Désir et tourment (texte de Schopenhauer)

 

 

 

 Le désir est insatiable…Il est difficile  de connaître une  satisfaction durable et  nous sommes condamnés à vivre éternellement dans les souffrances de la privation.

 

« Tout vouloir procède d’un besoin, c’est-à-dire d’une privation, c’est-à-dire d’une souffrance. La satisfaction y met fin ; mais pour un désir qui est satisfait, dix au moins sont contrariés ; de plus le désir est long et ses exigences tendent à l’infini ; la satisfaction est courte et elle est parcimonieusement mesurée. Mais ce contentement suprême n’est lui-même qu’apparent ; le désir satisfait fait place aussitôt à un nouveau désir ; le premier est une déception reconnue, le second est une déception non encore reconnue. La satisfaction d’aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inaltérable. C’est comme l’aumône qu’on jette à un mendiant : elle lui sauve aujourd’hui la vie pour prolonger sa misère jusqu’à demain. – Tant que notre conscience est remplie par notre volonté, tant que nous sommes asservis à la pulsion du désir, aux espérances et aux craintes continuelles qu’il fait naître, tant que nous sommes sujets du vouloir, il n’y a pour nous ni bonheur durable, ni repos. Pouruivre ou fuir, craindre le malheur ou chercher la jouissance, c’est en réalité tout un ; l’inquiétude d’une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu’elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience ; or sans repos le véritable bonheur est impossible. Ainsi le sujet du vouloir ressemble à Ixion attaché sur une roue qui ne cesse de tourner, aux Danaïdes qui puisent toujours pour emplir leur tonneau, à Tantale éternellement altéré ».

A.Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation(1818), trad.A.Burdeau, éd. PUF,1966, pp.252-253.

 

 

 

39 réflexions au sujet de « Désir et tourment (texte de Schopenhauer) »

  1. Le , Florian Testano a dit :

    Bonsoir à tous, je suis élève en terminale et dois commenter ce texte d’ici peu … Cependant, je ne suis que guère inspiré, je dois fournir un plan, pourriez-vous m’aider ?

  2. Florian, pour expliquer un texte, pas besoin d’inspiration. Il faut une méthode.
    Cherchez ma méthode sur ce blog.
    VOus pouvez aussi lire la fiche « désir » et aussi le texte de Rousseau sur le désir qui dit à peu près la même chose.
    Distinguez bien désir et volonté (pour critiquer Schopenhaer, car il ne le fait pas ici) notez l’extrême pessimisme de Schopenhauer

  3. Le , Florian Testano a dit :

    En fait, je n’arrive pas à dégager un plan … pour la problématique, j’ai choisi : L’Homme désirant peut-il être heureux ? Mais je doute grandement …

  4. Il faudrait se demander pourquoi le désir ne peut être satisfait… L’expérience ne montre-t-elle pas le contraire?
    Donc pourquoi Schopenhauer pense-t-il qu’un désir est toujourss remplacé par un autre? Pourquoi la satisfaction ne pourrait-elle être qu’illusoire?
    Essayez de comprendre cela, cherchez des arguments allant dans ce sens… puis des objections (partie critique)

  5. Le , Eddy H a dit :

    Bonsoir, j’ai moi même à étudier ce texte … j’ai trouvé la problématique : Le bonheur est-il dans la suppression des désirs ?
    Mais je ne sais pas comment commencer le développement et je ne voit pas quel plan choisir ! ( je doit le rendre pour demain :s )
    Pouvez vous m’éclairer ? 🙂 )

  6. Eddy
    Revoyez la méthode: une problématique, ce n’est pas un question mais une interrogation qui comporte une ligne directrice, un plan implicite justement…
    Sur le fond voir mon mail précédent (réponse à Florian)…

  7. Le , Florian Testano a dit :

    Eddy H, pourriez-vous m’indiquer le plan que vous avez choisi ? Le professeur vous a-t-il donné quelque indication ?

  8. Le , Florian Testano a dit :

    Bon, j’en suis à la fin de mon commentaire, le problème est l’exemple qu’il donne à la fin sur le sujet du Vouloir. Est-ce seulement un exemple ? Comment l’exploiter ?

  9. Ce n’est pas un exemple mais une illustration par trois mythes; à cette occasion vous pouvez parler de la sagesse des mythes qui, sous une forme imagée, on en fait un contenu philosophique.. Ces mythes montrent que les hommes sont responsables des souffrances dans lesquels ils vont plonger du fait de leur désir.
    Demandez vous ce qu’on fait ces trois figures mythiques et si elles sont responsbles de leur « crime »

  10. Le , Valentin a dit :

    Bonsoir à tous.

