Dans l’état théologique, l’esprit humain, dirigeant essentiellement ses recherches vers la nature intime des êtres, les causes premières et finales de tous les effets qui le frappent, en un mot vers les connaissances absolues, se représente les phénomènes comme produits par l’action directe et continue d’agents surnaturels plus ou moins nombreux, dont l’intervention arbitraire explique toutes les anomalies apparentes de l’univers.
Dans l’état métaphysique […] les agents surnaturels sont remplacés par des forces abstraites, véritables entités (abstractions personnifiées) inhérentes aux divers êtres du monde, et conçues comme capables d’engendrer par elles-mêmes tous les phénomènes observés, dont l’explication consiste alors à assigner pour chacun l’entité correspondante.
Enfin, dans l’état positif, l’esprit humain reconnaissant l’impossibilité d’obtenir des notions absolues, renonce à rechercher l’origine et la destination de l’univers, et à connaître les causes intimes des phénomènes, pour s’attacher uniquement à découvrir, par l’usage bien combiné du raisonnement et de l’observation, leurs lois effectives, c’est-à-dire leurs relations invariables de succession et de similitude.
Auguste Comte (1798-1857)

Bonjour,
Je ne permets d’intervenir sur cet article car ce dernier m’intrigue plus que les autres.
A sa lecture, un contact (peut être pas judicieux, certainement « basique ») fût mien à savoir que toute connaissance est affaire de ‘focalisations’, de postulats c’est-à-dire de propositions fondamentales que l’on nous demande d’accepter comme vraies, alors même que l’on ne peut les prouver, donc produire à leurs sujets, des preuves irréfutables, autre que ‘l’évidence’. De sorte que toute science est bâties sur des bases bien peu rigoureuses, elle qui pourtant l’est tant par ailleurs, et bien fragiles, dès lors que l’on discrédite les sens.
Elodie
Voici quelques éléments de réponse proposés par NIETZSCHE :
« On dit avec juste raison que, dans le domaine de la science, les convictions n’ont pas droit de cité : c’est seulement lorsqu’elles se décident à adopter modestement les formes provisoires de l’hypothèse, du point de vue expérimental, de la fiction régulatrice, qu’on peut leur concéder l’accès du domaine de la connaissance et même leur y reconnaître une certaine valeur (…). – Mais cela ne revient-il pas, au fond, à dire que c’est uniquement lorsque la conviction cesse d’être conviction qu’elle peut acquérir droit de cité dans la science ? La discipline de l’esprit scientifique ne commencerait-elle pas seulement au refus de toute conviction ?… C’est probable ; reste à savoir si l’existence d’une conviction n’est pas déjà indispensable pour que cette discipline elle-même puisse commencer. (…) On voit par là que la science elle-même repose sur une croyance; il n’est pas de science sans postulat ». Nietzsche
Merci pour cet éclairage.
J’ai parfois l’impression que, quelque soit le champs philosophique que l’on souhait aborder, on « retombe » sur le génie Nietzschéen.
Reste t’il encore « quelque chose » à « penser » pour les philosophes contemporains ou « retomberont » – ils invariablement sur les maîtress ? 🙂
Elodie