Citation commentée République (Platon)

Citation commentée : République, Livre VI, 486c

 

Socrate : « Une âme manquant de culture et d’élégance est, dirons-nous, naturellement portée vers la démesure » […]

Socrate : «  Donc, nous devons chercher un esprit qui joigne à ses autres qualités naturelles la mesure et l’élégance, et que ses dispositions innées guident spontanément vers l’idée de quelque chose » (486c)

 

 Le livre VI de la République comporte une interrogation sur le tempérament philosophique. Comment reconnaître un philosophe véritable ? Comment distinguer un authentique philosophe d’un philosophe seulement simulé – un sophiste ? Rappelons que le philosophe est pour Platon une personne qui ne s’en tient pas à l’opinion mais qui, tout au contraire, parvient par ses seules forces, à se hisser au niveau des idées. Il doit, pour cela, posséder un certain nombre d’aptitudes innées. Sa première qualité relève d’une relation affective à la vérité (« le philosophe est toujours épris de science »). La seconde est la sincérité ; haïssant le mensonge, il oriente en toutes circonstances son désir vers la vérité. La troisième qualité est la tempérance, et c’est ce dont il s’agit ici. La tempérance est la capacité qu’ont les esprits élevés de relativiser les réalités prosaïques (argent , pouvoir, plaisirs des sens…) . Le philosophe sait apprécier et hiérarchiser convenablement les biens véritables. Parce qu’il accès  à l’éternité, il tient pour dérisoire tout ce qui est fini. La cupidité, la bassesse, la vanité et la lâcheté lui sont étrangères. Son âme est juste et douce, et ceci dès les premières années de l’enfance, car l’élégance est une qualité innée. Puis  la culture développe en lui la tempérance qui est l’apanage des esprits éduqués, c’est-à-dire amoureux de la justice et débarrassés de leur sauvagerie originelle.

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