tristes tropiques

Sur la culture et le propre de l’homme, une vidéo pertinente, cliquez ici :

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Vous y trouverez une citation célèbre de Claude Levi-Strauss, livre que vous êtes en train d’étudier Race et histoire : « Le barbare est celui qui croit en la barbarie »



88px-Da_Vinci_Vitruve_Luc_Viatour_002Exercice :

Choisir parmi ces définitions de l’homme celle qui vous semble la plus pertinente, expliquer et donner des arguments (deux ou trois arguments par définition)

1/ L’homme est un animal politique.

–  L’homme organise lui-même les règles de sa propre cité (par ex: le régime politique).

– L’homme peut s’élever par l’échelle sociale.

– Si l’homme connait la loi de la jungle/la loi du plus fort, cependant il peut inventer d’autres lois.

2/ L’homme est un être de raison.

– L’homme se pose des questions, grâce à sa raison il sait différencier le vrai du faux. C’est la faculté de connaitre qui permet la connaissance et tout ses progrès en science(le questionnement, la réflexion).

– Il sait différencier le bien du mal, c’est l’usage pratique de sa raison qui permet la morale, le choix des décisions et la responsabilité de ses actes.

– La conscience, l’homme sait qu’il pense, sait qu’il décide, sait qu’il imagine, qu’il veut, qu’il sent, qu’il grandit et qu’il meurt.

3/ L’homme est un fabricateur (cf le latin « faber ») d’outils.

– Seul l’homme fabrique des objets susceptibles d’être réutilisés et de progresser.

– L’homme peut enseigner aux autres l’usage de ses outils et les transmettre aux générations futures qui à leur tour les améliore.

– L’homme sait domestiquer son environnement grâce à l’usage de ses outils.

4/ L’homme est un être de langage.

– L’animal utilise des signes, l’homme en plus utilise des symboles. Il a une infinité de possibilités: c’est l’arbitraire du signe.

– Seul l’enfant apprend un langage, l’animal est déterminé par son espèce à une seule forme de communication.

5/ Le rire est le propre de l’homme.

-Seul l’homme prend du plaisir au spectacle.

-Seul l’homme sait pourquoi il rit.

6/ Le travail est le propre de l’homme.

-l’animal est déterminé à travailler pour survivre.

-l’homme travaille non seulement pour subvenir à ses besoins mais aussi pour satisfaire ses désirs.

-l’homme se réalise dans et par le travail, il développe un réseau social.

7/ L’homme est libre.

– Dans la mesure où il peut choisir ses pensées et ses actes, cette liberté doit être garantie par les lois.

– Être libre ce n’est pas faire ce que l’on veut c’est réaliser le bien moral au sens universel.

8/ L’homme est un être de culture.

– L’homme devient ce qu’il est grâce à l’apprentissage.

– Seul l’homme transmet ses propres apprentissages : « une génération éduque l’autre » de Kant.


♥ Πολισ ♥



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Les hommes ne sont pas des bêtes:

L’homme n’est ni ange ni bête,
et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête !
Blaise Pascal

  • L’animal politique => Aristote, c’est à dire qu’il vit dans une cité (polis).

La cité sous-entend une organisation, une invention, une liberté qui fait que l’homme renonce à sa nature = par HOBBES (XVIII°) « l’homme loup pour l’homme ». C’est la guerre de tous contre tous.

Il faut pour mettre fin à cette guerre, imaginer un combat, certains hommes cèdent leurs droits aux puissants, c’est l’état Leviathan.

Pour Rousseau l’état de nature n’est pas un état de guerre ni de paix, c’est l’indifférence si l’homme vit isolé. L’homme est indétermination, inventivité, il devient homme en inventant sa propre vie.

=>Perfectibilité : (faculté à se perfectionner): possibilité du bien comme du mal. L’animal ne choisit pas (instinct), il n’apprend pas, pas de progrès voulu.

  • La perfectibilité fait l’histoire de l’espèce par la politique. La différence essentielle entre l’animal et l’homme est celle entre la nature et la politique.

