Dans la critique de la faculté de juger, Kant analyse le jugement de type « c’est beau » et le jugement non moins important en esthétique du sublime :

« Est beau, ce qui plaît universellement sans concept« 

« Le sublime est ce qui est grand au-delà de toute comparaison. »

Kant entend alors classer les différentes formes d’art selon leur valeur respective. Après la poésie, Kant affirme qu’il rangerait  » s’il s’agit de l’attrait et du mouvement de l’âme, l’art qui se rapproche le plus de la poésie et des arts du langage, et qui peut très naturellement s’y associer, autrement dit : la musique «  § 26

Cependant la musique est pour lui une activité « purement sensible » et un retournement s’opère en faveur des arts dits visuels si on choisit un autre critère que l’aspect verbal pour classer la musique parmi les beaux-arts : la musique est jugée « sans reste pour la réflexion », elle est ce qui dérange le philosophe lorsque qu’elle vient de chez les voisins !  Bien sûr, juger la musique à l’aulne de la connaissance, cela ne veut pas dire qu’elle ne demande aucune connaissance intellectuelle ou théorique, comme pour la composition qui demande parfois autant que la poésie. Mais la musique pour celui qui la perçoit, reste chez Kant du coté des sentiments, procurant plus de « jouissance » que de « culture ».

« [La musique] produit une agréable jouissance personnelle. En revanche, si l’on estime la valeur des beaux-arts d’après la culture qu’ils procurent à l’âme, et si l’on prend pour critère l’extension des facultés qui doivent coïncider dans le jugement pour produire des connaissances, la musique sera reléguée au dernier rang des beaux-arts […]. De ce point de vue, les arts de l’image la dépassent largement. […] D’autre part, on peut imputer à la musique un certain manque d’urbanité, car […] ses effets dépassent la limite qu’on voudrait leur assigner (et s’étendent jusqu’au voisinage), et elle s’impose en quelque sorte, portant préjudice à ceux qui n’appartiennent pas à la société de musique ; ce qui n’est pas le cas des arts qui s’adressent à l’œil, puisqu’on peut toujours détourner son regard […]. Ceux qui ont recommandé qu’on chante des cantiques à l’occasion des dévotions domestiques n’ont pas réfléchi à la pénible incommodité que ces exercices bruyants font subir au public… ».

Kant, Critique de la faculté de juger, § 53

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