L'image “http://tbn1.google.com/images?q=tbn:Zg8JGiiJp4XhGM:http://yeswecannes.blog.lemonde.fr/files/2008/04/palme-dor.1207913454.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Cinéma et philosophie.

[…] « Voilà pourquoi l’expression de l’homme peut être au cinéma si saisissante : le cinéma ne nous donne pas, comme le roman l’a fait longtemps, les pensées de l’homme, il nous donne sa conduite ou son comportement, il nous offre directement cette manière spéciale d’être au monde de traiter les choses et les autres, qui est pour nous visible dans les gestes, le regard, la mimique, et qui définit avec évidence chaque personne que nous connaissons. Si le cinéma veut nous montrer un personnage qui a le vertige, il ne devra pas essayer de rendre le paysage intérieur du vertige, comme Daquin dans Premier de cordée et Malraux dans Sierra de Terruel ont voulu le faire. Nous sentirons beaucoup mieux le vertige en le voyant de l’extérieur, en contemplant ce corps déséquilibré qui se tord sur un rocher, ou cette marche vacillante qui tente de s’adapter à on ne sait quel bouleversement de l’espace. Pour le cinéma comme pour la psychologie moderne, le vertige, le plaisir, la douleur, l’amour, la haine sont des conduites.

Cette psychologie et les philosophies contemporaines ont pour commun caractère de nous présenter, non pas, comme les philosophies classiques, l’esprit et le monde, chaque conscience et les autres, mais la conscience jetée dans le monde, soumise au regard des autres et apprenant d’eux ce qu’elle est. Une bonne part de la philosophie phénoménologique ou existentielle consiste à s’étonner de cette inhérence du moi au monde et du moi à autrui, à nous décrire ce paradoxe et cette confusion, à faire voir le lien du sujet et du monde, du sujet et des autres, au lieu de l’expliquer, comme le faisaient les classiques, par quelques recours à l’esprit absolu. » […]

Merleau-Ponty, le cinéma et la nouvelle psychologie, in sens et non sens, 1945

Modeste bibliographie sur le cinéma :

  • Certains citerons les classiques, il s’agit alors de penser la perception et le statut de l’image sensible :

Platon, « l’allégorie de la caverne », République livres VI et VII

Descartes, « le morceau de cire », Méditations IV

  • Parmi les contemporains du cinéma

Bergson, « la perception du changement » Matière et mouvement

Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique

Gilles Deleuze, l’image-temps, l’image mouvement

Maurice Merleau Pony, le texte cité ci-dessus extrait de la conférence du 13 mars 1945 à l’institut des études cinématographiques.

  • Beaucoup de films illustrent les thèmes de la philosophie au bac ! pensez à citer ceux que vous avez VU sans les réduire à l’anecdote du récit ou au résumé, mais en les considérant comme de véritables œuvres d’art.



Concert du nouvel an 2009, Opéra théâtre d’Avignon, OLRAP dirigé par J. Shiffman

Qu’est-ce que la musique ?

Tout d’abord, la musique est un art ( bien que chez les Grecs, elle n’était pas considérée comme un art mais comme une science). Premièrement, la musique est un art sonore, car elle  fait intervenir en premier lieu l’ouïe par l’intermédiaire de sons produits par les instruments de musique. Un son est une vibration des molécules d’air, une onde qui se déplace de manière sinusoïdale en créant une pression et dépression de l’air. Cette vibration est caractérisée par sa fréquence qui détermine la hauteur du son (plus la fréquence est élevée, plus le son sonne aigü), par son amplitude qui détermine l’intensité, et par son allure qui détermine le timbre. Ainsi, la musique est une recherche de sonorités combinées, superposées, simultanées, organisées le plus souvent selon des règles,  et destinée à produire différents effets lors de son audition. MOZART  disait :  » Je cherche les notes qui s’aiment« . Ceci explique bien que la musique soit une recherche « verticale » des harmonies qui sonnent bien. Cependant, la musique a également un aspect « horizontal » tout aussi important puisqu’elle se déroule dans le temps, grâce au rythme. Nous pouvons citer Olivier MESSIAN dans le tome 1 du Traité  de rythme, de couleur et d’ornithologie :  » La musique est donc faite en partie avec des sons… mais aussi et d’abord avec des Durées, des Élans et des Repos, des Accents, des Intensités et des Densités, des Attaques et des Timbres, toutes choses qui se regroupent sous un vocable général : le Rythme « . Par cette définition de la musique, Olivier MESSIAN insiste sur le fait que la musique est art du temps, qui par le rythme organise et détermine la durée. La musique ne peut exister sans le support du temps, et la perception du temps par le musicien est à la base de toute musique.

