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Socrate et Xanthippe, gravure de Van Veen, Anvers, 1612.

L’apologie de Socrate c’est la défense du philosophe. Au delà du procès de Socrate nous trouvons une explication philosophique. Une difficulté de ce texte, c’est qu’il est encore littéraire, qu’il fait référence à des mythes, et plus précisément que l’accusé explique qu’il a reçu une mission d’une divinité. Socrate raconte que Khairéphon, un personnage de confiance est allé demander à la Pythie, s’il y avait un homme plus sage que Socrate.

« Y a-t-il un homme plus sage que Socrate ? » est l’idée générale du texte. A cette question, Socrate lui-même répond par la négative, à la suite d’une enquête. En effet, il va examiner dans la cité des hommes connus pour leur sagesse. Les hommes d’Etats, les poètes et les devins, et les artisans. Socrate affirme non seulement qu’il n’y a pas d’homme plus sage que lui mais aussi que la sagesse est inversement proportionnelle à la réputation.

Le problème est la définition de la sagesse (sophia au sens grec). Ce mot a un double sens, il signifie d’une part le savoir, la connaissance et d’autre part, le savoir-faire. Il faut donc que Socrate trouve un homme qui satisfasse à ces deux exigences, qui soit à la fois savant et habile. Qu’est-ce que la sagesse ? On pense généralement opposer, le savoir à l’ignorance, ici Socrate l’oppose à la croyance. Celui qui est sage, est celui qui recherche le savoir (il enquête auprès des autres hommes), et non celui qui croit être sage. Ce dernier est dans l’illusion dont on se doute qu’elle est l’ennemie du philosophe.

Plan du texte :

I ) Les hommes d’Etats :

a) La réputation :

Socrate va les voir volontairement car on exige d’eux qu’ils soient à la fois savants et habiles pour traiter des affaires de la cité. Ces hommes ce sont eux mêmes proposés pour représenter la cité ( naissance de la Démocratie ). « L’Homme est un animal politique » affirme Aristote, ce qui signifie que l’homme qui a la charge de la cité ( polis ) représente aussi l’humanité.

b) Inimitié et ruine d’une carrière :

Socrate devant l’assemblée du peuple « examine cet homme à fond » c’est à dire qu’il l’interroge sur ses prétendues compétences et sur ses savoirs. Par ses questions Socrate conduit l’homme à se contredire lui même : c’est l’ironie.

c) « Je suis plus sage que lui » :

Ni l’un ni l’autre ne possède la sagesse, la seule supériorité de Socrate c’est qu’il ne prétend pas la posséder. Cette formule est paradoxale car ni l’un ni l’autre ne sait rien de vrai mais l’un ignore ( je sais que je ne sais pas ) alors que l’autre croit savoir. L’ignorance de Socrate est celle qu’il met en route pour chercher le savoir. L’homme politique, obligé d’avouer son ignorance, sa prétention, voit son pouvoir destitué, défait.

II ) Les poètes et les devins :

a) La réputation :

Ce sont les représentants des idées intellectuelles et culturelles. Les poètes sont réputés pour leur talent oratoire et pour leur rhétorique. Les devins prétendent tirer leur savoir des dieux, ils ont un pouvoir spirituel. Les deux ont un rapport étroit avec la parole, ils utilisent un discours convainquant.

b) L’accusation :

Certains poètes présents a l’assemblée du peuple qui condamne Socrate. Il leur reproche essentiellement de ne pas savoir élucider leur propos, de ne pas savoir expliquer leur poèmes, de parler pour ne rien dire. D’une part leurs paroles n’ont aucun sens, d’autre part ils parlent de choses qui n’existent pas. Ils sont tout de même un peu plus sages que les hommes d’Etats dans la mesure où ils ont un savoir faire : savoir construire des poèmes, des discours.

c) Poètes et philosophes :

Le poète se réclame d’un discours inspiré, mais il est incapable de le justifier, le sens de ses paroles lui échappe. Il utilise des images alors que le philosophe privilégie le concept.

Le texte est ici:

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2008/09/17/qui-est-le-plus-sage/


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