffit à soi-même aurait donc besoin d’amitié pour apprendre à se connaître soi-même.

ARISTOTE
La Grande Morale, Livre II, Chap. XV

 

Corrigés 2008- plan possible

Série L

La perception peut-elle s’éduquer?

I. Non! Eduquer, c’est former, élever, développer. Si on entend par percevoir, voir (dans le langage commun on utilise ces deux verbes l’un pour l’autre; autrefois on parlait de perceptions naturelles pour qualifier les sensations et les qualités spécifiques au sens), sentir, soit cette éducation n’a pas de raison d’être ( voir, c’est savoir; sentir, c’est constater!), soit on ne voit pas ce que serait cette éducation: apprendre à sentir, développer une acuité des sens. Si on prend par exemple la vue, éduquer la vue, ce serait avoir un regard plus précis, voir bien les couleurs, les lignes.. De plus ce serait une éducation vaine, si elle est possible, car les sens en eux-mêmes ne nous apprennent rien. Ils ne donnet que la matière de la connaissance, que l’esprit doit ensuite mettre en forme. 

Et c’est d’ailleurs cela que de percevoir, au sens précis du terme.  Dans ce cas peut-on éduquer la perception?

II. Oui, on peut ( et même on doit!) éduquer la perception, si on distingue bien percevoir et voir, sentir.

1. Percevoir, c’est saisir par l’esprit ce qui se cache sous les apparences ou ce qui est la cause du divers sensible désorganisé et hétérogène. Je vois trois faces, 4 points saillants, si je frappe, ça rend un son, ça sent le bois ou le plastique ou rien, n’a pas de goût, je perçois un cube que je ne vois pas, ni ne touche .

Comme le dit Alain, « On soutient communément que c’est le toucher qui nous instruit, et par constatation pure et simple, sans aucune interprétation. Mais il n’en est rien ». Comme le dit aussi Descartes, dans Méditations métaphysiques (1641), méditation II, « Or quelle est cette cire qui ne peut être conçue que par l’entendement ou l’esprit ? Certes c’est la même que je vois, que je touche, que j’imagine, et la même que je connaissais dès le commencement. Mais ce qui est à remarquer, sa perception, ou bien l’action par laquelle on l’aperçoit n’est point une vision, ni un attouchement, ni une imagination, et ne l’a jamais été, quoiqu’il semblât ainsi auparavant, mais seulement une inspection de l’esprit, laquelle peut être imparfaite et confuse, comme elle était auparavant, ou bien claire et distincte, comme elle est à présent, selon que mon attention se porte plus ou moins aux choses qui sont en elle et dont elle est composée. »

Cette inspection de l’esprit peut être éduquée, en développant la capacité de discerner, de bien organiser et coordonner les différentes données immédiates de la sens, pour mettre en forme cette matière:

2. C’est ce qu’on voit en science par exemple: si pour les empiristes, il suffit de bien observer pour parvenir par induction à dégager d’énoncés particuliers d’observation des énoncés généraux.On peut cependant voir les limites de cette méthode ( Hume, généralisation abusive ou choisie) et la part active que prend l’esprit dans cette démarche : avant pour savoir quoi observer ( toute observation est polémique selon Bachelard, l’urine des lapins carnivores de Bernard, précédée d’une déduction) , pendant ( il faut prolonger le réel par l’imaginaire, des hypothèses, faire la synthèse des différentes apparences, Alain) et ensuite ( il faut présupposer l’uniformité de la nature pour poser un énoncé sous forme de lois, user de démonstrations mathématiques, de raisonnements).

3. c’est ce qu’on peut voir aussi avec l’art: comme le dit Bergson, l’artiste lève le voile d’une vision utilitaire du monde ayant des zones d’ombre; c’est aussi ce que souligner Proust, lorsqu’il dit de l’artiste est un « oculiste », ou Dubuffet, lorsqu’il dit de l’artiste qu’il ouvre des voies neuves..au regard, à notre manière de nous représenter la réalité. Il s’agit ici de retrouver un regard virginal en quelque sorte.

Cette éducation commence donc par le fait de désapprendre à voir comme on a vu (les sens peuvent être trompeurs ou si on pense qu’ils ne peuvent tromper car ils ne jugent pas, ils peuvent être source d’erreurs : on peut penser aux illusions d’optique qui font que Descartes dans son doute hyperbolique met en doute le témoignage des sens et toutes les connaissances qui s’appuient les données sensibles). C’est la même idée que l’on retrouve en science avec Bachelard qui voit l’expérience première comme un obstacle épistémologique qu’il faut lever par une « catharsis intellectuelle et affective », l’esprit se forme en se réformant, la perception aussi.

Mais cette éducation a pour horizon et prétention de parvenir à une perception idéale, une perception correspondant à ce qui est. Mais une telle perception est-elle accessible?

III. on peut en effet noter que dans une sensation, il est difficile de faire la part dans ce qui est senti entre ce qui appartient à l’objet et ce qui n’appartient qu’au sujet, il se pourrait dès lors qu’on tienne pour objectif ce qui est subjectif ; il y a aussi l’idée que la sensation dépend d’un point de vue, ex. la vision du soleil de la terre, ce qui fait qu’on est prisonnier de ce point de vue. Comme le dit Nietzsche dans Aurore , « Mon œil, qu’il soit perçant ou faible, ne voit pas au-delà d’un certain espace, et dans cet espace je vis et j’agis, cette ligne d’horizon est mon plus proche destin, grand ou petit, auquel je ne peux échapper. Autour de chaque être s’étend ainsi un cercle concentrique qui a un centre et qui lui est propre. De même l’oreille nous enferme dans un petit espace, de même le toucher. D’après ces horizons où nos sens enferment chacun de nous comme dans les murs d’une prison, nous mesurons ensuite le monde, nous nommons ceci proche et cela lointain, ceci grand et cela petit, ceci dur et cela mou : ces mesures, nous les nommons sensations – et tout cela, absolument tout, n’est qu’une erreur en soi ! » 

La perception est toujours la mise en forme de cette matière sensible, une représentation de ce qui est donné, dans ce cas, éduquée ou non, la perception n’est qu’une representation. On est condamné à l’apparence, à la réalité phénoménale, dirait Kant, la réalité en soi, en dehors de toute perception nous échappe radicalement. Donc la perception peut s’éduquer mais elle ne peut prétendre être dans le vrai, ce qui correspond au réel en soi ( impossibilité de vérifier cet accord, d’échapper à la perception), même si on peut penser que les choses ne sont que parce qu’elles sont perçues.

 Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible?

I. on entend par vivant, une matière qui est animée et qui possède des qualités particulières. En tant que matière, partie de la nature, on peut penser que le vivant (végétal, animal, humain) peut faire l’objet d’une connaissanec de type scientifique. Le propre de la science, c’est qu’elle présuppose un déterminisme, des lois et cherche par la combinaison de l’observation et du raisonnement à établir ces « relations invariables » qui permettent d’expliquer et de prévoir les phénomènes naturels. Le vivant peut faire l’objet d’une connaissance scientifique dans le sens où il y a certains mécanismes qui permettent au vivant de se maintenir en vie, et que ceux-ci peuvent être saisi dans une démarche expérimentale. C’est la position mécaniste de Descartes qui rend légitime la biologie, comme science du vivant.

Si on pense l’homme, comme un vivant parmi d’autres, il semble que les sciences humaines ( histoire, psychologie, sociologie…) pose aussi que l’homme est soumis à un ensemble de déterminismes qu’il s’agit de saisir. Et par exemple, l’histoire a eu cette prétention de faire du passé et du devenir de l’humanité, l’objet d’une démarche scientifique ( l’histoire comme science des documents au XIXème siècle, volonté d’objectivité et d’explication pas simplement d’établir une chronologie des évènements).

Mais n’est-il pas abusif de réduire le vivant à une machine et de penser les actions humaines par exemples comme n’étant le résultat que de déterminismes. Que fait-on des particularités du vivant et de sinon la liberté du moins de l’autonomie relative du vivant?

II. Si on peut sans difficulté souligner avec Schopenhauer que l’histoire ne peut « prendre place parmi les autres sciences » au regard de la particularité de son objet d’étude et des conditions de cette étude ( inévitable subjectivité, primultimité de l’évènement historique, reconstitution du passé, la liberté de l’action humaine qui justifie d’ailleurs que l’on veuille saisir le passé pour être plus libre dans le présent et face à l’avenir), on peut aussi souligner que le vivant ne saurait se réduire à une machine et que les conditions d’une connaissance scientifique soulèvent différents problèmes:

d’ordre éthique concernant l’observation et l’expérimentation sur le vivant:

PB : « L’éthique de la connaissance nous incite vivement à faire notre possible pour ajouter des connaissances nouvelles au patrimoine intellectuel de l’humanité. … L’éthique de l’innocence nous prescrit de nous abstenir  de faire quoique ce soit présentant un risque prévisible de provoquer de la souffrance »  S.LURIA (1976)

Réponses possibles:

1.Claude Bernard, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale , 1865 :  » A-t-on le droit de faire des expériences et des vivisections sur les animaux ? Quant à moi, je pense qu’on a ce droit d’une manière entière et absolue. (…)   Il serait bien étrange , en effet, qu’on reconnût que l’homme a le droit de se servir des animaux pour tous les usages de la vie, pour ses services domestiques, pour son alimentation, et qu’on lui défendît de s’en servir pour s’instruire dans une des sciences les plus utiles à l’humanité. (..)  S’il est immoral de faire sur un homme une expérience dangereuse pour lui, quoique le résultat puisse être utile aux autres, il est essentiellement moral de faire sur un animal des expériences quoique douloureuses et dangereuses pour lui, dès qu’elles peuvent être utiles pour l’homme. (…) Le physiologue n’est pas un homme du monde, c’est un savant, c’est un homme qui est saisi et absorbé par une idée scientifique qu’il poursuit ; il n’entend plus les cris des animaux , il ne voit plus le sang qui coule, il ne voit que son idée et n’aperçoit que des organismes qui lui cachent les problèmes qu’il veut découvrir »  

Mais

2. on peut à l’inverse soutenir que la science doit se soumettre aux droits des animaux et du vivant sans quoi nous faisons du spécisme ( pourquoi faire à un autre être sensible, intelligent ce que nous ne tolérons pas pour nous, hommes, vivants parmi les vivants?). C’est ce que soulignait  Bentham (1780) et reprend aujourd’hui le philosophe écologiste, Regan qui rappelle en 1983 que «  ce à quoi la théorie des droits s’oppose, c’est la violation des droits des individus au nom de l’intérêt public…On ne peut  moralement pas transférer des risques à ceux qui n’ont pas choisi volontairement de les endosser…Il est nécessaire que les droits de nul individu n’aient été violés pour que les bénéfices qui peuvent échoir à d’autres soient moralement acceptables »

d’ordre « ontologique » , du point de vue de la nature même du vivant:

Kant a souligné en reprenant l’exemple de la montre contre Descartes qu’un organisme vivant ne peut se réduire à une machine: un être vivant a une « force formatrice » qu’un mécanisme le plus sophistiqué soit-il n’a pas: un être vivant est capable de s’autoréparer ( cicatrisation), de s’autoréguler ( un organisme a une certaine plasticité qui fait qu’il peut s’adapter à certaines modifications internes: un organisme est une totalité qui ne se réduit pas une somme de ses parties, si bien qu’un organisme moins un organe n’est plus le même que l’organisme de départ moins cet organe) et de se reproduire! Il y a donc entre le vivant et la machine un « écart ontologique », c’est-à-dire de nature et celui-ci pousse à s’interroger par delà la difficulté de comprendre la vie, sur la possibilité même de la réduire à un objet scientifique.

