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Essai de corrigé

Définir les termes du sujet

Maitre du latin « magister » : celui qui commande, celui qui enseigne. C’est la personne qui exerce une domination mais aussi qui est qualifiée pour exercer une fonction.

Le maitre de soi est celui qui possède une chose, soi :

– ce que chacun est pour lui même

– La conscience de soi

Dans le sujet, on a donc un double sens : Qu’est ce qu’exercer une domination sur soi et qu’est ce que le pouvoir sur la conscience de soi.

Etre maitre de soi, c’est se connaitre soi-même, et c’est aussi le pouvoir de la volonté pour une maîtrise stratégique, le déploiement d’une force qui peut concerner le sujet lui même. L’enjeu est pratique, notre vie est engagée au sens d’une liberté possible et son effectuation.

Plan possible :

I- Etre maître de soi, c’est se connaitre…

1) La maitrise est un processus sur les choses qui consiste a soumettre a une force un pouvoir sur quelque chose d »extérieur. Or, c’est le sujet lui même qui exige cette maitrise, cet exercice d’une force face aux pulsions, passions et désirs.

2) Se connaitre, c’est comprendre ce qui échappe a la rationalité ; pour Spinoza, une passion on chasse une autre quand nous en formons une idée claire et distincte

Ts1 iS DeaD. 2niO aussi! yass et Benji (YoGoYoooo) and Tic et Tac

Cependant la connaissance n’est pas obligatoirement un pouvoir et un exercice actif. La raison n’est peut être pas seule concernée.

II. Etre maître de soi c’est la tranquillité de l’âme et la santé du corps: l’ataraxie

1)Chez les stoïciens, l’intelligence ne suffit pas, il faut y joindre la volonté. Il s’agit de construire à notre usage une citadelle intérieure pour ne pas se laisser aller à ce qui ne dépend pas de nous (les biens, la santé, la force, etc)

2) La maîtrise de l’âme est possible grâce à la raison gouvernante « issue de la volonté et du jugement ». Elle nous permet de maîtriser tous les mots de l’esprit comme du corps.

III. Etre maître de soi, est-ce maîtriser la mort?

1)L’acceptation de sa propre finitude permet de mettre à distance l’angoisse et de dédaigner la simple existence biologique. Devant les puissances naturelles de cette vie biologique, c’est comprendre et accepter le face à face avec la mort.

2) Etre maître de soi, c’est accepter de renoncer à la vie au sens d’une existence immédiate. Pour Hegel, l’homme n’est pas seulement un simple aspect biologique, il est esprit, il accède au spirituel dans le rapport maître/servitude.

Zababa



26enso_500James Ensor
Menard Art Museum, Komaki City, Japan, Artists Rights Society (Ars), New York/Sabam Brussels

Références pour la dissertation :

« La modération dans les affections et les passions, la maîtrise de soi, la puissance de calme réflexion ne sont pas seulement bonnes à beaucoup d’égards, mais elles paraissent constituer une partie même de la valeur intrinsèque de la personne; cependant, il s’en faut de beaucoup qu’on puisse les considérer comme bonnes sans restriction (malgré la valeur inconditionnée que leur ont conférée les Anciens). Car sans les principes d’une bonne volonté, elles peuvent devenir extrêmement mauvaises : le sang-froid d’un scélérat ne le rend pas seulement beaucoup plus dangereux; il le rend aussi immédiatement à nos yeux plus détestable encore que nous ne l’eussions jugé sans cela. Ce qui fait que la bonne volonté est telle, ce ne sont pas ses œuvres ou ses succès, ce n’est pas son aptitude à atteindre tel ou tel but proposé, c’est seulement le vouloir; c’est-à-dire que c’est en soi qu’elle est bonne. » KANT