Nous pouvons donc dire que par sa verticalité et son horizontalité, la musique est un art des sons et du temps.

Sylvain

à suivre…



Le jeudi 5 février 2009, nous avons eu la chance d’assister à la première de l’orchestre symphonique dirigé par Jonathan Schiffman. Ce fut également la première fois que j’assistais à un concert symphonique.

Malgré notre place (au poulailler), nous avions une parfaite vision de l’ensemble de l’opéra. Tous les musiciens étaient déjà présents sur la scène de représentation. Chacun de son côté accordait son instrument. Tous les sons qui émanaient de ces instruments résonnaient tel un chant discordant. Néanmoins, chaque son qui me parvenait éveillait ma curiosité. J’avais plaisir à regarder les musiciens concentrés dans leur accordement. Chacun semblait comme absorbé dans son monde. Ils ne semblaient même pas gênés par le bruit alentour. La scène était disposée de façon à avoir chaque classe d’instruments réunis, ensemble. Ainsi, les percussions se trouvaient au fond de la scène. Devant eux se trouvaient les instruments à vent tels que les trompettes ou encore les clarinettes. Et enfin, tout devant, nous trouvions les instruments à cordes, pratiquement toutes les sortes d’instruments à cordes, aussi bien les violons que les altos, ou encore la harpe ou le piano, les violoncelles ou les contrebasses …

On pouvait remarquer que le principal violoncelliste, qui était l’invité d’honneur de ce concert symphonique : Gautier Capuçon , avait une place spécialement réservée près du chef d’orchestre, plus précisément au devant de la scène.

Dès l’arrivée de ce dernier, M. Jonathan Schiffman a su s’imposer et montrer sa grandeur. Avec un grand sourire accordé à son public, il présenta les principaux courants artistiques qu’il souhaitait nous faire découvrir ce soir là. La première partie de la soirée était consacrée à deux grands maitres du classique : les Variations sur un thème de Joseph Haydn de Brahms, et Lutoslawski avec ses Variations Symphoniques. Il a notamment expliqué la provenance et la création de chaque morceau qu’il s’apprêtait à jouer en compagnie de son orchestre. Ainsi, pour le premier morceau de ce ‘concert symphonique’ J. Schiffman nous présente les Variations Symphoniques de Lutoslawski. « Lutoslawski, c’est la virtuosité, une œuvre écrite en début de carrière, débordante de multiples couleurs » nous dit le chef d’orchestre. En effet, dès les premières notes de ce fantastique morceau, aussi bien mes yeux que mes oreilles étaient en éveil. Chaque note résonnait en moi comme une douce mélodie. Mes yeux étaient éblouis devant la virtuosité que faisait preuve chaque musicien. Tous les violons sonnaient merveilleusement bien. Ils jouaient tous ensemble, parfaitement unis comme si un seul violon jouait. La vision des différents gestes qui commençaient ou s’arrêtaient pouvait faire penser à une danse harmonieuse. Ce fut un pur moment de musique !

Qu’est-ce que la musique ? Selon moi, la musique est un son, une mélodie que l’on écoute et qui nous suscite une réaction agréable, affective. Écouter ce concert symphonique m’inspirait un vrai moment musical. Le véritable moment d’écoute musicale est un moment que l’on passe en se rendant compte que le temps s’arrête. Ainsi, plus rien aux alentours, plus aucun bruit n’avaient d’importance face à cette mélodie. Plus aucune autre vision ne pouvait octroyer mon regard face aux gestes nets et précis de ces musiciens. En outre, le chef d’orchestre semblait également suspendu par le temps, il vivait les morceaux. Son bras droit battait le rythme, le temps de la mesure alors que son bras gauche faisait preuve de gestes aussi bien amples que secs afin de guider les musiciens dans les différentes nuances. Que ressentez vous quand vous dirigez vos musiciens ? Ce fut la question que nous lui avions posée lors de sa visite au lycée. Il nous a alors répondu qu’il aimait ce qu’il faisait, qu’il appréciait pouvoir « servir la musique du compositeur » à son public, la faire partager avec nous. Lors de la représentation, il était entièrement dans son univers : lorsqu’il voulait que la musique soit plus forte, son corps tout entier traduisait sa volonté, il utilisait aussi bien ses bras que son corps ou sa tête pour se faire comprendre des musiciens. On peut alors dire qu’il vivait totalement le morceau. Je pense qu’il ressent ce que le compositeur voulait exactement pour son morceau. Tel est le métier d’un chef d’orchestre !