La vie est une synthèse qui s’oppose à la démarche analytique de la connaissance, qui dissèque, divise pour expliquer: on pourrait au mieux saisir le part mécanique du vivant, mais la vie en elle-même échapperait par sa nature même à toute connaissance!

d’ordre épistémologique:

« Dans une montre une partie est l’instrument du mouvement des autres, mais un rouage n’est pas la cause efficiente de la production d’un autre rouage ; certes une partie existe pour une autre, mais ce n’est pas par cette autre partie qu’elle existe. C’est pourquoi la cause productrice de celles-ci et de leur forme n’est pas contenue dans la nature (de cette matière), mais en dehors d’elle dans un être, qui d’après des Idées peut réaliser un tout possible par sa causalité. C’est pourquoi aussi dans une montre un rouage ne peut en produire un autre et encore moins une montre d’autres montres, en sorte qu’à cet effet elle utiliserait (elle organiserait) d’autres matières ; c’est pourquoi elle ne remplace pas d’elle-même les parties, qui lui ont été ôtées, ni ne corrige leurs défauts dans la première formation par l’intervention des autres parties, ou se répare elle-même, lorsqu’elle est déréglée : or tout cela nous pouvons en revanche l’attendre de la nature organisée. Ainsi un être organisé n’est pas simplement machine, car la machine possède uniquement une force motrice ; mais l’être organisé possède en soi une force formatrice qu’il communique aux matériaux, qui ne la possèdent pas (il les organise) : il s’agit ainsi d’une force formatrice qui se propage et qui ne peut pas être expliquée par la seule faculté de mouvoir (le mécanisme). »Kant, Critique de la faculté de juger § 65

D’autant plus qu’à ceci s’ajoute le fait qu’un organisme vivant est un individu, et donc une totalité unique et indivisible. Donc même si nous appartenons à la même espèce, même si nous avons des mécanismes en commun, la science du vivant serait en quelque sorte une science du particulier, ce qui implique contradiction, comme le disait Schopenhauer de l’histoire. Le principe de la science est d’expliquer le particulier par et sous le général, ( par ex. un phénomène naturel n’est que le cas particulier d’une loi universelle de la nature!),or dans les sciences de l’homme ( au regard de la liberté humaine et de son historicité, conscience d’être dans le temps et d’avoir une histoire sans être simplement soumis au temps et à son érosion!) on ne peut expliquer ainsi par subsumation, on se doit de trouver une explication particulière pour chaque évènement historique unique dans le temps et dans sa nature ( toutes les guerres ne sont pas les mêmes, même si elles restent des guerres). Donc pour la science du vivant, chaque organisme étant un et unique, on ne pourrait le réduire à une explication générale: un médecin ne peut prévoir avec la même certitude l’issue d’une maladie qu’un physicien la chûte d’un corps!

Si on ajoute au fait qu’un organisme vivant est en plus d’un individu, « le sujet d’une vie », comme le soulignent certaines défenseurs du vivant, expliquer son fonctionnement purement biologique ne suffit plus pour prétendre le connaître. Une science du vivant se devrait aussi de saisir, de comprendre les comportements, les stratégies élaborées par le vivant pour survivre et bien vivre. Or il semble bien difficile de saisir cette marge de liberté, qui encore plus grande chez l’homme, fait qu’il y a une marge de contingence sinon imprévisible, difficile à cerner pleinemement!

Il semble donc difficile d’envisager une science du vivant comme possible, mais on peut se demander pour finir si une science de quoique ce soit est d’ailleurs possible?

III. En effet, on peut souligner que la science qui prétend accèder à la vérité ( et même en avoir le monopole!) ne peut y parvenir pour différentes raisons: on peut d’abord souligner les limites de la vérification expérimentale ( théorie de Popper) même concernant des phénomènes purement physico-chimiques; on peut aussi souligner les limites de la validation des théories ( comment montrer qu’une théorie est la seule possible, qu’elle est en adéquation avec la réalité même – métaphore de la montre fermée de Einstein et Infield dont le sceintifique s’efforce d’expliquer les apparences visibles , mouvement régulier des aiguilles, sans pouvoir ouvrir le boitier pour vérifier la validité de sa théorie!); etc…

Aussi on pourrait conclure que si une science du vivant semble  possible (I) , elle ne serait que celle de ce qui n’est pas vivant dans le vivant (II) et exigerait une certaine éthique, et enfin, si on entend par science, la connaissance vraie d’un objet, même si on admettait que le vivant puisse être un objet scientifique, on peut montrer que toute science n’est pas possible quelque soit son objet !

 

Corrigés 2008- plan possible

Série S

L’art transforme-t-il notre conscience du réel?

I. Non, car l’art est soit une copie, une imitation du réel qui ne  nous apprend rien de plus que ce que l’on sait déjà, soit une fuite du réel ( divertissement, imaginaire) soit enfin il prend la place du réel ( simulacre de Platon) et par là nous dupe plus que ce qu’il nous apprend à mieux voir ce réel,

mais cette réduction de l’art à une simple imitation de la réalité est trés discutable, car c’est réduire l’art à un simple exercice technique ( Hegel) or l’art se distingue justement de celui-ci, dans ce cas ne peut-on pas dire que le véritable art ouvre les yeux sur le réel et par là affine la conscience que nous en avions? 

II. oui, l’art ne rend pas le visible, il rend visible ( l’invisible), l’art permet de voir autrement, mieux la réalité ( Klee, l’artiste est un oculiste pour Proust, un voyant pour Merleau- ponty), de prendre une certaine distance par rapport à la réalité ( Adorno); il offre un nouveau regard, il va au-delà des apparences; il donne un sens à ce qui n’en avait pas ( la science rend le monde disponible, l’art le rend habitable).

Donc L’art affine la conscience en même temps qu’il la force et nous invite à penser cette conscience du réel, à l’interroger: est-ce bien du réel dont nous avons conscience? peut-on en avoir conscience?

III. le sujet présuppose, une conscience pré-existante que l’art viendrait ensuite transformer, or on peut se demander si cette conscience du réel pré-existe à l’art et même si elle peut même exister. Car le réel ne se réduit pas à la réalité pour nous. Le réel , c’est ce qui est indépendamment de nous, en soi or nous ne pouvons percevoir que pour nous par rapport à nous, on est condamné à l’apparence, à l’apparaître du réel, au monde phénoménal comme le dirait Kant! La chose en soi, le réel nous échappe donc et par là l’idée même d’une conscience du réel, avec ou sans art, est discutable! L’art n’offre qu’une autre représentation de ce réel, à moins que l’on présuppose qu’il arrive à toucher le fond même de l’être.

Donc l’art s’il est vraiment art peut améliorer notre conscience du réel, même si cette conscience reste qu’une représentation de ce réel.

Y a-t-il d’autres moyens que la démonstration pour établir une vérité?

I. Si on ne réduit pas la vérité aux vérités de la raison, dont le critère est la cohérence et le moyen de les établir, la démonstration ( raisonnement logico-mathématique), alors OUI, il y a aussi les vértités de faits et d’autres moyens d’établir la vérité d’un énoncé:  il y a  la monstration par la preuve expérimentale ou le constat dans le réalité pour les vérités de fait dont le critère est la correspondance entre l’idée et la réalité; il y a aussi l’intuition pour les vérités du coeur distinctes des vérités de la raison pour Pascal, dont le critère est l’évidence; ou encore l’épreuve du doute ( Descartes et le doute hyperbolique auquel résiste la certitude du cogito)

Mais ne peut-on pas douter de ces vérités et des moyens de les établir?

II. La démonstration reste le seul moyen certain d’établir avec certitude et solidité une vérité: car on peut remettre en question la valeur de la preuve expérimentale ( Popper) , sa réelle capacité à établir la correspondance entre la théorie et le réel ( Einstein et la métaphore de la montre), de même on peut douter de l’évidence sensible comme de la valeur des intuitions ( mieux vaut une bonne démonstration qui permet, elle , d’établir une vérité universelle ( tout esprit la reconnaît et y parvient).

Mais cette vérité est-elle aussi solide qu’elle paraît l’être?

III. la démonstration a ses limites: on ne peut tout démontrer, donc toute démonstration s’appuie sur du non-à-démontrer ou du non-démontré car indémontrable, donc la vérité établie est au mieux une vérité conditionnelle, relative aux postulats ou axiomes posés au départ; ensuite on peut penser que la démonstration est plus souvent un moyen d’exposer une vérité ( syllogisme) qu’un moyen de l’établir; de plus on n’est pas à l’abri d’un paralogisme; enfin ces vérités de la raison ne correspondent qu’à des relations entre les idées, mais ne préjugent pas du rapport entre celles-ci et la réalité. Or on peut penser que ce qui fait qu’un énoncé est vrai, c’est cette correspondance avec la réalité. Mais comme on l’a dit en II, cette correspondance est bien difficile à établir, à moins qu’on adopte la position de W.James ou de Russell pour qui la vérité est d’abord pragmatique ou technique, mais dans ce cas, c’est seulement l’épreuve de la réalité dans l’action qui permettra d’établir la vérité d’une théorie plutôt qu’une simple démonstration, même avantageuse pour la penser.

Donc la démonstration est un moyen de parvenir à des vérités de la raison, plus sûrs que ceux qui permettraient des vérités de fait, mais la démonstration ne peut établir que des vérités de la raison.

test de connaissances – séries générales

                                                                                   

1. Complétez :

Descartes en arrive à la certitude du « Cogito ergo sum » en mettant en œuvre un doute dit………………………………………. . Ce doute consiste à considérer tout ce qui est …………………………… comme ………………… . Alors tout devient……………….. : on se rend alors compte que ……………………… sont trompeurs, que l’on ne peut pas s’appuyer sur les conclusions de nos ………………………………………………….  (risque de commettre des paralogismes) et qu’on peut même douter de la réalité de ……………………………………………………. .Quelle est l’autre hypothèse que fait Descartes pour jeter le doute sur l’existence du monde et de nous-mêmes pour en arriver cependant à la même conclusion : au plus je doute, au plus j’ai la certitude d’être ?C’est l’hypothèse du …………………………………………………………………………………. . 

2. Comme appelle-t-on le passage du « je pense donc je suis » au « je sais que je suis et ce que je suis : une substance pensante » ?………………………………………………………………………………………………………………………………………

 3. Qui a dit ?« Je ne peux me saisir, moi, en aucun moment sans une perception et je ne peux observer que cette perception ».             …………………………………………………………….

