Dernières révisions avant le bac (philosophie)

Les fiches sont au complet. Signalez-moi les oublis, s il y en a, posez toutes vos questions.
A partir de demain, nous revoyons les méthodes..

Fiche le bonheur

bonnard-famille.jpgBonheur : (etym latin bonum augurium, « bonne chance », « bonne fortune ») 1) Sens ordinaire : Etat de satisfaction stable et complète, par opposition un plaisir, irrégulier et inconstant. 2) Philosophie : a) Chez les anciens en général : état de bien être et de plénitude qui constitue la fin, ou l’une des fins de l’action morale. La doctrine « eudémoniste » associe la vertu et le « Souverain Bien », c’est-à-dire le bonheur obtenu par la voie de la sagesse b) Chez Aristote : le bonheur est lié à la réussite de l’activité, et l’activité la plus humaine étant l’intelligence, c’est elle qui est à même de nous procurer le bonheur suprême c) Chez Epicure : le bonheur du sage, qui est à réaliser en ce monde, consiste en un savant dosage des plaisirs, parmi lesquels ceux de l’esprit sont toujours à privilégier d) Chez les stoïciens et Descartes : le bonheur est l’accord entre nos désirs et l’ordre du monde. Etant donné que l’ordre du monde ne dépend pas de notre volonté, il faut essayer, autant que possible,d’y adapter conformer nos désirs e) Chez Kant : l’existence des hommes n’est pas orientée vers le bonheur comme vers un but suprême, même si tous les hommes aspirent naturellement au bonheur. En tant que satisfaction complète et permanente de toutes nos inclinations, le bonheur reste un « idéal de l’imagination » c’est-à-dire un objectif non seulement irréalisable mais même insensé (il est inconcevable de satisfaire toutes nos inclinations à la fois et en même temps !). Tout homme peut donc saisir le bonheur comme une chance, un hasard inattendu, mais c’est une erreur de croire que le bonheur pourrait constituer un objectif moral : mon bonheur propre ne peut devenir une loi que si j’y inclus celui des autres, or il ne peut y avoir à cet égard que des règles générales, mais aucune loi universelle. Tout ceci ne signifie pas, que pour Kant, chacun doive renoncer aux exigences du bonheur, mais seulement que « la morale est la doctrine qui nous enseigne non comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre digne du bonheur » f) A la suite de Kant, les modernes sont souvent très réservés à l’égard du bonheur (en tant qu’idéal moral), qui leur paraît soit suspect soit hors de portée. Vladimir Jankélévitch lui oppose la « joie » qui est sentiment pur et intense mais, pour cette raison même, éphémère. Freud pour sa part, aime citer ces vers de Goethe : « Tout dans le monde se laisse supporter/ Sauf une série de beaux jours ».

Fiche morale

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Devoir : (etym :  latin debere, de de et habere,  » tenir quelque chose de quelqu’un, lui en être redevable « ) 1) Sens général : obligation sociale ou morale, propre à une fonction déterminée (le devoir de réserve) ou bien d’ordre plus général (le devoir de solidarité) 2) Chez Kant : commandement qui s’impose à la volonté soit de façon conditionnelle (obligation relative à un objectif particulier) soit de façon inconditionnelle. Le devoir proprement dit est le devoir moral inconditionnel  qui s’impose à tout homme et qui vaut pour tout homme. Le devoir  (au sens moral) implique une idée de l’homme tel qu’il soit capable de concevoir une loi qui  puisse  être reconnue et adoptée pour toutes les volontés raisonnables, c’est-à-dire par tous les êtres doués de raison.

Mœurs/ Morale : (etym : du latin mores,  » mœurs « , et de moralis, chez Cicéron, qui traduit le grec ethikos, relatif aux mœurs, moral) 1) Sens ordinaire : les mœurs sont les habitudes, les coutumes et les règles d’une société relatives à la bonne conduite et au devoir. La morale est la théorie de l’action humaine en tant qu’elle se préoccupe de ce qui doit être et vise le bien. 2) Chez Kant : les mœurs recouvrent le domaine des conduites inspirées par les désirs et les inclinations, tandis que la morale renvoie à l’action qui relève de la libre volonté. La morale  (dite de Kant) se contente d’expliciter les principes qui sont à l’œuvre dans toute expérience d’ordre moral, autrement dit   liée  à  l’observation d’  impératifs catégoriques.

