Le jeudi 5 février 2009, nous avons eu la chance d’assister à la première de l’orchestre symphonique dirigé par Jonathan Schiffman. Ce fut également la première fois que j’assistais à un concert symphonique.

Malgré notre place (au poulailler), nous avions une parfaite vision de l’ensemble de l’opéra. Tous les musiciens étaient déjà présents sur la scène de représentation. Chacun de son côté accordait son instrument. Tous les sons qui émanaient de ces instruments résonnaient tel un chant discordant. Néanmoins, chaque son qui me parvenait éveillait ma curiosité. J’avais plaisir à regarder les musiciens concentrés dans leur accordement. Chacun semblait comme absorbé dans son monde. Ils ne semblaient même pas gênés par le bruit alentour. La scène était disposée de façon à avoir chaque classe d’instruments réunis, ensemble. Ainsi, les percussions se trouvaient au fond de la scène. Devant eux se trouvaient les instruments à vent tels que les trompettes ou encore les clarinettes. Et enfin, tout devant, nous trouvions les instruments à cordes, pratiquement toutes les sortes d’instruments à cordes, aussi bien les violons que les altos, ou encore la harpe ou le piano, les violoncelles ou les contrebasses …

On pouvait remarquer que le principal violoncelliste, qui était l’invité d’honneur de ce concert symphonique : Gautier Capuçon , avait une place spécialement réservée près du chef d’orchestre, plus précisément au devant de la scène.

Dès l’arrivée de ce dernier, M. Jonathan Schiffman a su s’imposer et montrer sa grandeur. Avec un grand sourire accordé à son public, il présenta les principaux courants artistiques qu’il souhaitait nous faire découvrir ce soir là. La première partie de la soirée était consacrée à deux grands maitres du classique : les Variations sur un thème de Joseph Haydn de Brahms, et Lutoslawski avec ses Variations Symphoniques. Il a notamment expliqué la provenance et la création de chaque morceau qu’il s’apprêtait à jouer en compagnie de son orchestre. Ainsi, pour le premier morceau de ce ‘concert symphonique’ J. Schiffman nous présente les Variations Symphoniques de Lutoslawski. « Lutoslawski, c’est la virtuosité, une œuvre écrite en début de carrière, débordante de multiples couleurs » nous dit le chef d’orchestre. En effet, dès les premières notes de ce fantastique morceau, aussi bien mes yeux que mes oreilles étaient en éveil. Chaque note résonnait en moi comme une douce mélodie. Mes yeux étaient éblouis devant la virtuosité que faisait preuve chaque musicien. Tous les violons sonnaient merveilleusement bien. Ils jouaient tous ensemble, parfaitement unis comme si un seul violon jouait. La vision des différents gestes qui commençaient ou s’arrêtaient pouvait faire penser à une danse harmonieuse. Ce fut un pur moment de musique !

Qu’est-ce que la musique ? Selon moi, la musique est un son, une mélodie que l’on écoute et qui nous suscite une réaction agréable, affective. Écouter ce concert symphonique m’inspirait un vrai moment musical. Le véritable moment d’écoute musicale est un moment que l’on passe en se rendant compte que le temps s’arrête. Ainsi, plus rien aux alentours, plus aucun bruit n’avaient d’importance face à cette mélodie. Plus aucune autre vision ne pouvait octroyer mon regard face aux gestes nets et précis de ces musiciens. En outre, le chef d’orchestre semblait également suspendu par le temps, il vivait les morceaux. Son bras droit battait le rythme, le temps de la mesure alors que son bras gauche faisait preuve de gestes aussi bien amples que secs afin de guider les musiciens dans les différentes nuances. Que ressentez vous quand vous dirigez vos musiciens ? Ce fut la question que nous lui avions posée lors de sa visite au lycée. Il nous a alors répondu qu’il aimait ce qu’il faisait, qu’il appréciait pouvoir « servir la musique du compositeur » à son public, la faire partager avec nous. Lors de la représentation, il était entièrement dans son univers : lorsqu’il voulait que la musique soit plus forte, son corps tout entier traduisait sa volonté, il utilisait aussi bien ses bras que son corps ou sa tête pour se faire comprendre des musiciens. On peut alors dire qu’il vivait totalement le morceau. Je pense qu’il ressent ce que le compositeur voulait exactement pour son morceau. Tel est le métier d’un chef d’orchestre !

De plus, la musique est également le travail intensif de chaque musicien, aussi bien le compositeur, le chef d’orchestre que les interprètes. Alors, écouter la musique serait également écouter le travail des musiciens. En ce qui me concerne, j’ai trouvé les « Variations Symphoniques » de Lutoslawski formidablement interprétée ! En effet, dès les premières notes du morceau, je ne souhaitais plus du tout quitter cet endroit. Par ailleurs, ce fut le premier morceau d’un concert (symphonique) auquel j’assistais. Donc les émotions étaient plus intenses, ma curiosité était au maximum, mon ouïe était des plus attentives…

Ensuite, la musique est aussi un mode de communication. Le chef d’orchestre en dirigeant ses musiciens souhaite nous émerveiller devant le travail de son orchestre. Notamment, il veut nous transporter dans nos émotions. Ce fut le cas pour plusieurs d’entre nous. Il a su exercer son pouvoir afin de nous faire imaginer une scène selon les nuances.