« La pensée qui devient consciente ne représente que la partie la plus infime, disons la plus superficielle, la plus mauvaise de tout ce que l’homme pense »   …………………………………………………………… 

4. De quoi souffrait Anna O ? ……………………………………………………………………………………………………………………………. 

5. Pourquoi y a-t-il, selon Freud,  refoulement primaire et qui en est l’auteur?…………………………………………………………………………………………

……………………………………………………………………………………………………………………………………………

6. Avec quoi peut-on confondre l’inconscient selon Alain ?  …………………………………………………………………………………………………………………………………………

Pourquoi rejette-t-il l’hypothèse de l’inconscient  ainsi interprétée?…………………………………………………………………………………………………………………

 7. Pour Popper, à quoi reconnaît-on qu’une théorie est scientifique ?……………………………………………………………………………………………………

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

8. Donnez une définition la plus précise du fait de  désirer………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

9. Donnez 3 raisons qui permettent de comprendre pourquoi une fois l’objet du désir obtenu, on n’a pas forcément la satisfaction qui devrait en découler :

+……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………+………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………+……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

10. Pour Platon, le désir est l’expression d’un…………………………………………………………………… alors que pour ………………………….., il est expression d’une puissance positive, « désir de persévérer dans son être » que la Raison doit aider pour qu’elle se dirige vers des objets s’accordant avec notre nature.

11. Distinguez plaisir, joie et bonheur : ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

12.  Qui a dit ?

« L’œuvre d’art est encore autre chose, en plus et au dessus de sa choséité. Car c’est cet Autre qui y est qui en fait une œuvre d’art »…………………………………………………………………………………………

« La fonction de l’art dans ce monde totalement fonctionnel est son absence de fonction »………………………………………………………………………………………….

« la beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses, elle n’est que dans l’âme qui les contemple et chaque âme voit une beauté différente »………………………………………………………………………………………….. 

13. Quel mot signifie « mépris de l’art » chez Hannah Arendt: …………………………………………………………………………………………… 

14. Par rapport à l’art, Hannah Arendt est-elle contre la culture de masse  ou contre la société du loisir ? …………………………………………………………………………………………………

15.  Pourquoi y a-t-il selon Kant plus de beauté dans la nature que dans l’art ?…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

16. Quel est l’adjectif qualifie celui qui a des troubles du langage ? …………………………………………………………………………………..

17. Qu’est-ce qu’un mot selon Saussure ?…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

18. Quelle(s) faculté(s) faut-il avoir pour comprendre ou utiliser :

+ un signal :……………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

+ un signe :…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

19. Qui a dit ?

«  C’est dans les mots que nous pensons » ……………………………………………… 

« Ce qui fait que les bêtes ne parlent point comme nous, est qu’elles n’ont aucune pensée, et non point que les organes leur manquent »…………………………………………………………………………………..

 20. Quelles sont les six fonctions du langage selon JAKOBSON ?…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

21. Qui distingue égalité arithmétique et égalité géométrique ? ……………………………………………………………………………………..

Dans quel(s) domaine(s) doit-on appliquer l’une et l’autre selon lui ?…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

22. Quels philosophes défendent une morale de l’intention ? ………………………………………………………………………………………….

Quelle est l’autre conception de la morale à laquelle ils s’opposent ? ……………………………………………………………………………….   

22. Qu’est-ce qui différencie la théorie procédurale de John Rawls de la justice classique dite idéelle ?…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Quel nom porte la procédure hypothétique qu’il a imaginée pour établir avec justice les principes d’une société ?   ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Quel seraient les principes de cette société ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

23. Que doit-on attendre de l’Etat ?

+ selon Hobbes : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………

+ selon Rousseau :…………………………………………………………………………………………………………………………………………………

24. Y a-t-il selon Rousseau une différence entre démocratie et république ? Si oui laquelle ?………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

25. Si l’indépendance, c’est ne dépendre de rien , n’obéir à rien, l’autonomie, c’est …………………………….

26. Pour Rousseau, « Renoncer à sa liberté, c’est ……………………………………………………………………………………………….. ».

27.  Qui a dit ? «  Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c’est exiger son bonheur réel. Exiger qu’il abandonne toute illusion sur son état, c’est exiger qu’il renonce à un état qui a besoin d’illusion »     ……………………………………………………………………………………..« Si Dieu aime l’homme, alors l’homme est le cœur de Dieu. Si l’homme est l’objet de Dieu, n’est-il pas alors en Dieu,  lui-même à lui-même objet ? » ……………………………………………………………………………………………..

28. Quel est l’argument qu’on peut convoquer pour montrer que le pari que Dieu existe n’est pas nécessairement celui qui évite la perte maximale, comme le prétend Pascal ?……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

29.  Qu’est-elle sont les 3 « preuves »de l’existence de Dieu ?  Ce sont les preuves…………………………………………….

30. Comment  Kant démontre-t-il que celle de Descartes n’est pas valable ?  ……………………………………………………………………………..

31. Qu’est-ce qui caractérise l’attitude religieuse selon Nietzsche ?… ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

32. Pour montrer que voir n’est pas percevoir, que la perception est une « inspection de l’esprit » , Descartes utilise l’exemple du ………………………………………… Cette inspection permet de distinguer les qualités …………………………….. des qualités…………………………………………..  et de se rendre compte que les sens n’offrant que la …………………………………………. de la connaissance et de la perception, on ne peut pas dire rigoureusement que les sens sont ……………………. Car ils ne jugent pas, selon Kant.

33. Que signifie cette phrase de Edgard Morin : «  l’homme est un être culturel par nature parce qu’il est un être naturel par culture »………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

34. Pour qui la philosophie est-elle une véritable « ruine pour l’homme » quand on s’obstine à la pratiquer alors qu’on a passé l’âge, qu’on n’a plus le luxe de perdre son temps ? ………………………………………………………………………… 

 

 

 

 Réponses:

1. hyperbolique. Douteux. Faux. Faux. Les sens. Démonstrations ou raisonnements. Notre propre pensée. L’hypothèse du malin génie.

2. le saut substantialiste (critiqué par Nietzsche pour qui Descartes aurait été victime de la grammaire)

3. Hume. Nietzsche

4. d’hystérie, une maladie psychosomatique qui consiste à avoir des troubles physiques et psychiques sans cause organique. L’hystérique est une sorte de malade imaginaire qui souffre de réminiscence, retour du passé sans conscience de son caractère passé.

5. L’auteur du refoulement primaire, c’est le SURMOI ( sorte d’inconscient culturo-moral qui commence à se former au moment du complexe d’Œdipe où l’enfant intègre inconsciemment l’interdit de l’inceste et du parricide ( meurtre du père). Il y a donc refoulement parce que les pulsions du ça obéissant, lui, au principe de plaisir sont dans ce cas incompatibles avec les exigences du surmoi.

6. avec un Autre Moi. Il rejette cela parce que c’est une erreur ( comme peut-il y avoir en moi un autre moi dont je n’ai pas conscient et une activité mentale consciente sans conscience) et une faute ( car cela permet de se donner un droit à l’irresponsabilité : ce n’est pas moi qui ait voulu la tuer, Mr le Juge, c’est moi inconscient !!)

7. Au fait qu’elle soit falsifiable, c’est-à-dire qu’elle soit suffisamment précise pour qu’on puisse la vérifier ou non.

8. c’est tendre consciemment vers quelque chose qu’on se représente comme un objet de satisfaction future parce que comblant un manque conscient et vécu comme une souffrance, un vide ( ou s’accordant avec notre nature).

9. + ce qu’on désire, c’est quelque chose qu’on s’est d’abord imaginé d’où embellissement et cristallisation, ce qui fait que l’objet réel est toujours décevant par rapport à l’objet imaginé

    + ce qu’on désire, c’est désirer ou être désiré, d’où insatisfaction quand le désir est assouvi ( la chasse plutôt que la prise) ou errance du désir mimétique ( on désire ce que l’autre désire et cela ne nous convient pas pour autant d’où frustration !) ou non-reconnaissance de l’autre ( caprice)

   + rien ne peut combler le désir, qui correspond à un manque ontologique sans fond, voir mythe de l’androgyne dans le Banquet de platon.

10. manque. Spinoza

11. plaisir : satisfaction éphémère et incomplète ( un désir ou un aspect de notre être est satisfait) ; joie : satisfaction tout aussi éphémère mais plus complète : sentiment que la satisfaction signe l’accord avec notre être tout entier ( corps et esprit) , s’accorde avec notre nature. Bonheur : satisfaction totale, intense et durable (voir éternelle), état de pleine satisfaction.

12. Martin Heidegger. Adorno, soulignant par là l’utilité de l’art bien que l’art soit inutilitaire. Hume ( opposé à Kant pour qui la beauté est universelle bien que sans concept, et donc indéfinissable)

13. le philistinisme

14. la culture de masse, car elle oblige à faire de l’œuvre d’art un objet de consommation et une « pacotille »

15. dans une œuvre humaine, on voit toujours plus ou moins l’intention de l’auteur : la finalité ; ce qui n’est pas le cas pour une « œuvre de la nature » ; on voit bien un ordre en vue d’un but mais on ignore ce but ; d’où perception d’une « finalité sans fin » qui fait qu’on va déclarer la chose belle.

16. aphasique

17. c’est un signifiant (son ou image acoustique de ce son) renvoyant à un signifié (concept ou sens) , le tout renvoyant à un référent dans la réalité : la chose désigné par le mot.

18. + un système sensori-moteur, un instinct ou de la mémoire

      + un système sensori-moteur, une mémoire et un faculté symbolique ( capacité de manier et comprendre des concepts)

19. Hegel. Descartes.

20. fonction référentielle, impressive, expressive, phatique (parler pour parler), poétique et métalinguistique.

21. égalité arithmétique : 1=1 (dans un vote, devant la loi, devant un prix, dans un échange ou contrat, domaine de la justice commutative) ; égalité géométrique : on va évalue ce que vaut chacun par rapport à chacun selon un x, qui peut être les besoins, le mérite, le salaire ( dans la répartition des louanges, récompenses, avantages, salaires, fonctions ou charges, domaine de la justice distributive).

22. Elle ne juge pas d’un résultat selon des valeurs préétablies de juste ou injuste, bien ou mal ; mais par rapport à une procédure équitable. Si la procédure est équitable, quelque soit le résultat, il est juste même s’il ne s’accorde pas avec certaines valeurs).
C’est la procédure théorique hypothétique du voile d’ignorance.

Résultat quand personne ne sait qui il est et sera dans cette future société : accord sur une égalité en droits et libertés de base ; acceptation d’une inégalité socio-économique si elle profite au plus défavorisé, si elle ne porte pas atteinte aux libertés de base,….

23. Hobbes : sécurité d’où un pouvoir absolu

      Rousseau : sécurité + liberté : d’où obéissance de chacun à tous et donc à soi-même ; liberté au sens d’autonomie.

24. une république, c’est un système où la loi est l’expression de la volonté générale (qui n’est pas la volonté de tous , ni la majorité) et où le peuple a donc le pouvoir législatif.

