Paul Signac : Le Palais des Papes, Avignon, 1900
Projet de visite au Petit Palais : http://www.petit-palais.org/
Deux classes, deux parcours :
1/ Vous êtes invités à venir découvrir au Petit Palais la fabuleuse collection de Gian Pietro Campana. Aux côtés de Botticelli, Carpaccio, Giovanni di Paolo, plus de trois cents oeuvres peintes ou sculptées vous permettront un parcours exceptionnel au coeur de la création artistique du Moyen Age et de la Renaissance.
TSTLB Découverte des oeuvres le 27.11
2 / La Nativité. Le cycle de l’Enfance du Christ, qui correspond au cycle liturgique de Noël, comprend la Nativité suivie de l’Annonce aux Bergers et de l’Adoration des Mages, la Circoncision et la Présentation au Temple, le Massacre des Innocents et la Fuite en Égypte et enfin l’épisode de Jésus dans le Temple au milieu des Docteurs.
Ce cycle est, avec La Passion du Christ, celui qui a le plus inspiré l’art religieux. Quatorze tableaux et sculptures du musée du Petit Palais, œuvres italiennes et provençales du XIVe au début du XVIe siècles, permettent d’évoquer ces divers épisodes.
TS La nativité le 12.12
Thèmes abordés en philosophie
1. Les enjeux de la représentation religieuse.
- De la magie à la représentation.
Entre le VIII° et VII° siècle avant Jésus-Christ, à l’aube de la pensée philosophique, une sorte de réforme religieuse intervient : les sacerdoces, privilèges des grandes familles vont être annexés par la cité. Un culte officiel et public se met en place au sens où les divinités particulières de chaque famille vont devenir celles de toute une communauté. L’historien Jean Pierre Vernant écrit « Il y a confiscation des cultes privés au bénéfice d’une religion publique » (les origines de la pensée grecque). En même temps, les objets de culte (statuettes, tableaux) perdent leur caractère efficace, leur statut de symbole sacré. Les figures des dieux prennent des dimensions colossales pour être vues de tous. La statue ne présentifie plus le dieu, elle le représente, elle l’évoque à la manière d’une image sans le rendre véritablement présent. C’est la fin de la prégnance magique, l’au-delà est comme mis en scène et tout le prestige matériel pour le mettre en œuvre ne cesse de se multiplier quelque soit les signes (ornements, calligraphie, motifs) de ce cérémonial. La « représentation » devient un rituel.
Ce besoin de figuration de la pensée religieuse va être cependant interdite par les iconoclastes. Pour eux, le divin est indescriptible et non représentable. Cet interdit est fondé sur la condamnation de toute copie, de toute représentation, fût elle ressemblante. A peine peut-on prononcer le nom du Véritable et seul Dieu du monothéisme par cette suite de consonnes « YHWH » mais dans on ne doit pas voir, ni regarder cet imprononçable sans figure de l’ancien testament : Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Exode, 20.4. Pendant plus d’un siècle, c’est une véritable querelle entre les iconoclastes (ceux qui condamnent les images) et les iconodules (des moines, des évêques iconophiles qui défendent les images). En 787 la question est tranchée au second Concile de Nicée par les pères de l’Église : « l’hommage rendu à l’icône va au prototype ». Cela signifie d’une part que la vénération des images n’est pas une hérésie, et d’autre part que l’hérétique est celui qui nie le mystère de l’Incarnation.
La querelle byzantine s’achève. La primauté du Verbe, de la parole divine s’efface au concile de Nicée au profit de la libre représentation dont va pouvoir bénéficier l’Eglise romaine. Les églises et les cathédrales se parent de statues, tableaux, vitraux. Les artistes donnent à Dieu des formes diverses, bien qu’il soit invisible. Les trois personnes de la trinité divine (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) sont représentés soit ensemble, soit isolément, même si cet anthropomorphisme répugne au premiers chrétiens : « Tout ce qui peut, quand il s’agit de Dieu, réveiller l’idée d’une similitude corporelle, tu dois le chasser de ta pensée, le renier, le répudier, le fuir. » Ainsi, des les premiers siècles de la chrétienté, Dieu Le Père ne fut représenté que d’une manière symbolique (le plus souvent la main bénissante ou le bras sortant des nuages) ; ce n’est qu’à partir du XIII° siècle que l’on représente le visage et le buste de Dieu Le Père (semblable à son Fils un visage barbu et la nimbe crucifère). Puis à partir du XIV siècle les trois figures se distinguent notamment par l’âge (le Père plus âgé à la place d’honneur, le Fils et le Saint-Esprit imberbe, qui jusqu’au X° siècle était représenté par une colombe.) Enfin, ce sont les multiples scènes de l’ancien et du nouveau testament qui seront représentées dans les lieux de culte pour aider les chrétiens à précher et à vivre leur foi.
A suivre…