Sentiment : (etym : sentire,   » percevoir par les sens « ,  » sentir « ,  » ressentir « ). 1) Sens ordinaire : tous les états affectifs de l’homme qui, par opposition aux émotions fugitives, comportent une certaine stabilité, tels que l’amour, la joie, le chagrin, mais aussi les sensations et les plaisirs esthétiques ou moraux 2) Philosophie : en tant que forme supérieure de l’activité affective, le sentiment est  le propre de l’homme. Certains sentiments peuvent même comporter une dimension spirituelle ou morale, comme la bienveillance, la générosité,  le sentiment religieux  etc…3) Chez certains moralistes (Hume, Rousseau), le sentiment  est le véritable fondement de toutes les inclinations morales qui ne sont des formes de sympathie ou d’amour sublimées. Ils s’opposent en cela aux philosophes rationalistes   (Platon, Descartes, Kant) qui considèrent que le devoir procède de la connaissance de la Loi, elle-même instaurée  par la raison.
Vertu :  (etym latin virtus,  » mérite essentiel « ,  » vertu  » ) 1) Sens ordinaire (vieilli) : volonté de bien faire, souci de l’intérêt de l’autre, force morale. 2) Sens ancien : puissance, aptitude ou capacité propre à un être (exemple : la vertu de l’œil est de bien voir). 3) Sens moderne : a) Chez Montesquieu : préférence accordée par le citoyen à l’intérêt du tout (l’Etat) par rapport à la partie ( individu), probité  et amour des lois. La vertu (synonyme de civisme) est le principe  de la République, c’est-à-dire à la fois son esprit et son fondement. b) Chez Rousseau :  préférence accordée à l’intérêt de  l’autre par rapport au sien propre, bienveillance à l’égard du genre humain ; la vertu,  conçue  ici comme un sentiment altruiste,  est  naturellement dérivée de l’amour de soi et de la compassion c) Chez Kant : disposition constante de la volonté qui observe la loi morale dans un esprit totalement désintéressé.

CHEZ KANT :

Impératif hypothétiques/catégoriques :  L’impératif (etym : imperare,  » commander « ) est un commandement de la raison qui s’adresse à la volonté.  L’impératif hypothétique ordonne ce qui est indispensable pour réaliser n’importe quel objectif. L’impératif catégorique commande de faire son devoir inconditionnellement, c’est-à-dire quels que puissent être les obstacles ou les objections.
Fondement (s)  : (etym : fundare,  » fonder « ) 1) Sens général : ensemble des éléments qui constituent  les principes de base   d’une doctrine ou d’une  théorie philosophique. 2) Chez Kant : c’est la raison qui détermine une chose et précède donc logiquement cette chose. Le fondement de la morale est à chercher dans un examen de la raison par la raison, c’est-à-dire dans ce que Kant appelle la critique de la raison pure pratique.
Autonomie/ hétéronomie (voir p 00 chapitre la liberté )
Nature (sens général :  voir p 00, chapitre Peut-on définir l’homme) : Chez Kant : la nature est  » l’existence des choses en tant que déterminées par des lois universelles « . La science de la nature, chez Kant, ne porte que sur ce qui est objet d’expérience possible, jamais sur les choses en soi.
Loi / loi morale : (etym : latin lex,   » loi « ) 1) Sens scientifique : la loi est une relation constante entre les faits,  ou entre les phénomènes ; elle  ne comporte jamais d’exception 2) Sens juridique : règle obligatoire établie par une autorité souveraine afin d’encadrer et de stabiliser les relations entre les hommes 3)   La loi morale, chez Kant :  elle est le principe de détermination de la volonté qui est valable pour tous les êtres raisonnables. Elle revêt par définition un caractère d’universalité.
Matière/ forme :  (etym :  latin mater,   » mère « ,  » source  » et  latin forma, ensemble des caractéristiques extérieures d’une chose) . Chez Kant : la matière est le contenu, le but ou encore la fin de l’action, c’est-à-dire ce en vue de quoi nous l’accomplissons, comme la réussite ou le plaisir par exemple. La forme consiste exclusivement dans son universalité, c’est-à-dire dans un caractère qui lui est inhérent. De façon générale, les formes sont chez Kant des principes qui ordonnent des matériaux empiriques, qui mettent en ordre les données de l’expérience.
Phénomène/chose en soi
Pratique :  (etym :  grec :  prattein,  » agir « ) . Chez Kant :  la pratique est le domaine de ce qui relève  de la liberté. Ce terme désigne plus précisément le champ des actions humaines en tant qu’elles se soumettent, ou sont susceptibles de se soumettre,  à la loi morale.
Phénomènes/ choses en soi : Chez Kant : les phénomènes désignent le réel en tant qu’il est connu, c’est-à-dire tel qu’il se manifeste au sujet qui appréhende le réel suivant sa sensibilité et son entendement, tandis que la chose en soi désigne ce même réel tel qu’il est en lui même.  La chose en soi est inconnaissable, par définition, mais nous pouvons nous efforcer de la penser.

