LE DESIR

« Rien, en un sens,

n’est plus encombrant

que le prochain.

Ce désiré n’est-il pas

l’indésirable même ? »

Emmanuel Lévinas

Bas-relief en terre cuite représentant Pegase chevauché par Bellerophon. Musée du Louvre.

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Il faut parler maintenant de la nature de l’âme. Pour montrer ce qu’elle est, il faudrait une science toute divine et de longs développements; mais, pour en donner une idée approximative, on peut se contenter d’une science humaine et l’on peut être plus bref. J’adopterai donc ce dernier procédé et je dirai qu’elle ressemble a une force composée d’un attelage et d’un cocher ailés. Chez les dieux, chevaux et cochers sont également bons et de bonne race; chez les autres êtres, ils sont de valeur inégale. Chez nous, hommes le cocher l’attelage, mais l’un de ses chevaux est excellent et d’excellente race, l’autre est tout le contraire et par lui-même et par son origine. Il s’en suit que fatalement c’est une tâche pénible et malaisée de tenir les rênes de notre âme. Mais comment faut-il entendre les termes d’être mortel et d’être immortel, c’est ce qu’il faut tâcher d’expliquer. Tout ce qui est âme a la tutelle de tout ce qui est inanimé et fait le tour du ciel, tantôt sous une forme, tantôt sous une autre.. Quand elle est parfaite et ailée, elle parcourt l’empyrée et gouverne tout l’univers. Quand elle a perdu ses ailes, elle est emportée dans les airs, jusqu’à ce qu’elle saisisse quelque chose de solide où elle établit sa demeure et quand elle a ainsi rencontré un corps terrestre qui , sous son impulsion paraît se mouvoir de lui-même, cet assemblage d’une âme et d’un corps s’appelle un animal et on le qualifie de mortel. Quant au nom d’immortel, il ne s’explique par aucun raisonnement en forme; mais dans l’impossibilité où nous sommes de voir et de connaître exactement la divinité, nous nous la représentons comme un être vivant immortel doué d’une âme et d’un corps éternellement unis l’un à l’autre. Mais qu’il en soit ce qu’il plaira à Dieu et qu’on en dise ce qu’on voudra; recherchons pourquoi l’âme perd et laisse tomber ses ailes. Voici à peu près ce qu’on peut en dire :

La nature a doué l’aile du pouvoir d’élever ce qui est pesant vers les hauteurs où habite la race des dieux, et l’on peut dire que, de toutes les choses corporelles, c’est elle qui participe le plus à ce qui est divin. Or ce qui est divin, c’est ce qui est beau, sage, bon et tout ce qui ressemble à ces qualités; et c’est ce qui nourrit et fortifie le mieux les ailes de l’âme, tandis que les défauts contraires comme la laideur et la méchanceté, les ruinent et les détruisent. Or, le guide suprême, lui, s’avance le premier dans le ciel, conduisant son char ailé, ordonnant et gouvernant toutes choses : derrière lui marche l’armée des dieux et des démons répartis en onze cohortes; car Hestia reste seule dans la maison des dieux; tandis que les autres qui comptent parmi les douze dieux conducteurs, marchent en tête de leur cohorte, à la place qui leur a été assignée. Que d’heureux spectacles, que de révolutions ravissantes animent l’intérieur du ciel, où les dieux bienheureux circulent pour accomplir leur tâche respective, accompagnés de tous ceux qui veulent et peuvent les suivre, car l’envie n’approche point du chœur des dieux!

Lorsqu’ils vont prendre leur nourriture au banquet divin, ils montent par un chemin escarpé au plus haut point de la voûte du ciel. Alors les chars des dieux, toujours en équilibre et faciles à diriger, montent sans effort; mais les autres gravissent avec peine, parce que le cheval vicieux est pesant et qu’il alourdit et fait pencher le char vers la terre, s’il a été mal dressé par son cocher; c’est une tâche pénible et une lutte suprême que l’âme doit alors affronter; car les âmes immortelles une fois parvenues au haut du ciel, passent de l’autre côté et vont se placer sur la voûte du ciel et, tandis qu’elles s’y tiennent, la révolution du ciel les emporte dans sa course, et elles contemplent les réalités qui sont en dehors du ciel.

Platon, Phèdre,246-248c

 

Dans le manuel ( Hatier) :

Platon, le mythe d’Aristophane p. 81 et à écouter rubrique le banquet

Epicure p. 83 et la lettre à Ménécée à télécharger

http://www.ac-nice.fr/philo/textes/Epicure-Menecee.htm

 

Descartes p.85

Spinoza p.78 et l’appendice au livre I de l’Ethique (oral TS2) dans à propos

LE LANGAGE

La Querelle des bouffons

En août 1752 éclate une querelle opposant les partisans de L’opéra en français à ceux de l’opéra en italien . C’est lors des représentations de la Servante maîtresse de Pergolèse (1710-1736) par la troupe des Bouffons présentée à Paris par l’impresario Eustacchio Bambini que débuta l’affaire.

Jean-Jacques Rousseau, fervent admirateur de l’ouvrage italien, prit fait et cause pour cette musique charmante et légère Il saisit l’occasion pour critiquer dans sa Lettre sur la musique française, publiée en 1753, l’opéra français alors illustré par Jean-Philippe Rameau.

On peut s’interroger sur cette prise de partie du philosophe à partir de ses thèses sur l’origine du langage (second discours). Affirmant que le langage naît des passions (cf. texte dans humeur hebdomadaire février 2008), Rousseau montre que la langue française n’est décidément pas faite pour être mise en musique, avec laquelle elle se révèle incompatible. Il soutient une langue de l’accent, de la passion , contre l’articulation «peu propre à la poésie». Il reproche au musicien français de ne point donner à ses récitatifs le naturel de ceux de l’Italien, d’écrire des chœurs manquant de simplicité avec leur écriture contrapuntique, avec une harmonie et un orchestre qu’il jugeait trop riches. Rousseau allait tirer les conséquences de sa thèse en écrivant en 1770 la «scène lyrique» Pygmalion, où «les paroles et la musique, au lieu de marcher ensemble, se font entendre successivement».

