Compte rendu de la matinée à L’Opéra pour le spectacle

PICASSO ET LA DANSE

http://photos.cityvox.com/photos_400/68/18/266820.jpg© M. Loginov

Si l’on s’en tient au niveau des émotions de l’ensemble des spectateurs il ressort deux jugements bien tranchés. Le premier consiste à affirmer un désintérêt pour l’ensemble du spectacle, ce désintérêt n’est fondé que sur un goût (ou dégoût) déjà ancré et que les ballets n’ont pas ébranlé. Un certain nombre de spectateurs nuancent cependant ce rejet, en affirmant qu’il ne s’agit que d’une incompréhension, en particulier en ce qui concerne le premier ballet (PARADE). Le dernier ballet a été unanimement apprécié.

Un premier sujet philosophique : « faut-il comprendre une œuvre d’art pour l’apprécier ? » vient ici à l’esprit.

Le premier ballet « Parade » est assez étrange, il relève de la période cubiste qui en son temps (1917) a fait scandale. Si Parade a fait l’objet d’un véritable scandale en son temps, il nous intrigue autant aujourd’hui.

Un second sujet philosophique vient à l’esprit : Le rapport d’un œuvre a son époque : « Une œuvre d’art est elle intemporelle ? »

Une dernière partie des spectateurs ont applaudi le spectacle en son ensemble malgré le manque d’unité des trois ballets. On remarque un intérêt pour les chorégraphies, les décors, les costumes et la musique. Par exemple on note la synchronisation, l’harmonie des danseurs et leurs mouvements saccadés. L’évocation à l’œuvre picturale de Picasso ponctuée de trois périodes distinctes que vient épouser la musique est remarquable.

Le problème philosophique est alors le statut même d’une œuvre d’art, composée de formes variées et d’artistes multiples : « qu’est ce qu’une œuvre d’art totale ? »

Enfin on s’interroge sur soi-même et sur la réception de ce spectacle qui ne laisse pas indifférent ; on se demande si notre jugement de goût, critique ou bienveillant, peut être partagé pas tous. Certains se sont interrogé sur le jeune âge des spectateurs, qui ont cependant participé au spectacle en amateurs fervents. Un autre sujet philosophique : « Existe-t-il un jugement de goût universel ? » malgré nos préférences, notre subjectivité, sommes nous en mesure de nous accorder ?

Rappel des ballets :

Parade, 1917
Jean Cocteau, argument
Erik Satie, musique Pablo Picasso, rideau, décors et costumes
Léonide Massine, chorégraphie originale

Pulcinella, 1920
Igor Stravinsky, d’après Pergolèse, musique
Pablo Picasso, décors et costumes
Ana Maria Stekelman, chorégraphie nouvelle

Cuadro Flamenco, 1921
Suite de danses andalouses, musiques et chorégraphies traditionnelles
Pablo Picasso, décors et costumes
Remontées par Beatriz Martin et Ricardo Franco, avec le concours de l’Ecole de Flamenco du Conservatoire Royal de Madrid.

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