De plus, la musique est également le travail intensif de chaque musicien, aussi bien le compositeur, le chef d’orchestre que les interprètes. Alors, écouter la musique serait également écouter le travail des musiciens. En ce qui me concerne, j’ai trouvé les « Variations Symphoniques » de Lutoslawski formidablement interprétée ! En effet, dès les premières notes du morceau, je ne souhaitais plus du tout quitter cet endroit. Par ailleurs, ce fut le premier morceau d’un concert (symphonique) auquel j’assistais. Donc les émotions étaient plus intenses, ma curiosité était au maximum, mon ouïe était des plus attentives…

Ensuite, la musique est aussi un mode de communication. Le chef d’orchestre en dirigeant ses musiciens souhaite nous émerveiller devant le travail de son orchestre. Notamment, il veut nous transporter dans nos émotions. Ce fut le cas pour plusieurs d’entre nous. Il a su exercer son pouvoir afin de nous faire imaginer une scène selon les nuances.

Dans la deuxième partie du concert, nous avons pu voir à l’œuvre la virtuosité du célèbre violoncelliste Gautier Capuçon dans une interprétation du « Concerto pour violoncelle et orchestre » de Dvorak. Son arrivée a été acclamée puisqu’il est l’un des musiciens les plus en vogue du moment. En effet, en voyant son interprétation, je pouvais constater qu’il vivait complètement sa musique. La première impression que l’on pouvait se faire de ce musicien, était qu’il semblait intimidé devant tant de monde, mais également amusé car il aimait jeter un coup d’œil à ses compagnons lorsqu’il ne jouait pas. Malgré tout, lorsqu’il commençait à jouer, on pouvait voir qu’il était très expressif dans ses gestes. Il pouvait tout aussi bien faire des gestes très amples lorsque la musique était plus douce que l’inverse, il jouait d’une manière très vive lorsque le rythme était plus rapide. J’ai trouvé sa prestation incroyable. Seul son vibrato m’a un peu gêné car je le trouvais trop excessif. Néanmoins, c’est ce qui fait sa particularité, puisque tout comme J. Schiffman, il « vivait la musique ». J’appréciais le regarder jouer, le voir bouger si rapidement ses doigts. J’ai pu également remarquer sa complicité avec le chef d’orchestre. En effet, ces deux hommes semblaient comme deux petits garçons qui s’amusaient pleinement lors de ce concert. Ils avaient souvent des regards complices qui traduisaient leur affinité. Ainsi, « lorsque vous dirigez, avez-vous toujours conscience de ce que vous faites ? » J. Schiffman était donc totalement conscient de ce qu’il faisait, il était ravi de la présence de G. Capuçon et on pouvait le ressentir. La musique est aussi un moment de complicité que peut avoir les musiciens entre eux. C’est un moment agréable que l’on aime passer à jouer ou à écouter.

A la fin du concert, tout le monde a bien évidemment acclamé les musiciens mais plus spécialement les deux principales personnes de l’orchestre : Jonathan Schiffman et Gautier Capuçon. Tout deux arpentaient de grands sourires, ravis de leur succès. Nous avons eu la possibilité d’obtenir une dédicace du violoncelliste qui s’est révélé être une personne tout à fait aimable et particulièrement appréciée de son public.

En conclusion, je citerai Platon qui dit : « La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée » car c’est également ce que j’ai ressenti lors du concert. La musique que j’ai écoutée ce jour là m’a transporté ‘au dessus de tout’ tant bien que la musique m’a touchée.

Cette sortie fut une expérience parfaitement plaisante que je n’hésiterais pas à renouveler ! Je n’ai pas du tout été déçue quant à la prestation des musiciens, que du chef d’orchestre que j’avais particulièrement hâte de voir.



Nous irons voir le film Dead Man de Jim Jarmusch vendredi 27 mars.

USA / Allemagne / Japon 1995

William Blake prend le train vers l’Ouest pour y exercer le métier de comptable. Arrivé dans la sinistre ville de Machine, il s’y trouve accusé à tort d’un double meurtre et prend la fuite, une balle logée près du coeur. Accompagné de Nobody, un Indien cultivé qui le prend pour le poète anglais William Blake, il s’engage dans un périple à travers l’Ouest sauvage. Affaibli par la blessure et la faim, poursuivi par des tueurs à gages, initié à la culture indienne par Nobody, il fait une série de rencontres qui le métamorphosent, de comptable maladroit en implacable tueur de Blancs. Il meurt en Indien au terme du voyage, dérivant dans un canoë vers l’horizon océanique.

