DSC05433III) L’humanité

La condition humaine n’a pas toujours été définie, elle a été transformée par les trois monothéismes (judaïsme, christianisme, islam) et grâce à des combats laïcs comme la déclaration des droits de l’homme. L’idée d’homme est, par exemple en Grèce, vaguement exprimée aux frontières des dieux et des bêtes, mais l’homme n’est pas reconnu en tant que genre spécifique. Il y a des critères différents pour définir l’humanité dans l’espace et le temps.

A) Les hommes ne sont pas des dieux:

a)Les hommes sont mortels et les dieux immortels:

Le syllogisme le plus célèbre affirme que « tous les hommes sont mortels »…

Dans le mythe de Prométhée, il dérobe le feu aux dieux et l’offre aux hommes pour qu’ils se différencient des animaux et puissent sacrifier aux dieux. Mais l’homme reste dans une logique du malheur et de la mort, il doit lutter pour sa survie, et celle de son espèce..

b) La mémoire:

L’homme est le seul animal qui peut savoir qu’il va mourir, il est conscient du temps et de sa soumission à la loi du « devenir ».

_ Dans l’odyssée, Ulysse veut rejoindre son île Ithaque. Il ne cherche pas l’immortalité mais le retour a la terre natal, dans un épisode, la magicienne Circé transforme ces compagnons en porc pour qu’ils oublient ce retour. Dans un autre épisode on les oblige à manger la fleur de lotus.

_ Primo Levi explique dans ses carnets de captivité qu’il lisait à ses compagnons des passages de l’odyssée pour ne pas qu’ils oublient la question d’Ulysse. « D’où venons nous ? » est le point d’ancrage de l’humanité, la mémoire est la résistance à l’inhumanité.

c) La formation du genre humain:

Les dieux n’ont pas le souci de l’engendrement ni du sens à donner à leur vie. A l’inverse les hommes on en charge la survie de leur espèce. Les hommes doivent penser les lois de la généalogie : C’est tout d’abord la prohibition de l’inceste qui permet le passage de la nature à la culture, de la vie biologique à l’ordre humain, c’est une loi universelle.

L’institution du mariage et l’engendrement qu’il permet montre aussi que le genre humain est du côté de la culture et de l’artifice.

B) Les hommes ne sont pas des bêtes:

a)  » L’homme est un animal politique  » (Aristote)

Cela signifie que l’homme est capable de vivre dans une cité (polis). Il construit une hiérarchie, une organisation qui le fait sortir de l’état de guerre pour le faire entrer dans l’univers artificiel du politique.

La cité sous-entend une organisation, une invention, une liberté qui fait que l’homme rennonce à sa nature = par HOBBES (XVIII°) « l’homme est un loup pour l’homme ». C’est la guerre de tous contre tous. http://lewebpedagogique.com/philoflo/2009/12/13/le-leviathan/

Il faut pour mettre fin à cette guerre, imaginer un combat, certains hommes cèdent leurs droits aux puissants, c’est l’état Leviathan.

Pour Rousseau l’état de nature n’est pas un état de guerre ni de paix, c’est l’indifférence si l’homme vit isolé. L’homme est indétermination, inventivité, il devient homme en inventant sa propre vie.

=>Perfectibilité:(facilité à perfectionner): possibilité du bien comme du mal.L’animal ne choisit pas (instinct), il n’apprend pas, pas de progrès voulu. La perfectibilité aura l’histoire de l’individu par l’éducation, et l’histoire de l’espèce par la politique. La différence essentielle entre l’animal et l’homme est celle entre la nature et la politique.