Pour Rousseau, la différence entre l’animal et l’homme est le propre de ce dernier qu’il appelle la perfectibilité. Il s’agit d’un faculté proprement humaine à se perfectionner. Ce n’est pas seulement dans le sens d’un progrès car l’homme est capable du meilleur comme du pire. Il peut progresser mais aussi se livrer à la pire barbarie.

  • La perfectibilité fait l’histoire de l’individu par l’éducation

C’est l’éducation qui permet de faire la différence entre un animal et l’homme : L’éducation comprend une partie négative qui consiste à enlever à l’homme son animalitécàd ses pulsions, son agressivité, tout ce qui s’oppose à la civilité. Elle s’apparente en ce sens à un dressage car les moyens sont la contrainte l’imitation et la menace.

L’éducation comprend une partie positive, c’est tout ce que l’on reçoit comme les savoirs, les techniques, la culture au sens large. Cette fois, le moyen est la libre réflexion, l’usage de sa propre raison. Cette forme d’éducation doit être consentie pour s’appeler liberté

  • La raison: faculté de l’esprit proprement humaine qui s’oppose à l’instinct « Par son instinct, un animal est déjà tout ce qu’il peut être […] Mais l’homme doit user de sa propre raison »

La raison joue un rôle déterminant pour l’éducation, la connaissance et la morale. (KANT) Raison est théorique (pure) ou / et  pratique

–> Logos( logique). Grâce à la raison on répond à la question « que puis-je savoir? » Grâce à la raison, nous pourrons aussi répondre à la question » que dois-je faire ? » (morale). Dans les deux cas, la raison nous garantit l’universalité de nos réponses.

  • Déterminisme et liberté : L’animal n’est pas un miroir négatif de l’homme. Il y a une continuité, une proximité naturelle. SPINIOZA dit « l’homme n’est pas un empire dans un empire  ».

Il appartient au règne du vivant et il est soumis aux lois de la nature.

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DSC05433III) L’humanité

La condition humaine n’a pas toujours été définie, elle a été transformée par les trois monothéismes (judaïsme, christianisme, islam) et grâce à des combats laïcs comme la déclaration des droits de l’homme. L’idée d’homme est, par exemple en Grèce, vaguement exprimée aux frontières des dieux et des bêtes, mais l’homme n’est pas reconnu en tant que genre spécifique. Il y a des critères différents pour définir l’humanité dans l’espace et le temps.

A) Les hommes ne sont pas des dieux:

a)Les hommes sont mortels et les dieux immortels:

Le syllogisme le plus célèbre affirme que « tous les hommes sont mortels »…

Dans le mythe de Prométhée, il dérobe le feu aux dieux et l’offre aux hommes pour qu’ils se différencient des animaux et puissent sacrifier aux dieux. Mais l’homme reste dans une logique du malheur et de la mort, il doit lutter pour sa survie, et celle de son espèce..

b) La mémoire:

L’homme est le seul animal qui peut savoir qu’il va mourir, il est conscient du temps et de sa soumission à la loi du « devenir ».

_ Dans l’odyssée, Ulysse veut rejoindre son île Ithaque. Il ne cherche pas l’immortalité mais le retour a la terre natal, dans un épisode, la magicienne Circé transforme ces compagnons en porc pour qu’ils oublient ce retour. Dans un autre épisode on les oblige à manger la fleur de lotus.

_ Primo Levi explique dans ses carnets de captivité qu’il lisait à ses compagnons des passages de l’odyssée pour ne pas qu’ils oublient la question d’Ulysse. « D’où venons nous ? » est le point d’ancrage de l’humanité, la mémoire est la résistance à l’inhumanité.

c) La formation du genre humain:

Les dieux n’ont pas le souci de l’engendrement ni du sens à donner à leur vie. A l’inverse les hommes on en charge la survie de leur espèce. Les hommes doivent penser les lois de la généalogie : C’est tout d’abord la prohibition de l’inceste qui permet le passage de la nature à la culture, de la vie biologique à l’ordre humain, c’est une loi universelle.

L’institution du mariage et l’engendrement qu’il permet montre aussi que le genre humain est du côté de la culture et de l’artifice.