    J’ai le même texte à commenter. Cependant je rencontre un petit problème. Je n’arrive pas à trouver une problématique digne de se nom (quoique ca n’est pas le cadet de mes soucis), mais surtout j’ai du mal à découper ce texte. Je souhaiterai que vous m’eclairiez ou que vous m’affirmiez le plan du texte.
     » Tout vouloir […] parcimonieusement mesurée « .
     » Mais ce contentement suprême […] prolonger sa misère jusqu’à demain « .
     » Tant que notre conscience […] Tantale éternellementaltéré « .
    Merci de votre aide.

    Valentin.

    P.S.: pour ce qui est des « exemples », ils n’ont pas été choisi au hasard…De plus, il n’y en a pas 4 ni 3. Et encore un petit élément qui pourrait vous éclairer : Schopenhauer a une vision pessimiste du monde.

  11. Valentin, j’ai déjà proposé des pistes ci-dessus pour uen problématique. Je ne peux pas en fournier de différentes pour chaque personne qui m’écrit.
    Quant au plan: découper ne sert à rien aussi longtemps que vous n’avez pas dit quelle est la thèse ou l’argument de chaque partie du texte; ce stade, il faut vous lancer… Oui Schopenhauer est pessimiste. Il n’est pas le seul sur ce thème (voir Rousseau, Baudelaire, Proust.. etc..). Ils disnet tous la même chose!

  12. Le , Valentin a dit :

    Tout d’abord, merci pour votre aide.
    Pour la problématique j’ai trouvé ce qu’il me fallait. J’ai très bien saisi le sens du texte, j’ai tout expliqué, puis commenté et finalement donné un aspect négatif. Le problème c’est que 2 plans différents se dessinent à mes yeux et c’est là mon gros problème. C’est pour faire les transitions en ne sachant pas quels sont vraiment les parties. J’ai très bien compris le texte – du moins je l’espère -, mais c’est arriver à bien subdiviser ce texte.
    Je vais vous donner mes 2 plans et si vous pensez que l’un est meilleur que l’autre dîtes les moi.

    1er plan.

    ” Tout vouloir […] parcimonieusement mesurée “.
    ” Mais ce contentement suprême […] prolonger sa misère jusqu’à demain “.
    ” Tant que notre conscience […] Tantale éternellementaltéré “.

    2ème plan.

     » Tout vouloir […] sa misère jusqu’à demain « .
     » Tant que notre conscience […] le véritable bonheur est impassible « .
     » Ainsi le sujet du vouloir […] Tantale éternellement altéré « .

    Pour ce qui est du pessimisme, j’en parle pour réfuter sa thèse car le monde entier n’étant pas autant pessimiste que lui, il paraît logique que sa thèse ne soit pas entièrement affirmée dans un monde d’espérance (concpet à définir dans la copie, car ca n’est pas dans le texte). De plus, le désir est le propre de l’homme.

  13. je vous propose de prendre le plan 1, mais de faire 4 parties,en rajoutant la dernière partie du plan 2 à titre de conclusion..

  14. Le , Valentin a dit :

    Merci beaucoup pour vos conseils. Je vais rédiger dès à présent mon commentaire. Encore merci. Je vous tiendrai au courant des résultats. Bon Dimanche et merci.

  15. Le , Valentin a dit :

    Bonsoir.

    Je viens d’avoir ma note et comme promis je vous la donne : 10/20. C’est déjà pas mal pour un premier commentaire de texte. J’espère que j’aurai plus la prochaine fois.
    Encore merci pour votre aide.
    Bonne soirée.

  16. Merci Valentin, c’est un bon début, mais il vous faut faire mieux, n’est-ce pas?

  17. Le , Valentin a dit :

    C’est sûr! J’ai une dissertation et un autre commentaire de texte à faire pendant les vacances donc je vais y repasser du temps. Au début je ne comprenais pas vraiment le but de la philosophie, mais maintenant je trouve ca de mieux en mieux, car ca nous ouvre sur les grandes questions de la vie et on développe notre sens du critique et de l’auto-dérision.

  18. Le , Valentin a dit :

    Bonjour.

    Je suis sur un devoir de philosophie sur le désir. Je n’arrive pas à définir le mot misère et je suis bloqué pour arriver à écrire quelque chose dans mon plan (ma problématique est fait, ainsi que le titre de mes parties).

    Merci pour votre aide.