  • En cliquant sur le titre ci-dessous, vous pourrez avoir une évocation sonore du film par quelques scènes et la musique de Neil Young. Écoutez et élaborer des hypothèses sur le film. Dead Man
  • Analysez les affiches suivantes et vérifiez lors de la projection si une des deux affiches est un photogramme du film :

  • Qui est William Blake  (1757-1827) ?

Peintre, graveur et poète visionnaire anglais, William Blake est l’un des artistes les plus évidemment inspirés que le monde ait connus. Ses poèmes lyriques et prophétiques, ainsi que l’œuvre gravé qui leur est lié, constituent l’une des rares mythologies originales des Temps modernes. Les grands problèmes humains – la séparation, le mal, le salut – y sont abordés par le biais d’un symbolisme anthropomorphique parfois complexe, mais d’une singulière profondeur, et dans une optique qui se réclame du christianisme, mais se rapproche surtout de l’hérésie gnostique. L’originalité essentielle de Blake réside dans l’humanisme passionné avec lequel il proclame la valeur sacrée de l’énergie créatrice en général, et de l’imagination poétique en particulier, où il voit non seulement la forme mais la source même du divin. Il annonce et devance par là la plupart des conquêtes du romantisme européen.1. De la perception vulgaire au pouvoir visionnaire William Blake est né à Londres, et il y est mort. Son père, modeste bonnetier, ne lui imposa aucune instruction primaire, mais lui fit très tôt apprendre le dessin, puis le métier de graveur, qui demeurera le sien toute sa vie.(…) extrait de l’encyclopédie universalis

Pour un aperçu de ses gravures :

gravures-de-william-blake

  • A partir de ces articles critiques parus à la sortie du film, essayer de faire ressortir les mots clés et de déceler les thèmes et le genre du film:

lemonde1-1

lemonde2

la-nuit-des-bulgares-1

à suivre…



http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/36/09/42/18452272.jpg Le lundi 26 janvier 2009, la classe de terminale S1 du lycée René Char a pu assister à la projection du film Le petit Lieutenant de Xavier Beauvois, dans le cadre de l’association Lycéens au Cinéma. Voici mes impressions concernant ce film.

Le petit lieutenant, est un film particulier qui, même si on ne l’apprécie pas aux premiers abords, marque les esprits. En effet, il aborde le thème de la police d’une manière spéciale et originale, en le mêlant à celui de l’alcoolisme du racisme ou encore celui de la solitude. De plus, les deux personnages principaux : Caroline Vaudieu et Antoine Derouère, le petit lieutenant, sont des héros différents de ceux attendus dans un film de ce genre. On peut également noter que l’atmosphère dégagée par ce film est particulière : le début de l’histoire se passe dans l’attente, on pressent que quelque chose de grave va arriver, il s’agit en effet de la mort d’Antoine qui intervient assez tôt dans le film. Cette attente est amplifiée par l’absence de musique. Après la mort du Petit Lieutenant, on éprouve de l’empathie pour le personnage de Caroline, qui cherche malgré son statut à venger sa jeune recrue.

On peut alors se demander si ce film peut-être considéré comme un anti-polar. Pour répondre à cette question nous étudierons d’abord la vision donnée de la police à travers les personnages du film, puis nous décrirons les éléments qui peuvent faire penser à une docu-fiction.

Dans un premier temps, nous allons évoquer les deux personnages principaux : le héros Antoine, surnommé le petit lieutenant, et sa supérieure : Caroline Deroudière. On remarque que tout au long du film, un parallélisme peut être noté entre les péripéties de nos deux héros. Par exemple, on peut remarquer, que ces deux personnages sont victimes de leur solitude. Antoine, récemment diplômé de l’Académie de police, choisit de quitter la Normandie pour intégrer la police judiciaire à Paris. Son choix, fait au dernier moment, sans l’accord de sa femme, l’en éloigne considérablement, puisque celle-ci ne veut pas le rejoindre à Paris. Pour sa part, Caroline a perdu son fils, lorsque celui-ci avait l’age de sept ans et s’est ensuite séparée de son mari avant de plonger dans l’alcool. Une boisson dont elle a su se séparer grâce à de nombreux efforts.