«Le psychique en toi ne coïncide pas avec ce dont tu es conscient ; ce sont deux choses différentes que quelque chose se passe en ton âme et que tu en sois par ailleurs informé. je veux bien concéder qu’à l’ordinaire, le service de renseignements qui dessert ta conscience suffit à tes besoins. Tu peux te bercer de l’illusion que tu apprends tout ce qui revête une certaine importance. Mais dans bien des cas, par exemple dans celui d’un conflit pulsionnel de ce genre, il est en panne, et alors ta volonté ne va pas plus loin que ton savoir. Mais dans tous les cas, ces renseignements de ta conscience sont incomplets et souvent peu sûrs ; par ailleurs, il arrive assez souvent que tu ne sois informé des évènements que quand ils se sont déjà accomplis et que tu ne peux plus rien y changer. Qui saurait évaluer, même si tu n’es pas malade, tout ce qui s’agite dans ton âme et dont tu n’apprend rien, ou dont tu es très mal informé? Tu te comportes comme un souverain absolu, qui ne descend pas dans la rue pour écouter la voix du peuple. Entre en toi-même, dans tes profondeurs, et apprends d’abord à te connaître, alors tu comprendras pourquoi tu dois devenir malade, et tu éviteras peut-être de le devenir.» FREUD, L’inquiétante étrangeté et autres essais, « une difficulté de la psychanalyse » 1917

« Tout le monde a pu remarquer qu’il est plus malaisé d’avancer dans la connaissance de soi que dans celle du monde extérieur. Hors de soi, l’effort pour apprendre est naturel ; on le donne avec une facilité croissante ; on applique des règles. Au-dedans, l’attention doit rester tendue et le progrès devenir de plus en plus pénible ; on croirait remonter la pente de la nature. N’y a-t-il pas là quelque chose de surprenant ? Nous sommes intérieurs à nous-mêmes, et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître. Point du tout ; notre esprit y est comme à l’étranger, tandis que la matière lui est familière et que, chez elle, il se sent chez lui. Mais c’est qu’une certaine ignorance de soi est peut-être utile à un être qui doit s’extérioriser pour agir ; elle répond à une nécessité de la vie. Notre action s’exerce sur la matière, et elle est d’autant plus efficace que la connaissance de la matière a été poussée plus loin ». BERGSON



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Références pour la dissertation :

« […] faire de la philosophie, c’est un bien, aussi longtemps qu’il s’agit de s’y former ; oui, philosopher, quand on est adolescent, ce n’est pas une vilaine chose, mais quand un homme déjà assez avancé en âge, en est encore à philosopher, cela devient, Socrate, une chose ridicule. Aussi, quand je me trouve, Socrate, en face d’hommes qui philosophaillent, j’éprouve exactement le même sentiment qu’en face de gens qui babillent et qui s’expriment comme des enfants. […] Quand je vois un jeune, un adolescent, qui fait de la philosophie, je suis content, j’ai l’impression que cela convient à son âge, je me dis que c’est le signe d’un homme libre. Et au contraire, le jeune homme qui ne fait pas de philosophie, pour moi, n’est pas de condition libre et ne sera jamais digne d’aucune belle et noble entreprise. Mais si c’est un homme d’un certain âge que je vois en train de faire de la philosophie, un homme qui n’arrive pas à s’en débarrasser, à mon avis, Socrate, cet homme-là ne mérite plus que des coups. C’est ce que je disais tout à l’heure : cet homme, aussi doué soit-il, ne pourra jamais être autre chose qu’un sous-homme, qui cherche à fuir le centre de la cité, la place des débats publiques, « là où, dit le poète [Homère, Iliade, IX, 441], les hommes se rendent remarquables ». Oui un homme comme cela s’en trouve écarté pour le reste de sa vie, une vie qu’il passera à chuchoter dans son coin avec trois ou quatre jeunes gens, sans jamais proférer la moindre parole libre, décisive, efficace. » Platon, Gorgias, 485a-485e



« Quand on est jeune il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser d’en poursuivre l’étude. Car personne ne peut soutenir qu’il est trop jeune ou trop vieux pour acquérir la santé de l’âme. Celui qui prétendrait que l’heure de philosopher n’est pas encore venue ou qu’elle est déjà passée, ressemblerait à celui qui dirait que l’heure n’est pas encore arrivée d’être heureux ou qu’elle est déjà passée.»
Épicure (~341-~270), Lettre à Ménécée