Fiche politique

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Etat : (Etym : etat et Etat viennent tous deux de stare, se tenir, et de status,  » attitude, manière d’être, ce qui a donné lieu à état, au sens de statut, ou classe, puis Etat au sens de nation, puis de gouvernement. Sens usuel : 1) la nation en tant qu’elle est structurée par des institutions 2) Ensemble des structures, organes et institutions, et des hommes, qui assument l’administration et le gouvernement d’une nation. Pour les philosophes républicains, l’Etat est une instance régulatrice issue d’un contrat social. Pour d’autres, (principalement anarchistes ou marxistes) l’Etat est un istrument d’oppression au service de la classe possédante (thèse développée dans le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels)
Etat de droit : Conception moderne et juridique de l’Etat. L’Etat de droit se définit par la capacité de s’autolimiter, afin de prévenir toute dérive tyrannique ou despotique. Un Etat de droit est un Etat républicain (voir ci-dessous) et démocratique, c’est-à-dire dont le peuple est détenteur de la souveraineté. Les fondements de l’Etat de droit ont été élaborés par les théoriciens du Contrat social (Hobbes, Rousseau) et les libéraux ( Locke, Montesquieu) . Dans un Etat de droit, les droits fondamentaux des hommes sont établis et garantis par la constitution (la  » loi  » au sens de Rousseau) et tout individu a des droits qu’il peut revenbdiquer contre l’Etat et faire valoir auprès de l’Etat.
République (etym : respublica : la chose publique, l’Etat). Sens courant : tout Etat qui n’est pas monarchique, c’est-à-dire tout Etat caractérisé par le fait que la souveraineté est entre les mains des représentants du peuple élus au suffrage universel. Sens philosophique :  » J’appelle république, écrit Rousseau, tout Etat régi par des lois  » (Du Contrat social II) Cette définition de Rousseau ne peut être comprise que si l’on donne au mot  » loi  » le sens de loi fondamentale ou organique (la Constitution). La loi, selon Rousseau, est toujours  » juste « , car elle est l’acte de la volonté générale. Dans ce sens précis et restreint, une  » république  » est ce qu’on appelle aujourd’hui également un  » Etat de droit  » c’est-à-dire un Etat essentiellement animé par l’idée de droit, ce qui implique : 1) une Constitution approuvée théoriquement par tous les citoyens, Constitution surplombant tout le dispositif juridique et politique 2) l’idée d’une volonté générale supposée constituer la source de toute loi 3) la possibilité pour tous de participer aux décisions d’ordre politique 4) l’égalité formelle de tous et la protection des droit fondamentaux (sécurité, libre expression, accès à l’éducation etc..) de tous les citoyens par l’Etat.
Volonté générale : chez Rousseau (Du contrat social I, 6 et 7 et II, 4). Elle n’est pas la volonté majoritaire ni même la volonté de tous, car elle n’est en aucune façon une somme de volontés particulières. Théoriquement, idéalement, elle est, en chaque homme, la volonté raisonnable qui prescrit les décisions les plus conformes à l’intérêt général. Son mode d’expression privilégié est la loi ; et son objet (ce sur quoi elle porte) ne peut être que d’ordre général (ce qui signifie que la Loi, en ce sens, ne peut établir de différentiations entre les citoyens).