  19. Pourquoi vous ne me donnez pas le sujet? Misère, c’est pauvreté et souffrance, sentiment d’insatisfation. Cela fait référence à Pascal (texte sur le roseau pensant) et au désir comme « manque »
    Désirer c’est manquer, être dans la peine…

  20. Le , Valentin a dit :

    Merci. Je peux vous donnez le sujet, ca ne me dérange pas. « Le désir est-il la marque de la misère de l’Homme ». Merci pour votre aide, comme ca je pourrais avancer.

  21. Pourquoi cela vous dérangerait….?
    Avez-vous lu les textes de Rousseau « Malheur à qui n’a plus rien à désirer) et de Pascal ?
    Vous verrez en quel sens le désir est la marque de la misère de l’homme.
    L’un et l’autre montrent aussi qu’il n’est pas que cela…

  22. Le , Valentin a dit :

    J’avais étudié un peu Rousseau (j’ai fait un bref un commentaire de texte dessus), mais Pascal non. Pourriez vous m’indiquer quel passage faut il lire pour Pascal car je ne le trouve pas dans mon livre de philo.
    Merci beaucoup pour votre aide.

  23. Le , Valentin a dit :

    Merci. Pour Rousseau je le connaissai et je l’ai mis dans ma dissertation. Quant au roseau pensant, j’en avais entendu parler mais je n’avais jamais pris le temps de le lire. Merci beaucoup pour votre aide.

  24. Le , Jeuneprof a dit :

    Madame, c’est avec un certain étonnement que je constate que d’après vous le désir n’est jamais satisfait selon ce texte… Jamais ce n’est dit dans le texte. Le terme satisfaction s’applique bien en effet, mais uniquement au désir. Il est décrit comme faisant partie de cette mécanique, née de la souffrance. Il devrait la faire cesser mais est toujours reconduit.
    La question est donc de savoir si le désir satisfait peut provoquer un contentement (et ensuite procurer le bonheur). Mais dire d’entrée que le désir n’est jamais satisfait est tout simplement faux selon ce texte. J’avoue être très surpris par la teneur de votre résumé (que vous répétez dans vos commentaires), vous qui avez contribué à un dictionnaire d’une excellente facture pour les élèves de terminale, et j’ai dores et déjà mis en garde mes élèves contre les interprétations hâtives de votre blog.
    (Ça ne m’étonne pas que Valentin n’ait eu que 10. Avec de telles erreurs des les premières lignes de cette page, il s’en sort même plutôt bien).

  25. Oui vous avez raison, je vais retirer la phrase. dans mon livre j’avais écrit en introduction:  » le déisr est insatiable… il constitue le fond obscur de toute réalité…. »
    Si j’écris cela, évidemment je n’aiderai pas l’élève, il en comprendra pas.
    Alors j’ai utilisé un raccourci, simplificateur, réducteur…
    Schopenhauer dit tout de même  » la satisfaction d’aucun souhait ne peut procurer de contement durable et inaltérable » ce qui me paraît tout de mêm très voisin de « le désir ne peut être satisfait ». La dernière phrase dit la même chose…
    mais enfin , si vous tenez au terme « erreur »..

    Je vous remercie en tout cas de la lecture attentive de mon blog. N’hésitez pas à me signaler tout autre « erreur ». Cela me rendra service!

  26. Le , jeuneprof a dit :

    Merci pour cette réponse rapide et amusante (l’ironie de votre ton me plait)
    Je vous demande par ailleurs de m’excuser du ton employé (qui était selon moi contrebalancé par le compliment quant à votre dictionnaire que j’ai beaucoup utilisé, il y a longtemps).

    Ne pensez-vous pas cependant que même dans la phrase que vous citez c’est encore la satisfaction du désir, qui, même si elle a lieu, est impropre à procurer un contentement (durable et inaltérable, ce qui indique par l’apparente contradiction avec le fait que le contentement ne soit qu’apparent, une ciritque de éphémère.
    )? Personnellement, j’ai plutôt choisi de faire reposer l’argumentation de l’auteur sur cette prise en compte de la satisfaction du désir, qui par contre, n’est pas le contentement de celui qui désire. (Donc un partage entre la satisfaction qui ne s’applique qu’au désir, et le contentement, dont on se demande s’il peut exister par cette voie. Ce à quoi on pourrait répondre que le désir en général n’est pas satisfait, mais au moins la satisfaction du désir, présente dans le texte est envisagée).

    Et félicitations aussi pour la ressource assez immense que constituent vos trois blogs.