B) Les hommes ne sont pas des bêtes:

a)  » L’homme est un animal politique  » (Aristote)

Cela signifie que l’homme est capable de vivre dans une cité (polis). Il construit une hiérarchie, une organisation qui le fait sortir de l’état de guerre pour le faire entrer dans l’univers artificiel du politique.

La cité sous-entend une organisation, une invention, une liberté qui fait que l’homme rennonce à sa nature = par HOBBES (XVIII°) « l’homme est un loup pour l’homme ». C’est la guerre de tous contre tous. https://lewebpedagogique.com/philoflo/2009/12/13/le-leviathan/

Il faut pour mettre fin à cette guerre, imaginer un combat, certains hommes cèdent leurs droits aux puissants, c’est l’état Leviathan.

Pour Rousseau l’état de nature n’est pas un état de guerre ni de paix, c’est l’indifférence si l’homme vit isolé. L’homme est indétermination, inventivité, il devient homme en inventant sa propre vie.

=>Perfectibilité:(facilité à perfectionner): possibilité du bien comme du mal.L’animal ne choisit pas (instinct), il n’apprend pas, pas de progrès voulu. La perfectibilité aura l’histoire de l’individu par l’éducation, et l’histoire de l’espèce par la politique. La différence essentielle entre l’animal et l’homme est celle entre la nature et la politique.

Pour Rousseau, la différence entre l’animal et l’homme est le propre de ce dernier qu’il appelle la perfectibilité. Il s’agit d’un faculté proprement humaine à se perfectionner. Ce n’est pas seulement dans le sens d’un progrès car l’homme est capable du meilleur comme du pire. Il peut progresser mais aussi se livrer à la pire barbarie.

b)La raison: faculté de l’esprit proprement humaine qui s’oppose à l’instinct

« Par son instinct, un animal est déjà tout ce qu’il peut être […] Mais l’homme doit user de sa propre raison »

La raison joue un rôle déterminant pour l’éducation, la connaissance et la morale. (KANT) Raison

–> Logos( logique). Grâce à la raison on répond à la question que puis-je savoir? Grâce à la raison, nous pourrons aussi répondre à la question que dois-je faire?(morale). Dans les deux cas, la raison garantit l’universalité de nos réponses.

c) Déterminisme et liberté

L’animal n’est pas un miroir négatif de l’homme. Il y a une continuité, une proximité naturelle .

SPINIOZA dit « l’homme n’est pas un empire dans un empire dans un empire ».

Il appartient au règne du vivant et il est soumis aux lois de la nature.

C’est l’éducation qui permet de faire la différence entre un animal et l’homme : L’éducation comprend une partie négative qui consiste à enlever à l’homme son animalité càd ses pulsions, son agressivité, tout ce qui s’oppose à la civilité. Elle s’apparente en ce sens à un dressage car les moyens sont la contrainte, l’imitation, et la menace.

L’éducation comprend une partie positive, c’est tout ce que l’on reçoit comme les savoirs, les techniques, la culture au sens large. Cette fois, le moyen est la libre réflexion, l’usage de sa propre raison. Cette forme d’éducation doit être consentie pour s’appeler liberté.

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Pour Hobbes, l’état de nature est un état de guerre de tous contre tous (« l’homme est un loup pour l’homme »). Cet état de fait ne résulte cependant pas de  pulsions ou dominations de certains hommes sur d’autres mais plutôt du fait de l’égalité naturelle des hommes entre eux. Cette égalité entraine la rivalité, la méfiance, le désir de domination et de gloire. Il s’agit alors de montrer que le passage à l’état politique est nécessaire pour éviter l’issue meurtrière qui est l’horizon de cette nature : « l’homme le plus faible a assez de force pour tuer l’homme le plus fort, soit par une machination secrète, soit en s’alliant à d’autres qui courrent le même danger que lui. » Ainsi la politique est une convention sociale que les individus passent entre eux : ils autorisent un homme ou une assemblée pour les représenter ; c’est un pouvoir absolu , une puissance, autre nom de L’État, le Léviathan.