« La philosophie n’est véritablement qu’une occupation pour l’adulte, il n’est pas étonnant que des difficultés se présentent lorsqu’on veut la conformer à l’aptitude moins exercée de la jeunesse. L’étudiant qui sort de l’enseignement scolaire était habitué à apprendre. Il pense maintenant qu’il va apprendre la philosophie, ce qui est pourtant impossible car il doit désormais apprendre à philosopher. »
Kant, Annonce du programme des leçons durant le semestre d’hiver 1765-1766

C’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher ; et le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n’est point comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu’on trouve par la philosophie ; et, enfin, cette étude est plus nécessaire pour régler nos mœurs et nous conduire en cette vie, que n’est l’usage de nos yeux pour guider nos pas. Les bêtes brutes, qui n’ont que leur corps à conserver, s’occupent continuellement à chercher de quoi le nourrir ; mais les hommes, dont la principale partie est l’esprit, devraient employer leurs principaux soins à la recherche de la sagesse, qui en est la vraie nourriture ; et je m’assure aussi qu’il y en a plusieurs qui n’y manqueraient pas, s’ils avaient espérance d’y réussir, et qu’ils sussent combien ils en sont capables.  » Descartes





L'image “http://www.iconovox.com/blog/wp-content/uploads/2009/03/petit-nicolas.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.La démarche mise en œuvre dans la familiarisation avec une philosophie riche en contenu n’est bien aucune autre que l’apprentissage. La philosophie doit nécessairement être enseignée et apprise, aussi bien que toute autre science. Le malheureux prurit qui incite à éduquer en vue de l’acte de penser par soi-même et de produire en propre, a rejeté dans l’ombre cette vérité – comme si, quand j’apprends ce que c’est que la substance, la cause, ou quoi que ce soit, je ne pensais pas moi-même, comme si je ne produisais pas moi-même ces déterminations dans ma pensée, et si elles étaient jetées en celle-ci comme des pierres ! – comme si, encore, lorsque je discerne leur vérité, je n’acquérais pas moi-même ce discernement, je ne me persuadais pas moi-même de ces vérités ! – comme si, une fois que je connais bien le théorème de Pythagore et sa preuve, je ne savais pas moi-même cette proposition et ne prouvais pas moi-même sa vérité ! Autant l’étude philosophique est en et pour soi une activité personnelle, tout autant est-elle un apprentissage – l’apprentissage d’une science déjà existante, formée. […] La représentation originelle, propre, que la jeunesse a des objets essentiels, est, pour une part, encore tout à fait indigente et vide, et, pour une autre part, en son infiniment plus grande partie, elle n’est qu’opinion, illusion, demi-pensée, pensée boiteuse et indéterminée. Grâce à l’apprentissage, la vérité vient prendre la place de cette pensée qui s’illusionne. HEGEL

Correction du texte de Hegel

-Introduction

-Plan

I. L’affirmation de la nécessité d’un travail d’apprentissage en philosophie (l. 1-3).

La nécessité de l’apprentissage suppose un réel effort intellectuel c’est à dire l’usage de la raison par lequel le philosophe forme des concepts, des propositions, un système cohérent et logique.

Cet effort de connaissances porte sur un contenu déterminé, on se demande s’il s’agit de doctrines, de pensées tirées de l’histoire de la philosophie ou bien de notions préalablement définies.

II. Critique de l’opinion commune qui consiste à affirmer que tout apprentissage est inutile en philosophie (l. 3-11).

Pour l’opinion tout homme peut philosopher car tout homme pense, mais philosopher c’est penser par soi-même sur certains contenu. La philosophie est bien une activité personnelle, cela ne signifie pas une activité que l’on fait seul sans apprentissage. On doit soumettre sa pensée à celle des autres.

