ça se passe en mars…

Les sujets !

Sujet 1 : Peut-on apprendre à penser ? (sections L/S/ES)

Sujet 2 : Les mots nous séparent-ils de la réalité ? (sections L/ES)

Etre libres, est-ce faire ce qui nous plaît ? (section S)

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant : (sections S/ES)

L'image “http://tbn0.google.com/images?q=tbn:zrCDYof4FsTd7M:http://www.sagecraft.com/puppetry/performance/ltg/guignol.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.« Il y a un défaut de l’esprit que les Grecs ont désigné sous le nom d’Amathia, indocilité*, ou difficulté d’apprendre et de s’instruire ; cette disposition paraît venir de la fausse opinion où l’on est que l’on connaît déjà la vérité sur l’objet dont il s’agit, car il est certain qu’il y a moins d’inégalité de capacité entre les hommes, que d’inégalité d’évidence entre ce qu’enseignent les mathématiciens et ce qui se trouve dans les autres livres. Si donc les esprits des hommes étaient comme un papier blanc ou comme une table rase , ils seraient également disposés à reconnaître la vérité de tout ce qui leur serait présenté suivant une méthode convenable et par de bons raisonnements ; mais lorsqu’ils ont une fois acquiescé à des opinions fausses et les ont authentiquement enregistrées dans leurs esprits, il est tout aussi impossible de leur parler intelligiblement que d’écrire lisiblement sur un papier déjà barbouillé d’écriture. Ainsi la cause immédiate de l’indocilité est le préjugé, et la cause du préjugé est une opinion fausse de notre propre savoir. »

*anglais indocibility : désigne chez une personne le fait d’être réfractaire à tout enseignement

Semaine de la presse du 17 au 22

« Le journal du matin est la prière de l’homme moderne »

Hegel


 

Texte pour réfléchir sur le « on » que représente le lecteur dans ses prises d’informations comme dans son existence quotidienne :

L'image “http://tbn0.google.com/images?q=tbn:3TFZI4ADl5OSgM:http://www.unil.ch/webdav/site/acidul/shared/Images_Photos/journaliste.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.« Cette distantialité inhérente à l’être-avec implique que le Dasein* se tient, en tant qu’être-en-compagnie quotidien, sous l’emprise des autres Il n’est pas lui-même; l’être, les autres le lui ont confisqué. Le bon plaisir des autres dispose des possibilités d’être quotidiennes du Dasein. Par là ces autres ne sont pas des autres déterminés. Au contraire, chaque autre peut en tenir lieu. La seule chose décisive en pareil cas est que la domination des autres se remarque si peu que, sans s’en rendre compte, le Dasein en tant qu’être-avec l’a déjà reprise à son compte. On fait soi-même partie des autres et on renforce leur puissance. Les autres, comme on les appelle pour camoufler l’essentielle appartenance à eux qui nous est propre, sont ceux qui, dans l’être-en-compagnie quotidien, d’abord et le plus souvent, sont là. Le qui, ce n’est ni celui-ci, ni celui-là, ni nous autres, ni quelques uns, ni la somme de tous. Le qui est le neutre, le on

 

Dans l’usage des moyens publics de transport en commun et dans le recours à des organes d’information (journal), chaque autre équivaut l’autre. Cet être-en-compagnie fond complètement le Dasein qui m’est propre dans le genre d’être des autres à tel point que les autres s’effacent à force d’être indifférenciés et anodins. C’est ainsi, sans attirer l’attention, que le on étend imperceptiblement la dictature qui porte sa marque. Nous nous réjouissons et nous nous amusons comme on se réjouit ; nous lisons, voyons et jugeons en matière de littérature et d’art comme on voit et juge; mais nous nous retirons aussi de la grande masse comme on s’en retire; nous trouvons révoltant ce que l’on trouve révoltant. Le on qui n’est rien de déterminé et que tous sont, encore que pas à titre de somme, prescrit le genre d’être à a la quotidienneté.

 

Le on a lui-même ses propres manières d’être. La tendance de l’être-avec que nous avons nommé la distantialité repose sur l’être-en-compagnie qui comme tel est préoccupé par l’être-dans-la-moyenne…

 

Cet être-dans-la-moyenne, à l’intérieur duquel est tout tracé d’avance jusqu’où il est possible et permis de se risquer, surveille toute exception tendant à se faire jour. Toute primauté est sourdement ravalée. Tout ce qui est original est terni du jour au lendemain comme archi-connu. Tout ce qui a été enlevé de haute lutte passe dans n’importe quelle main. Tout secret perd sa force. Le souci d’être-dans-la-moyenne révèle une autre tendance essentielle au Dasein que nous appelons le nivellement de toutes les possibilités d’être…

 

Chacun est l’autre, aucun n’est lui-même. Le on avec lequel la question de savoir qui est le Dasein quotidien trouve sa réponse, c’est le personne à qui tout Dasein, à peine s’est-il mêlé aux autres s’est chaque fois déjà livré ».

Heidegger Etre et Temps, Gallimard, p. 169-171.

*Dasein, mot allemand signifiant au sens propre être là ou « être le là » comme le propose Heidegger lui-même, ce qui en français est peu éclairant ! Il est difficile aussi de traduire le mot par existence, qui en allemand se dit existenz, et désigne la réalité humaine. « L’essence du Dasein réside dans son existence » dit encore Heidegger, c’est à dire dans son dépassement ; Le Dasein, difficilement traduisible, est le lieu de la compréhension de l’Etre.

 

 

 

Printemps des poètes du 3 au 16

L'image “http://tbn0.google.com/images?q=tbn:eIu4O4f879GpnM:http://motsetmauxdemiche.blog50.com/images/medium_Le_Nu_Perdu_Rene_Char_614813.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. « La science ne peut fournir à l’homme dévasté qu’un phare aveugle, une âme de détresse, des outils sans légende.

Au plus dément : le sifflet des manoeuvres. »

René Char, le nu perdu

 

Examen blanc du 10 au 14

L'image “http://silverfox.free.fr/shadok/devise09.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Brève thérapie à l’usage des élèves qui présentent un vice très dangereux pour la réussite de leurs épreuves : parler plus que de raison…

[0] SUR LE BAVARDAGE.

[1] C’est pour la philosophie une cure difficile à entreprendre et à mener à bonne fin que celle du bavardage. Le moyen de se guérir de cette maladie c’est d’écouter.

Or les bavards n’écoutent jamais. Ils parlent toujours ; et le premier mal de leur intempérance de langue, c’est qu’elle les empêche de rien entendre. Leur surdité est volontaire. Ils ont l’intention, je pense, de protester ainsi contre la nature, qui ne nous a donné qu’une seule langue en même temps qu’elle nous a pourvus de deux oreilles. Si donc Euripide a eu raison de dire à un auditeur peu intelligent :

« Je ne saurais remplir ton cerveau toujours vide,
Ni verser la raison dans une âme stupide »,

on dirait plus judicieusement encore au bavard, ou plutôt à propos du bavard :

« Je ne saurais remplir oreille toujours vide,
Ni verser la raison dans une âme stupide ».

Disons mieux : « ni verser des paroles dans les oreilles d’un homme qui parle sans être écouté et qui n’écoute pas quand on lui parle. »

Si par hasard il prête un instant son attention, ce n’est qu’un mouvement de reflux : car il va bientôt redonner au centuple ce qu’il a reçu.

Victor Bétaulaud, Œuvres complètes de Plutarque – Œuvres morales, t. I , Paris, Hachette, 1870


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