La seule façon d’ériger un tel pouvoir commun, apte à défendre les gens de l’attaque des étrangers, et des torts qu’ils pourraient se faire les uns aux autres, et ainsi à les protéger de telle sorte que par leur industrie et par les productions de la terre, ils puissent se nourrir et vivre satisfaits, c’est de confier tout leur pouvoir et toute leur force à un seul homme, ou à une seule assemblée, qui puisse réduire toutes leurs volontés, par la règle de la majorité, en une seule volonté. Cela revient à dire : désigner un homme, ou une assemblée, pour assumer leur personnalité ; et que chacun s’avoue et se reconnaisse comme l’auteur de tout ce qu’aura fait ou fait faire, quant aux choses qui concement la paix et la sécurité commune, celui qui a ainsi assumé leur personnalité, que chacun par conséquent soumette sa volonté et son jugement à la volonté et au jugement de cet homme ou de cette assemblée. Cela va plus loin que le consensus, ou concorde : il s’agit d’une unité réelle de tous en une seule et même personne, unité réalisée par une convention de chacun avec chacun passée de telle sorte que c’est comme si chacun disait à chacun : j’autorise cet homme ou cette assemblée, et je lui abandonne mon droit de me gouvemer moi-même, à cette condition que tu lui abandonnes ton droit et que tu autorises toutes ses actions de la même manière. Cela fait, la multitude ainsi unie en une seule personne est appelée une RÉPUBLIQUE, en latin CIVITAS. Telle est la génération de ce grand LEVIATHAN […] Hobbes, chapitre XVII

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE MONSTRE LEVIATHAN :

https://lewebpedagogique.com/philoflo/letat-et-ses-monstres/



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II- La question de l’origine.

Le mot nature vient du verbe nascor qui veut dire naître.

En ce sens, la nature est définie comme origine, comme la mère nourricière, ce qui donne la vie, ce qui permet la croissance des vivants. La nature est considérée dans de nombreux mythes, légendes, histoires sacrées comme la mère qui favorise les hommes, il est alors mauvais de s’en détacher. Elle peut aussi représenter une puissance défavorable (tremblements de terre, ouragans, tempête, incendie, inondation) en ce sens l’homme doit s’en éloigner ou la maîtriser.

Qu’elle soit bonne ou mauvaise pour l’homme, la nature est toujours problématique :

– Pour la connaissance (le savoir)

–  Pour sa maîtrise (le pouvoir)

C’est l’enjeu des sciences et des techniques, de leur progrès dans l’histoire qui apparaît au sein du débat nature et culture. La question se pose de savoir s’il existe un passage entre les 2 notions et si l’homme trouve un sens à sa vie en se détachant de sa mère nourricière.

(cf texte de Platon Protagoras: https://lewebpedagogique.com/philoflo/lart/%C2%AB-l-homme-nu-et-autres-recits-%C2%BB/)

Ce qui nous paraît être une habitude a une origine dans ce mythe, il s’agit de montrer que les 2 valeurs, la honte et la justice, n’ont pas toujours été ce qu’elles sont aujourd’hui. Le texte explique la fabrication des différentes espèces par les dieux et la distribution des qualités qui leur permettent de survivre. A la fin de cette distribution il ne reste plus rien pour l’homme il est nu, il ne peut ni se défendre ni se protéger ni subvenir à ses besoins. Prométhée va voler au Dieu Héphaïstos et à Athéna, le feu, l’origine de la technique comme de tous les savoirs que l’homme pourra développer. L’enjeu philosophique est de comprendre le passage de la nature à la culture comme par exemple du cru au cuit, de l’injustice à la justice, de la barbarie à la pudeur, de l’inactivité au travail, de la guerre à la civilisation etc.



Nambikwara

Georges CHARBONNIER — Quelle distinction y a-t-il lieu d’établir entre nature et culture ?