Pour expliquer ce paradoxe qui consiste à apprendre à penser par soi-même Hegel utilise deux exemples :

a. L’exemple des mots « substance » ou « cause ». Je dois apprendre les définitions en comprenant le sens de ces concepts qui ont été définies par Aristote. Je dois être capable de l’enseigner aux autres. Ainsi ces concepts deviennent une détermination de ma propre pensé.

b. La compréhension d’une démonstration géométrique précise la notion d’apprentissage : il ne s’agit pas de connaître par cœur de manière mécanique une succession de propositions. Il faut saisir par sa propre raison la démarche même de Pythagore. La démonstration mathématique n’est pas imposée à l’esprit mais reconnue comme preuve à celui qui l’a comprise. Là encore comprendre et apprendre, c’est penser par soi-même un contenu déterminé.

III. Une pensée non-encore informée est a) soit sans contenu, b) soit sans valeur philosophique.

Une pensé qui n’a pas encore été informée est formée par l’apprentissage des philosophies passées. Hegel juge de manière sévère cette pensée de la jeunesse qui préfère penser seule plutôt que de faire un effort d’instruction. Cette pensée est pauvre, vide, en attente d’apprentissage.

La pensée de la jeunesse n’a pas de contenu réel ou bien son contenu, s’il existe, est sans valeur philosophique. Cela signifie que ces idées n’ont pas de fondements, sont des opinions, des idées reçues et non des idées justes.

END (la suite au prochain épisode)

By Cyril héhé

INTRODUCTION : L’opinion commune affirme que philosopher est à la portée de tous puisqu’il suffit de penser pour élaborer des idées, mais celles-ci ont-elles une authentique valeur philosophique, suffit-il de penser ou bien faut-il apprendre à philosopher ? C’est à ces questions que répond Hegel en critiquant la pensée de la jeunesse qui n’est pas fondée, il oppose à ces opinions la nécessité d’un apprentissage c’est à dire d’un effort, d’un travail véritable dont le sens commun ne voit ni l’utilité ni le but. L’enjeu du texte est la définition de la philosophie qui est une connaissance réelle et non un ensemble d’opinion.

REMARQUE : La difficulté du texte n’est pas tant dans la notion d’apprentissage que dans l’unité même de la philosophie. En effet il existe des philosophies, une histoire qui semble être autant d’opinions divergentes. Kant affirmait que l’on peut apprendre à philosopher mais que l’on ne peut pas apprendre la philosophie si ce n’est comme une histoire subjective des pensées. « Chaque penseur construit son système sur les ruines d’un autre. » Descartes affirmait également « Nous paraîtrons avoir appris non des sciences mais de l’histoire » lorsque nous aurons lu « Tous les raisonnements de Platon et d’Aristote », y-a-t-il une contradiction de ces pensées ?

By Thibaut Tournaire alias foetus



posterindianajones410032008Deux exemples de corrigé

TEXTE

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2009/09/08/nouvelle-aventure/

1- Qu’est ce que penser ? telle est l’idée générale de ce texte.

L’auteur répond par une métaphore , celle de l’aventure, ce qui suppose un dépaysement des risques voire un danger. Pour le sens commun penser au contraire est une activité naturelle innée et sans effort ! On doit donc s’interroger sur le sens de ce mot qui a s’en doute une connotation philosophique.

Structure ou argumentation :

a) Penser […] penser : définition du verbe penser.

b) la condition […] refaire : le doute est la condition nécessaire pour penser, le point de départ de l’aventure.

c) si vous voulez […] jusqu’à la fin : le savoir contre la croyance.

2- Expliquer

a) « même le vrai la pensée le doit défaire et refaire »

Généralement, le vrai n’est pas remis en question il est tenu pour une certitude. Cependant l’auteur le met au même titre que toutes autres pensées qui doivent être interrogées, mise en doute, soumises à notre critique. C’est le sens de défaire qui consiste en une véritable déconstruction de nos idées. Il faut que la pensée soit vierge de tout préjugé pour l’aspect positif de notre savoir :  » refaire ».

b)  » la coutume ne sera jamais preuve »

la coutume c’est tout ce que nous avons acquis par habitude ( par exemple: des idées, des gestes, des comportements et surtout des opinions). La coutume est partagé de manière majoritaire ou générale. Elle n’est cependant jamais universelle chaque coutume est relative à un groupe, à une culture. C’est en ce sens qu’elle ne sera jamais preuve elle n’est qu’un exemple, un cas particulier. Une preuve c’est ce qui peut-être démontré qui est valable pour tous sans conteste.