       Une démocratie, c’est un type de gouvernement où le peuple a aussi le pouvoir exécutif ( ils appliquent les lois et décrets, applications des lois ( par nature générale) aux cas particuliers).

C’est pourquoi Rousseau est pour la république, mais pas pour une démocratie, car cela remet en question la séparation des pouvoirs ; il préfère un gouvernement aristocratique.

25. c’est n’obéir qu’à soi ( sa raison) et ne pas être soumis aux autres.

26. à sa qualité d’homme »

27. Marx. Feuerbach.

28. si Dieu n’existe pas, la vie a alors une valeur infinie ( puisqu’il n’y a rien d’autre après), et donc si Dieu n’existe pas , et qu’on a vécu comme s’il existait, on s’est privé de vivre totalement et on a une perte infinie. Donc contrairement à ce  que dit Pascal, on n’a pas rien à perdre et tout à gagner ; on a autant à perdre qu’à gagner.

29. ce sont les preuves ontologique, cosmologique et téléologique.

30. Descartes propose la preuve ontologique, reprenant Saint Anselme. Si Dieu est l’être parfait, il a toutes qualités, il ne lui manque rien, dc il existe sans quoi il lui manquerait cette qualité ( cette propriété) , il ne serait donc pas parfait et ne serait pas Dieu. Donc on peut déduire de l’idée même de Dieu, qu’il existe.

Mais Kant fait remarquer que « exister » n’est pas une idée, mais un fait , « une position dans la réalité » et on ne peut dédyire d’une idée, un fait. De plus le fait que Dieu n’existe pas, ne change rien à sa perfection, pas plus qu’à celle du prince charmant, d’ailleurs (il n’est pas plus parfait, ni plus charmant qu’il existe ou non !!)

31. Elle est négation de la vie au nom de choses posées comme transcendantes, c’est-à-dire éminemment  supérieures et extérieures au monde d’ici-bas (immanent) ; ces choses peuvent être Dieu, mais aussi la Vérité, l’Esprit, la Raison… donc en ce sens, philosophes, scientifiques et même athées sont religieux.

32. morceau de cire. Secondes. Premières. Matière. Trompeurs.

33. il est un être culturel par nature : le propre de l’homme est la culture et ce qui est innée aujourd’hui a été acquis hier

      Il est un être naturel par la culture : l’homme n’est homme que par la culture ; sans elle, c’est un animal inachevé, raté comme le souligne la Théogonie d’Hésiode avec le mythe de Prométhée.

34. Calliclès, personnage imaginaire du Gorgias de Platon.

 

La méthode de l’explication de texte en séries générales

Une « explication de texte » est toujours précédée de la mention suivante :  «  Expliquez le texte suivant ».

ET suivie de la formule suivante: « la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise ; il faut et il suffit que l’explication rende compte par la compréhension précise du texte du problème dont il est question ». (Ce qui est en partie faux , car connaître l’auteur aide à éviter contresens et faux sens)

 IL S’AGIT DONC :

1.        D’EXPLIQUER LE TEXTE

2.        TOUT EN MONTRANT POURQUOI ET COMMENT CE TEXTE POSE UN PROBLEME , 

3.        ET COMMENT IL LE RESOUT

4.        TOUT EN S’INTERROGEANT  SUR LA QUALITE , LA PERTINENCE ET LES LIMITES EVENTUELLES DE CETTE RESOLUTION. 

L’introduction doit comporter quatre temps :  

1.d’abord entrée en matière, comme dans une dissertation, où on amène par une contradiction, par le constat d’un paradoxe, d’une difficulté , LE  problème : celui dont le texte traite, c’est en fait l’annonce du thème et de l’enjeu du   texte                                                                           

2.ensuite, il faut donner la réponse que donne l’auteur à ce problème, autrement dit énoncer la thèse de l’auteur en la reformulant                                                                            

3.ensuite il faut annoncer brièvement la structure du texte, en  expliquant grossièrement le mouvement argumentatif.                                                                            

4.enfin , il faut soulever la question que vous traiterez en parallèle avec l’explication, du type , « mais ne peut-on pas… ? » , « ne faut-il pas nuancer … ? »,  « N’y a-t-il pas des limites à cette analyse… ? » ou si c’est une critique positive, « Ne retrouve-t-on pas là une tradition, une approche classique de.. ? ». Il faut annoncer ou suggérer les problèmes éventuels auxquels expose ce problème ou cette thèse. 

Le développement s’organise en fonction des parties du texte. Par exemple si le texte s’articule en 3 parties , votre développement sera structuré en 3 grandes parties. 

On attend dans ce développement 2 choses simultanées : 

1.une explication linéaire du texte sans paraphraser en montrant comment l’auteur présente ( construction du texte) et argumente (contenu argumentatif) sa thèse. Pour cela, il faut préalablement découper clairement le texte (en indiquant les lignes du début et fin de chaque partie), et expliquer le contenu de chaque partie :

a)  en montrant comment elle s’enchaîne à la partie précédente,

b) en explicitant les arguments ou exemples utilisés. Tout doit être expliqué. Les passages difficiles ne doivent pas être mis de côté, il vaut mieux tenter une explication avec des précautions (il semble que l’auteur veuille dire par là.., on peut interpréter cela de la manière suivante…) que de faire l’impasse totale, qui n’est qu’une fuite devant la difficulté. Il faut régulièrement citer le texte, pas des phrases entières (inutile de recopier le texte ou chaque phrase expliquée !) mais des expressions ou renvoyer à  telle ou telle ligne.

c) en insistant sur ce qu’elle apporte de plus et en quoi elle amène la partie suivante

A la fin de chaque partie , il faut faire une rapide synthèse en rappelant l’argument central de cette partie de l’argumentation et son rapport à la thèse, puis annoncer la partie suivante. 

2. en même temps que vous expliquez le texte, arguments et exemples, il faut  montrer que ceux-ci donnent à penser donc à réfléchir d’une manière plus générale.

Pour cela, on peut choisir en fonction du texte, des arguments et de ses connaissances différentes options :

a.   On peut par exemple montrer que l’idée qu’avance l’auteur est originale par rapport à ce qui a été pensé avant lui par d’autres, et montrer ce que cet argument apporte justement de différent, ou de neuf,

b.  On peut aussi alors montrer ce que va apporter cette thèse pour le futur, ce qu’elle inaugure déjà . Par exemple cet argument sera réutilisé par tel ou tel auteur postérieur

c.  Ou au contraire montrer que cet argument est très classique ou l’exemple choisi éculé.

d. On peut après avoir expliqué l’argument ou l’exemple insister éventuellement ses limites ou les limites de sa pertinence OU le prolonger par un approfondissemente. On peut critiquer d’une manière plus générale la thèse globale de l’auteur dans le texte en montrant soit à l’occasion de l’explication d’un argument ou dans un dernier paragraphe final  ses limites ou/et ses lacunes ( extrapolation, présupposés discutables, erreur logique (rare !)  (Nb :il est clair que tout cela est bien plus facile à faire si on a  des connaissances précises et solides et une bonne maîtrise de la chronologie ) 

La conclusion doit faire le bilan de l’ensemble du devoir. Donc il faut rappeler le thème , la thèse de l’auteur et faire un résumé des étapes de l’argumentation et insister sur ce que vous avez retiré du texte : pertinence de la thèse et/ou acuïté du problème soulevé et/ ou  originalité de la manière de traiter ce problème et/ ou limites de ce traitement et des arguments . Tout dépend votre position par rapport au texte. Inutile  ici ,comme dans une dissertation, de faire pour finir une ouverture.                                      

test de connaissances – séries technologiques

Répondez le plus précisément possible aux questions suivantes :                 

Q1 : quels sont les deux sens du mot « penser » ?1……………………………………………………………………………………………………………………..

2……………………………………………………………………………………

Q2 : qu’est-ce que l’ethnocentrisme ?C ‘est …………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Q3 : que signifie cette phrase d’Edgar Morin « l’homme est un être culturel par nature parce qu’il est un être naturel par culture » ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..      Q4 :quel adjectif , faisant référence à un mythe grec, permet de dire en un mot que l’homme est au départ un être inadapté à la nature et qu’il doit par la maîtrise du feu et de la technique compenser cette faiblesse naturelle ?       …………………………………………..

Q5 : Comment peut-on distinguer désir et pulsion ?

Une pulsion, c’est ……………………………………………………………………………………………………………………

Un désir, c’est…………………………………………………………………………………………………………………………     

Q6 : si pour Platon, le désir est manque, pour Spinoza, le désir est………………………………..     

Q7 : quelles sont les quatre grandes  peurs de l’homme selon Epicure dans la Lettre à Ménécée C’est la peur de…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………      Q8 : Pour Epicure, d’où viennent ces peurs  et comment peut-on s’en débarrasser ?………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Q9 : Comment appelle-t-on en philosophie l’état dans lequel on imagine ( sans preuve historique, ce n’est qu’une hypothèse !) que les homme vivaient avant de vivre dans des Etats, sous  des lois ? …………………………………………………………….

Q10 : qui a dit « l’homme est un loup pour l’homme » ? C’est…………………………………

Q11 : L’avantage du contrat social  de  Rousseau, c’est qu’en obéissant à loi, on obéit en fait à …………………. , car  la loi est expression de la volonté …………………..  . Cette volonté n’est pas la ………………………….. des volontés particulières (et  donc une volonté majoritaire) mais ce qui reste quand on a……………………….  ce qu’il y a de particulier dans ces volontés particulières et quand chacun ne pense qu’à l’intérêt commun.

Q12 : qui a dit « ne pouvant faire que ce qui est juste soit fort, on a fait que ce qui est fort soit juste » ? C’est …………………………….

Q13 : Aristote distingue l’égalité …………………………… où 1= 1, de l’égalité ……………………………. où  1=1 selon ses besoins, ses revenus, ses compétences, etc.

Q14 : qui est le philosophe qui a proposé la théorie du voile d’ignorance pour sortir des discussions stériles sur ce qui est juste ou injuste ? C’est ………………………………………

Q15 : Pour Kant ou Hegel, il ne suffit pas de faire un acte moral pour être moral, que faut-il en plus ?Il faut en plus que …………………………………………………………………………………………………………………………

Q16 : comment appelle-t-on en philosophie, la faculté de faire des choix spontanés et contingents ? C’est le……………………….…………………………

Q17 : pour Descartes, la connaissance des termes du choix empêche de choisir librement, car on est influencé parce qu’on sait.Vrai ou faux ?  ……………………

Q18 : on utilise l’exemple de l’…… de Buridan, qui, s’il est  placé à égale distance d’un seau d’avoine et du bac d’eau et s’il a autant soif que faim, meurt entre les deux de faim et de soif, incapable de faire un choix, parce qu’il n’est pas libre. A l’inverse un homme ferait, lui, un choix mais au hasard ou ferait celui de ne pas choisir en prenant les deux ou en renonçant. Mais cette liberté, c’est ce qu’on appelle la liberté d’indifférence et c’est selon Descartes, le plus bas degré de la liberté.