    A bientôt pour de nouvelles « erreurs »

  27. Oui oui bien sûr , je vois ce que vous voulez dire. On peut aussi opposer le désir en général et tel ou tel désir. C’est ce que fait Rousseau quand il répond à l’objection (« le désir peut être satisfait ») : dans tel ou tel cas le désir est satisfait mais ce n’est plus vrai si l’on prend le désir en tant que « sentiment commun »

    « Si cet effet n’a pas toujours lieu sur les objets particuliers de nos passions, il est infaillible dans le sentiment commun qui les comprend toutes » (Nouvelle Héloïse, p 694 Pléiade)

    N’hésitez surtout pas à venir me corriger!
    Je serai très heureuse d’avoir un collaborateur « pointu » comme vous, jeune prof!

  28. Le , Valentin a dit :

    Personnellement je pense que selon Schopenhauer le désir n’est jamais satisfait, tout dépend de l’interprétation qu’on a du mot « désir ».
    Il écrit que le désir peut être satisfait dans le sens d’un seul désir – « mais pour un désir qui est satisfait » -, mais je pense que le désir lui-même (qui rassemble d’ensemble des désirs) ne peut pas être satisfait au vu de l’immensité de désirs à satisfaire.
    Bien sûr, tout n’est que sous-entendu dans ce texte, mais l’ensemble des désirs qu’il nomme comme le désir ne peut être satisfait.
    Après je ne suis peut être pas du tout dedans…Je ne suis qu’un terminale xD.

  29. Oui, écoutez Valentin, je ne peux pas trancher… Il me semble que Schopenhauer n’est pas absolument clair, et que donc plusieurs interprétations sont recevables. En tout cas vous faites preuve d’une belle curiosité et obstination intellectuelle!

  30. Le , Valentin a dit :

    Ca je suis bien d’accord que ce qu’il écrit n’est pas toujours très clair, que même en relisant plusieurs fois le texte on y retrouve d’autres choses à dire et parfois même contradictoires!
    C’est ca toute la finesse et la beauté de la philosophie : ne pas pouvoir avoir d’idées tranchées et ne pas comprendre l’intégralité des thèses des auteurs! Ca me plaît de plus en plus la philo!

  31. Le , jeuneprof a dit :

    Ah, mais ça, c’est ce que j’ai dit, je me re-cite « Ce à quoi on pourrait répondre que le désir en général n’est pas satisfait »

    Néanmoins, des désirs restent satisfaits, et de nouveau renaissent… Le désir est bien envisagé dans sa satisfaction ici.

    Et je ne suis pas certain que la distinction entre le désir singulier et les désirs pluriel apparaisse dans ce texte…

  32. Le , jeuneprof a dit :

    la satisfaction, elle n’apprait que comme moment provisoire à la fin d’un désir. DOnc elle existe. La question qui traverse ce texte revenant donc à savoir si le désir (si’il peut être satisfait mais est en même temps toujours reconduit) peut apporter le bonheur

  33. Le , Romain a dit :

    bonjour tout le monde j’ai besoin d’aide par rapport a ce texte. C’est un devoir de philo en terminale. C’est une explication de texte. Si vous pourriez répondre a mes questions svp
    Expliquer: – « ce contentement suprême n’est lui-même qu’apparent »
    – « le premier est une déception reconnue, le second est une déception non encore reconnue »
    et derniere question (d’approfondissement): le désir rend-il le bonheur impossible
    Merci d’avance 🙂

  34. Romain, personne d’autre que moi ne te répondra, ce n’est pas un forum.

    Sur toutes les questions que tu poses, les réponses sont données ci dessus.
    Pour ce qui concerne désir et bonheur, regarde surr ce blog les fiches désir et bonheur…

  35. Le , janot a dit :

    pour la problematique j’aurai mis le desir mene-t-il l’homme a sa perte?
    il faudrai parler du cercle du manque et comme exeemple on pourrait aborder l’idée des viols.

    le plan : I/ le desir est insastiable et on ne peut atteindre ni l’aponie, ni l’atharaxie

    II/ mais le desir et les passions permettent a l’homme d’ameliorer le monde ( Hegel)

    III/ mais la raison peut primer sur la volonté il suffit de moderer, reguler ses desirs.

  36. Faites attention Florian. Ne confondez pas commentaire et dissertation.
    On vous demande un comeentaire, je crois..
    Vous devez expliquer mot à mot le texte, une phrase après l’autre.
    Puis en discuter éventuellement la thèse dans votre seconde partie.

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