Claude LEVI-STRAUSS — C’est la distinction fondamentale pour l’ethnologie et souvent un peu embarrassante chez nous, parce que le terme de culture, qui est d’importation anglaise, n’a pas exactement le même sens traditionnel, en français, que celui que les fondateurs des sciences anthropologiques lui ont donné. La nature, c’est tout ce qui est en nous par hérédité biologique ; la culture, c’est au contraire, tout ce que nous tenons de la tradition externe et, pour reprendre la définition classique de Tylor — je cite de mémoire et inexactement sans doute — enfin, la culture ou civilisation, c’est l’ensemble des coutumes, des croyances, des institutions telles que l’art, le droit, la religion, les techniques de la vie matérielle, en un mot, toutes les habitudes ou aptitudes apprises par l’homme en tant que membre d’une société. Il y a donc là deux grands ordres de faits, l’un grâce auquel nous tenons à l’animalité par tout ce que nous sommes, du fait même de notre naissance et des caractéristiques que nous ont léguées nos parents et nos ancêtres, lesquelles relèvent de la biologie, de la psychologie quelquefois ; et d’autre part, tout cet univers artificiel qui est celui dans lequel nous vivons en tant que membres d’une société. L’ethnologie ou, au sens large, l’anthropologie, essaie de faire, dans l’ordre de la culture, la même oeuvre de description, d’observation, de classification et d’interprétation, que le zoologiste ou le botaniste le fait dans l’ordre de la nature. C’est dans ce sens, d’ailleurs qu’on peut dire que l’ethnologie est une science naturelle ou qu’elle aspire se constituer à l’exemple des sciences naturelles.

Georges CHARBONNIER
Entretien avec LEVI-STRAUSS
éd. UGE, coll. 10/18, pp. 180-182

QUESTIONS sur le texte en bleu (type bac):

1- Idée générale :

La distinction entre nature et culture, relativement à l’hérédité (biologie) et l’héritage ( acquis ).

2 et 3. Qu’est-ce qui caractérise dans le texte, nature et culture ?

2- Nature

Hérédité biologique

Animalité qui provient de notre naissance (biologie), et caractéristiques léguées (psychologie)

3- Culture

Tradition externe

Civilisation

Coutumes / croyances / institutions ( art, droit, religion, techniques = habitudes ou aptitudes apprises)

Société

Univers artificiel

4. Comment envisager le passage de la nature à la culture ?

La difficulté c’est que nous avons « deux grands ordres de faits » et que la frontière entre nature et culture n ‘est pas nette chez l’homme. L’homme à l’état de nature n’existe pas si cela signifie qu’il est réduit à son animalité. Comme le dit Levi-Strauss il est déjà membre d’un groupe familial ou social par l‘éducation qu’il reçoit dès sa naissance, il appartient à l’ordre culturel.

5. Expliquez : « nous tenons à l’animalité », « cet univers artificiel ».

– « Nous tenons a l’animalité » , il s’agit de la nature humaine au sens biologique : l’homme appartient a l’espèce animale , il a des ancêtres communs avec certains animaux connus aujourd’hui comme l’enseigne Charles Darwin. L’animalité signifie également certains traits de caractères, certaines passions qui n’ont pas été corrigés par la discipline et l’éducation.

– « Cet univers artificiel », il s’agit de ce qui relève de la culture et forme pour ainsi dire un monde, un univers proprement humain. L’artificiel c’est ce qui est fabriqué, ce qui est secondaire, ce qui apparait. Il ne vient pas s’ajouter à la nature au sens d’essence de l’homme, mais constitue paradoxalement la véritable nature humaine.



Claude_Levi_Strauss

COMPTE RENDU DU DOCUMENTAIRE :  CLAUDE LEVI-STRAUSS  répond aux questions de Jean José Marchand (archives de l’INA) par Pierre BEUCHOT

Claude Lévi-Strauss

est né à Bruxelles en 1908. Il appartenait à un vaste mouvement et développait l’analyse structural. Il finit 3ème à l’agrégation de philosophie en 1931.

1. Pourquoi avoir suivi des études de philosophie ?

Il avait surtout le goût des idées. Il s’intéressait à beaucoup de choses telles que la peinture, la musique, les antiquités qui se mariaient très bien avec la philosophie. Pendant cette période il avait plutôt un intérêt pour la politique. Il s’est introduit dans le socialisme (après avoir lu Marx, Engels). Ce mouvement est militant.

2. Relation avec Freud ?

Il affirme avoir connu Freud en classe de philosophie, par l’intermédiaire du père d’un de ses camarades, un familier de Marie Bonaparte. Freud a enseigné à Claude Lévi Strauss que toute chose pouvant choquer cache toujours quelque de rationnel.