Libéralisme : (etym : latin liberalis,  » bienfaisant « ,  » généreux « ) 1) Sens classique : conception  » libérale  » de la société, dont Locke fut l’un des représentants, qui repose sur l’idée que les individus ont des droits inaliénables (sécurité, propriété, libre expression..) qui sont ancrés dans la nature, et que l’Etat a pour vocation essentielle d’établir et de préserver. S’il ne le fait pas, l’individu a le droit de désobéir. 2) Sens actuel : le libéralisme économique est la doctrine suivant laquelle les lois du marché sont auto-régulatrices et ne doivent donc pas être entravées par les autorités publiques. Cette doctrine s’oppose diamétralement aux revendications collectivistes et planificatrices (appropriation collective des moyens de production, réglementation du travail, protectionnisme etc..) . Le libéralisme politique est la doctrine politique qui valorise les droits formels ( » droits de.. « ) et qui exprime des réserves concernant les revendications illimitées ( » droits à.. « ) concernant des  » créances  » que l’Etat n’a pas le pouvoir de garantir effectivement, tels que par exemple, outre le droit au travail, le droit à la santé, le droit à un logement décent, aux loisirs et désormais, à un environnement non pollué. Les libéraux (B. Constant, Tocqueville) estiment qu’il est vain de promettre ce que l’on n’est pas en mesure d’accorder, et, en outre, que la demande excessive d’égalité peut contrecarrer l’exigence de liberté. Il faut remarquer que  » libéral  » en France désigne une sensibilité de droite alors qu’aux Etats-Unis les libéraux sont les démocrates.

Idéologie : (etym : grec idea ,  » idée « , et » discours rationnel « ).
Terme inventé au 18 ième siècle par Destutt de Tracy pour désigner une science qui a pour objet les idées, leur origine et les lois auxquelles elles obéissent.
1) Sens courant : péjoratif : système d’idées creuses, doctrines vagues et nébuleuses, théorie faussement rationnelle 2) Selon Marx : ensemble de croyances, de parti-pris et de thèses propres à une classe sociale, et dérivées d’intérêts communs plus ou mois inavoués 3) Selon Hannah Arendt : l’idéologie est la  » logique d’une idée « . Une idéologie est un système de pensée ancré dans la croyance en la suprématie de la logique, c’est-à-dire d’une rationalité implacable et omnipotente dans son rapport au réel. Toute idéologie est donc virtuellement  » totalitaire  » car elle délivre des clés qui dispensent l’individu de penser, tout en lui intimant d’avoir confiance dans ses chefs éclairés, voire infaillibles.