Q19 : si on pense que la liberté, c’est l’……………………………. alors être libre, c’est faire tout ce qui nous plaît sans aucune contrainte, ni loi. Mais si on pense que la liberté, c’est l’……………………………., alors être libre, c’est « obéir à la loi qu’on s’est soi-même prescrite » comme le dit Rousseau. Et dans ce cas, ce n’est pas la loi qui s’oppose à la liberté, mais la loi imposée par les autres et dans laquelle on ne se reconnaît pas, ce qu’on appelle…………………………………………………

Q20 : qui a dit « l’homme est condamné à être libre » ? C’est………………………………… . Il utilise l’exemple du …………….. pour montrer que même si l’homme rencontre des obstacles à ses projets, ces obstacles ne sont que relatifs à son projet, à la force de son projet et que même si l’obstacle s’avère infranchissable, il y a encore des choix à faire, ne serait-ce que le choix de l’attitude face à cet obstacle infranchissable.

Q21 : pourquoi la liberté peut-elle être un fardeau ? Car si on est libre, alors on est ……………………………. Et pour éviter cela, on va s’inventer des excuses : je ne pouvais pas faire autrement, l’homme est comme ça, j’ai un inconscient…..

Q22 : qui a dit : « le destin conduit celui qui acquiesce et entraîne celui qui refuse » ?  C’est ……………………………, c’est un philosophe ……………….. car il distingue ce qui dépend de nous ( notre jugement et notre volonté) et ce qui ne dépend pas de nous ( le corps, la vie, la mort, la place dans la société, le destin..) et pense que la liberté consiste à comprendre et accepter la nécessité, le destin.      

Q23: Pour montrer que la liberté est selon lui une illusion, Spinoza compare les hommes à………………………………………………..…………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Q24 : qui a dit «  l’art n’imite pas le visible, il rend visible l’invisible » ?  C’est le peintre ……………………………….

Q25 : comment définit-on une œuvre d’art à partir de la fin du XVIIIème siècle ?  ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Q26 : pour quel philosophe est-il interdit de mentir, même à un criminel qui me demande si mon ami qu’il veut tuer est chez moi.C’est ………………………. .      

Q27 : quels sont les 4 critères de vérités ? 1…………………………………2……………………………………3………………………………………  4……………………………………………….

Q28 : quels sont les deux plus solides ? 1…………………………………. 2………………………………….

Q29 : Qui propose de parier que Dieu existe, car c’est le pari le moins risqué en l’absence de preuve ? C’est …………………………….

Q30 : La science répond à la question du ………………………. mais pas à celle du ………………….. et du ………………………… d’où une place pour la croyance et la religion.

TRUCS et ASTUCES

1. Pour mettre en relief le problème du texte et trouver un axe critique concernant la thèse de l’auteur, on peut penser aux autres thèses sur ce même thème. Par exemple, Nietzsche soutient sur la question de la place de la conscience dans la définition de l’homme que cette conscience est simplement née du besoin de dire à l’autre ce dont on a besoin parce que nous sommes des êtres faibles qui ne pouvons nous passer du secours d’autrui. Du coup, la conscience est pour lui trés superficielle et grégaire. Il s’oppose sur ce point avec Kant qui fait du fait de posséder le je dans sa représentation, un privilège humain qui élève l’homme infiniment au dessus de toutes les choses et créatures. Il s’oppose aussi à Sartre et à l’idée de translucidité de la conscience qui fait qu’il ne reconnait pas l’existence de l’inconscient au sens de Freud et a bien du mal à expliquer la mauvaise foi.

Du coup, pour choisir votre axe critique, il suffit de vous positionner

– soit vous êtes du côté de la thèse de l’auteur et dans ce cas, vous renforcez son argumentaire en soulignant à quelles autres thèses, il s’oppose et avec quelle pertinence.

– soit vous êtes du côté d’une autre thèse de celle défendue par l’auteur et dans ce cas, après avoir exposé ses arguments, vous soulignez ses limites par rapport à votre thèse. ( si on ne fait pas de la conscience le propre de l’homme, comment le distinguer alors des animaux, comment justifier sa dignité et le respect qui lui est du, ou comment exiger de lui qu’il se connaisse, se maîtrise, assume ses responsabilité en tant qu’homme!)

2. Pour étoffer l’explication du texte et de ses arguments, vous pouvez repérer « les mots à potentiel philosophique », pourrait-on dire. C’est-à-dire des mots qui sont  des concepts, des notions  vus en cours. Et à partir d’eux, au détour d’une phrase, en profiter pour montrer que vous maîtrisez leur définition et que vous pouvez vous servir de ce que vous savez sur cette notion pour éclairer son usage ici, l’argument dans lequel elle est insérée.

ESSAYEZ SUR CES TEXTES:

TEXTE 1 ( pour les STG, repérer thèse, étapes et thèse adverse!)

« L’expérimentation à elle seule est incapable de découvrir la (ou les) causes d’un phénomène. Dans tous les cas, il faut prolonger le réel par l’imaginaire, et éprouver ensuite ce halo d’imaginaire qui complète le réel. Ce saut dans l’imaginaire est fondamentalement une opération « mentale », et aucun appareil ne peut y suppléer. Claude Bernard, fort lucidement, avait bien vu cet aspect, et dans son schéma : Observation-ldée-Expérimentation, le processus psychologique créant l’idée est laissé dans une totale obscurité, mais il insiste sur sa nécessité (contre Bacon qui prétendait que l’expérience répétée pouvait fournir – par induction – l’idée de la loi). Autrement dit, l’expérimentation, pour être scientifiquement significative, ne dispense pas de penser. Il est sans doute exact que certains des plus brillants résultats expérimentaux de notre siècle ont été l’effet d’erreurs, d’actes manqués, voire de simples hasards, comme la contamination accidentelle de colonies bactériennes par le Penicillium notatum. Mais on serait bien en peine de justifier socialement le maintien du formidable appareil expérimental qui caractérise notre époque par le bricolage ou l’erreur féconde, et en tout cas ces arguments seraient difficilement compatibles avec l’expression « méthode expérimentale ». Concluons : l’expérience est guidée soit par un besoin technologique immédiat (par exemple : tester les propriétés de tel ou tel matériau sous telle ou telle condition) ou par une hypothèse, fruit d’une expérience mentale qui la précède et dont on veut éprouver l’adéquation au réel. C’est dire que toute expérience est réponse à une question, et si la question est stupide, il y a peu de chances que la réponse le soit moins. ». René THOM ( 1986)

TEXTE 2 ( pour les séries générales, trouver « mots à potentiel philosophique » et thèse adverse)

Corrigé du texte de René thom

Thèse adverse: On dit des sciences de la nature par opposition aux mathématiques  que ce sont des sciences de l’observation, donc on dit par là qu’en physique, biologie, chimie, toute la connaissance vient de l’observation. C’est elle qui nous permettrait de voir et de dégager les lois de la nature. Il suffirait de bien observer pour comprendre et expliquer, c’est la thèse EMPIRISTE.

Thèse de l’auteur: Dans ce texte, René Thom soutient le contraire : certes l’observation comme la vérification sont importantes mais sans le travail théorique de formulation d’hypothèse, d’imagination, elles ne nous apprendraient rien à elles seules. Il faut faire parler les faits, savoir quoi observer pour que les faits parlent. Ils ne parlent pas tout seul. C’est donc en imaginant ce qu’on ne voit pas qu’on explique ce qu’on voit : on voit les effets, les apparences, on doit imaginer, penser les causes, la chose. Cette thèse qui donne au travail théorique la première place tout au long de la démarche scientifique expérimentale est posée en début ( Ligne 1 à 3) et fin de texte ( ligne 12 à 15).

Etapes de l’argumentation : Lignes 1 à 3 : Le texte s’ouvre sur la thèse. René Thom y souligne les limites de ce que peut apporter l’expérimentation à elle seule. On peut prendre ici expérimentation , soit au sens d’observation, soit au sens de vérification expérimentale. Mais dans un cas comme dans l’autre, sans théorie, l’expérience ne sert à rien. SI on prend expérience au sens d’observation,  il ne suffit pas de voir un phénomène pour comprendre immédiatement sa loi, sa cause. Le phénomène est un cas particulier d’une loi générale ou  il est un effet, et il faut trouver la loi, la cause. Pour cela, bien observer ne suffit pas, il faut réfléchir, imaginer des causes possibles. Par exemple, si je vois un objet tombé, je ne vois pas pour les forces d’attraction et d’inertie qui explique sa chûte, il faut que je les imagine. De même, ce n’est parce que je vois deux objets tombés que pour autant, je peux dire que tout objet tombe, il me faut penser qu’il se pourrait que la nature soit soumise à des lois, et que j’ai là des cas particuliers d’une loi générale que je ne peux voir, on ne voit que du particulier pas du général. Donc à partir de ce que je vois, je dois pour l’expliquer imaginer ce que je ne vois pas.SI on prend expérience au sens de vérification expérimentale, il est évident qu’il doit d’abord y avoir une théorie à vérifier et que cette théorie est une hypothèse, une image que l’on a formée  pour expliquer ce qu’on a vu.DONC dans les deux cas, le travail théorique est incontournable, il faut penser ce qu’on ne voit pas. Expliquer, ce n’est pas décrire ce qu’on voit, c’est trouver la cause que l’on ne voit pas, c’est ce travail que Thom appelle « compléter le réel », le réel étant ce que je vois, touche, sent…Et comme il le précise c’est l’esprit seul du scientifique qui peut faire ce travail. Un microscope, un microscope  permet de voir mieux qu’un œil  mais cela ne permet pas nécessairement de mieux comprendre. Le progrès de la connaissance  ne vient  pas du perfectionnement des instruments d’observation, mais de celui des théories de plus en plus précises, cohérentes….

