Claude_Levi_Strauss

COMPTE RENDU DU DOCUMENTAIRE :  CLAUDE LEVI-STRAUSS  répond aux questions de Jean José Marchand (archives de l’INA) par Pierre BEUCHOT

Claude Lévi-Strauss

est né à Bruxelles en 1908. Il appartenait à un vaste mouvement et développait l’analyse structural. Il finit 3ème à l’agrégation de philosophie en 1931.

1. Pourquoi avoir suivi des études de philosophie ?

Il avait surtout le goût des idées. Il s’intéressait à beaucoup de choses telles que la peinture, la musique, les antiquités qui se mariaient très bien avec la philosophie. Pendant cette période il avait plutôt un intérêt pour la politique. Il s’est introduit dans le socialisme (après avoir lu Marx, Engels). Ce mouvement est militant.

2. Relation avec Freud ?

Il affirme avoir connu Freud en classe de philosophie, par l’intermédiaire du père d’un de ses camarades, un familier de Marie Bonaparte. Freud a enseigné à Claude Lévi Strauss que toute chose pouvant choquer cache toujours quelque de rationnel.

3. L’ethnologie

Paul Nizan définissait ce terme d’enseignement inexistant. En 1935 Claude Lévi-Strauss étudiait l’ethnologie au Brésil. Dans ce pays, il y trouvera une société d’une grande complexité. Ce qui lui permettait d’écrire et de puiser toutes ses richesses sans jamais en finir. Il y rencontra aussi les gens les plus sauvages.
1938 : Nambikwara. Sa société était (pardonnez l‘emploi de ce terme) »la plus minable » ! Il fallait donc qu’il trouve le moyen de s’approcher de ces personnes-là, de cette société minimale. Mais quelle(s) condition(s) minimale(s) pour dire qu’une société existe ? Des gens déformés, ébranlés par l’histoire. Société brésilienne réduite qui offrait sur le terrain expérimental l’image de la société la plus simple.
Claude L.S a aussi connu les Indiens.
1939 : Retour au Brésil : Il était devenu structuraliste sans le savoir. A New York, il enseigne la sociologie où il se sentait comme un étudiant. Il a essentiellement appris le savoir sur l’ethnologie à New York grâce à Roman Jakobson qui enseignait la linguistique. Claude L.S définissait aussi la relation entre les hommes comme moyen de comprendre une société comme la structure d’une langue permet de comprendre le langage.
1949 : Structures élémentaires de la parenté.

4.La prohibition de l’inceste

par exemple : le mariage entre cousins était quelque chose d‘incestueux. Dès que c’est interdit, alors je m’adresse à une autre famille. Donc les deux familles vont se retrouver contraintes à s’unir. De ce fait, provient un échange de femmes mais aussi un échange de biens.

Mettre en évidence l’apparence arbitraires des coutumes = rattacher tout sous une forme = déduire.
… Ce qui n’est pas variable, c’est ce qui est une règle…
La notion de réciprocité est la place profonde dans la religion sociale. Passage de la nature à la culture. Mais Claude L.S n’aimait pas les voyages.
Tristes tropiques : Il faut savoir qu’il a voulu l’écrire bien avant (durant la période de son adolescence) pour comprendre. Il évoque ainsi l’école buissonnière.
La pensée sauvage (1962) : Il met en avant une idée qui est que la pensée intellectuelle sauvage est comme une fleur sauvage développée dans un certain milieu à l’abri de tout = offrir des classifications naturelles.

5.Le structuralisme

est l’ensemble des théories qui, en sciences sociales et humaines, privilégient l’étude et l’analyse des structures. Pour Claude Lévi-Strauss, le structuralisme représenta un outil permettant de déchiffrer les civilisations, en repérant par exemple, au sein de contenus variables, des formes invariantes.

Formé à l’analyse structurale par le linguiste Roman Jakobson qu’il avait rencontré à New York dans les années 1940, l’ethnologue expliquait que le structuralisme, dans son domaine, « c’est essentiellement essayer de réduire le nombre de variables, essayer de comprendre les rapports entre ces variables plutôt que de les traiter comme des problèmes séparés. »

Claude Lévi-Strauss, en étudiant les relations de parenté chez les peuples primitifs ou leurs mythes, releva l’existence, dans des cultures très différentes, d’une unité psychique de l’humanité ». Il tenta alors de déceler dans les peuples les « éléments de la structure primordiale ».

Le mythe le plus connu, dans son oeuvre, devenu « invariant culturel », est l’interdit de l’inceste. Cette interdiction est présente autant dans des cultures comme celle des indiens Nambikwara, au Brésil, que dans nos sociétés. D’où la conclusion logique que la différence entre civilisation « primitive » et « évoluée » disparaît, d’un point de vue ethnologique…

-Bibliographie

« La Vie familiale et sociale des indiens Nambikwara » (1948), « Les Structures élémentaires de la parenté » (1949), « Race et histoire » (1952), « Tristes tropiques » (1955) Il publia en 1955 le célèbre essai « Tristes tropiques », entre ethnologie, autobiographie et philosophie. Cet ouvrage scientifique aux accents littéraires connut un succès autant critique que public. Étude des comportements sociaux des Indiens du Brésil, le livre n’avait pas été récompensé du prix Goncourt car ce n’était pas un roman.

« Anthropologie structurale » (1958), « La Pensée sauvage » (1962), « Mythologiques 1 – Le Cru et le cuit » (1964), « Mythologiques 2 – Du miel aux cendres » (1967), « Mythologiques 3 – L’Origine des manières de table » (1968), « Mythologiques 4 – L’Homme nu » (1971), « Anthropologie structurale II » (1973), « La Voie des masques » (1975), « Le Regard éloigné » (1983), « Paroles données » (1984), « La Potière jalouse » (85), « De près et de loin », entretiens avec Didier Eribon (1988), « Histoire de lynx » (1991), « Regarder, écouter, lire » (1993), « Saudades do Brasil » (1994)

Citations :

« L’ethnologie est une des nombreuses manières de comprendre l’homme. On peut essayer d’élargir la connaissance de l’homme pour y inclure les sociétés les plus lointaines », expliquait-il en 1984 à la télévision.

Philosophe de formation, Lévi-Strauss souhaitait « que rien d’humain ne nous reste étranger », pour faire comprendre à ses contemporains que « notre sagesse est une sagesse parmi des centaines ou des milliers ».

Première phrase de « Tristes Tropiques »: « Je hais les voyages et les explorateurs. » Une phrase peu faite pour rassurer ses pairs mais dont les milieux littéraires avaient fait leur miel…


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