Emma et les autres.

Deuxième essai sur le texte Alain , page 181 .

Réponse de la question 1 :

Qu’est ce que penser ? A cette question l’auteur répond par une métaphore, celle de l’aventure . Cela suppose une véritable activité avec des risques , des efforts , des dangers alors que pour le sens commun , penser est quelque chose de naturel , d’inné qui n’est pas difficile .

L’auteur argumente en trois parties :

– Penser […] penser : la définition métaphorique du verbe penser

– La condition […] et refaire : la condition pour penser c’est le doute

– Si vous voulez savoir […] : il faut ne plus croire ( condition du savoir ) .

Deuxième question :

a) « même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire » au sens large le vrai est ce que l’on tient pour certain parce que prouvé, démontré. Cependant l’auteur affirme une certaine méfiance envers toute forme d’idée certaine. Il faut mettre en question, interroger nos idées pour savoir si il ne s’agit pas de simples préjugés ; c’est le sens de défaire. L’aspect positif du savoir consistera à refaire c’est à dire de reconstruire nos connaissances sur de nouvelle bases.

b) « La coutume ne sera jamais preuve » Par coutume on entend tout ce que l’on acquiert par habitude au sein d’un groupe: des idées , des gestes, des comportements, et surtout des opinions. Une coutume est toujours relative a la civilisation qui la transmet, elle peut être générale ou particulière, c’est dans ce sens qu’elle s’oppose à la preuve. Elle n’est pas valable pour tous, elle n’est pas universelle. Une preuve c’est ce qui est démontré, ce qui est incontestable.


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noeud

« Pourquoi la philosophie est-elle aussi compliquée? Elle devrait pourtant être tout à fait simple.
La philosophie défait dans notre pensée les noeuds que nous y avons introduits de façon insensée; mais c’est pour cela qu’il lui faut accomplir des mouvements aussi compliqués que le sont ces noeuds. La complexité de la philosophie n’est pas celle de sa matière mais celle des nodosités de notre pensée. »
Ludwig Wittgenstein (1889-1951), Remarques philosophiques, I,#2.



girodet-combat-comp1Voici le point de départ de la philosophie : la conscience du conflit qui met aux prises les hommes entre eux, la recherche de l’origine de ce conflit, la condamnation de la simple opinion et la défiance à son égard, une sorte de critique de l’opinion pour déterminer si on a raison de la tenir, l’invention d’une norme , de même que nous avons inventé la balance pour la détermination du poids, ou le cordeau pour distinguer ce qui est droit et ce qui est tordu ? Est-ce là le point de départ de la philosophie : est juste tout ce qui paraît tel à chacun ? Et comment est-il possible que les opinions qui se contredisent soient justes ? Par conséquent, non pas toutes. Mais celles qui nous paraissent à nous justes ? Pourquoi à nous plutôt qu’aux Syriens, plutôt qu’aux Égyptiens ? Plutôt que celles qui paraissent telles à moi ou à un tel ? Pas plus les unes que les autres. Donc l’opinion de chacun n’est pas suffisante pour déterminer la vérité. Nous ne nous contentons pas non plus quand il s’agit de poids ou de mesure de la simple apparence, mais nous avons inventé une norme pour ces différents cas. Et dans le cas présent, n’y a-t-il donc aucune norme supérieure à l’opinion ? Et comment est-il possible qu’il n’y ait aucun moyen de déterminer et de découvrir ce qu’il y a pour les hommes de plus nécessaire ? Il y a donc une norme. Alors, pourquoi ne pas la chercher et ne pas la trouver, et après l’avoir trouvée, pourquoi ne pas nous en servir par la suite rigoureusement, sans nous en écarter d’un pouce ?     EPICTETE

Correction du texte :

> Question à laquelle l’auteur répond dans le texte : Y a-t-il une instance supérieure aux diverses opinions, c’est à dire une norme qui nous permette de juger toute parole et par la même d’accéder à la vérité.