Lignes 3 à 7 Dans ces lignes, il va replacer sa thèse dans la lignée de la pensée de Claude Bernard et l’opposer à celle de Bacon.  Claude Bernard (1813-1878) était un médecin qui a écrit un livre sur ma méthode expérimentale en médecine. Il soulignait que la méthode expérimentale passe par 3 phases : observation, puis formulation d’une hypothèse explicative et vérification de cette hypothèse. Donc même s’il n’expliquait  pas comment  naît cette hypothèse (par rapport à ce qu’on sait déjà, le génie, changement de représentation des choses), il mettait le travail théorique au cœur de la démarche expérimentale. Il fait parti des philosophes RATIONALISTES. Claude Bernard s’oppose à Francis Bacon (1561-1626) qui était un philosophe EMPIRISTE.L’empirisme est une doctrine épistémologique (en philosophie et en psychologie) qui fait de toute connaissance le résultat de notre expérience sensible . ( d’où l’idée de tabula rasa, la table rase, chez Locke :  au départ notre esprit est vide, et c’est au fur et à mesure que l’on voit et sent les choses,  que les idées apparaissent. Je ne  peux pas avoir l’idée de table avant d’avoir vu un table).Les empiristes partent donc du principe que nos idées et connaissances nous viennent de nos sens et de nos expériences. Les idées et les théories ne sont alors que des copies de la réalité. La connaissance est INDUCTIVE, c’est-à-dire que l’on va du particulier passer au général et même à l’universel. Si j’observe que la même chose se répète un nombre de fois suffisant dans les mêmes conditions ou des conditions variées et que je n’observe rien de contradictoire, je peux en conclure qu’il y a une loi. Les empiristes partent donc du fait que les faits parlent d’eux-mêmes et qu’il n’y a pas besoin d’u  travail théorique. DONC René Thom est un Rationaliste, il penser qu’observer ne suffit pas, il faut aussi penser ce qu’on observe pour passer des effets aux causes, du particulier au général. Pour lui, la science est DEDUCTIVE, HYPOTHETICO-DEDUCTIVE, non INDUCTIVE. Le schéma de Bernard est juste et défini bien la méthode en science. Lignes 7 à 12 Là, René Thom constate que  dans l’histoire des sciences, certaines découvertes ont été faite sans suivre cette méthode. Ces découvertes ont même été faites sans méthode, sans  les avoir cherchées. Elles ont été faites par Hasard ou par Erreur. Il donne l’exemple de la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming. Le 3 Septembre 1928, il enquêtait sur les propriétés des staphylocoques. Il avait la réputation d’être un chercheur remarquable mais négligent ; il oubliait le plus souvent les cultures sur lesquelles il travaillait et son laboratoire était d’habitude en plein désordre. Après des grandes vacances, il remarqua que beaucoup de ses boîtes de culture avaient été contaminées par un champignon et les avait donc mises dans du désinfectant. Devant montrer son travail à un visiteur il récupéra certaines des boîtes qui n’avaient pas été complètement trempées et c’est alors qu’il remarqua autour d’un champignon une zone où les bactéries ne s’étaient pas développées. Il isola un extrait de la moisissure, l’identifia correctement comme appartenant à la famille du pénicillium et appela cet agent pénicilline. Ceci dit ce n’était certes pas la première fois qu’une culture bactérienne était infectée, et si Fleming n’avait pas noter le fait de non infection, le champignon et penser que cela pourrait être utilisé pour empêcher ou faire disparaître une infection, il n’aurait pas compris   l’importance du phénomène , ne l’aurait pas noté, ni expliqué. Donc même si il y a un facteur hasard, le hasard seul ne produit rien sans un travail théorique.Et de toute façon, on ne peut pas en conclure de ces cas exceptionnels que la méthode en science, c’est qu’il n’y a pas de méthode et qu’il faut s’en remettre à la chance. Cela ne ferait pas très sérieux et cela ralentirait considérablement le progrès de la connaissance, car on ne maîtrise pas par définition la chance, elle ne dépend  pas de nous ; tandis que la qualité de la théorie dépend de nous ( même si le génie ne se décide pas !).

Lignes 12 à 15 Tout ceci permet à René Thom de conclure en reprenant sa thèse en insistant sur un point : non seulement on ne peut rien expliquer et vérifier sans un travail théorique d’imagination d’hypothèse, MAIS EN PLUS, on ne peut rien observer  sans savoir d’abord qu’est-ce que l’on veut observer ! C’est ce qu’il explique pour finir : on ne s’avance pas vers la réalité, sans avoir UN PLAN D’OBSERVATION , comme le disait déjà Bachelard . On a soit quelque chose à tester pour pouvoir avoir une application technique, soit une hypothèse théorique à vérifier. En ce sens on peut dire que TOUTE OBSERVATION EST POLEMIQUE, comme le disait encore Bachelard.

DONC LES FAITS NE PARLENT PAS D’EUX-MEMES, ILS NE FONT QUE REPONDRE A NOS QUESTIIONS, C’EST LE SCIENTIFIQUE QUI LES FAIT PARLER ! C’EST LA THEORIE QUI FAIT QU’IL Y A OBSERVATION ET EXPERIMENTATION, ET PROGRES DE LACONNAISSANCE !                                                                                                            

