L'image “http://tbn1.google.com/images?q=tbn:Zg8JGiiJp4XhGM:http://yeswecannes.blog.lemonde.fr/files/2008/04/palme-dor.1207913454.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Cinéma et philosophie.

[…] « Voilà pourquoi l’expression de l’homme peut être au cinéma si saisissante : le cinéma ne nous donne pas, comme le roman l’a fait longtemps, les pensées de l’homme, il nous donne sa conduite ou son comportement, il nous offre directement cette manière spéciale d’être au monde de traiter les choses et les autres, qui est pour nous visible dans les gestes, le regard, la mimique, et qui définit avec évidence chaque personne que nous connaissons. Si le cinéma veut nous montrer un personnage qui a le vertige, il ne devra pas essayer de rendre le paysage intérieur du vertige, comme Daquin dans Premier de cordée et Malraux dans Sierra de Terruel ont voulu le faire. Nous sentirons beaucoup mieux le vertige en le voyant de l’extérieur, en contemplant ce corps déséquilibré qui se tord sur un rocher, ou cette marche vacillante qui tente de s’adapter à on ne sait quel bouleversement de l’espace. Pour le cinéma comme pour la psychologie moderne, le vertige, le plaisir, la douleur, l’amour, la haine sont des conduites.

Cette psychologie et les philosophies contemporaines ont pour commun caractère de nous présenter, non pas, comme les philosophies classiques, l’esprit et le monde, chaque conscience et les autres, mais la conscience jetée dans le monde, soumise au regard des autres et apprenant d’eux ce qu’elle est. Une bonne part de la philosophie phénoménologique ou existentielle consiste à s’étonner de cette inhérence du moi au monde et du moi à autrui, à nous décrire ce paradoxe et cette confusion, à faire voir le lien du sujet et du monde, du sujet et des autres, au lieu de l’expliquer, comme le faisaient les classiques, par quelques recours à l’esprit absolu. » […]

Merleau-Ponty, le cinéma et la nouvelle psychologie, in sens et non sens, 1945

Modeste bibliographie sur le cinéma :

  • Certains citerons les classiques, il s’agit alors de penser la perception et le statut de l’image sensible :

Platon, « l’allégorie de la caverne », République livres VI et VII

Descartes, « le morceau de cire », Méditations IV

  • Parmi les contemporains du cinéma

Bergson, « la perception du changement » Matière et mouvement

Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique

Gilles Deleuze, l’image-temps, l’image mouvement

Maurice Merleau Pony, le texte cité ci-dessus extrait de la conférence du 13 mars 1945 à l’institut des études cinématographiques.

  • Beaucoup de films illustrent les thèmes de la philosophie au bac ! pensez à citer ceux que vous avez VU sans les réduire à l’anecdote du récit ou au résumé, mais en les considérant comme de véritables œuvres d’art.


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