Dans la deuxième partie du concert, nous avons pu voir à l’œuvre la virtuosité du célèbre violoncelliste Gautier Capuçon dans une interprétation du « Concerto pour violoncelle et orchestre » de Dvorak. Son arrivée a été acclamée puisqu’il est l’un des musiciens les plus en vogue du moment. En effet, en voyant son interprétation, je pouvais constater qu’il vivait complètement sa musique. La première impression que l’on pouvait se faire de ce musicien, était qu’il semblait intimidé devant tant de monde, mais également amusé car il aimait jeter un coup d’œil à ses compagnons lorsqu’il ne jouait pas. Malgré tout, lorsqu’il commençait à jouer, on pouvait voir qu’il était très expressif dans ses gestes. Il pouvait tout aussi bien faire des gestes très amples lorsque la musique était plus douce que l’inverse, il jouait d’une manière très vive lorsque le rythme était plus rapide. J’ai trouvé sa prestation incroyable. Seul son vibrato m’a un peu gêné car je le trouvais trop excessif. Néanmoins, c’est ce qui fait sa particularité, puisque tout comme J. Schiffman, il « vivait la musique ». J’appréciais le regarder jouer, le voir bouger si rapidement ses doigts. J’ai pu également remarquer sa complicité avec le chef d’orchestre. En effet, ces deux hommes semblaient comme deux petits garçons qui s’amusaient pleinement lors de ce concert. Ils avaient souvent des regards complices qui traduisaient leur affinité. Ainsi, « lorsque vous dirigez, avez-vous toujours conscience de ce que vous faites ? » J. Schiffman était donc totalement conscient de ce qu’il faisait, il était ravi de la présence de G. Capuçon et on pouvait le ressentir. La musique est aussi un moment de complicité que peut avoir les musiciens entre eux. C’est un moment agréable que l’on aime passer à jouer ou à écouter.

A la fin du concert, tout le monde a bien évidemment acclamé les musiciens mais plus spécialement les deux principales personnes de l’orchestre : Jonathan Schiffman et Gautier Capuçon. Tout deux arpentaient de grands sourires, ravis de leur succès. Nous avons eu la possibilité d’obtenir une dédicace du violoncelliste qui s’est révélé être une personne tout à fait aimable et particulièrement appréciée de son public.

En conclusion, je citerai Platon qui dit : « La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée » car c’est également ce que j’ai ressenti lors du concert. La musique que j’ai écoutée ce jour là m’a transporté ‘au dessus de tout’ tant bien que la musique m’a touchée.

Cette sortie fut une expérience parfaitement plaisante que je n’hésiterais pas à renouveler ! Je n’ai pas du tout été déçue quant à la prestation des musiciens, que du chef d’orchestre que j’avais particulièrement hâte de voir.


2 commentaires pour “Compte rendu de l’Opéra”

  1.  Jean Mauchamp dit :

    Ce texte est rien de moins qu’ un miracle et si l’ auteur est parmi les mines épanouies photographiées, avant ou après le concert, au balcon du poulailler, elle ne me dira pas le contraire. Si on lui avait dit quelques semaines auparavant qu’ elle écrirait ce texte lyrique, coloré, enthousiaste et presque musical, elle aurait éclaté de rire, pensant au fond d’ elle même: « Moi… ça va pas la tête » . Mais qui est le Dieu qui a réalisé ce miracle? Le grand impressionnant CHEF, le beau Gautier et son Violoncelle, le mystérieux Dvorak et sa Musique? Si vous voulez le savoir, lisez le livre écrit par le neurologue Oliver Sacks qui décrit, à travers de très nombreux exemples, comment les notes, les couleurs, les nombres et les mots se croisent dans l’ intimité de notre cerveau… même dans celui de ceux qui croient ne pas en avoir (Oliver Sacks Musicalia). De plus ce texte est un magistral Merci à l’ inconsciente qui a embarqué ses élèves dans cette galère avec la certitude que la Musique peut faire des miracles et l’ espoir qu’ elle adoucit les moeurs. J.M.

  2.  Jean Mauchamp dit :

    J’ ai fait une erreur dans le commentaire précédent: le titre du livre d Oliver Sacks n’ est pas Musicalia mais MUSICOPHILIA La musique, le cerveau et nous. Achetez le à plusieurs, faites le acheter par le lycée, empruntez le comme vous voulez… mais lisez le…. J.M.