Corrigé du texte d’Alain

On a tendance à considérer que la science a le monopole de la vérité, car elle est en mesure de prouver ses théories ; elle peut, au regard de son domaine d’étude, montrer l’accord entre la théorie et le réel. Par réel, nous entendons ce que sont les choses, mais sommes-nous en mesure de dire ce que les choses sont ? C’est à cette question que répond Alain, dans ce texte, objet de notre explication. En effet, à partir d’une distinction entre l’apparaître et l’être, il va soutenir que la science ne peut pas prouver ses théories, si on entend par preuve, le fait de nous montrer qu’elles sont bien ce qui explique le réel, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on ne puisse  pas juger de l’exactitude ou de l’inexactitude d’une théorie scientifique. C’est par cette distinction entre apparence et réalité et par une définition de la démarche et des buts de la science que s’ouvre le texte, lignes 1 à 3. Puis Alain illustre cette démarche par l’analyse d’un exemple, aux lignes 3 à 10, pour finir par dénoncer l’attente de preuve en science. On pourra cependant se demander si poser une chose derrière les apparences n’est pas une perception parmi d’autres de la réalité et si elle ne rend pas prisonnier d’une physique classique ?Lignes 1 / 3, Alain commence par exposer  une règle de conduite, « il faut remonter de l’apparence à la chose ». Cette règle est celle de la démarche scientifique. La science doit à partir des apparences, de ce qui nous apparaît, retrouver ce qui se cache derrière, « la chose » La chose, c’est ici la substance, ce qui se tient dessous. La substance, c’est ce qui sert de support, de substrat aux accidents. C’est ce qui demeure sous ce qui change. Ce qui change, c’est l’apparence, c’est-à-dire la manière d’apparaître de la chose pour celui qui la regarde, la sent. On comprend bien qu’une même chose peut avoir différentes apparences ou apparaître selon le point de vue de celui qui la regarde, ou selon les moyens utilisés pour la regarder. Mais Alain va même plus loin « il n’y a point au monde de lunettes ni d’observatoire d’où l’on voit autre chose que des apparences ». En somme, nous sommes condamnés à ne voir que des apparences. L’observation est en effet un processus qui ne se comprend que dans le trio : observateur-observation-observé. Ce qui apparaît dépend certes de ce qui est mais aussi de celui qui observe. Il est impossible de dissocier les qualités observées du sujet qui les observe. Si bien que l’on peut croire que ce que l’on voit, c’est ce qui est, d’où les illusions d’optique. Il faut donc se méfier des apparences et parvenir à une « perception » de la chose qui est derrière. Si voir est une sensation, percevoir est une activité intellectuelle, une inspection de l’esprit qui, à partir des données de la sensation, va penser ce qui est. On peut penser ici au morceau de cire de Descartes, où en distinguant les qualités secondes ( celles qui changent selon les états de la cire, solide, liquide) et les qualités premières qui, elles, demeurent, on peut saisir la cire, la penser. On peut aussi penser aux analyses d’Alain lui-même sur le cube que personne n’a jamais vu, mais que tout le monde perçoit. Ces distinctions faites entre apparences et chose, voir et percevoir, Alain qualifie la science de « perception droite », c’est-à-dire non erronée, exacte et cette exactitude, qui concerne la correspondance avec la chose, se juge à son pouvoir explicatif des apparences. Ne pouvant voir la chose ( puisque nous sommes condamnés à ne voir que les apparences) , on ne peut que juger de cela que par rapport à la capacité d’expliquer les apparences dans leur diversité et mobilité. On ne peut voir la cause, ni juger de la pertinence de l’explication de cette cause par rapport à ce qui est en soi, on ne peut évaluer que sa capacité à expliquer les effets, que sont les apparences pour nous.  C’est ce que va illustrer Alain avec l’exemple de la perception du soleil. Les lignes 3 à 10 sont en effet consacrer à cet exemple, qui permet aussi à Alain d’illustrer la démarche du scientifique dans sa recherche de la vérité. Il commence par justifier une pensée possible par rapport à la position du soleil par rapport à ce que l’on voit. Si on se fie à notre sensation visuelle, il est possible de placer le soleil à cette distance, de « deux cents pas en l’air ». Il souligne aussitôt que cette hypothèse théorique permet d’expliquer d’autres  apparences, comme le soleil au dessus des arbres et des collines qui n’ont pas une telle distance par rapport au sol que le soleil par rapport à nous. Par contre cette hypothèse ne permet pas d’expliquer les ombres parallèles, ni le coucher du soleil au lointain. Là la théorie n’est pas en cohérence avec ce qui apparaît, en passant de la verticale à l’horizontale, la distance devrait rester la même ! Donc le soleil devrait se coucher à 200 mètres devant moi. De même le triangle formé par la base de 100 mètres et visant à 200 mètres le soleil devrait former deux droites qui se coupent et non deux parallèles. Il semble donc que cette distance accordée théoriquement au soleil ne puisse rendre compte de ce qui est perçu, soit trop  courte. Cette démonstration souligne à la fois les limites de l’expérience immédiate, qui, est comme le dit Bachelard un « obstacle épistémologique », dont il convient de se libérer pour avoir une perception droite, que toute théorie fait apparaître des phénomènes jusqu’ici non retenus, comme des faits. Le coucher du soleil ne devient un fait que parce qu’il vient infirmer les prévisions autorisées par cette distance de 200 mètres, on retrouve ici l’idée de « fait polémique », chère à Bachelard. Enfin on voit bien que la science progresse par un aller-retour entre la théorie et l’expérience, même si celle-ci à elle seule ne permet pas de rendre compte de ce qui est. Tout cela oblige donc comme le dit Alain à « reculer le soleil » par rapport à la position initiale, celle imposée par le témoignage des sens, par l’expérience première. Ce recul est aussi celui que doit avoir la théorie par rapport à l’expérience. La théorie ne doit pas être la simple reformulation par induction de ce qui est observé. Elle doit permettre de rendre compte de ce qui est observé et quand il y a différentes explications possibles, c’est celle qui permettra d’expliquer le plus de choses de manière cohérente qui devra être retenue, jusqu’à ce que, à sa lumière, de nouveaux faits apparaissent. C’est d’ailleurs ce que s’efforce de démontrer Galilée, lors de son procès, la théorie héliocentriste est plus cohérente avec l’ordre de l’univers et permet d’expliquer plusieurs phénomènes comme les marées (même si l’explication de Galilée est ici fausse) et peut-être accordée  avec les expériences de Tycho Brahé des boulets (même référent). C’est donc bien le pouvoir explicatif qui fait l’exactitude d’une théorie par rapport à ce qui apparaît et non pas la vérification de la correspondance avec ce qui est. Faute d’expérimentation possible, on ne peut prouver, on ne peut que « conclure », comme le dit Alain,  à propos de la grosseur du soleil. La théorie est donc le résultat d’une démonstration, non d’une observation.Et comme le dit Alain, en conclusion de cet exemple aux lignes 9/10, quand je déduis par la pensée et donc par des raisonnements des observations que le soleil « est fort gros », je ne peux le vérifier, car de mon point de vue sur la terre,  je continue de le voir plus petit que la terre. Si le soleil est gros, il continue d’apparaître petit. Si bien que cet énoncé, le soleil est « fort gros » n’est pas ce que je vois, mais ce que « je pense », car en rester à ce que je vois, ne permettrait pas de rendre compte de tout ce que je vois. On peut penser que ce « je pense » s’oppose à un « je connais », car, comme le disait Kant, pour qu’il y ait connaissance, il faut ajouter à l’idée par synthèse une expérience correspondante, or celle-ci n’est pas possible, si cette pense concerne non pas seulement ce qui apparaît ( le phénomène) mais ce qui est ( la chose en soi). On peut penser aussi que ce « je pense » se distingue d’un « je sais ». Comme le dit ailleurs Alain « penser n’est pas croire », même si cette théorie sur la grosseur du soleil semble pouvoir rendre compte d’un plus grand nombre d’apparence du soleil qu’une autre, on ne peut affirmer être certain de cela ; Cette certitude impliquerait là encore une preuve, or on ne peut voir la chose telle qu’elle est. C’est ce que  met en image Einstein avec la montre, le scientifique se doit de rendre compte des causes du mouvement des aiguilles, du tic-tac mais ne peut ouvrir le boitier pour vérifier la correspondance de ce qui est avec sa théorie. De plus cette certitude ne serait donc  qu’une croyance empêchant le progrès de la connaissance. L’esprit scientifique se forme en se réformant, il se caractérise par une ouverture à la critique !A partir de cet exemple, Alain a donc montré les limites de la vérification en science mais cela ne l’empêche pas de dire qu’il est possible de distinguer la perception scientifique des autres, de juger de « l’exactitude » de la théorie, non plus avec le critère de la correspondance ( on ne peut pas montrer que la théorie correspond à ce qui EST) mais sur le critère de la cohérence et du pouvoir explicatif ( on peut démontrer que la théorie permet de faire tenir ensemble des apparences, la théorie correspond à ce qui apparaît »). La démonstration d’Alain ne l’amène donc pas à un SCEPTICISME concernant la science : rien ne pouvant être montré, rien  n’est donc vrai ! Mais il n’exige pas cependant de la science l’impossible comme ceux qui n’ont pas saisi ces distinctions entre voir et percevoir, être et apparaître. C’est sur ce point que se conclut cet extrait.Aux lignes 10 à 13, Alain revient sur « les discussions » concernant la science. Ces discussions sont philosophiques. Si la science prétend à la vérité, c’est parce qu’elle a,  comme le disait Auguste Comte avec sa loi des 3 états, réduit son domaine d’étude à celui de l’observable et ses prétentions à rendre compte des lois invariables qui expliquent la liaison des phénomènes. La science veut donc pouvoir vérifier ses théories et prétend rendre compte de l’ordre des choses pas seulement de leurs apparences. Et c’est cette prétention qui fait débat : comment peut-on vérifier une théorie alors qu’on ne peut faire toute l’expérience possible ( Popper), comment peut-on être sûr que c’est l’ordre des choses qui est révélé ( Hume, Einstein) ? En somme, on interroge cette correspondance entre la théorie et le réel. Et souvent on en conclut que cette correspondance étant impossible à établir ( la chose nous restant impossible à atteindre, comme l’a montré Alain aux lignes 1/3) , on ne peut vérifier la vérité d’une théorie et donc renoncer à parler de vérité en science. Pour Alain, cette discussion n’aurait pas lieu si justement on s’était rendu compte que nous sommes condamnés aux apparences. D’abord cela permettrait d’éviter de croire qui ce que l’on voit, c’est ce qui est, et on éviterait par là bien des erreurs ! Ensuite cela permettrait de ne pas demander à la science l’impossible à savoir faire voir ce qu’elle avance !Et enfin cela permettrait de se rendre compte que cela ne conduit pas pour autant à réduire la science à une perception parmi d’autres du réel, à ne pas pouvoir départager des théories entre elles. Non, même si on ne peut montrer qu’une théorie est plus exacte qu’une autre, on peut démontrer qu’elle est plus féconde qu’une autre, qu’elle permet de mieux rendre compte de ce qui nous apparaît, tout en sachant que ce n’est là qu’une apparence , dépendant de la référence prise, à savoir nous.Alain invite donc à  ne pas prendre au pied de la lettre les apparences, à ne pas en rester aux apparences ; il se peut que la théorie ne corresponde pas à ce que je vois, même si elle peut rendre compte de ce que je vois. Ceci dit, on pourrait reprocher à Alain de penser le réel en termes de « chose » et  donc de présupposer qu’il y a derrière les apparences quelque chose qui demeure. Si la position d’Alain dans ce texte permet de penser que ce qui est n’est peut-être pas ce qui apparaît, en donc d’accepter une autre physique que la physique classique et une autre description de la réalité. On peut comprendre que la table qui parait « solide » ne pourrait l’être  qu’à notre échelle et donc que  si nous avions une perception fine de l’agitation qui règne au cœur de la matière, nous verrions que cette apparence inerte qui nous entoure est en réalité d’un dynamisme infini où tous les contours se dissolvent. Mais c’est toujours le concept de chose qui lui sert à penser les apparences, pour leur donner une réalité. Mais on peut penser que ce concept n’a aucune validité dès que l’on considère les niveaux les plus subtils de la matière. Tout ce raisonnement chosique, c’est-à-dire le fait de penser une chose derrière les apparences perd sa signification dès que l’on aborde le domaine quantique de la matière. L’idée, par exemple, qu’une chose doit nécessairement être « là » et ne pas être « ailleurs» n’a plus aucun sens. La théorie quantique ne raisonne qu’en terme de probabilité d’événements et de champs. Il existe une probabilité – elle est extrêmement faible mathématiquement – que ma voiture, que j’ai rangé dans le garage, soit demain matin dans la pelouse. Cela paraît absurde dans la logique chosique avec laquelle nous interprétons d’ordinaire les apparences. Ce n’est pas absurde d’un point de vue physique. Nous pensons le monde comme fait d’objets distincts, séparés et notre idée de la causalité fondée sur la vigilance est locale. Vivant dans une représentation fragmentaire du réel, notre sens de la relation, de l’interaction, de l’intrication des phénomènes entre eux est très pauvre. La nouvelle physique établit très nettement que le monde physique n’obéit pas à cette logique. Au cœur de la matière, il n’y a pas de distinction stricte entre des « objets », pas de séparation et la causalité est non-locale. Ce qui conduit notamment à la possibilité d’une corrélation infinie des événements et d’une information simultanée au niveau du champ unifié de la matière. Après avoir pensé une chose derrière les apparences, après s’être rendu compte que ces apparences dépendent  de l’échelle, la physique contemporaine propose  une nouvelle perception radicalement différente de la pensée chosique qui nous sert communément pour penser le réel. Les théoriciens quantiques présupposent plutôt que une chose  derrière les apparences, un  quelque chose , à savoir une unité dynamique du réel.Nous avons donc vu qu’Alain invite à distinguer être et apparaître, qu’il attend de la science dans un aller et retour entre l’observation et la théorie rende compte de ce qui se cache derrière les apparences et permet de les expliquer, comme des effets d’une cause. Nous avons vu enfin que cela invite à penser la science, comme l’explication de ce qui correspond à ce qui est, mais qu’on ne peut attendre de la science qu’elle prouve cette correspondance, elle ne peut montrer que sa capacité à expliquer ce qui apparaît, nous avons vu enfin que cette vision de la réalité ( une chose derrière les apparences) est peut-être ce qui empêche d’aller plus loin et de penser le réel comme le pense la physique quantique. Cette vision de la réalité peut donc constituer un nouvel obstacle épistémologique après l’expérience première, qui amène à croire que ce que l’on voit, ce qui apparaît est ce qui est.

 

 

L’exigence de justice a-t-elle sa place dans les rapports économiques ?

 

 Introduction : Les rapports économiques se sont tous les rapports où il y a échange monétaire. Ce sont essentiellement les rapports entre employé salarié et employeur et entre vendeurs et acheteurs. L’économie, c’est donc ce qui touche les conditions matérielles de la vie en société, la production, la distribution, la consommation et les rapports économiques, ce sont les échanges entre les acteurs économiques que cela entraîne. Normalement, la notion d’échange renvoie à celle de se livrer des objets ou des services considérés comme équivalents. Donc l’échange présuppose l’égalité, donc une certaine justice. Mais quand on regarde la cruauté des rapports économiques dominés par la logique du profit on se demande si cette égalité est encore présente, s’il s’agit réellement d’un échange ou tout simplement d’un vol, d’une exploitation. Mais on constate aussi que cette logique du profit aurait une vue à bien court terme si elle laissait une trop grande inégalité s’instaurer, si l’échange économique paraissait vraiment trop injuste. Aussi peut-on se demander si l’exigence de justice n’a pas  sa place dans les rapports économiques ? S’interroger sur cela, c’est s’interroger sur les liens entre justice et  économie, mais aussi sur les buts de l’économie et sur ce que l’homme peut accepter sans crier à l’injustice.Les rapports économiques ne peuvent-ils pas paraître étrangers à toute exigence de justice ? N’ont-ils pas pour autant besoin d’une certaine justice ? Et l’homme peut-il se contenter d’une économie, d’un fait  injuste ?

 Plan

I .Comme le cœur des rapports économiques, c’est l’échange monétaire et la richesse, il semble qu’ils soient sourds à toute exigence de justice.- En effet, si la monnaie n’était qu’un intermédiaire permettant la commensurabilité des biens échangés et n’avait pas en soi de valeur, la valeur venant de l’usage, du besoin et du travail incorporé pour répondre au besoin, elle est devenue une fin en soi, le but de l’échange. Ce qu’Aristote dénonçait déjà sous le nom de  chrématistique, l’art d’acquérir des richesses non pas pour répondre à ses besoins ( acquisition naturelle correspondant au nécessaire) mais pour acquérir sans limite des richesses d’où « opulence et grandes fortunes ». Les rapports économiques ne sont plus alors fondés sur le besoin ( limité et naturel) mais sur le désir d’avoir, d’être reconnu ( illimité et culturel).  Dés lors, les rapports économiques vont nécessairement engendrer des inégalités et être corrompu par ce culte de l’argent. On sera prêt à tout échanger, à voler, à exploiter pour plus de profit et d’enrichissement, au mépris de la morale et parfois même du droit positif. – Cette logique du profit a besoin d’inégalité pour survivre. L’offre ne répond pas à la demande de tous , mais à une demande solvable. Ainsi comme elle ne s’adresse qu’à elle, elle peut faire des prix permettant du profit. Le privilège de pouvoir consommer augmentent la valeur d’échange et donne de la valeur à des choses qui n’ont pas de valeur d’usage en soi.  De même, s’il y a misère sociale, demande importante sur le marché du travail ,cela permet de tirer plus de profit d’une main d’œuvre sans choix, n’ayant pas d’autres choix que de se laisser exploiter. De même,  la concurrence inégalitaire ou/et le monopole dans la production permettent de s’enrichir davantage. La sphère financière se sépare peu à peu de celle de la vie. – Et puis, les rapports économiques même non corrompus sont fondés sur l’intérêt privé et la relation économique n’est que la rencontre d’intérêts privés communs. Ils constituent donc un faux lien social qui lui repose sur le sentiment d’appartenir à un tout, dans la reconnaissance d’un intérêt commun, général. Et ils peuvent même être une menace pour la collectivité. Nous sommes ici dans des transactions individuelles qui peuvent être dangereuses au plan collectif pour l’écologie, la sécurité, la liberté …

TR : Mais en rester là n’est-ce pas  compromettre à terme les rapports économiques eux-mêmes ? L’économie n’a-t-elle pas intérêt à ce qu’il y ait plus de justice dans les rapports économiques ?