3. L’ethnologie

Paul Nizan définissait ce terme d’enseignement inexistant. En 1935 Claude Lévi-Strauss étudiait l’ethnologie au Brésil. Dans ce pays, il y trouvera une société d’une grande complexité. Ce qui lui permettait d’écrire et de puiser toutes ses richesses sans jamais en finir. Il y rencontra aussi les gens les plus sauvages.
1938 : Nambikwara. Sa société était (pardonnez l‘emploi de ce terme) »la plus minable » ! Il fallait donc qu’il trouve le moyen de s’approcher de ces personnes-là, de cette société minimale. Mais quelle(s) condition(s) minimale(s) pour dire qu’une société existe ? Des gens déformés, ébranlés par l’histoire. Société brésilienne réduite qui offrait sur le terrain expérimental l’image de la société la plus simple.
Claude L.S a aussi connu les Indiens.
1939 : Retour au Brésil : Il était devenu structuraliste sans le savoir. A New York, il enseigne la sociologie où il se sentait comme un étudiant. Il a essentiellement appris le savoir sur l’ethnologie à New York grâce à Roman Jakobson qui enseignait la linguistique. Claude L.S définissait aussi la relation entre les hommes comme moyen de comprendre une société comme la structure d’une langue permet de comprendre le langage.
1949 : Structures élémentaires de la parenté.

4.La prohibition de l’inceste

par exemple : le mariage entre cousins était quelque chose d‘incestueux. Dès que c’est interdit, alors je m’adresse à une autre famille. Donc les deux familles vont se retrouver contraintes à s’unir. De ce fait, provient un échange de femmes mais aussi un échange de biens.

Mettre en évidence l’apparence arbitraires des coutumes = rattacher tout sous une forme = déduire.
… Ce qui n’est pas variable, c’est ce qui est une règle…
La notion de réciprocité est la place profonde dans la religion sociale. Passage de la nature à la culture. Mais Claude L.S n’aimait pas les voyages.
Tristes tropiques : Il faut savoir qu’il a voulu l’écrire bien avant (durant la période de son adolescence) pour comprendre. Il évoque ainsi l’école buissonnière.
La pensée sauvage (1962) : Il met en avant une idée qui est que la pensée intellectuelle sauvage est comme une fleur sauvage développée dans un certain milieu à l’abri de tout = offrir des classifications naturelles.

5.Le structuralisme

est l’ensemble des théories qui, en sciences sociales et humaines, privilégient l’étude et l’analyse des structures. Pour Claude Lévi-Strauss, le structuralisme représenta un outil permettant de déchiffrer les civilisations, en repérant par exemple, au sein de contenus variables, des formes invariantes.

Formé à l’analyse structurale par le linguiste Roman Jakobson qu’il avait rencontré à New York dans les années 1940, l’ethnologue expliquait que le structuralisme, dans son domaine, « c’est essentiellement essayer de réduire le nombre de variables, essayer de comprendre les rapports entre ces variables plutôt que de les traiter comme des problèmes séparés. »

Claude Lévi-Strauss, en étudiant les relations de parenté chez les peuples primitifs ou leurs mythes, releva l’existence, dans des cultures très différentes, d’une unité psychique de l’humanité ». Il tenta alors de déceler dans les peuples les « éléments de la structure primordiale ».

Le mythe le plus connu, dans son oeuvre, devenu « invariant culturel », est l’interdit de l’inceste. Cette interdiction est présente autant dans des cultures comme celle des indiens Nambikwara, au Brésil, que dans nos sociétés. D’où la conclusion logique que la différence entre civilisation « primitive » et « évoluée » disparaît, d’un point de vue ethnologique…

-Bibliographie

« La Vie familiale et sociale des indiens Nambikwara » (1948), « Les Structures élémentaires de la parenté » (1949), « Race et histoire » (1952), « Tristes tropiques » (1955) Il publia en 1955 le célèbre essai « Tristes tropiques », entre ethnologie, autobiographie et philosophie. Cet ouvrage scientifique aux accents littéraires connut un succès autant critique que public. Étude des comportements sociaux des Indiens du Brésil, le livre n’avait pas été récompensé du prix Goncourt car ce n’était pas un roman.

