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Détail de La mort de Socrate, par Louis David, 1787

Au terme de l’analyse, il reste la conscience de l’ignorance socratique : savoir que l’on ne sait rien, c’est pressentir le vrai savoir, telle est la mise en route philosophique. L’oracle veut signifier que les hommes manquent de sagesse parce qu’ils ne la cherchent pas. C’est en ce sens que Socrate est le plus savant. Il enquête, il continue son interrogation auprès des hommes.

Son ironie est piquante : on l’appelait le « taon » parce qu’il stimulait ses interlocuteurs.

Son ironie paralyse : on l’appelait le poisson-torpille, parce qu’il laissait sans voix les plus prétentieux. Ainsi a t il provoqué la haine et la calomnie. Mais il préfère se défendre plutôt que les expédients qui prolongeraient sa vie. Socrate boit la Ciguë en choisissant la justification philosophique de se soumettre à une injustice. (« Il vaut mieux subir une injustice plutôt que la commettre »).

Quelques citations :

Maurice Merleau-Ponty —> (tiré de Eloge de la Philosophie)

« La vie et la mort de Socrate sont l’histoire des rapports difficiles que le philosophe entretient avec les dieux de la cité, c’est à dire avec les autres hommes et avec l’absolu figé dont ils lui tendent l’image. »

« Si le philosophe était un révolté, il choquerait moins car enfin chacun sait à part soi que le monde comme il va est inacceptable. »

« L’ironie de Socrate, c’est une relation distante mais vraie avec autrui, elle exprime ce fait fondamental que chacun n’est que soi et cependant se reconnaît dans l’autre, elle essaie de délier l’un et l’autre pour la liberté. »

F. Nietzsche, le crépuscule des idoles, le problème de Socrate

De tout temps les sages ont porté le même jugement sur la vie : elle ne vaut rien… Toujours et partout on a entendu sortir de leur bouche la même parole, – une parole pleine de doute, pleine de mélancolie, pleine de fatigue de la vie, pleine de résistance contre la vie. Socrate lui-même a dit en mourant : « Vivre – c’est être longtemps malade : je dois un coq à Esculape libérateur. » Même Socrate en avait assez. – Qu’est-ce que cela démontre ? Qu’est-ce que cela montre ? – Autrefois on aurait dit (- oh! on l’a dit, et assez haut, et nos pessimistes en tête !) : « Il faut bien qu’il y ait là-dedans quelque chose de vrai ! Le consensus sapientium démontre la vérité. » – Parlons-nous ainsi, aujourd’hui encore ? le pouvons-nous ? « Il faut en tous les cas qu’il y ait ici quelque chose de malade », – voilà notre réponse : ces sages parmi les sages de tous les temps, il faudrait d’abord les voir de près ! Peut-être n’étaient-ils plus, tant qu’ils sont, fermes sur leurs jambes, peut-être étaient-ils en retard, chancelants, décadents peut-être ? La sagesse paraissait-elle peut-être sur la terre comme un corbeau, qu’une petite odeur de charogne enthousiaste ?…

Le teste est ici :

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2008/09/17/qui-est-le-plus-sage/


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