 II. Les rapports économiques pour perdurer, prospérer  ont besoin d’une certaine régulation étatique ou supra-étatique :

-le jeu de la concurrence a besoin que soient condamnés les trafics, l’économie souterraine, donc il faut un cadre légal.

-les rapports marchands ont besoin d’une confiance des consommateurs ( libre-concurrence dans certaines limites, le même prix pour chacun . C’est la justice commutative fondée sur une égalité arithmétique 1acheteur = 1 acheteur)

-dans les rapports de production, il peut sembler utile de récompenser le plus méritant, le plus performant (  C’est la justice distributive : répartition proportionnelle). Cela peut favoriser productivité et consommation.

-les rapports internationaux exige une bonne entente, donc peu de conflits or l’inégalité trop importante ou qui paraît injuste est source de conflits. D’où l’idée de Rawls de poser comme condition à l’acceptation de l’inégalité économique qu’il y ait eu au départ égalité des chances et que l’enrichissement de certains profitent à ceux qui sont les plus défavorisés.

D’où la nécessité d’une certaine redistribution de la prospérité par l’Etat pour soutenir aussi la demande, sans quoi il y a surproduction, marché saturé et perte de profit.

L’argument « éthique » ( ou moral) peut même être un argument de vente . C’est le cas des produits respectant l’environnement, mais aussi des conditions de travail respectueuse des droits de l’homme ou encore du « commerce équitable ». Le label Max Havelaar garantit l’achat direct de produits de qualité aux producteurs à un prix « juste », c’est-à-dire lui permettant de vivre décemment sans subir les fluctuations du marché ( 5%du marché du café en France).  Mais ATTAC voit ici un moyen de résister aux dérives de la mondialisation et d’humaniser en quelque sorte les rapports économiques. On pourrait y voir aussi un retour à ce qu’est par nature le commerce, l’échange économique .

TR :  Ou une simple volonté de ne pas se  contenter de ce qui est, d’essayer d’accorder le fait au droit ?

 III. Les rapports économiques engageants des hommes, on ne peut qu’exiger qu’ils soient le plus justes possible. Comme le dit Kant  « si la justice disparaît, c’est chose sans valeur que le fait que les hommes vivent sur terre ». La justice ne peut céder le pas au simple désir du matériel, du profit. Le droit ne doit pas s’ajuster au fait, mais c’est le fait qui doit s’élever au niveau du droit. Le droit du travail va dans ce sens, non seulement il remet le travail au cœur de l’échange, car c’est lui qui produit de la valeur, mais il entend défendre contre la pure logique du profit le respect de l’échange, et de l’homme. On ne peut l’exploiter, ni l’aliéner. C’est la même préoccupation qui est au cœur de l’éthique écologique face aux échanges purement individuels  (texte 2 p159). Les échanges économiques sont là au départ pour répondre aux besoins des hommes, donc le cœur de l’économie, c’est l’homme et son respect s’impose. Si tout s’achète et se vend, il convient de rappeler qu’il existe quelque chose sans prix, car ayant une valeur absolue, la personne humaine. 

 Dc si la justice n’a plus naturellement sa place dans les rapports économiques, elle peut l’avoir dans une certaine mesure et ce doit de l’avoir car ce sont des hommes qui sont dans des rapports éco et font l’éco.

La science

  

Théorie et expérience

  • l’empirismeOn pense ici que l’observation, l’expérience sont les seules sources de la connaissance. Il suffit de bien observer , d’accroître l’efficacité du regard pour que la nature dévoile ses lois. On s’oppose à l’innéisme et au rationalisme, et on part du principe de Locke (1632-1704) selon lequel on départ l’esprit est « une table rase » que les objets de l’expérience viennent marquer. Les conditions de cette information de l’esprit sont : une totale objectivité ( comme le dira Popper « la connaissance objective est une connaissance sans connaisseur, sans sujet connaissant ), les  conditions de l’induction (un grand nombre d’observation, dans des circonstances variées et aucune observation contradictoire).

2. Ses limites

on peut démontrer aisèment que si « toute notre connaissance débute par l expérience, cela ne prouve pas qu »elle dérive toute de l expérience » ,selon Kant, car si sans intuitions sensibles ( expérience) les concepts sont vides et creux ( simple idée ou postulats) , sans concepts, les intuitions sont aveugles et ne disent rien ; et que, donc, l’empirisme est insuffisant, stérile et impossible 

On peut montrer

-l’insuffisance des critères de l’induction ( ex. de la dinde de Russell)

-l’impossibilité de passer par induction du particulier au général, à l’universel sans le postulat du déterminisme de la nature, remis en question par le principe d’incertitude d’Heisenberg ou la physique quantique

– l’impossibilité d’une observation scientifique sans arrière fond théorique (1,2) et objective (3) car :

1. les instruments utilisés pour observer ( microscopes, télescopes, instrument de mesure…) sont déjà en eux-mêmes « des théories matérialisées », comme le note Bachelard.  

2. Il n’y a de fait scientifique que s’ il y a déjà théorie, question, hypothèse. En effet, comme le dira Claude Bernard « une simple constatation des faits ne pourra jamais constituer une science ». L’observation est toujours particulière et passive. « les sens ne donnent jamais que des exemples, c »est-à-dire des vérités particulières et individuelles » , selon Leibniz. Il y a « fait scientifique » que s’il y a « observation polémique » selon Bachelard Ex : la gravitation ou loi de l’attraction de 1687 de Newton , comme réponse à l’observation polémique du mouvement circulaire de la terre en contradiction avec la récente découverte du principe de l’inertie, venant mettre un terme à des siècles de physique aristotélicienne selon laquelle l’essence du mouvement est de s’arrêter, conformément à l’observation. Comme le dit R. Thom « toute expérience est réponse à une question et si la question est stupide , il y a peu de chances que la réponse le soit moins ». Du coup, il y a une place pour l’imagination en science. En général, on considère l’imagination comme « maîtresse d’erreur et de fausseté »  comme le dit Pascal, comme capable de faire douter la raison ( ex. de la planche entre les 2 tours de Notre-Dame de Paris , de Montaigne). Mais l’imagination permet d’organiser le divers sensible, de proposer une première synthèse, par ex. , je vois une partie et j’imagine le reste. Elle permet ,comme les mots, de donner au travers d’image , une « idée corporelle » des choses pensées. L’imagination , en déformant les images premières par une explosion d’image est , selon Bachelard , « la science de l »hypothèse ». Comme le dit Einstein , « les concepts physiques sont des créations libres de l’esprit » et le scientifique se doit d’être « ingénieux » pour découvrir uniquement au mouvement des aiguilles et au tic tac, le fonctionnement du boitier fermé qu’est l’univers. (Texte photocopié) DONC en science ce qui semble prévaloir ce n’est pas l’observation , certes importante, mais la théorie qui vient décider, orienter et guider l’observation. Les faits ne parlent pas d’eux-mêmes, ne sont pas donnés, « les faits sont faits » , comme disait Poincaré. Reconnaître  cela, c’est reconnaître ce que Kant a appelé dans la critique de la raison pure  «  la révolution copernicienne de la science » ( texte photocopié). De la même manière que Copernic a montré que  le soleil, et non la terre, est le centre du système ; le centre de la connaissance est le sujet connaissant. C’est lui qui par sa raison  produit des « expériences abstraites » inobservables ( ex. le plan incliné de Galilée pour un mouvement rectiligne et uniforme) qui « prolonge » et éclaire le réel. C’est lui qui «  prend les devants » et « force la nature » à repondre à ses questions. Le scientifique est un activiste, « un  essayeur » ; Il n’observe pas passivement  la nature, « tenu en laisse ». 

  • les limites de l’objectivité scientifique : la science n’est pas « un empire dans un empire », séparé   d’un monde matérialiste,divisé et dominé par des idéologies. Elle est en prise directe avec la société pour laquelle elle représente un investissement et en laquelle elle voit un marché financier et un public à satisfaire. Deux exemples montrent bien cela :

ex.n°1 : opposition entre Darwin (1809-1882) et Lyssenko (1898-1976)

ex.n°2 : l’affaire de la découverte de Piltdown de 1911 à 1953 où on voit des facteurs extra-scientifiques ( préjugés culturels racistes, vénération de l’objet scientifique, compétitivité …) aveugler les scientifiques.

Comme le dira Popper , « la pureté de la science pure est un idéal probablement impossible à atteindre », et de plus l’objectivité ne vient pas de celle du scientifique qui ne peut être d’aucun temps, d’aucun lieu ; mais de l’ouverture de la science à la critique par tradition, par compétition, par institution.  

II. Science et vérité

 On a tendance à associer science et vérité mais 

1.la limite de la vérification expérimentale ex.n°1: la querelle entre Pasteur et Pouchet en 1864 doute de Pasteur mais enjeux économiques et idéologiques.ex.n°2 : les expériences venant «  invalider » la théorie de Copernic : la tour, la roue,la taille des étoiles, de Vénus et de Mars.« L’échec de la prédiction peut venir de n’importe quelle partie de la situation complexe soumise aux tests autre que la théorie elle-même » Chalmers 

2.les limites de la conception de la vérité:

– la conception probabiliste(1) dans la lignée de la conception traditionnelle (2) de la vérité comme« vérité correspondance », absolue et universelle car les probabilistes ne mettent pas en doute que ce qui est observé est LA réalité et vise le 100%.

– la conception falsificationniste (K.Popper). Il prétend rompre avec (1) et (2). Pour (1) , il affirme que la probabilité qu’une théorie scientifique (loi universelle) soit vraie est nulle car n cas favorables sur une infinité de cas possibles égaux est égale à 0.Pour (2) , il affirme qu’ « un système de conjectures et d’ anticipations n’est ni vrai ni plus ou moins certain ni même probable ». pour lui, les hypothèses ou conjectures ne sont que des « essais » qui tant qu’ils résistent à l’épreuve des tests sont des « essais réussis » , des « corroborées ». Et ici , le degré de corroboration n’est pas un critère de vérité, une conjecture reste une conjecture. Ce degré de corroboration est simplement « la mesure de rationalité qu’il y a à accepter à titre d’essai , une conjecture problématique en sachant que c’est une conjecture mais qui a été l’objet d’un examen minutieux ».

– une conception pragmatique ( W. James 1842-1910 ) en rupture aussi.« Science d’où prévoyance ; prévoyance d’où action » disait Comte.« Le vrai consiste uniquement dans ce qui est avantageux pour la pensée » et l’action, selon W.James

« Il n’y a pas d’autotité supérieure à l’assentiment du groupe concerné ; pas de critère universel, hormis celui-ci : celui de résoudre des problèmes » selon Kuhn.