Il répond : cette norme est nécessaire car elle garantit l’universalité du savoir. En effet, les hommes peuvent se référer à cette norme pour s’assurer de la valeur de leur pensée, de leurs idées, et échapper ainsi aux conflits d’opinions. Il affirme la nécessité de cette norme qui constitue la tâche du philosophe. Le problème est de définir ce principe supérieur à la simple opinion et de montrer son intérêt relativement à la vérité.

> Plan du texte :

I- « De voici le point de départ de la philosophie… ce qui est tordu » ======> la critique de l’opinion : elle est source de conflit, elle est insuffisante

1/ La notion de norme pour remplacer l’opinion

2/ Le jugement juste par des images physiques (la balance, le cordeau)

II- L’échec de l’opinion :  » est cela le point de départ… déterminer la vérité « 

1/ La contradiction culturelle des opinions

2/La multiplicité rend la vérité impossible

III- « Nous ne nous contentons pas… jusqu’à la fin »======> existence et nécessité de la norme

1/ Un degré de jugement supérieur et fiable : la norme est immuable et universelle

2/ La norme est la raison propre à chacun

Conclusion :

Ce qui s’oppose à la diversité des opinions, c’est une pensée rationnelle, c’est a dire un discours (LOGOS) bien pesé, c’est à dire évalué et rigoureusement vérifié. « Quelle est la rectitude de la pensée », suppose de définir la règle qui nous permet de mesurer la justesse de nos idées.

L’intérêt est également le rejet de toute opinion. Chacune revendique sa propre vérité. Cependant, l’opinion est incapable de déterminer le vrai.

Remarques :

– (I/) Le point de départ de la philosophie consiste en un conflit, c’est à dire se battre contre toute forme d’opinion. Il s’agit de rejeter le simple avis, la croyance, le préjugé, ou toute forme d’idée qui illusionne et nous laisse seul, prisonnier de nos certitudes, de nos convictions.

– L’image de la balance permet de comprendre l’action de penser. La balance sert à peser, c’est l’étymologie du verbe latin « pensare ». Toute pensée  rationnelle est issue d’une pesée, d’une évaluation, d’une vérification.

– Le cordeau permet de juger la droiture d’un objet, comme la norme permet de juger la droiture de nos idées. Là encore, c’est l’absence d’illusion, de croyance, qui nous permet de déterminer la vérité.

– (II/) La remise en question de l’opinion se fait par deux critiques : elle n’est pas universelle comme le montre une suite de questions. Elle n’est pas valide, comme le montre l’image de la variation. Cela ne résout pas le problème qui consiste à se débarrasser de l’opinion. Il ne faut pas seulement les dénoncer, il faut les dépasser pour déterminer la vérité. Il faut se placer systématiquement sur le chemin méthodique de la vérité et tourner le dos à toute opinion.

– (III/) Epictète renvoie à nouveau à l’expérience de poids et de mesure : on ne juge pas à l’œil nu, on a besoin d’un instrument. De même pour l’opinion, il faut trouver un instrument d’évaluation. Il ne faut donc pas se contenter des apparences sensibles, mais s’élever au niveau d’une représentation rationnelle et universelle. Le recours à la norme est à la fois une nécessité philosophique et la garantie de la vérité. D’où la nécessité lorsque l’on a dépassé l’opinion, de rechercher par l’usage de sa propre raison la vérité.









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1. Dans ce texte, l’auteur répond à la question « Qu’est ce que penser ? » par une image, celle de l’aventure. Il met donc en question la définition commune de cette activité en faisant du penseur un aventurier.

Différents arguments :

1. Pour définir penser comme une aventure l’auteur utilise deux arguments. Le premier est le doute est la condition pour rechercher la vérité.