Manuel (Hatier) :

Rousseau p. 107

Descartes p.108

Hegel p.109

Saussure p.111

Benveniste et Wittgenstein p.112

Platon P.116

et un supplément pour Rousseau que l’on peut lier au thème du désir, de la passion :

« On ne commença pas par raisonner, mais par sentir. On prétend que les hommes inventèrent la parole pour exprimer leurs besoins ; cette opinion me paraît insoutenable. L’effet naturel des premiers besoins fut d’écarter les hommes et non de les rapprocher. Il le fallait ainsi pour que l’espèce vînt à s’étendre, et que la terre se peuplât promptement ; sans quoi le genre humain se fût entassé dans un coin du monde, et tout le reste fût demeuré désert.

De cela seul il suit avec évidence que l’origine des langues n’est point due aux premiers besoins des hommes ; il serait absurde que de la cause qui les écarte vînt le moyen qui les unit. D’où peut donc venir cette origine ? Des besoins moraux, des passions. Toutes les passions rapprochent les hommes que la nécessité de chercher à vivre force à se fuir. Ce n’est ni la faim, ni la soif, mais l’amour, la haine, la pitié, la colère, qui leur ont arraché les pre­mières voix. Les fruits ne se dérobent point à nos mains, on peut s’en nourrir sans parler ; on poursuit en silence la proie dont on veut se repaître : mais pour émouvoir un jeune cœur, pour repousser un agresseur injuste, la nature dicte des accens, des cris, des plaintes. Voilà les plus anciens mots inventés, et voilà pourquoi les premières langues furent chantantes et passion­nées avant d’être simples et méthodiques. Tout ceci n’est pas vrai sans distinction, mais j’y reviendrai ci-après. »

Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l’origine des langues, chap. II

LA VERITE

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L’église de Sainte Marie en Cosmédin, Rome, la bouche de la vérité

« L’allégorie de la caverne « de Platon République livre VII
Maintenant représente toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance.
Figure toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchainés, de sorte qu’ils ne peuvent ni bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaine les empéchant de tourner la tête; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionettes dressent devant eux et au dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.
Figure toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre en bois et en toute espèce de matière; naturellement parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.
Voilà, s’écria Glaucon, un étrange tableau et d’étranges prisonniers.

Ils nous ressemblent; et d’abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d’eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ? Et comment, observa Glaucon, s’ils sont forcées de rest

“L’allégorie de la caverne “de Platon République livre VII
Maintenant représente toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance.
Figure toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchainés, de sorte qu’ils ne peuvent ni bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaine les empéchant de tourner la tête; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionettes dressent devant eux et au dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.
Figure toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre en bois et en toute espèce de matière; naturellement parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.Voilà, s’écria Glaucon, un étrange tableau et d’étranges prisonniers.

Ils nous ressemblent; et d’abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d’eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ? Et comment, observa Glaucon, s’ils sont forcées de rester la tête immobile durant toute leur vie ? Et pour les objets qui défilent, n’en est-il pas de même ?

Sans contredit.

Si donc ils pouvaient s’entretenir ensemble ne penses-tu pas qu’ils prendraient pour des objets réels les ombres qu’ils verraient ?

Il y a nécessité.

Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l’un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l’ombre qui passerait devant eux ?

Non, par Zeus !

Assurément de tels hommes n’attribueront de réalité qu’aux ombres des objets fabriqués. Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaines et qu’on les guérisse de leur ignorance. Qu’on détache l’un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements, il souffrira et l’éblouissement l’empêchera de distinguer ces
objets dont tout à l’heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu’il répondra si quelqu’un lui vient dire qu’il n’a vu jusqu’alors que de vains fantômes, mais qu’à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? Si, enfin, en lui montarnt chacune des choses qui passent, on l’oblige à force de questions, à dire ce que c’est ? Ne penses-tu pas qu’il sera embarrassé, et que les ombres qu’il voyait tout à l’heure lui paraitront plus vraies que les objets qu’on lui montre maintenant ?
Et si on le force à regarder la lumière elle même, ses yeux n’en seront-ils pas blessés? N’en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu’il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu’on lui montre?

Assurément !

Et si on l’arrache de sa caverne par force, qu’on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu’on ne le lâche pas avant de l’avoir trainé jusqu’à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences? Et lorsqu’il sera parvenu à la lumière, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies ?

Il ne le pourra pas, du moins dès l’abord.

Il aura je pense besoin d’habitude pour voir les objets de la région supérieure. D’abord, ce seront les ombres qu’il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après celà, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui même, que pendant le jour le soleil et sa lumière.
A la fin j’imagine, ce sera le soleil – non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit – mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu’il pourra voir et contempler tel qu’il est.

Nécessairement !

Après celà, il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c’est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d’une certaine manière est la cause de tout ce qu’il voyait avec ses compagnons dans la caverne. Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l’on y professe, et de ceux qui furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu’il se réjouira du changement et plaindra ces derniers?

Si, certes.

Et s’ils se décernaient entre eux louanges et honneurs, s’ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l’oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu’il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants? Ou bien comme ce héros d’Homère, ne préféra-t-il pas mille fois n’être qu’un valet de charrue, au service d’un pauvre laboureur, et souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions de vivre comme il vivait ?

Je suis de ton avis, dit Glaucon, il préfèrera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon là. Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s’asseoir à son ancienne place : n’aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil? Et s’il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n’ont point quitté leurs chaines, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux ne se soient remis (or l’accoutumance à l’obscurité demandera un temps assez long), n’apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu’étant allé là-haut, il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n’est même pas la peine d’essayer d’y monter? Et si quelqu’un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu’ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ?

Sans aucun doute.