Lorsque Antoine arrive à Paris, il est enthousiaste, prêt à relever tous les défis, et à s’occuper des pires crimes, or on ne lui confit au début que les tâches les plus simples telles que répondre au téléphone. Il y a un fort contraste entre lui et ses coéquipiers, qui sont lassés par leur travail. On pourrait penser qu’il a « l’uniforme dans la tête » ou encore bien qu’il est courageux et idéaliste. Pour ma part, je pense qu’il s’agit d’un mélange des deux : il semble passionné par son métier mais en même temps, on peut se demander si ce goût pour cette occupation n’est pas seulement due au fait qu’elle soit inédite pour lui. Au contraire, Caroline connaît bien son métier. Elle exprime d’ailleurs les stéréotypes de la femme flic : elle est autoritaire, et diplomate, moins violente qu’un homme mais aussi efficace. En effet, au lieu d’utiliser la violence pour arriver à ses fins, elle pose de nombreuses questions aux suspects ou aux témoins de manière à obtenir des informations notamment aux moments où elle interroge le SDF. De plus, elle sait se faire respecter de ses partenaires même dans un milieu dominé par les hommes, en sachant rester en retrait, comme par exemple dans la scène ou toute la brigade se rend au bar. Elle est intelligente et dynamique comme elle nous l’a montré lors de l’arrestation du premier russe, dans la station de métro. Par contre, le personnage de Caroline diffère de ses stéréotypes de femmes flics à cause du fait qu’elle n’ait pas d’enfant, et que ce soit une personne qui se sente très seule. De plus, on n’a pas l’habitude de voir des femmes alcooliques ou anciennes alcooliques jouer ce rôle.

Caroline a beaucoup souffert à cause de la mort de son fils, mais c’est elle qui s’est ensuite éloigné de son mari. Antoine, a choisit de partir loin de sa femme, et se fait tuer car il n’a pas voulu arrêter ses investigations quand son collègue lui proposait. On peut alors se demander, si les personnages sont responsable de ce qui leur arrive. Pour ma part, je pense qu’Antoine est victime de son ambition, de son caractère aventureux, et de sa témérité mais d’un autre coté, on ne peut lui reprocher de s’être investi dans son travail. D’autre part Caroline, s’attache au petit lieutenant et souffre beaucoup lors de sa mort qui paradoxalement la rapproche de son mari, mais la fait également retomber dans l’alcool. Se demander si les personnages sont responsable de ce qui leur arrive est une question difficile qui reviendrait à se demander si nous sommes aussi responsable de nos actes, si nous sommes toujours conscients de ce que nous faisons ou alors, si nous nous laissons parfois guider par des forces qui nous dépassent.

Maintenant que nous avons étudié les figures mises en relation être les personnages de Caroline et d’Antoine, nous pouvons nous demander en quoi ce film peut faire penser à un docu-fiction.

Premièrement, le réalisateur, Xavier Beauvois a passé plusieurs mois en compagnie d’un capitaine de police de la division criminelle, ce qui lui a permis d’accéder à certaines parties confidentielles d’un dossier et d’assister à plusieurs autopsies. On peut dire qu’il a acquis de nombreuses connaissances sur la police en général, aussi bien sur son fonctionnement que sur l’attitude des personnes qui exercent ce métier. Ainsi, il nous montre des scènes que l’on ne voit pas dans d’autres films policiers comme par exemple la première scène qui nous décrit l’affectation des membres de la police selon les secteurs choisis ou encore la Cérémonie de l’Académie ou tous défilent en uniforme. Une autre scène, est souvent absente des films (sauf peut-être des films d’épouvante). Il s’agit de la séquence de dissection, qui est d’habitude résumée brièvement dans d’autres films afin d’éviter au spectateur une vue qui pourrait susciter l’effroi. Dans Le Petit Lieutenant, cette scène arrive à paralyser beaucoup d’entre nous, car elle est filmée de telle façon que l’on ne nous montre pas tout, on nous suggère juste ce qu’il se passe. Et c’est notre imagination qui nous fait penser à quelque chose d’horrible et d’effrayant, qui nous fait ressentir différentes impressions en fonction de notre émotivité. La scène du baptême est également étrange, et inquiétante. Une impression qui est d’autant vraisemblable que cette scène est assez longue alors qu’elle a, a priori peu d’intérêt pour l’enquête. On peut également observer d’autres scènes atypiques, telle celle de la traduction des bandes téléphoniques par un interprète russe. D’ailleurs, le réalisateur va jusqu’à utiliser de véritables SDF pour jouer certains roles, ce qui confirme son parti pris de montrer au spectateur une vérité authentique, qui pourrait être celle de postes de police réels et actuels.

