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The host

Travail préparatoire :

Chronologie

1950-1953. Guerre de Corée.

Depuis 1953, 30 000 soldats américains stationnent en Corée du Sud. En cas de guerre, les États-Unis  exerceraient le commandement militaire.
2000. Incident McFarland. Un officier américain ordonne de jeter des déchets toxiques dans une rivière parce que les bouteilles s’entassaient, couvertes de poussière. Il n’a été jugé qu’en 2005.

1959-1975. Guerre du Vietnam. L’armée américaine utilise un herbicide appelé « agent orange » qui doit détruire les récoltes. Des maladies sont découvertes chez les personnes ayant été au contact de cet herbicide.

1999. 20 000 vétérans coréens ayant combattu au Vietnam aux côtés des États-Unis portent plainte contre les fabricants de l’agent orange. Le 26 janvier 2006, la justice coréenne condamne les deux principaux fabricants
de l’agent orange.

1980-1988. Dictature du général Chun Tuhwan.

Juin 1987. Suite au décès d’un étudiant, torturé à mort, les manifestations d’étudiants poussent Chun Tu-hwan à démocratiser le pays.

1988. Séoul est l’hôte des Jeux Olympiques.

2003. Guerre en Irak. Les États-Unis envahissent l’Irak pour, officiellement, lutter contre le terrorisme et éliminer
les armes de destruction massive. La Corée, alliée des États-Unis, envoie des troupes.

Le 6 octobre 2004, le gouvernement américain reconnaît qu’il n’y a pas d’armes de destruction massive en Irak.

Thèmes :

Impérialisme américain :

Depuis la fin de la Guerre de Corée, un contingent de soldats américains est resté dans le pays. En cas d’incident, ils bénéficient d’un privilège d’extraterritorialité et sont jugés par les tribunaux américains.sa soumission.

… et soumission de la Corée :

Le prologue est humiliant : un Coréen fait docilement ce que lui demande un Américain (empoisonner le fleuve) même si c’est une aberration, c’est un ordre

La désinformation :

Coalition honteuse entre le diktat américain et le gouvernement coréen : Les médias répètent aveuglement ce que les États-Unis annoncent  (élucubration fantaisiste autour du virus, dos couvert de boutons montré à la tv, l’ « agent jaune », décalque de l’« agent orange », inventions des industries pharmaceutiques et de l’armement,etc.)

La pollution :

Il y a un double sens , le film commence avec la pollution désinvolte du fleuve, bouillon de culture engendrant la naissance du mutant ; tout se termine par une pollution chimique de grande envergure à l’agent jaune. La pollution est une conséquence parmi d’autres, , de la violence et de la sottise des États. La Nature est polluée au même titre que les esprits des téléspectateurs sont pollués par la désinformation.

L’hygiénisme :

Souvenir du SRAS en 2003 et de la grippe aviaire en 2004, chaque passant devient un « hôte » potentiel du virus. « Je déteste la poussière plus que tout. » C’est sur cette phrase phobique d’un médecin américain que s’ouvre The Host et il y a une opposition constante entre ceux qui ont la manie de se laver et ceux qui ne se lavent pas, comme entre ces derniers et le monstre.

La dictature :

La Corée était une dictature jusqu’aux manifestations de la jeunesse à la fin des années 80. La jeunesserecommence à manifester comme au temps de la dictature parce qu’elle a affaire à une dictature plus insidieuse au sein même de la démocratie. Le monstre qui se dessine en
creux dans The Host est bel et bien l’État : voir le Léviathan

Références :