Fiche la vérité

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Vérité  (etym : latin veritas, de verus, vrai) 1) Sens courant : caractère de conformité d’un discours, d’une proposition, d’une thèse ou d’une représentation quelconque, à la réalité. 2) Philosophie : 1)  Saint Thomas et scolastique : c’est  » l’adéquation (ou conformité) de la chose avec l’intelligence « .  Cette conception est aujourd’hui,  en gros,  celle qui a été retenue par le  sens commun 2) Acception générale : caractère des jugements auxquels on ne peut qu’accorder son assentiment, c’est-à-dire  qui s’imposent à tous les esprits, et qui fondent et sollicitent l’accord de tous les hommes de bonne foi. Les philosophes, en accord sur ce point , à nouveau, avec le sens commun, retiennent trois types de critères permettant de contrôler ou de reconnaître la vérité : l’évidence pour les vérités premières (axiome), la démonstration ou le caractère démontrable, pour les propositions et les  théories, et la vérifiabilité  (confrontation concluante avec les données expérimentales) pour tout ce qui a trait à  l’expérience. 3) Epistémologie :  correspondance de l’hypothèse ou de  telle ou telle proposition  avec les données observables,  et cohérence de cette hypothèse avec l’ensemble de la théorie scientifique concernée. Pour le philosophe Karl Popper, toute théorie scientifique est falsifiable, c’est-à-dire qu’elle risque toujours d’être invalidée, au moins partiellement, par des faits nouveaux qui la contrediraient. 4) Logique : accord de la pensée avec elle-même. Toutefois, la  » vérité  »  logique, dite aussi validité, ou vérité formelle, n’est qu’une condition de possibilité de la vérité. La logique ne peut rien nous apprendre sur les choses elles-mêmes, c’est-à-dire sur la vérité  » matérielle  » qui ne peut être acquise que par l’expérience.
Vrai : (etym : latin verus,  » vrai « )  Conforme au réel ou (et) cohérent. Le vrai est  toujours une relation  (entre l’esprit et les choses, ou des esprits entre eux, ou du discours avec ses propres prémisses). Donc l’idée de vérité absolue (non relative) ou encore indépendante du jugement  des hommes, est très problématique.   En outre, le vrai implique le langage, donc est en grande partie conventionnel.
Réel  (etym :  latin realis, de res,  » chose « ,  » objet « ) Tout ce qui existe à un titre quelconque. Les apparences, les faits sont (plus ou moins) réels. Mais ils ne sont pas  » vrais « . Les idées ou les formes intelligibles peuvent être réelles. Non pas vraies.
Vérifiable/vérifié : Ce dont la vérité peut être établie, prouvée. Vérifié : Ce qui est effectivement attesté au moment où l’on parle. Les théories scientifiques sont vraies et  vérifiables, mais pas toujours vérifiées (cela dépend du niveau des dispositifs de vérification à un moment donné). Elles peuvent être  » falsifiées  » c’est-à-dire contredites, infirmées par certaines expériences.
Vérités scientifiques : Elles sont relatives (au secteur de l’être impliqué) et provisoires. Mais les vérités scientifiques ne deviennent pas  » fausses « . Les théories scientifiques sont des approximations, des fictions, toujours susceptibles d’être  réfutées ( » falsifiées), puis remaniées. Leur vérité est relativisée. Les révolutions scientifiques sont des changements de paradigmes. Les théories  anciennes sont englobées par les suivantes (la théorie d’Einstein englobe celle de Newton, la théorie de Darwin  dépasse  celle de Lamarck, tout en en adoptant son postulat de base etc…). Bref, ni en sciences ni ailleurs, le vrai (à un moment donné) ne devient pas  faux. La théorie de Ptolémée n’était pas scientifique, pas plus que celles des alchimistes (chaque science a une date de naissance précise).
Vérace, véracité : Qui ne veut pas tromper. Se dit de Dieu, supposé vérace.
Vérité révélée :  (de revelare,  » découvrir « ) vérité cachée , inaccessible à la raison et transmise aux hommes par des voies  surnaturelles.
A priori : expression latine : littéralement :  » antérieur à l’expérience « . Chez Kant : vérités universelles et nécessaires (formes de la sensibilité, catégories de l’entendement et idées de la raison).
Valide : (etym : latin validus, validitas,  » fort « ,  » puissant « ) Non contradictoire. Synonyme : cohérent.  Se dit des discours argumentés. Mais un discours  logique (donc cohérent) peut être  faux c’est-à-dire en contradiction avec le réel si  l’une de ses prémisses est  fausse.