Maintenant, mon cher Glaucon, il faut appliquer point par point cette image à ce que nous avons dit plus haut, comparer le monde que nous découvre la vue au séjour de la prison et la lumière du feu qui l’éclaire, à la puissance du soleil. Quant à la montée dans la région supérieure et à la contemplation de ses objets, si tu la considères comme l’ascension de l’âme vers le lieu intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pensée, puisque aussi
bien tu désires la connaitres. Dieu sait si elle est vraie. Pour moi, telle est mon opinion : dans le monde intelligible, l’idée du bien est perçue la dernière et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu’elle est la cause de tout ce qu’il y a de droit et de beau en toutes choses; qu’elle a, dans le monde visible, engendré la lumière et le souverain de la lumière; que dans le monde intelligible, c’est elle-même qui est souveraine et dispense la vérité et l’intelligence; et qu’il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie privée et dans la vie publique.

Je partage ton opinion, autant que je le puis.

Eh bien ! partage là encore sur ce point, et ne t’étonne pas que ceux qui se sont élevés à ces hauteurs ne veuillent plus s’occuper des affaires humaines, et que leurs âmes aspirent sans cesse à demeurer là-haut. Mais quoi, penses- tu qu’il soit étonnant qu’un homme qui passe des contemplations divines aux misérables choses humaines ait mauvaise grâce et paraisse tout à fait ridicule, lorsque, ayant encore la vue troublée et n’étant pas suffisamment
accoutumé aux ténèbres environnantes, il est obligé d’entrer en dispute, devant les tribunaux ou ailleurs, sur des ombres de justice ou sur les images qui projettent ces ombres, et de combattre les interprétations qu’en donnent ceux qui n’ont jamais vu la justice elle même…..

La caverne

Marie-Céline Charlot, Terminale S2

 

 

Manuel Hatier

Platon, p.310

Descartes, p.311 et p.316

Nietzsche, p.319

Notion à lier à d’autres (philosophie, science, démonstration, langage, interprétation, justice, etc).

L’INTERPRETATION

Cliquez ci-dessous pour une vidéo de François Dagognet

http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/philo/interpretation_dagognet.wmv

Dagognet cite :

Aristote, de l’interprétation (Peri hermeneias) deuxième traité de l’Organon

Spinoza, Traité théologico-politique

Freud, l’interprétation des rêves

Le test de Rorschach décrit par le psychiatre Hermann Rorschach en1921. Il propose une série de tâches symétriques laissées à la libre interprétation du sujet pour découvrir sa personnalité. Il s’agit de psychologie projective.

Vocabulaire :

L’herméneutique au sens large est l’art d’interpréter un texte .

L’exégèse est l’interprétation des textes fondamentaux, en particulier sacrés.

LA PERCEPTION

Descartes le morceau de cire, Méditations Métaphysique, seconde

Prenons pour exemple ce morceau de cire qui vient d’être tiré de la ruche: il n’a pas encore perdu la douceur du miel qu’il contenait, il retient encore quelque chose de l’odeur des fleurs dont il a été recueilli; sa couleur, sa figure, sa grandeur, sont apparentes; il est dur, il est froid, on le touche, et si vous le frappez, il rendra quelque son. Enfin toutes les choses qui peuvent distinctement faire connaître un corps, se rencontrent en celui-ci.
Mais voici que, cependant que je parle, on l’approche du feu: ce qui y restait de saveur s’exhale, l’odeur s’évanouit, sa couleur se change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s’échauffe, à peine le peut-on toucher, et quoiqu’on le frappe, il ne rendra plus aucun son. La même cire demeure-t-elle après ce changement? Il faut avouer qu’elle demeure; et personne ne le peut nier. Qu’est-ce donc que l’on connaissait en ce morceau de cire avec tant de distinction? Certes ce ne peut être rien de tout ce que j’y ai remarqué par l’entremise des sens, puisque toutes les choses qui tombaient sous le goût, ou l’odorat, ou la vue, ou l’attouchement, ou l’ouïe, se trouvent changées, et cependant la même cire demeure. Peut-être était-ce ce que je pense maintenant, à savoir que la cire n’était pas ni cette douceur du miel, ni cette agréable odeur des fleurs, ni cette blancheur, ni cette figure, ni ce son, mais seulement un corps qui un peu auparavant me paraissait sous ces formes, et qui maintenant se fait remarquer sous d’autres. Mais qu’est-ce, précisément parlant, que j’imagine, lorsque je la conçois en cette sorte? Considérons-le attentivement, et éloignant toutes les choses qui n’appartiennent point à la cire, voyons ce qui reste. Certes il ne demeure rien que quelque chose d’étendu, de flexible et de muable. Or qu’est-ce que cela: flexible et muable? N’est-ce pas que j’imagine que cette cire étant ronde est capable de devenir carrée, et de passer du carré en une figure triangulaire? Non certes, ce n’est pas cela, puisque je la conçois capable de recevoir une infinité de semblables changements, et je ne saurais néanmoins parcourir cette infinité par mon imagination, et par conséquent cette conception que j’ai de la cire ne s’accomplit pas par la faculté d’imaginer.

Qu’est-ce maintenant que cette extension? N’est-elle pas aussi inconnue, puisque dans la cire qui se fond elle augmente, et se trouve encore plus grande quand elle est entièrement fondue, et beaucoup plus encore quand la chaleur augmente davantage? Et je ne concevrais pas clairement et selon la vérité ce que c’est que la cire, si je ne pensais qu’elle est capable de recevoir plus de variétés selon l’extension, que je n’en ai jamais imaginé. Il faut donc que je tombe d’accord, que je ne saurais pas même concevoir par l’imagination ce que c’est que cette cire, et qu’il n’y a que mon entendement seul qui le conçoive; je dis ce morceau de cire en particulier, car pour la cire en général, il est encore plus évident. Or quelle est cette cire, qui ne peut être conçue que par l’entendement ou l’esprit? Certes c’est la même que je vois que je touche, que j’imagine, et la même que je connaissais dès le commencement. Mais ce qui est à remarquer sa perception, ou bien l’action par laquelle on l’aperçoit n’est point une vision, ni un attouchement, ni une imagination, et ne l’a jamais été, quoiqu’il le semblât ainsi auparavant, mais seulement une inspection de l’esprit, laquelle peut être imparfaite et confuse, comme elle était auparavant, ou bien claire et distincte, comme elle est à présent, selon que mon attention se porte plus ou moins aux choses qui sont en elle, et dont elle est composée.