« Anthropologie structurale » (1958), « La Pensée sauvage » (1962), « Mythologiques 1 – Le Cru et le cuit » (1964), « Mythologiques 2 – Du miel aux cendres » (1967), « Mythologiques 3 – L’Origine des manières de table » (1968), « Mythologiques 4 – L’Homme nu » (1971), « Anthropologie structurale II » (1973), « La Voie des masques » (1975), « Le Regard éloigné » (1983), « Paroles données » (1984), « La Potière jalouse » (85), « De près et de loin », entretiens avec Didier Eribon (1988), « Histoire de lynx » (1991), « Regarder, écouter, lire » (1993), « Saudades do Brasil » (1994)

Citations :

« L’ethnologie est une des nombreuses manières de comprendre l’homme. On peut essayer d’élargir la connaissance de l’homme pour y inclure les sociétés les plus lointaines », expliquait-il en 1984 à la télévision.

Philosophe de formation, Lévi-Strauss souhaitait « que rien d’humain ne nous reste étranger », pour faire comprendre à ses contemporains que « notre sagesse est une sagesse parmi des centaines ou des milliers ».

Première phrase de « Tristes Tropiques »: « Je hais les voyages et les explorateurs. » Une phrase peu faite pour rassurer ses pairs mais dont les milieux littéraires avaient fait leur miel…



DSC05653Photo personnelle, British Muséum, galerie de la mode

Au 20ème siècle, les ethnologues affirment la diversité des cultures comme un fait, en étudiant les multiples coutumes, modes de vie, règles sociales et habitudes de sociétés différentes de la notre. Cette diversité pose problème lorsque l’on tente de définir une nature humaine.

En effet, supposer une identité pour définir l’homme n’est ce pas nier les différences qui constituent l’histoire des civilisations ?

Nous devons étudier la différence entre nature et culture relativement à l’être humain puis se demander si un passage est possible de l’une à l’autre de ces deux notions.

I/ Nature et culture :

  • La nature au sens large, c’est ce qui nous entoure et comprend aussi bien le vivant (objet de la biologie) que l’inerte (minéral, la terre, l’air, le feu, l’eau).

C’est ce qui s’oppose à l’artificiel, c’est à dire ce qui est fabriqué par l’homme.

  • Parler d’une nature humaine, c’est supposer quelque chose qui définit tout homme sans exception, son essence, sa caractéristique propre.

Les classiques ont vu dans la raison, le propre de l’homme (« le bons sens est la chose du monde la mieux partagée » Descartes)

Les sciences humaines (XX°) proposeront tour à tour le travail ou le langage ou même le rire pour définir l’homme, le distinguer de l’animal.

Tout se passe comme si la complexité humaine se jouait entre une nature universelle qu’il refuse de partager simplement avec les animaux, et la revendication d’une culture originale, et particulière.

  • Depuis Darwin (XIX°) l’homme partage la même lignée que certains animaux, l’enjeu de l’affirmation d’une culture propre est donc de taille.

La culture c’est ce que l’on acquiert par l’éducation (discipline et apprentissages) en partageant les valeurs d’un même groupe : habitudes, coutumes, idées, religions, art, règles du droit etc.

Cette culture s’inscrit dès l’enfance dans notre esprit mais aussi dans nos gestes et attitudes. Elle constitue l’histoire particulière de chacun comme l’histoire commune d’un groupe d’individus.


Nature Culture
-Faune , flore et l’homme

-Cosmos-L’eau , le feu , l’air , la terre

-Le minéral

-Le naturel (l’inné)

-Biologie (génétique) : le déterminisme

-L’évolution des espéces (Darwin)

-Evolution aveugle sans intention ni but (à moins de supposer un créateur …)

-La nature humaine = l’essence de l’homme (propre à tous les hommes, universel)

-Langage humain: articulations de sens et articulations de sons

-Industrie , artisanat , l’art , les techniques-L’acquis , l’éducation (discipline et apprentissages)

-Transmission des savoirs , des gestes ; des attitudes , toutes les habitudes de pensées ou d’actions

– L’acquis

-La liberté

-Histoire personnelle (individu) et commune (peuple)

-Progrès: projet et déroulement intentionel.