Pour Rousseau, la différence entre l’animal et l’homme est le propre de ce dernier qu’il appelle la perfectibilité. Il s’agit d’un faculté proprement humaine à se perfectionner. Ce n’est pas seulement dans le sens d’un progrès car l’homme est capable du meilleur comme du pire. Il peut progresser mais aussi se livrer à la pire barbarie.

b)La raison: faculté de l’esprit proprement humaine qui s’oppose à l’instinct

« Par son instinct, un animal est déjà tout ce qu’il peut être […] Mais l’homme doit user de sa propre raison »

La raison joue un rôle déterminant pour l’éducation, la connaissance et la morale. (KANT) Raison

–> Logos( logique). Grâce à la raison on répond à la question que puis-je savoir? Grâce à la raison, nous pourrons aussi répondre à la question que dois-je faire?(morale). Dans les deux cas, la raison garantit l’universalité de nos réponses.

c) Déterminisme et liberté

L’animal n’est pas un miroir négatif de l’homme. Il y a une continuité, une proximité naturelle .

SPINIOZA dit « l’homme n’est pas un empire dans un empire dans un empire ».

Il appartient au règne du vivant et il est soumis aux lois de la nature.

C’est l’éducation qui permet de faire la différence entre un animal et l’homme : L’éducation comprend une partie négative qui consiste à enlever à l’homme son animalité càd ses pulsions, son agressivité, tout ce qui s’oppose à la civilité. Elle s’apparente en ce sens à un dressage car les moyens sont la contrainte, l’imitation, et la menace.

L’éducation comprend une partie positive, c’est tout ce que l’on reçoit comme les savoirs, les techniques, la culture au sens large. Cette fois, le moyen est la libre réflexion, l’usage de sa propre raison. Cette forme d’éducation doit être consentie pour s’appeler liberté.

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« Mais ce qu’à nos enfants il faut laisser en héritage, ce n’est point de l’or, c’est un sens profond du respect. Or, nous nous imaginons qu’en lui tapant sur les doigts nous léguerons cette vertu à la jeunesse, irrespectueuse à l’occasion! C’est un fait pourtant qu’elle ne naît pas chez les jeunes du genre d’admonestation que de nos jours on leur adresse, quand en les admonestant on leur dit que, lorsqu’on est jeune, on doit respecter tout le monde. Ce serait bien plutôt aux hommes plus âgés que le sage législateur recommanderait de respecter la jeunesse et de prendre les plus grandes précautions pour éviter que jamais par la jeunesse ils soient vus ou entendus en train de faire ou de dire quelque chose qui n’est pas respectable : où, en effet, la vieillesse se manque de respect à elle-même, il est fatal que là il y ait, chez les jeunes aussi, la plus grande impudence! Pour les jeunes en effet, et du même coup pour la vieillesse elle-même, l’éducation la meilleure ne consiste pas à faire des remontrances aux autres, mais à faire soi-même, pendant toute sa vie, ouvertement, ce qui serait l’objet précis de remontrances qu’on adresserait à autrui. »

PLATON, Les lois, V, 729b, trad. L. Robin , Pléiade, II, p.779-780

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Nouvelle page sur les enfants sauvages..

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http://cinema.truffaut.bifi.fr/img/exposition/salle-d/image44_popup.jpg

Le docteur Itard (François Truffaut) aide Victor (Jean-Pierre Cargol) à ouvrir l’armoire où se trouve le lait,

Crédit : Photographie Pierre Zucca / Bibliothèque du Film, fonds Cinémathèque française.

Un film de François Truffaut (1969, noir et blanc), scénario de François Truffaut et Jean Gruault, d’après Mémoire et rapport sur Victor de l’Aveyron de Jean Itard (1806), avec François Truffaut (docteur Itard) et Jean-Pierre Cargol (Victor).

Actuellement sur les écrans des classes terminale technologique !

Cours nature et culture (anthropologie)

A lire en complément

Sur les enfants sauvages.
MALSON Lucien, Les Enfants sauvages : mythe et réalité, suivi de Mémoire et rapport sur Victor de l’Aveyron (par Jean Itard), 10-18, coll. « 10-18. Bibliothèques », 1983.
MANNONI Octave, « Itard et son sauvage », Clefs pour l’imaginaire ou l’Autre scène, Seuil, coll. « Points. Essais », 1985.
GOTLIB, Rubrique-à-brac, Dargaud, coll. « Humour », 1996.
VERLAINE Paul, « Gaspard Hauser chante », Sagesse (1881), Slatkine, 1983.

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