Il rajoute toutefois des détails qui sont souvent caché au grand public, comme par exemple le problème de la drogue qu’il met en scène avec humour, lorsque Caroline en offre à Antoine et qu’un inconnu les aborde pour leur dire de se méfier, que c’est une rue pleine de flics, ou encore le problème de l’alcool, qui un motif essentiel du film. Cette insistance sur ce sujet, permet de réaliser que les policiers ne sont pas des personnes irréprochables, que beaucoup d’entre eux sont attirés par la boisson, il ne faut bien évidemment pas généraliser, ce n’est pas le cas de tous. Cela me fait penser à l’insistance à propos du café. Pourquoi tient-il tant à faire croire qu’il a bu un café, alors que ce n’est qu’un détail infime, à coté de l’erreur qu’il a commise. En fait, il semblerait que malgré sa faute professionnelle, ce personnage veuille conserver sa dignité ainsi que sa fierté. D’autre part, un motif important de ce film, tend à être oublié dans d’autres films du même genre : il s’agit de la violence de la rue. En effet, cet aspect peut être observé à plusieurs moments du film comme par exemple lorsqu’un homme ivre est ramené au commissariat par des policiers qui le forcent à souffler dans l’éthylotest. Le racisme est également évoqué dans ce film. Tout d’abord avec le personnage de Solo, un marocain qui a su se faire un nom dans la police même si, peu de gens le soutenaient, et également dans la manière péjorative dont les policiers parlent des étrangers. Et puis, une chose importante et exceptionnelle au cinéma, le réalisateur arrive à représenter la routine du commissariat, c’est peut-être pourquoi le film peut paraître ennuyant pour certains, mais cela, montre encore une fois la volonté de Xavier Beauvois de rester le plus proche possible de la réalité ce qui peut faire du Petit Lieutenant un véritable documentaire.

De plus, toutes les avancées du film sont des accidents. En effet, comme je l’ai dit précédemment, le début du film nous laisse dans l’attente : Antoine découvre la police et son fonctionnement, mais il n’y a pas de véritable avancée. La première a lieu lorsque le cadavre est découvert dans le lac, et qu’Antoine est convié pour la première fois à une action excitante. La découverte d’une autre victime, est un autre accident qui fait avancer l’enquête tout comme, la rencontre entre Antoine et Pavel qui est la cause de sa mort. Cette rencontre prématurée, puisqu’elle n’a lieu qu’au milieu du film accélère les évènements, puisque Caroline voudra alors se venger, ce qu’elle parviendra à faire à la fin du film. Ce film nous invite également à nous interroger sur plusieurs notions. C’est par exemple le cas, lorsque les hommes parlent du statut du prisonnier. Peut-il ou non recevoir des femmes dans sa cellule ? On peut également se demander en quoi le crime est une jouissance pour le coupable. Je pense, pour ma part, que les criminels sont des personnes qui veulent se venger de certaines choses qu’ils leur sont arrivés dans la vie. Le crime serrait pour eux, une manière d’assouvir une vengeance, mais bien sur on peut aussi se dire que c’est leur inconscient qui guide leurs actes, et qu’ils ne seraient donc pas responsables.

Pour conclure nous pouvons donc dire que ce film, bien qu’il réponde à de nombreux stéréotypes qui pourraient faire de lui un polar, correspondrait plutôt à un anti-polar car il mêle ingénieusement le documentaire à la fiction. De plus, ce film présente plusieurs thèmes comme ceux de la violence, du racisme, de l’alcool et les associe avec des personnages qui peuvent tout d’abord apparaître comme des stéréotypes mais qui se révèlent finalement être des personnages uniques avec une histoire propre à eux même. D’autre part, la mort précipitée du héros, confirme le fait que ce film soit un anti-polar. En un sens, ce film me fait un peu penser au film Elephant de Gus Van Sant, car l’atmosphère y est similaire. En effet, dans Elephant, c’est la routine d’un lycée qui est mise en avant, de plus, la seule avancée du film est également un accident puisqu’il s’agit de l’attaque du lycée par deux jeunes adolescents qui sous la pression de la société, se transforment en tueurs.



http://photos.cityvox.com/photos_grand/54/4/197686.jpg Nous irons à l’Opéra vendredi 13 mars à 14 heures.

Opéra en un acte et quatre tableaux
Livret de Christian Wasselin
Musique de Gérard Condé