-Diversités, différences, multitudes des civilisations (modes de vie, coutumes, idées, mode, cuisine etc.)

-Langues, accentuations, dialectes, patois, langage des signes, écriture, dessin, graphisme, tags etc.



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Brésil | © Claude Lévi-Strauss/Musée du Quai Branly

Levi Strauss

  • De formation philosophique, Levi Strauss se tourne rapidement vers les civilisations méconnues, malgré l’avertissement qui ouvre Tristes Tropiques : « Je hais les voyages et les explorateurs.»

    L’ethnographie fut l’un de ses plus importants domaines d’étude.

    —> Travail de terrain qui consiste à collecter des objets, des coutumes [orales], des textes, des récits, des faits, propres à une ethnie.

    L’ethnologie est la théorie, le discours sur les différentes ethnies. Elle suppose une interprétation de la part du chercheur. « Il y a toujours un aspect philosophique dans n’importe quelle recherche.»

  • C’est au Brésil qu’il rencontra des tribus indiennes qui semblent tout à fait sauvages et primitives. Il travaillera alors sur ces notions en essayant de montrer que ces ethnies ont une histoire, une spécificité qui ne se résument pas à la barbarie, ou au caractère arriéré que l’on pourrait supposer. « Même les peuples qui n’ont pas tenu leur journal intime ont une histoire.»

  • Il dénonce l’ethnocentrisme, forme de racisme insidieux qui consiste à affirmer la supériorité d’une culture sur une autre. Il montre la diversité des cultures sans établir de hiérarchie, ni de préférence pour l’une d’entre elles.

  • Levi Strauss va être grandement influencé par la linguistique structurale, qui apparaît au début du XX° siècle comme le modèle de toutes les sciences humaines. On pense en effet qu’il existe une structure fixe définissant le langage humain et permettant d’expliquer la multiplicité des langues. Dans le langage, on ne voit que des différences et des relations entre les phonèmes et les morphèmes. Il existe donc une structure que l’on peut étudier indépendamment des langues.

  • En étudiant les sociétés différentes, ce qui intéresse Levi Strauss c’est de rechercher une structure permettant d’expliquer la multiplicité des cultures. Son premier ouvrage, Les structures élémentaires de la parenté, mettent à jour une règle universelle, c’est à dire valable pour toutes les sociétés : c’est la prohibition de l’inceste. Quelle que soit la forme que prend cet interdit, on le retrouve aux fondements des relations humaines. C’est l’échange primordial de partenaire qui permet des unions fondatrices des sociétés. La règle est toujours présente quelque soit la punition que l’on encourt lorsqu’on l’enfreint : de la simple réprobation à la mise à mort. L’intérêt est de montrer un point commun à toutes les sociétés, et de mettre fin aux oppositions injustifiées des cultures. Le gain en anthropologie est de définir l’homme à la fois par la diversité culturelle et par l’universalité de sa nature.

  • Le travail de Levi Strauss dépasse le cadre des missions au Mato Grosso, de retour à Paris, il continue à s’interroger sur les rites, les coutumes, les langues différentes, et les confronte aux mythes des sociétés anciennes. Il n’y a pas de différence en effet entre l’homme d’aujourd’hui et celui du passé lorsqu’on considère que les structures de la pensée préfigurent les connaissances, les œuvres d’art, les mythes, et les religions. « Les hommes ne diffèrent et n’existent que par leurs œuvres. Comme la statue de bois qui accoucha d’un arbre, elles seules apportent l’évidence qu’au cours des temps, parmi les hommes, quelque chose s’est réellement passé. »

  • L’ethnologue, dans ses dernières œuvres, se réclame de la poésie et de la musique. Il continue son travail jusqu’à la fin de sa vie, même s’il quitte la scène des musées, des conférences, des mondanités. Peu confiant dans les années futures, malgré sont grand amour de l’humanité : « Le monde a commencé sans l’homme, et il s’achèvera sans lui. Les institutions, les mœurs, et les coutumes, que j’aurai passé ma vie à inventorier et à comprendre, sont une efflorescence passagère d’une création par rapport à laquelle elles ne possèdent aucun sens, sinon peut-être de permettre à l’humanité de jouer son rôle. » .

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