Fiche matière et esprit

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      Matière : etym : latin materia « matière » de « mater », « la mère », « la source ») 1) Sens courant : substance ou réalité constituant le fondement de l’ensemble du monde sensible. 2) Logique : par opposition à la forme (d’un raisonnement) signification ou contenu des propositions et des termes de l’énoncé 3) Sciences physiques et cognitives : ensemble des éléments constitutifs de toute réalité observable ( atomes, molécules, neurones, circuits électriques etc…) 4) Philosophie : a) pour la philosophie matérialiste dont les premiers représentants furent (Démocrite 360-480 av JC) et Epicure (341-270) réalité constituée d’atomes insécables, homogènes, en mouvement dans le vide, et qui forment par agrégation les corps d’une nature éternelle et infinie b) Chez Aristote, la matière toujours moulée dans une forme dont elle n’est séparable que par abstraction, est l’un des principes constitutifs de toute substance singulière sensible. Elle est une sorte de virtualité, une puissance qui ne s’actualise qu’en empruntant un aspect déterminé c) A partir de Galilée et Descartes : la matière est homogène et mathématisable. Pour Descartes elle est une substance dont l’essence est l’étendue géométrique. Le monde matériel doit s’exprimer en termes de configurations spatiales et de mouvements pouvant trouver leur traduction algébrique d) Physique contemporaine : la réalité matérielle perd son caractère concret car ses constituants (particules élémentaires, ondes électriques, champs électro-magnétiques etc..) sont de moins en moins palpables hors de tout dispositif expérimental e) Sciences cognitives : ensemble des phénomènes ou des processus accessibles à l’observation ou inférés à partir de l’observation. La science, par définition, nomme matière ce qui est observable et dont la réalité peut être établie de façon objective et certaine. La question de la nature métaphysique ou ontologique d’une telle réalité, en revanche, n’est pas de son ressort. (voir matière et forme, p 00, chapitre Réflexion sur les fondements de la morale)
      Esprit : (Etym : latin spiritus , « souffle » , « vent » « esprit ») 1) Sens ordinaire : principe de la vie psychique propre aux êtres humains; synonyme de âme, et fondement de la pensée 2) Théologie : force spirituelle et vivifiante, éventuellement d’origine divine, qui s’oppose à la chair et qui témoigne de la vocation surnaturelle, ou transcendante, de l’homme 3) Philosophie : a) Sens large : réalité opposée à la matière qui permet de rendre compte de phénomènes inexplicables par celle-ci b) Chez l’homme : principe de la pensée et de la raison par opposition aux sentiments, aux émotions et aux affects qui sont enracinés dans l’organique c) Dans la philosophie de Hegel : principe impersonnel qui gouverne l’histoire d) Pour la philosophie matérialiste en général : entité imaginaire que l’approche scientifique peut laisser de côté. L’esprit n’est qu’un mot désignant un ensemble de fonctions et d’aptitudes dérivées de systèmes matériels particulièrement complexes e) Philosophie analytique et positivisme logique : entité ou réalité problématique dont il est préférable, dans la mesure du possible, de faire l’économie ; les « états mentaux » ne renvoient pas nécessairement à l’existence d’un « esprit » conçu comme une réalité indépendante se suffisant à elle-même (une « substance »). Cette approche matérialiste, behavioriste (qui se fonde sur la seule observation des comportements) et « positiviste » constitue le contre-pied de la position dualiste cartésienne.Dualisme : doctrine philosophique et thèse métaphysique, dont Descartes est le représentant le plus notoire, selon laquelle tout ce qui existe se répartit suivant deux catégories : la matière et l’esprit. La matière est une substance dont l’attribut principal est l’étendue, l’esprit est une substance dont l’attribut principal est la conscience. L’homme réunit les deux substances (le corps et l’ âme) tandis que les animaux ne sont constitués que d’éléments matériels car ils sont dépourvus d’intelligence (ou d’âme).
      Cosmologie finaliste : cosmologie (du grec cosmos, monde, univers et logos, discours, raison) : discours global et rationnel concernant l’origine et la structure de l’univers. Une cosmologie finaliste comme celle d’Aristote est une doctrine qui pose que l’univers est un gigantesque organisme vivant dont l’organisation générale est commandée par la fin (le bon fonctionnement, stable et harmonieux) du tout. Tout ce qui existe dans l’univers a une place et une fonction définie, subordonnée à l’intérêt (fin, finalité) de l’ensemble.