Cependant je ne me saurais trop étonner, quand je considère combien mon esprit a de faiblesse, et de pente qui le porte insensiblement dans l’erreur. Car encore que sans parler je considère tout cela en moi-même, les paroles toutefois m’arrêtent, et je suis presque trompé par les termes du langage ordinaire; car nous disons que nous voyons la même cire, si on nous la présente, et non pas que nous jugeons que c’est la même, de ce qu’elle a même couleur et même figure: d’où je voudrais presque conclure, que l’on connaît la cire par la vision des yeux, et non par la seule inspection de l’esprit, si par hasard je ne regardais d’une fenêtre des hommes qui passent dans la rue, à la vue desquels je ne manque pas de dire que je vois des hommes, tout de même que je dis que je vois de la cire; et cependant que vois-je de cette fenêtre, sinon des chapeaux et des manteaux, qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressorts? Mais je juge que ce sont de vrais hommes et ainsi je comprends, par la seule puissance de juger qui réside en mon esprit, ce que je croyais voir de mes yeux.

L’histoire

« L’histoire du développement de la société se révèle, sur un point, essentiellement différente de celle de la nature. Dans la nature, ce sont uniquement des facteurs inconscients et aveugles qui agissent les uns sur les autres et c’est dans leur jeu changeant que se manifeste la loi générale. De tout ce qui se produit, rien ne se produit en tant que but conscient, voulu. Par contre, dans l’histoire de la société, ceux qui agissent sont exclusivement des hommes doués de conscience, agissant avec réflexion ou avec passion et poursuivant des buts déterminés ; rien ne se produit sans dessein conscient, sans fin voulue. Mais cette différence, quelle que soit son importance pour l’investigation historique, surtout d’époques et d’événements pris isolément, ne peut rien changer au fait que le cours de l’histoire est sous l’empire de lois générales internes. Car, ici aussi, malgré les buts consciemment poursuivis par tous les individus, c’est le hasard qui, d’une façon générale, règne en apparence à la surface. […]

Les buts des actions sont voulus, mais les résultats que donnent réelle ment ces actions ne le sont pas, ou s’ils semblent, au début, correspondre malgré tout au but poursuivi, ils ont finalement des conséquences tout autres que celles qui ont été voulues. Ainsi les événements historiques rai sent en gros également dominés par le hasard. Mais partout où le hasard semble jouer à la surface, il est toujours sous l’empire de lois internes cachées, et il ne s’agit que de les découvrir. Les hommes font heur histoire, quelque tournure qu’elle prenne, en poursuivant chacun leurs fins propres, consciemment voulues, et c’est précisément la résultante de ces nombreuses volontés agissant dans des directions différentes et de leurs répercussions variées sur le monde extérieur qui constitue l’histoire. »

F. ENGELS, Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, 1886, Éditions Sociales.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4b/Pericles_Pio-Clementino_Inv269_n2.jpg/220px-Pericles_Pio-Clementino_Inv269_n2.jpg Buste de Périclès, copie de l’œuvre de Crésilas (-430), musée Pio-Clementino

« En un mot, je l’affirme, notre cité dans son ensemble, est l’école de la Grèce (…). ATHENES est la seule cité qui, à l’expérience, se montre supérieure à sa réputation (…). Cette puissance est affirmée par d’importants témoignages et d’une façon éclatante à nos yeux et à ceux de nos descendants ; ils nous vaudront l’admiration, sans que nous ayons besoin des éloges d’un Homère ou d’un autre poète épique capable de séduire momentanément, mais dont les fictions seront contredites par la réalité des faits. Nous avons forcé la terre et la mer entières à devenir accessibles à notre audace, partout nous avons laissé des monuments éternels des défaites infligées à nos ennemis et de nos victoires. Telle est la cité dont, avec raison, ces hommes n’ont pas voulu se laisser dépouiller et pour laquelle ils ont péri courageusement dans le combat ; pour sa défense nos descendants consentiront à tout souffrir »

THUCYDIDE. Histoire de la guerre du Péloponnèse. Livre II, chapitre XLI.


« C’est le narrateur qui voit et qui  » fait  » l’histoire »

 

« Par opposition à la fabrication dans laquelle la lumière permettant de juger le produit fini vient de l’image, du modèle perçu d’avance par l’artisan, la lumière qui éclaire les processus de l’action, et par conséquent tous les processus historiques, n’apparaît qu’à la fin, bien souvent lorsque tous les participants sont morts. L’action ne se révèle pleinement qu’au conteur, à l’historien qui regarde en arrière et sans aucun doute connaît le fond du problème bien mieux que les participants. Tous les récits écrits par les acteurs eux-mêmes, bien qu’en de rares cas ils puissent exposer de façon très digne de foi des intentions, des buts, des motifs, ne sont aux mains de l’historien que d’utiles documents et n’atteignent jamais à la signification ni à la véracité du récit de l’historien. Ce que dit le narrateur est nécessairement caché à l’acteur, du moins tant qu’il est engagé dans l’action et dans ses conséquences, car pour lui le sens de son acte ne réside pas dans l’histoire qui suit. Même si les histoires sont les résultats inévitables de l’action, ce n’est pas l’acteur, c’est le narrateur qui voit et qui  » fait  » l’histoire. »

 

La connaissance scientifique

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Auguste Comte, Cours de philosophie positive

Dans l’état théologique, l’esprit humain, dirigeant essentiellement ses recherches vers la nature infinie des êtres, les causes premières et finales de tous les effets qui le frappent, en un mot, vers les connaissances absolues, se représente les phénomènes comme produits par l’action directe et continue d’action surnaturels plus ou moins nombreux. dont l’intervention arbitraire explique toutes les anomalies apparentes de l’univers.
Dans l’état métaphysique, qui n’est au fond qu’une simple modification générale du premier, les agents surnaturels sont remplacés par des forces abstraites, véritables entités (abstractions personnifiées) inhérentes aux divers êtres du monde, et conçues comme capables d’engendrer par elles-mêmes tous les phénomènes observés, dont l’explication consiste alors à assigner pour chacun l’entité correspondante. Enfin, dans l’état positif, l’esprit positif, reconnaissant l’impossibilité d’obtenir des notions absolues, renonce à chercher l’origine et la destination de l’univers, et à connaître les causes intimes des phénomènes, pour s’attacher uniquement à découvrir, par l’usage bien combiné du raisonnement et de l’observation, leurs loi effectives. c’est-à-dire leurs relations invariables de succession et de similitude.

Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique

« La science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion, de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal, elle ne pense pas , elle traduit des besoins, en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas ,par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en la maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu’on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique toute connaissance est une réponse a une question. S’il n’y a pas eu de questions il ne peut pas avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

Heidegger

« Cette phrase :  » la science ne pense pas « , qui a fait tant de bruit lorsque je l’ai prononcée signifie : la science ne se meut pas dans la dimension de la philosophie. Mais, sans le savoir elle se rattache à cette dimension. Par exemple : la physique se meut dans l’espace et le temps et le mouvement. La science en tant que science ne peut pas décider de ce qu’est le mouvement, l’espace, le temps. La science ne pense donc pas, elle ne peut même pas penser dans ce sens avec ses méthodes. Je ne peux pas dire par exemple avec les méthodes de la physique, ce qu’est la physique. Ce qu’est la physique, je ne peux que le penser à la manière d’une interrogation philosophique. La phrase: « la science ne pense pas» n’est pas un reproche, mais c’est une simple constatation de la structure interne de la science : c’est le propre de son essence que, d’une part, elle dépend de ce que la philosophie pense, mais que d’autre part, elle oublie elle-même et néglige ce qui exige là d’être pensé ».

Le vivant

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Rembrandt, Aristote contemplant le buste d’Homère,1653

«L’âme disparue, il n’y a plus d’animal et aucune des parties ne demeure la même, sinon seulement par la configuration extérieure, comme ceux qui, dans la légende, ont été changés en pierres; s’il en est ainsi, il appartiendra au naturaliste de parler de l’âme et d’en avoir la science, et sinon de toute l’âme, du moins de ce qui fait l’animal ce qu’il est; le naturaliste doit connaître ce qu’est l’âme, ou cette partie spéciale de l’âme, et tout ce qui accompagne son essence, d’autant plus que la nature se dit en deux sens: la matière et la substance. C’est cette dernière qui joue le rôle de moteur et de fin. C’est cela qu’est l’âme de l’animal, ou tout entière, ou une partie d’elle-même. Ainsi, il faut, dans l’étude de la nature, insister davantage sur l’âme que sur la matière, dans la mesure précisément selon laquelle c’est par l’âme que la matière est nature, et non l’inverse; en effet, le bois n’est lit et trépied, que parce qu’il est cela en puissance.»

Aristote, Des parties des animaux, 1,1,

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«A cause que nous ne doutons point qu’il n’y ait des corps inanimés qui se peuvent mouvoir en autant ou plus de diverses façons que les nôtres, et qui ont autant ou plus de chaleur (ce que l’expérience fait voir en la flamme, qui seule a beaucoup plus de chaleur et de mouvement qu’aucun de nos membres), nous devons croire que toute la chaleur et tous les mouvements qui sont en nous, en tant qu’ils ne dépendent point de la pensée, n’appartiennent qu’au corps.

Au moyen de quoi nous éviterons une erreur très considérable en laquelle plusieurs sont tombés, en sorte que j’estime qu’elle est la première cause qui a empêché qu’on n’ait pu bien expliquer jusques ici les passions et les autres choses qui appartiennent à l’âme. Elle consiste en ce que, voyant que tous les corps morts sont privés de chaleur et ensuite de mouvement, on s’est imaginé que c’était l’absence de l’âme qui faisait cesser ces mouvements et cette chaleur. Et ainsi on a cru sans raison que notre chaleur naturelle et tous les mouvements de nos corps dépendent de l’âme, au lieu qu’on devait penser au contraire que l’âme ne s’absente, lorsqu’on meurt, qu’à cause que cette chaleur cesse, et que les organes qui servent à mouvoir le corps se corrompent.

Afin donc que nous évitions cette erreur, considérons que la mort n’arrive jamais par la faute de l’âme, mais seulement parce que quelqu’une des principales parties du corps se corrompt; et jugeons que le corps d’un homme vivant diffère autant de celui d’un homme mort que fait une montre, ou autre automate (c’est-à-dire autre machine qui se meut de soi-même), lorsqu’elle est montée et qu’elle a en soi le principe corporel des mouvements pour lesquels elle est instituée, avec tout ce qui est requis pour son action, et la même montre, ou autre machine, lorsqu’elle est rompue et que le principe de son mouvement cesse d’agir. »

Descartes, Traité des passions de l’âme (1649), art. 4, 5, 6

http://artslivres.com/images/Resized.php?File=AL15_VAUCANSON_Canard.jpg&w=350&q=80

Le hardi Vaucanson, rival de Prométhée,
Semblait, de nature imitant les ressorts
Prendre le feu des cieux pour animer les corps
– Voltaire

«Dans une montre, une partie est l’instrument qui fait se mouvoir les autres; mais un rouage n’est pas la cause efficiente qui engendre les autres; une partie, il est vrai, existe pour l’autre, mais non par cette autre. La cause efficiente de ces parties et de leur forme n’est pas dans la nature (de cette matière), mais au-dehors, dans un être qui peut agir en vertu d’idées d’un tout possible par sa causalité. C’est pourquoi dans une montre un rouage n’en produit pas un autre et encore moins une montre d’autres montres, en utilisant (organisant) pour cela une autre matière; elle ne remplace pas d’elle-même les parties dont elle est privée et ne corrige pas les défauts de la première formation à l’aide des autres parties; si elle est déréglée, elle ne se répare pas non plus d’elle-même; toutes choses qu’on peut attendre de la nature organisée ;Un être organisé n’est pas seulement une machine; car celle-ci ne détient qu’une force motrice, mais il possède une énergie formatrice qu’il communique même aux matières qui ne la possèdent pas (il les organise), énergie formatrice qui se propage et qu’on ne peut expliquer uniquement par la puissance motrice (le mécanisme).

