02
Rempli sous: cours | mardi, décembre 2nd, 2008 |

Je supposerai donc qu’il y a, non point un vrai Dieu, qui est la souveraine source de vérité, mais un certain mauvais génie, non moins rusé et trompeur que puissant, qui a employé toute son industrie à me tromper. Je penserai que le ciel, l’air, la terre, les couleurs, les figures, les sons et toutes les choses extérieures que nous voyons, ne sont que des illusions et tromperies, dont il se sert pour surprendre ma crédulité. Je me considérerai moi-même comme n’ayant point de mains, point d’yeux, point de chair, point de sang, comme n’ayant aucuns sens, mais croyant faussement avoir toutes ces choses. Je demeurerai obstinément attaché à cette pensée; et si, par ce moyen, il n’est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d’aucune vérité, à tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement. C’est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne point recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur, que, pour puissant et rusé qu’il soit, il ne me pourra jamais rien imposer.
Descartes, Méditations métaphysiques
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08
Rempli sous: cours | mercredi, octobre 8th, 2008 |
Texte donné au bac. et ce matin en cours, avec la consigne suivante : chercher l’idée générale et le plan du texte.
« Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les techniques, prévaut la conviction qu’on ne les possède pas sans se donner de la peine et sans faire l’effort de les apprendre et de les pratiquer. Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument, n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu’il possède l’unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle – comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la mesure d’un soulier. Il semble que l’on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque de connaissances et d’études, et que celle-là finit où celles-ci commencent. »
Hegel, Phénoménologie de l’Esprit
Contre un préjugé selon lequel la philosophie ne s’apprend pas, Hegel (XIX° siècle) affirme de manière polémique qu’elle doit devenir une « affaire sérieuse », c’est-à-digne digne d’intérêt et d’effort pour acquérir le savoir et le savoir-faire qu’elle représente.
Le premier argument de l’auteur est la comparaison de la philosophie avec d’autres disciplines que l’on enseigne : on doit à la fois recevoir des connaissances et s’exercer.
Le deuxième argument est l’analogie entre l’instrument qui sert d’unité de mesure à la pratique d’une technique (ici l’art du cordonnier) et la raison universelle, instrument si l’on peut dire du philosophe. Posséder la raison ne suffit pas sans en faire usage, sans exercice.
Enfin, Hegel insiste sur le préjugé du sens commun qui consiste à séparer études et philosophie, comme si l’on était capable de philosopher sans connaissance, de manière innée, spontanée, sans un enseignement sérieux. Il est nécessaire d’apprendre à philosopher.
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Rempli sous: cours | mercredi, septembre 17th, 2008 |

« Je vois,par exemple, que deux fois deux font quatre, et qu’il faut préférer son ami à son chien, et je suis certain qu’il n’y a point d’homme au monde qui ne le puisse voir aussi bien que moi. Or je ne vois point ces vérités dans l’esprit des autres, comme les autres ne les voient point dans le mien. Il est donc nécessaire qu’il y ait une Raison universelle qui m’éclaire, et tout ce qu’il y a d’intelligences. Car si la raison que je consulte, n’était pas la même qui répond aux Chinois, il est évident que je ne pourrais pas être assuré que je le suis, que les Chinois voient les mêmes vérités que je vois. Ainsi la raison que nous consultons quand nous rentrons dans nous-mêmes, est une Raison universelle. Je dis: quand nous rentrons dans nous-mêmes, car je ne parle pas ici de la raison que suit un homme passionné. Lorsqu’un homme préfère la vie de son cheval à celle de son cocher, il a ses raisons, mais ce sont des raisons particulières dont tout homme raisonnable a horreur. Ce sont des raisons qui dans le fond ne sont pas raisonnables, parce qu’elles ne sont pas conformes à la souveraine raison, ou à la Raison universelle que tous les hommes consultent. »
Malebranche, De la recherche de la vérité
(pour les T. bio : gravure représentant un cocher et son attelage)
Exercice : Quelle est l’idée essentielle de ce texte et quelles sont les étapes de son argumentation.
Quelle définition de la raison l’auteur donne-t-il dans ce texte ?
Œuvre d’art originale datant du XIX° siècle