L’ opéra Les Orages Désirés est avant tout issu d’une passion celle de
Christian Wasselin et Gérard Condé pour le grand Berlioz. Au fil des
quatre tableaux et d’un texte dont la langue imagée n’exclut pas la
solidité dramatique, se livre à nous le destin du jeune Hector. Epris
d’Estelle à qui il n’ose avouer son amour, il fait le choix de devenir
musicien afin de magnifier le sentiment douloureux qu’il éprouve.
D’une curiosité et d’une sensibilité exaltées, l’adolescent porte déjà en
lui toutes les passions qui marqueront ses créations musicales.
Entièrement originale, la musique s’autorise tout de même quelques
clins d’oeil à l’oeuvre de Berlioz lui-même et au répertoire que ce
dernier pouvait connaître alors qu’il était jeune, notamment celui
du XVIIIème siècle. Gérard Condé nous offre des harmonies denses,
inspirées par le romantisme, mais illuminées par une tonalité majeure,
soutenant de belles mélodies d’une plasticité rare et colorée.
Direction musicale : Jean-Luc Tingaud
Mise en scène : Sugeeta Fribourg
Scénographie / Costumes : Isabelle huchet
Lumières : Eric Deforge
Berlioz : Anne Rodier
Nancy : Anne Lecoutour
La Mère : nathalie Espalier
Estelle : Txelin Victorès Benavente
Le Père : Florian Westphal
Le Colonel Marmion : Jean Goyetche
Corsino : Jean-Michel Caune
Orchestre Lyrique de Région
Avignon-Provence

En co-production avec
le Grand Théâtre de Reims



Une voix sous la cendre de Zalmen Gradowski

Spectacle, nous irons au théâtre des Halles vendredi 27 mars

Création 2009 Texte yiddish établi par Ber Mark , traduit par Maurice Pfeffer Mise en scène, scénographie : Alain Timar Avec : François Clavier

Le 5 mars 1945, lors des fouilles effectuées près du crématoire III de Birkenau, on découvrit à l’intérieur d’une gourde allemande en aluminium fermée par un bouchon en métal, un carnet de 14,5 X 9,5 et portant la signature de Zalmen Gradowski. Zalmen Gradowski est né en 1910; Après son mariage, il s’installa à Luna, près de Grodno. En 1941, une fois le ghetto établi, Gradowski fut chargé de la gestion des problèmes sanitaires, charge qui culmina avec la déportation des habitants du ghetto à Auchwitz en décembre 1942, d’où Gradowski fut ensuite transféré au Sonderkommando. Il participa activement au mouvement clandestin qui s’était formé au sein du Sonderkommando, mouvement dont il fut d’ailleurs l’un des chefs. Homme très croyant, selon différents témoignages, il a probablement été tué durant la révolte du Sonderkommando en octobre1944;

Le Sonderkommando était chargé d’aider les SS à faire entrer les gens dans les locaux de déshabillage et de gazage. Il devait emporter les affaires abandonnées, retirer les cadavres, les brûler, transporter les cendres pour les enfouir ou les disperser…

Une page peut-être consultée : http://lewebpedagogique.com/philoflo/lart/une-voix-sous-la-cendre/



http://storage.canalblog.com/25/86/238597/35526199.jpg

Que signifie le rire ? Qu’y a-t-il au fond du risible ? Que trouverait-on de commun entre une grimace de pitre, un jeu de mots, un quiproquo de vaudeville, une scène de fine comédie ? Quelle distillation nous donnera l’essence, toujours la même, à laquelle tant de produits divers empruntent ou leur indiscrète odeur ou leur parfum délicat ? Les plus grands penseurs, depuis Aristote, se sont attaqués à ce petit problème, qui toujours se dérobe sous l’effort, glisse, s’échappe, se redresse, impertinent défi jeté à la spéculation philosophique.  Bergson, Le rire



C’est certainement cette citation de Schopenhauer (1788-1860) qui inspire les élèves apprentis philosophes un soir de première à l’Opéra d’Avignon.

Point d’orgue au travail de réflexion mené d’une façon intéressée sur les rapports entre musique et philosophie, le concert montre que la musique reste un objet tout à fait particulier, puisque c’est un art qui donne beaucoup à penser, mais beaucoup à ressentir aussi, tout en n’utilisant pas le langage et encore moins le concept. Nous voilà donc transportés à la fin du baroque (Haydn), à l’époque romantique (Brahms) puis moderne (Dvorak), sans pouvoir cerner quelque concept proprement philosophique. On comprend que l’on puisse mettre la musique au-dessus du langage ordinaire, et même au rang de la métaphysique comme l’affirme par exemple Schopenhauer.