On dit trop peu de la nature et de son pouvoir pour des productions organisées, quand on l’appelle un analogue de l’art; on imagine alors l’artiste (un être raisonnable) en dehors d’elle. Elle s’organise au contraire elle-même dans chaque espèce de ses produits organisés; dans l’ensemble il est vrai, d’après un même modèle, mais avec les modifications convenables exigées pour la conservation de soi-même suivant les circonstances. »

Kant, Critique de la faculté de juger (1790), 11, § 65

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Marble statue by Bernini (1598 – 1680) depicting the chaste nymph Daphne being changed into a laurel tree when she tries to flee from Apollo

Mais de là devrait résulter aussi que notre pensée, sous sa forme purement logique, est incapable de se représenter la vraie nature de la vie, la signification profonde du mouvement évolutif. Créée par la vie, dans des circonstances déterminées, pour agir sur des choses déterminées, comment embrasserait-elle la vie, dont elle n’est qu’une émanation ou un aspect ? Déposée, en cours de route, par le mouvement évolutif, comment s’appliquerait-elle le long du mouvement évolutif lui-même ? Autant vaudrait prétendre que la partie égale le tout, que l’effet peut résorber en lui sa cause, ou que le galet laissé sur la plage dessine la forme de la vague qui l’apporta. De fait, nous sentons bien qu’aucune des catégories de notre pensée, unité, multiplicité, causalité mécanique, finalité intelligente … , ne s’applique exactement aux choses de la vie : qui dira où commence et on finit l’individualité, si l’être vivant est un ou plusieurs, si ce sont les cellules qui s’associent en organisme ou si c’est l’organisme qui se dissocie en cellules ? En vain nous poussons le vivant dans tel ou tel de nos cadres.

Bergson, L’évolution créatrice

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Les barbiers chirurgiens, de David Téniers, dit le jeune (1610-1695), et ses aides sont ici figurés par des singes et les clients par des chats.

S’il fallait définir la vie d’un seul mot, qui, en exprimant bien ma pensée, mît en relief le seul caractère qui, suivant moi, distingue nettement la science biologique, je dirais: la vie, c’est la création. En effet, l’organisme créé est une machine qui fonctionne nécessairement en vertu des propriétés physico-chimiques de ses éléments constituants. Nous distinguons aujourd’hui trois ordres de propriétés manifestées dans les phénomènes des êtres vivants: propriétés physiques, propriétés chimiques et propriétés vitales. Cette dernière dénomination de propriété vitale n’est, elle même, que provisoire; car nous appelons vitales les propriétés organiques que nous n’avons encore pu réduire à des considérations physico-chimiques; mais il n’est pas douteux qu’on y arrivera un jour. De sorte que ce qui caractérise la machine vivante, ce n’est pas la nature de ses propriétés physico-chimiques, si complexes qu’elles soient, mais bien la création d’une machine qui se développe sous nos yeux dans les conditions qui lui sont propres et d’après une idée définie qui exprime la nature de l’être vivant et l’essence même de la vie.

Claude Bernard, Introduction à l’étude de la Médecine expérimentale.

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Un rationalisme raisonnable doit savoir reconnaître ses limites et intégrer ses conditions d’exercice. L’intelligence ne peut s’appliquer à la vie qu’en reconnaissant l’originalité de la vie. La pensée du vivant doit tenir du vivant l’idée du vivant. (…) Dans l’Electre, de Jean Giraudoux, le mendiant, l’homme du trimard qui heurte du pied sur la route les hérissons écrasés, médite sur cette faute originelle du hérisson qui le pousse à la traversée des routes. Si cette question a un sens philosophique, car elle pose le problème du destin et de la mort, elle a en revanche beaucoup moins de sens biologique.
Une route c’est un produit de la technique humaine, un des éléments du milieu humain, mais cela n’a aucune valeur biologique pour un hérisson. Les hérissons, en tant que tels, ne traversent pas les routes. Ils explorent à leur façon de hérisson leur milieu de hérisson, en fonction de leurs impulsions alimentaires et sexuelles. En revanche, ce sont les routes de l’homme qui traversent le milieu du hérisson, son terrain de chasse et le théâtre de ses amours, comme elles traversent le milieu du lapin, du lion ou de la libellule.
Or, la méthode expérimentale comme l’indique l’étymologie du mot méthode c’est aussi une sorte de route que l’homme biologiste trace dans le monde du hérisson, de la grenouille, de la drosophile, de la paramécie et du streptocoque. Il est donc à la fois inévitable et artificiel d’utiliser pour l’intelligence de l’expérience qu’est pour l’organisme sa vie propre des concepts, des outils intellectuels, forgés par ce vivant savant qu’est le biologiste. On n’en conclura pas que l’expérimentation en biologie est inutile ou impossible, mais, retenant la formule de Claude Bernard : la vie c’est la création, on dira que la connaissance de la vie doit s’accomplir par conversions imprévisibles, s’efforçant de saisir un devenir dont le sens ne se révèle jamais si nettement à notre entendement que lorsqu’il le déconcerte.