2. Le second argument est  Le savoir doit combattre toute forme de croyance .

3 parties :

1ere partie : définition de penser par la métaphore de l’aventure

2ème partie : jusqu’à « refaire » c’est le doute libérateur

3ème partie : contre la croyance

2.Explications

a. « Même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire. » Dans le texte la pensée ne concerne que les idées qui sont mises en doute, il y a un véritable travail qui consiste à défaire et refaire. Déconstruire pour se débarrasser des choses dans notre esprit. Cela correspond à la critique philosophique. Après avoir mis en doute tout ce qui ce trouve dans notre esprit, on doit assurer les fondements du savoir. La pensée ne travaille pas seulement sur le douteux, sur le vraisemblable mais est une est une mise à l’épreuve de toutes nos certitudes. Le vrai ne s’oppose pas seulement au faux mais à l’illusion du savoir. Par cette image, on montre qu’elle est un véritable travail.

b. Dans le texte, il faut insister sur la force de l’habitude et sur le fait qu’une coutume est toujours particulière. On a du mal à s’en débarrasser et on croit à tord qu’elle a une valeur. Or l’auteur affirme qu’elle ne sera jamais preuve, c’est à dire qu’elle n’a aucune valeur démonstrative. Dans le texte, la preuve est une idée démontrée qui a une valeur universelle et garante de la vérité.

Alphonse & Ginette



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Etude de texte : le texte d’Alain

Questions :

1. dégagez l’idée principale du texte en précisant la structure de son argumentation.

2. expliquez :

a. « même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire »

b.  « la coutume ne sera jamais preuve »

3. dans une discussion progressive et argumentée, vous vous demanderez si la croyance s’oppose toujours a la pensée.

Réponses :

1.      L’auteur répond à  » qu’est-ce-que penser » par une image, celle de l’aventure. Il met donc en question la définition commune de cette activité en faisant du penseur un aventurier. Penser ce n’est pas croire. Pour définir penser comme une aventure, l’auteur utilise deux arguments :

  • Le doute et la condition contribuent a la recherche de la vérité.
  • Le savoir doit combattre, se substituer (à) , remplacer  la croyance. Le doute permet de ne plus croire et donc de penser.

Il y a donc deux activités qui constituent le risque de penser : douter et ne pas croire.

Plan :

I.   Définition de la pensée

II.  Le doute

III.  Contre la croyance

Réponses vocabulaire

  • Au sens large :

«  Même le vrai, la pensée le doit défaire et refaire ».

« la pensée » contenu de l’esprit qui comprend nos opinions, nos croyances, nos idées, nos rêves, nos sensations et nos sentiments.

  • Sens dans le texte :

Dans le texte, la pensée ne concerne que les idées qui sont mises en doute. Il y a un véritable travail qui consiste à faire et refaire. Défaire, c’est séparer, détacher, trier mais c’est aussi déconstruire pour se débarrasser de certaines choses ici qui sont dans notre esprit. Dans le texte, cela correspond à la critique philosophique. La pensée doit refaire, c’est l’aspect positif d’une construction qui doit être répétée, renouvelée, ou pour la pensée, réfléchie après avoir mis en doute tout ce qui se trouve dans notre esprit. On doit assurer les fondements du savoir.

« Même le vrai » : La pensée ne travaille pas seulement sur le doute, sur le vraisemblance mais cette pensée est mise à l’épreuve de toutes nos certitudes. Le vrai ne s’oppose pas seulement au faux mais à l’illusion du savoir (croire, savoir).

  • Au sens large :

la coutume est une habitude partagée, un groupe d’individus qui se transmet de génération en génération d’une manière orale, écrite ou tacite.

Dans le texte, il faut insister sur la force de l’habitude et sur le fait qu’une coutume est toujours particulière. On a du mal à s’en débarrasser et on croit à tort qu’elle a une valeur, or l’auteur affirme qu’elle ne sera jamais preuve, c’est-à-dire qu’elle n’a aucune valeur démonstrative. Une preuve au sens large est ce qui tient de la vérité d’une démonstration. Dans le texte, la preuve est une idée démontrée qui a une valeur universelle, garante de la vérité.

  • Conclusion : Par cette image d’une activité de la pensée, on montre qu’elle est un véritable travail de mise en doute, de combats contre toutes nos idées. Des opinions aux certitudes, tout doit être remis en question pour laisser la place à un véritable savoir.

EL BOUICH Imane

BOUYAKHRICHAN Ibtissame




socrxanthip

Socrate et Xanthippe, gravure de Van Veen, Anvers, 1612.