La thèse générale de la pensée de cet auteur qui influencera Nietzsche, est que le monde est VOLONTÉ et se dégrade en REPRÉSENTATION. Or la musique, bien plus que tout autre forme d’art, est capable d’exprimer ce qui EST véritablement, elle est l’expression la plus proche de la volonté. L’architecture musicale épouse en quelque sorte le monde de la matière, imperceptible dans la note la plus basse, elle correspond aux degrés de l’être comme par exemple les voix moyennes pour le monde animal et végétal, les voix les plus aiguës pour la volonté consciente de soi de l’homme… Si la musique est placée au sommet de la hiérarchie des arts par Schopenhauer, c’est qu’elle est l’expression métaphysique la plus immédiate, au dessus même du langage, du concept, du discours raisonné. La musique n’a plus comme chez Hegel, cette place intermédiaire qui devrait être dépassé par la vérité philosophique. La musique est plus expressive que le langage, comme si elle pouvait se passer de ses exécutants, et peut-être des spectateurs ? Cependant, cela n’a pas de sens de parler de musique sans l’homme qui l’exécute (« Le musicien nous révèle l’âme du monde« ), pas davantage peut on parler de musique sans l’homme qui l’écoute (par delà sa particularité) : la musique est toujours un art pour autrui, proprement humain, d’où l’insistance sur les phénomènes vocaux :

« La mélodie, la voix chantante représente le jeu de la volonté raisonnable […] Elle nous dit son histoire la plus secrète, elle peint chaque mouvement, chaque élan, chaque action de la volonté, tout ce qui est enveloppé par la raison sous ce concept négatif si vaste qu’on nomme le sentiment, tout ce qui refuse d’être intégré  sous les abstractions de l’idée. » Le monde comme volonté et comme représentation.

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0péra théâtre d’Avignon, concert symphonique du 6 février 2009, élèves de TS

Faire et non pas subir, tel est le fond de l’agréable. Mais parce que les sucreries donnent un petit plaisir sans qu’on ait autre chose à faire qu’à les laisser fondre, beaucoup de gens voudraient goûter le bonheur de la même manière, et sont bien trompés. On reçoit peu de plaisir de la musique si l’on se borne à l’entendre et si on ne chantait point du tout, ce qui faisait dire à un homme ingénieux qu’il goûtait la musique par la gorge, et non point par l’oreille. Même le plaisir qui vient des beaux dessins est un plaisir de repos, et qui n’occuperait pas assez, si l’on ne barbouillait soi-même, ou si l’on ne se faisait une collection ; Ce n’est plus seulement juger, c’est rechercher et conquérir. Les hommes vont au spectacle et s’y ennuient plus qui ne veulent l’avouer ; il faudrait inventer, ou tout au moins jouer, ce qui est encore inventer. Chacun a souvenir de ces comédies de société, où les acteurs ont tout le plaisir. Je me souviens de ces heureuses semaines où je ne pensais qu’à un théâtre de marionnettes ; Mais il faut dire que je taillais l’usurier, le militaire, l’ingénue et la vieillie femmes dans des racines avec mon couteau, d’autres les habillaient ; je ne su rien des spectateurs ; La critique leur était laissée, plaisir maigre, mais encore plaisir par le peu qu’ils inventaient. Ceux qui jouent aux cartes inventent continuellement et modifient le cours mécanique des évènements. Ne demandez pas à celui qui ne sait point jouer s’il aime le jeu. La politique n’ennuie point dès que l’on sait le jeu ; mais il faut l’apprendre. Ainsi en toutes choses, il faut apprendre à être heureux.

On dit que le bonheur nous fuit toujours. Cela est vrai du bonheur reçu, parce qu’il n’y a point de bonheur reçu. Mais le bonheur que l’on se fait ne trompe point. C’est apprendre, et l’on apprend toujours. Plus on sait, et plus on est capable d’apprendre. D’où le plaisir d’être latiniste, qui n’a point de fin, mais qui plutôt s’augmente par le progrès. Le plaisir d’être musicien est le même. Et Aristote dit cette chose étonnante, que le vrai musicien est celui qui se plait à la musique, et le vrai politique celui qui se plait à la politique. »Les plaisirs, dit-il, sont les signes des puissances ». Cette parole retentit par la perfection des termes qui nous emportent hors de la doctrine et si l’on veut comprendre cet étonnant génie, tant de fois et si vainement renié, c’est ici qu’il faut regarder. Le signe du progrès véritable en toute action est le plaisir qu’on sait y prendre. D’où l’on voit que le travail est la seule chose délicieuse, et qui suffit. J’entends travail libre, effet de puissance à la fois source de puissance. Encore une fois, non point subir, mais agir […]  Toutefois il y a grande rumeur de tous contre ces bonheurs qui coûtent tant de peine et toujours par la funeste idée d’un bonheur reçu que l’on goûterait. Car c’est la peine qui est bonne, comme Diogène dirait ; Mais l’esprit ne se plait point à porter cette contradiction ; il faut qu’il la surmonte et, encore une fois, qu’il fasse plaisir de réflexion de cette peine là.                                                                                          Alain

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