G. Canguilhem La Connaissance de la vie, Paris, Ed. Vrin, 1965, pp 12-13, 39

http://www.univ-orleans.fr/neurobiologie/IMAGES/GALERIE/cellules_snc.JPG

Dessin des différentes cellules du système nerveux central et leurs organisation respectives (La Recherche, 2003)

Il a sans cesse fallu lutter, dans les sciences de la nature, pour se débarrasser de l’anthropomorphisme, pour éviter d’attribuer des qualités humaines à des entités variées. En particulier, la finalité qui caractérise beaucoup d’activités humaines a longtemps servi de modèle universel pour expliquer tout ce qui, dans la nature, paraît orienté vers un but. C’est le cas notamment des êtres vivants dont toutes les structures, les propriétés, le comportement semblent à l’évidence répondre à un dessein. Le monde vivant a donc constitué la cible favorite des causes finales. De fait, la principale « preuve » de l’existence de Dieu a longtemps été « l’argument d’intention ». Développé notamment par Paley dans sa Théologie naturelle, publiée quelques années seulement avant l’origine des Espèces, cet argument est le suivant. Si vous trouvez une montre, vous ne doutez pas qu’elle a été fabriquée par un horloger. De même, si vous considérez un organisme un peu complexe, avec l’évidente finalité de tous ses organes, comment ne pas conclure qu’il a été produit par la volonté d’un Créateur ? Car il serait simplement absurde, dit Paley, de supposer que l’ il d’un mammifère, par exemple, avec la précision de son optique et sa géométrie, aurait pu se former par pur hasard.
Il y a deux niveaux d’explication, bien distincts mais trop souvent confondus, pour rendre compte de l’apparente finalité dans le monde vivant. Le premier correspond à l’individu, à l’organisme dont la plupart des propriétés, tant de structure que de fonctions ou de comportement, semblent bien dirigées vers un but. C’est le cas, par exemple, des différentes phases de la reproduction, du développement embryonnaire, de la respiration, de la digestion, de la recherche de nourriture, de la faite devant le prédateur, de la migration, etc. Ce genre de dessein préétabli, qui se manifeste dans chaque être vivant, ne se retrouve pas dans le monde inanimé. D’où, pendant longtemps, le recours à un agent particulier, à une force vitale échappant aux lois de la physique. C’est seulement au cours de ce siècle qu’a disparu l’opposition entre, d’un côté, l’interprétation mécaniste donnée aux activités d’un être vivant et, de l’autre, ses propriétés et son comportement. En particulier, le paradoxe s’est résolu quand la biologie moléculaire a emprunté à la théorie de l’information le concept et le terme de programme pour désigner l’information génétique d’un organisme. Selon cette manière de voir, les chromosomes d’un oeuf fécondé contiennent, inscrits dans l’ADN, les plans qui régissent le développement du futur organisme, ses activités, son comportement.
Le second niveau d’explication correspond, non plus à l’organisme individuel, mais à l’ensemble du monde vivant. C’est là qu’a été détruite par Darwin l’idée de création particulière, l’idée que chaque espèce a été individuellement conçue et exécutée par un créateur. Contre l’argument d’intention, Darwin montra que la combinaison de certains mécanismes simples peut simuler un dessein préétabli. Trois conditions doivent être remplies : il faut que les structures varient ; que ces variations soient héréditaires, que la reproduction de certains variants soit favorisée par les conditions de milieu. A l’époque de Darwin, les mécanismes qui sous-tendent l’hérédité étaient encore inconnus. Depuis lors, la génétique classique, puis la biologie moléculaire ont donné des bases génétiques et biochimiques à la reproduction et à la variation. Peu à peu, les biologistes ont ainsi élaboré une représentation raisonnable, quoiqu’encore incomplète de ce qui est considéré comme le principal moteur de l’évolution du monde vivant : la sélection naturelle.

François Jacob, Le jeu des possibles, pp. 32 sq., Fayard.

 

 

 

Violence, droit et discours

philosophique

 

 

 

Le Loup et l'Agneau

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
– Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tette encor ma mère.
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
– Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

La FONTAINE

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Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. De là le droit du plus fort; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe: Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot? La force est une puissance physique; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir?


Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu’il n’en résulte qu’un galimatias inexplicable. Car sitôt que c’est la force qui fait le droit, l’effet change avec la cause; toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu’on peut désobéir impunément on le peut légitimement, et puisque le plus fort a toujours raison, il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plus fort. Or qu’est-ce qu’un droit qui périt quand la force cesse? S’il faut obéir par force on n’a pas besoin d’obéir par devoir, et si l’on n’est plus forcé d’obéir on n’y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n’ajoute rien à la force; il ne signifie ici rien du tout.


Obéissez aux puissances. Si cela veut dire, cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu, je réponds qu’il ne sera jamais violé. Toute puissance vient de Dieu, je l’avoue; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à dire qu’il soit défendu d’appeler le médecin? Qu’un brigand me surprenne au coin d’un bois: non seulement il faut par force donner la bourse, mais quand je pourrais la soustraire suis-je en conscience obligé de la donner? car enfin le pistolet qu’il tient est aussi une puissance.
Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes. Ainsi ma question primitive revient toujours.

 

Rousseau, Du Contrat social (1762),
livre 1, chap. 3,  » Du droit du plus fort « 

 

L'image “http://www.artseensoho.com/Art/SHAFRAZI/basquiat96/basquiatGIFS/basquiat3.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Jean-Michel Basquiat, untitled (Fallen Angel), 1981
Calliclès: Selon la nature, en effet, ce qui est le plus laid, c’est toujours le plus désavantageux, subir l’injustice; selon la loi, c’est de la commettre. La subir n’est même pas le fait d’un homme: c’est bon pour un esclave, à qui la mort est plus avantageuse que la vie, et qui, contre l’injustice et les mauvais traitements, est sans défense à la fois pour lui-même et pour ceux qu’il aime. La loi, au contraire, est faite par les faibles et par le grand nombre. C’est donc par rapport à eux-mêmes et en vue de leur intérêt personnel qu’ils font la loi et qu’ils décident de l’éloge et du blâme. Pour effrayer les plus forts, les plus capables de l’emporter sur eux, et pour les empêcher de l’emporter en effet, ils racontent que toute supériorité est laide et injuste, et que l’injustice consiste essentiellement à vouloir s’élever au-dessus des autres: quant à eux, il leur suffit, j’imagine, d’être au niveau des autres, sans les valoir.