Pline l’Ancien, Histoire naturelle, 37 volumes, trad. Littré.
« Les autres faits que cet auteur rapporte semblent davantage tenir du prodige : à Carteia, dans les viviers, un poulpe habitué à sortir de la mer, et à venir dans les réservoirs ouverts dévorer les salaisons (tous les animaux marins sont singulièrement attirés par l’odeur des salaisons, aussi en frotte-t-on les nasses) ; ce poulpe, dis-je, excitait la colère des gardiens, à cause de ses larcins continuels. D’énormes palissades protégeaient les viviers ; mais le poulpe les franchissait en s’aidant d’un arbre, et on ne put le découvrir que par la sagacité des chiens, qui le cernèrent, la nuit, au moment de son retour. Les gardiens, éveillés, furent épouvantés d’un spectacle étrange : d’abord la grosseur du poulpe était extraordinaire, puis il était complètement enduit de saumure, et il exhalait une odeur affreuse. Qui se serait attendu à trouver là un poulpe, ou qui l’aurait reconnu dans cet état? Ils s’imaginaient livrer bataille à un monstre. En effet, il mettait en fuite les chiens par un souffle terrible : tantôt il les flagellait avec l’extrémité de ses filaments, tantôt il les renversait comme à coups de massue avec ses bras plus forts, et avec peine on le tua à force de tridents. » (Livre IX, Concernant les animaux aquatiques, XLVIII)

Ovide, Les Métamorphoses, trad. GF-Flammarion, 1966, p.129-131.
« Andromède n’avait pas encore achevé son récit, quand sur l’onde, à grand fracas, arrive une bête monstrueuse qui dresse sa tête sur l’immensité des flots et étale son poitrail sur la vaste étendue de la mer. La jeune fille pousse des cris. (…) Alors, soudain, le jeune héros, ayant du pied repoussé la terre, monta droit dans les nues. (…) Se laissant d’un vol prompt, tomber dans le vide, le descendant d’Inachus vient se poser sur le dos de la bête, et, au défaut de l’épaule droite du monstre frémissant, il enfonça jusqu’à la garde le fer courbe armé d’un crochet. Gravement blessé, l’animal tantôt se dresse debout dans les airs, tantôt plonge sous les eaux, tantôt se tourne et retourne comme un sanglier féroce terrifié par la meute des chiens aux sonores abois qui l’encercle. Persée, avec ses ailes agiles, échappe aux avides coups de dents ; et, partout où se découvrent tour à tour le dos couvert d’une couche de coquillages creux, les côtes des flancs, le point où le corps, réduit à la queue mince, finit comme celui d’un poisson, il frappe à coups redoublés de son épée, recourbée comme une faux. (…) La bête vomit par la gueule l’eau mêlée de sang couleur pourpre. Les éclaboussements mouillèrent les ailes de Persée, qui s’alourdirent. » (Livre IV)

Manga

Naoki Ukazawa, Monster, 18 volumes (1995-2002), Dargaud, coll. Big Kana, 2002.
Dans plusieurs entretiens, Bong Joon-ho cite ce manga comme une source d’inspiration. Le monstre en question est un enfant.

Junji Ito, Gyo (2002), Tonkam, 2006. Une curiosité, par le plus cauchemardesque des mangaka japonais : des expérimentations pendant la Seconde Guerre ont donné naissance à des mutants, des poissons munis de pattes mécaniques, qui envahissent le Japon.

Sélection vidéo

Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack, King Kong, Éditions Montparnasse.
Ishiro Honda, Godzilla, Sony (zone 1, Etats-Unis).
Ishiro Honda, King Kong contre Godzilla, Universal UK (zone 2, Angleterre).
Ishiro Honda, Mothra contre Godzilla, Canal + vidéo.
Ridley Scott, Alien, Fox Pathé Europa.
John McTiernan, Predator, Fox Pathé Europa.
M. Night Shyamalan, Signes, Buena Vista

En ligne :

http://www.cinematical.com/

http://www.koreanfilm.org/bongjoonho.html

www.cinematheque.fr

Projections du film the Host au cinéma Utopia, manutention :

LUNDI  15 MARS à 9 heures 15 : TS1

JEUDI 18 MARS à 9 heures 15 : TS2 (Costumes de carnaval acceptés mais ne venez pas déguisés en monstre…)


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