On peut s’interroger sur l’opportunité de travailler en collaboration avec un chef d’orchestre dans le cours de philosophie. En effet, les relations entre musique et philosophie ne sont pas aussi étroites que l’on pourrait penser, malgré la relation à l’esthétique que celle ci entretient et le thème de « l’art » placé au programme des classes terminale. Ce thème reste bien souvent indéterminé pour les élèves et étudiants ayant des difficultés à faire une synthèse entre les différentes formes d’art qu’ils connaissent (littérature, arts visuels, arts du spectacles, etc.) La musique est déjà pour la plupart écartée du cursus scolaire et l’accès aux concerts remis à plus tard pour diverses raisons (âge, mode, temps libre , fascinations pour les écrans, etc.) Notre public, scolaire, envisage tout au plus comme une fastidieuse contrainte la musique dite classique.
Cette année encore, dans le cours de philosophie, le choix des exemples par le professeur a été délibérément orienté vers l’art plastique en général, et la peinture en particulier. Le cours comprend trois moments de réflexion : la création, le statut de l’objet d’art et le jugement de goût. Dans la classe terminale S1, nous avons abordé ces trois problématiques distinctes par le biais de ce qui s’offrait à nous comme exposition Douglas Gordon à la collection Lambert, le musée du petit palais (thème de la nativité et des vanités) et enfin le film Dead Man dans le cadre de lycéen au cinéma. L’œuvre complète choisie pour l’oral du baccalauréat est l’œuvre d’art à l’époque de la reproductibilité technique de Walter Benjamin. Tout cela ne nous dit rien sur la musique !
Dans la lignée des grands philosophes, les questions que se posent tout musicien, tout mélomane ou simple amateur restent sous silence. Sauf si nous faisons nôtres ces interrogations, à la manière du questionnement philosophique : Qu’est-ce que la musique ? Quel est le statut de l’œuvre musicale, de son interprétation ? A-t-elle quelque chose à nous dire ? Est-ce un langage, est ce de l’art, que transmet-elle ? Autant de questions qui disparaissent souvent aux yeux des élèves sous le fatras de commentaires érudits ou par le mutisme de leurs propres émotions. Ce sont ces interrogations que nous voudrions soulever à la lumière des philosophes qui ont analysé ou mentionné la musique et mieux que quiconque pour en parler, l’éminent chef d’orchestre M. Jonathan Schifman (chef d’orchestre et directeur artistique) que nous avons la chance de recevoir en Avignon, d’entendre à l’opéra-théâtre, et peut-être d’inviter au lycée…
à suivre…
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Le terme de musique peut être défini de plusieurs manières. Il s’agit tout d’abord d’un art : celui de combiner les sons en respectant certaines règles (notes, tempo,nuances..). La musique peut également être définie comme une émission de son intentionnellement combinés entre eux.
Cet art peut être considéré comme un langage puisqu’il respecte une écriture spécifique et conventionnelle, qui est commune à tous les musiciens et qu’ils sont donc capable de comprendre quelque soit le morceau qu’ils étudient.
Ce sont les compositeurs qui,lors de la création de morceaux, transmettent un message qui peut être interprété de diverse manière. En effet, deux personnes qui écoutent un même morceau pourront éprouver des sentiments différents.C’est pourquoi la question de l’interprétation peut se poser : Jusqu’à quel point pouvons nous aller dans l’interprétation d’un œuvre musicale ? Devons-nous toujours respecter les volontés de l’auteur, ou pouvons-nous parfois enfreindre quelques unes de ses consignes ?
Enfin, comme pour toute œuvre, nous pouvons nous demander quels morceaux peuvent être considérés comme des œuvres d’art.
Amandine C. (TS1)
Le commentaire d’Amandine est fort intéressant. Je réponds en premier lieu sur la question de savoir ce qui « fait » la musique. Nous avons en esthétique deux réponses opposées et irréductibles :
– Les partisans de l’acoustique, et tous ceux qui prétendent élaborer une esthétique scientifique, affirment que la musique est faite avec des sons et qu’il est possible de mesurer des qualités acoustiques (hauteur, timbre, intensités seraient des unités de mesure physique).
– Les métaphysiciens, à l’inverse, pensent que la musique est faite pour l’essentiel d’Idées, à peine sensibles par l’intermédiaire des notes, et privilégient la qualité spirituelle de la mélodie sur la matière.
Mais les deux partis doivent céder quelques concessions : d’un coté les sons sont des sons (matière), mais il faut bien qu’il soit combinés pour plaire à l’oreille ; d’un autre coté, il faut bien que les idées les plus hautes soient transmises par les sens. C’est la phénoménologie qui renvoie dos à dos ces deux courants adverses, mais c’est un autre cours…