Voilà pourquoi la loi déclare injuste et laide toute tentative pour dépasser le niveau commun, et c’est cela qu’on appelle l’injustice. Mais la nature elle-même, selon moi, nous prouve qu’en bonne justice celui qui vaut plus doit l’emporter sur celui qui vaut moins, le capable sur l’incapable. Elle nous montre partout, chez les animaux et chez l’homme, dans les cités et les familles, qu’il en est bien ainsi, que la marque du juste, c’est la domination du puissant sur le faible et sa supériorité admise . De quel droit, en effet, Xerxès vint-il porter la guerre dans la Grèce, ou son père chez les Scythes ? et combien de cas semblables on pourrait citer ? Mais tous ces gens-là agissent, à mon avis, selon la vraie nature du droit, et, par Zeus, selon la loi de la nature, bien que ce soit peut-être contraire à celle que nous établissons, nous, et selon laquelle nous façonnons les meilleurs et les plus vigoureux d’entre nous, les prenant en bas âge, comme des lionceaux, pour nous les asservir à force d’incantations et de mômeries, en leur disant qu’il ne faut pas avoir plus que les autres et qu’en cela consiste le juste et le beau. Mais qu’il se rencontre un homme assez heureusement doué pour secouer, briser, rejeter toutes ces chaînes, je suis sûr que, foulant aux pieds nos écrits, nos sortilèges, nos incantations, nos lois toutes contraires à la nature, il se révolterait, se dresserait en maître devant nous, lui qui était notre esclave, et qu’alors brillerait de tout son éclat le droit de la nature.

Platon, Gorgias

L'image “http://www.insecula.com/Photos/00/00/05/81/ME0000058193_3.JPG” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Allégorie de la Justice, Peinture de Gaetano Gandolfi (approx. de 1760 à 1762). Musée Du Louvre

Justice, Force

Il est juste que ce qui est juste soit suivi; il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi.

La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique.

La justice sans force est contredite, parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste.

La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Aussi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice et dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste.

Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste soit fort on a fait que ce qui est fort fût juste. Pascal, Pensée103

 

 » Qu’est-ce que le droit ? Cette question pourrait embarrasser le jurisconsulte autant que le logicien est embarrassé par la question – Qu’est-ce que la vérité ? – au cas où le premier ne veut pas tomber dans la tautologie et, au lieu de présenter une solution générale, renvoyer aux lois d’un certains pays à une certaine époque. Ce qui est de droit, c’est-à-dire ce que disent et ont dit des lois en un certain lieu et à une certaine époque, il peut assurément le dire. Mais la question de savoir si ce qu’elles prescrivaient était juste et celle de savoir quel est le critère universel auquel on peut reconnaître le juste et l’injuste lui resteront obscures, s’il n’abandonne pas quelques temps ces principes empiriques et ne cherche pas la source de ces jugements dans la simple raison (quoique ces lois puissent de manière excellente lui servir en ceci de fil conducteur), afin d’établir une fondation pour une législation empirique possible. Une science simplement empirique du droit (…) est une tête, qui peut être belle ; mais il n’y a qu’un mal : elle n’a point de cervelle. « 

Kant, Doctrine du droit

 

 

L’art

http://lewebpedagogique.com/philoflo/lart/art-nature/ 

Luc BACHELOT et Florence BEGEL
Rencontre philosophie-archéologie 3.
De l’image à une esthétique générale
18h30-20h30
Salle RC3 (Pyramide-Scolarité Paris 7 face à tour 56),
Univ. Paris 7–Denis Diderot, 2 place Jussieu, 75005 Paris
Jeu 6 Fév, Jeu 27 Fév, Jeu 13 Mars, Jeu 27 Mars, Jeu 15 Mai, Jeu 29 Mai, Jeu 12 Juin, Jeu 26 Juin
Séminaire organisé en collaboration avec le groupe Horapollon (Université libre de Bruxelles)
Nous proposons d’élaborer la définition d’une esthétique générale, conçue comme cadre essentiel de la naissance, du
développement, du maintien mais peut-être aussi de la chute, des sociétés, des communautés ; cette esthétique étant
largement dominée par la figure de l’image. Il ne s’agit pas pour nous de faire une théorie des Beaux-Arts en nous
contentant de renverser le classement hegelien des différentes modalités d’expression artistique qui culminent pour lui
dans la poésie. Ainsi avions-nous, dès le premier séminaire tenu en 1994, avancé la formule : « Image archétype de la
communauté et même de l’humanité ». En 1995, nous en sommes venus, en élargissant le propos, à nous demander
s’il ne s’agissait pas là simplement de la fonction de ce que nous appelons Art, déterminé par notre jugement de goût
3
depuis le XVIIIe siècle. Si tel était le cas, en quoi serions-nous fondés à traiter des images, sous le couvert de
l’Esthétique, domaine délimité si récemment dans notre culture occidentale ?
Suivant l’élaboration de cette définition, nous aborderons un ensemble d’exemples précis, tirés de la Mésopotamie, de
l’Egypte ancienne, de l’antiquité classique, de Byzance, ainsi que de la littérature ou l’imagerie scientifique
contemporaine, dans lesquelles la puissance de l’image ne s’exerce pas seulement dans le champ limité de l’esthétique,
mais dans tous les domaines de la conscience et des pratiques humaines.
Nous reprendrons, à l’occasion de ce séminaire, la problématique kantienne du schématisme transcendantal dans notre
rapport au monde. Nous relirons ensuite les textes essentiels de Merleau Ponty sur l’art, ainsi que les Leçons pour
une phénoménologie de la conscience intime du temps de Husserl.
Enfin, une réflexion sur l’image, ses pouvoirs, ses enjeux et son jeu incessant dans l’élaboration du lien
communautaire, social ou politique, ne pouvait ni faire l’économie d’une réflexion sur le théâtre, ni, peut-être, se
présenter et se manifester plus puissamment que par le théâtre.
Intervenants : Eric Van Essche (Université Libre de Bruxelles/FNRS), Jean-Daniel Forest (CNRS, Paris).

 

Un commentaire pour “TEXTES en regard du cours”

  1.  florencebegel dit :

    Tom et Jerry ont disparu !
    Si leur auteur les croise entre deux dynamites, prière de les joindre à ce commentaire merci !

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