L’apologie de Socrate c’est la défense du philosophe. Au delà du procès de Socrate nous trouvons une explication philosophique. Une difficulté de ce texte, c’est qu’il est encore littéraire, qu’il fait référence à des mythes, et plus précisément que l’accusé explique qu’il a reçu une mission d’une divinité. Socrate raconte que Khairéphon, un personnage de confiance est allé demander à la Pythie, s’il y avait un homme plus sage que Socrate.

« Y a-t-il un homme plus sage que Socrate ? » est l’idée générale du texte. A cette question, Socrate lui-même répond par la négative, à la suite d’une enquête. En effet, il va examiner dans la cité des hommes connus pour leur sagesse. Les hommes d’Etats, les poètes et les devins, et les artisans. Socrate affirme non seulement qu’il n’y a pas d’homme plus sage que lui mais aussi que la sagesse est inversement proportionnelle à la réputation.

Le problème est la définition de la sagesse (sophia au sens grec). Ce mot a un double sens, il signifie d’une part le savoir, la connaissance et d’autre part, le savoir-faire. Il faut donc que Socrate trouve un homme qui satisfasse à ces deux exigences, qui soit à la fois savant et habile. Qu’est-ce que la sagesse ? On pense généralement opposer, le savoir à l’ignorance, ici Socrate l’oppose à la croyance. Celui qui est sage, est celui qui recherche le savoir (il enquête auprès des autres hommes), et non celui qui croit être sage. Ce dernier est dans l’illusion dont on se doute qu’elle est l’ennemie du philosophe.

Plan du texte :

I ) Les hommes d’Etats :

a) La réputation :

Socrate va les voir volontairement car on exige d’eux qu’ils soient à la fois savants et habiles pour traiter des affaires de la cité. Ces hommes ce sont eux mêmes proposés pour représenter la cité ( naissance de la Démocratie ). « L’Homme est un animal politique » affirme Aristote, ce qui signifie que l’homme qui a la charge de la cité ( polis ) représente aussi l’humanité.

b) Inimitié et ruine d’une carrière :

Socrate devant l’assemblée du peuple « examine cet homme à fond » c’est à dire qu’il l’interroge sur ses prétendues compétences et sur ses savoirs. Par ses questions Socrate conduit l’homme à se contredire lui même : c’est l’ironie.

c) « Je suis plus sage que lui » :

Ni l’un ni l’autre ne possède la sagesse, la seule supériorité de Socrate c’est qu’il ne prétend pas la posséder. Cette formule est paradoxale car ni l’un ni l’autre ne sait rien de vrai mais l’un ignore ( je sais que je ne sais pas ) alors que l’autre croit savoir. L’ignorance de Socrate est celle qu’il met en route pour chercher le savoir. L’homme politique, obligé d’avouer son ignorance, sa prétention, voit son pouvoir destitué, défait.

II ) Les poètes et les devins :

a) La réputation :

Ce sont les représentants des idées intellectuelles et culturelles. Les poètes sont réputés pour leur talent oratoire et pour leur rhétorique. Les devins prétendent tirer leur savoir des dieux, ils ont un pouvoir spirituel. Les deux ont un rapport étroit avec la parole, ils utilisent un discours convainquant.

b) L’accusation :

Certains poètes présents a l’assemblée du peuple qui condamne Socrate. Il leur reproche essentiellement de ne pas savoir élucider leur propos, de ne pas savoir expliquer leur poèmes, de parler pour ne rien dire. D’une part leurs paroles n’ont aucun sens, d’autre part ils parlent de choses qui n’existent pas. Ils sont tout de même un peu plus sages que les hommes d’Etats dans la mesure où ils ont un savoir faire : savoir construire des poèmes, des discours.

c) Poètes et philosophes :

Le poète se réclame d’un discours inspiré, mais il est incapable de le justifier, le sens de ses paroles lui échappe. Il utilise des images alors que le philosophe privilégie le concept.

Le texte est ici:

http://lewebpedagogique.com/philoflo/2008/09/17/qui-est-le-plus-sage/