http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/98/Rameau_par_Aved.jpg/250px-Rameau_par_Aved.jpg « Pour votre question, savoir si on peut établir la raison du beau, c’est tout de même que ce que vous demandiez auparavant, pourquoi un son est plus agréable que l’autre, sinon que le mot beau semble plus particulièrement se rapporter au sens de la vue. Mais généralement, ni le beau ni l’agréable ne signifient rien qu’un rapport de votre jugement à l’objet ; et parce que les jugements des hommes sont si différents, on ne peut dire que le beau ni l’agréable aient aucune mesure déterminée. Et je ne le saurais mieux expliquer, que j’ai fait autrefois, en ma Musique ; je mettrai ici les mêmes mots, parce que j’ai le livre entre les mains « Entre les objets d’un sens, le plus agréable à l’esprit n’est pas celui qui est perçu avec le plus de facilité, ni celui qui est perçu avec le plus de difficulté. C’est celui dont la perception n’est pas assez facile pour combler l’inclination naturelle par laquelle les sens se portent vers leurs objets, et n’est pas assez difficile pour fatiguer le sens. » J’expliquais « ce qui est perçu facilement ou difficilement par le sens » comme, par exemple, les compartiments d’un parterre qui ne consisteront qu’en une ou deux sortes de figures, arrangées toujours de même façon, se comprendront bien plus aisément que s’il y en avait dix ou douze, et arrangés diversement ; mais ce n’est pas à dire qu’on puisse nommer absolument l’un plus beau que l’autre mais, selon la fantaisie des uns, celui de trois sortes de figures sera le plus beau, selon celle des autres, celui de quatre, ou de cinq, etc. Mais ce qui plaira à plus de gens, pourra être nommé simplement le plus beau, ce qui ne saurait être déterminé ». DESCARTES

Descartes hérite de la longue collaboration entre musique et philosophie, collaboration due essentiellement au lien entre musique et mathématique. Cependant, au XVII° siècle, la musique ne se confond plus avec les mathématiques. C’est plutôt la mathématisation de la physique qui va rapprocher la musique de cette dernière. L’œuvre de Descartes semble préparer un siècle en avance, la fondation de l’acoustique. En se détachant des mathématiques, la musique va s’autoriser une théorie propre et constituer une réflexion sur les sons autonome. Cette séparation interroge alors la philosophie qui suit de près la mise en place de nouvelles sciences. En outre, le problème métaphysique de l’union de l’âme et du corps va rejaillir par les théories musicales qui instaurent la question des passions esthétiques et leur double acoustique.

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