« Même l’animal le plus accompli ne peut pas montrer ce corps finement organisé, infiniment plastique, que nous apercevons déjà en l’enfant qui vient de naître. Cependant, l’enfant apparaît tout d’abord dans une bien plus grande dépendance et indigence que les animaux. Néanmoins, sa nature supérieure se révèle déjà ici. Le besoin se fait connaître en lui d’emblée de manière violente, rageuse, impérieuse. Tandis que l’animal est muet, ou n’exprime sa douleur que par des gémissements, l’enfant extériorise le sentiment de ses besoins par des cris. Par cette activité idéelle, l’enfant se montre d’emblée pénétré par la certitude qu’il est en droit d’exiger du monde extérieur la satisfaction de ses besoins, – que la subsistance-par-soi du monde extérieur, face à l’homme, est une subsistance-par-soi nulle et non avenue. »
HEGEL,
Encyclopédie des sciences philosophiques, III, Philosophie de l’esprit, 1827, § 396 Add. Traduction. B. Bourgeois, Vrin, 1988, p. 433
