Lettre d’Arthur

Avignon, le 20 janvier 1870

Cher professeur,

Voici maintenant plus d’une semaine que je déambule dans de grands champs, de grandes prairies, de grandes forêts. Je suis enfin libre de faire ce qu’il me plaît, de courir nimporte où. Certes, ce n’est pas le grand confort, mais on s’y habitue et, cela pourrait presque nous paraître superbe de porter de vieux habits troués ou une chaussure à laquelle il manque le bout. Moi, j’adore cette vie. J’adore m’étaler dans l’herbe et attendre. Attendre que les nuages passent pour laisser leur place aux étoiles, attendre que le soleil parte pour que la lune s’installe. Voir toute cette nature, entendre le bruit des oiseaux, du vent soufflant sur les feuilles, cela me ravit, me réconforte. Je compte parcourir toute la France, sans savoir où je vais, où je suis et par où je suis venu. J’avoue avoir très mal aux jambes, mais la soif de liberté me donne une énergie folle. Le froid aussi vient un peu gêner ma fugue. Mais après avoir vécu une semaine dehors, dans le froid et sous la pluie, on ne craint plus rien. J’ai peur car j’ai entendu dire que, dans une semaine, de la pluie tombera très fort ou même il y aura de la neige ; Voilà qui n’arrange pas mes affaires! J’espère que vous n’enverrait personne à ma recherche. Je vous fait confiance.

Je vous dis à bientôt,

Votre Rimbaud, enfin libre.

P.S.: Ne dites rien à ma mère

Zachary, 4° B

Posted in Articles
RSS 2.0 | Trackbacker | Commenter

Laisser un commentaire

Vous devez être Connecté pour poster un commentaire.