Fiche politique

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Etat : (Etym : etat et Etat viennent tous deux de stare, se tenir, et de status,  » attitude, manière d’être, ce qui a donné lieu à état, au sens de statut, ou classe, puis Etat au sens de nation, puis de gouvernement. Sens usuel : 1) la nation en tant qu’elle est structurée par des institutions 2) Ensemble des structures, organes et institutions, et des hommes, qui assument l’administration et le gouvernement d’une nation. Pour les philosophes républicains, l’Etat est une instance régulatrice issue d’un contrat social. Pour d’autres, (principalement anarchistes ou marxistes) l’Etat est un istrument d’oppression au service de la classe possédante (thèse développée dans le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels)
Etat de droit : Conception moderne et juridique de l’Etat. L’Etat de droit se définit par la capacité de s’autolimiter, afin de prévenir toute dérive tyrannique ou despotique. Un Etat de droit est un Etat républicain (voir ci-dessous) et démocratique, c’est-à-dire dont le peuple est détenteur de la souveraineté. Les fondements de l’Etat de droit ont été élaborés par les théoriciens du Contrat social (Hobbes, Rousseau) et les libéraux ( Locke, Montesquieu) . Dans un Etat de droit, les droits fondamentaux des hommes sont établis et garantis par la constitution (la  » loi  » au sens de Rousseau) et tout individu a des droits qu’il peut revenbdiquer contre l’Etat et faire valoir auprès de l’Etat.
République (etym : respublica : la chose publique, l’Etat). Sens courant : tout Etat qui n’est pas monarchique, c’est-à-dire tout Etat caractérisé par le fait que la souveraineté est entre les mains des représentants du peuple élus au suffrage universel. Sens philosophique :  » J’appelle république, écrit Rousseau, tout Etat régi par des lois  » (Du Contrat social II) Cette définition de Rousseau ne peut être comprise que si l’on donne au mot  » loi  » le sens de loi fondamentale ou organique (la Constitution). La loi, selon Rousseau, est toujours  » juste « , car elle est l’acte de la volonté générale. Dans ce sens précis et restreint, une  » république  » est ce qu’on appelle aujourd’hui également un  » Etat de droit  » c’est-à-dire un Etat essentiellement animé par l’idée de droit, ce qui implique : 1) une Constitution approuvée théoriquement par tous les citoyens, Constitution surplombant tout le dispositif juridique et politique 2) l’idée d’une volonté générale supposée constituer la source de toute loi 3) la possibilité pour tous de participer aux décisions d’ordre politique 4) l’égalité formelle de tous et la protection des droit fondamentaux (sécurité, libre expression, accès à l’éducation etc..) de tous les citoyens par l’Etat.
Volonté générale : chez Rousseau (Du contrat social I, 6 et 7 et II, 4). Elle n’est pas la volonté majoritaire ni même la volonté de tous, car elle n’est en aucune façon une somme de volontés particulières. Théoriquement, idéalement, elle est, en chaque homme, la volonté raisonnable qui prescrit les décisions les plus conformes à l’intérêt général. Son mode d’expression privilégié est la loi ; et son objet (ce sur quoi elle porte) ne peut être que d’ordre général (ce qui signifie que la Loi, en ce sens, ne peut établir de différentiations entre les citoyens).

Libéralisme : (etym : latin liberalis,  » bienfaisant « ,  » généreux « ) 1) Sens classique : conception  » libérale  » de la société, dont Locke fut l’un des représentants, qui repose sur l’idée que les individus ont des droits inaliénables (sécurité, propriété, libre expression..) qui sont ancrés dans la nature, et que l’Etat a pour vocation essentielle d’établir et de préserver. S’il ne le fait pas, l’individu a le droit de désobéir. 2) Sens actuel : le libéralisme économique est la doctrine suivant laquelle les lois du marché sont auto-régulatrices et ne doivent donc pas être entravées par les autorités publiques. Cette doctrine s’oppose diamétralement aux revendications collectivistes et planificatrices (appropriation collective des moyens de production, réglementation du travail, protectionnisme etc..) . Le libéralisme politique est la doctrine politique qui valorise les droits formels ( » droits de.. « ) et qui exprime des réserves concernant les revendications illimitées ( » droits à.. « ) concernant des  » créances  » que l’Etat n’a pas le pouvoir de garantir effectivement, tels que par exemple, outre le droit au travail, le droit à la santé, le droit à un logement décent, aux loisirs et désormais, à un environnement non pollué. Les libéraux (B. Constant, Tocqueville) estiment qu’il est vain de promettre ce que l’on n’est pas en mesure d’accorder, et, en outre, que la demande excessive d’égalité peut contrecarrer l’exigence de liberté. Il faut remarquer que  » libéral  » en France désigne une sensibilité de droite alors qu’aux Etats-Unis les libéraux sont les démocrates.

Idéologie : (etym : grec idea ,  » idée « , et » discours rationnel « ).
Terme inventé au 18 ième siècle par Destutt de Tracy pour désigner une science qui a pour objet les idées, leur origine et les lois auxquelles elles obéissent.
1) Sens courant : péjoratif : système d’idées creuses, doctrines vagues et nébuleuses, théorie faussement rationnelle 2) Selon Marx : ensemble de croyances, de parti-pris et de thèses propres à une classe sociale, et dérivées d’intérêts communs plus ou mois inavoués 3) Selon Hannah Arendt : l’idéologie est la  » logique d’une idée « . Une idéologie est un système de pensée ancré dans la croyance en la suprématie de la logique, c’est-à-dire d’une rationalité implacable et omnipotente dans son rapport au réel. Toute idéologie est donc virtuellement  » totalitaire  » car elle délivre des clés qui dispensent l’individu de penser, tout en lui intimant d’avoir confiance dans ses chefs éclairés, voire infaillibles.

8 réflexions au sujet de « Fiche politique »

  1. Le , Nory a dit :

    Que faite vous de l’anarchisme? Je pense que c’est un thème qui est à exploiter dans la politique. C’est peut être qu’une illussion mais tous les adultes ont déjà pensé à l’anarchisme quand ils étaient plus jeune.
    Par exemple en dissertation: L’État est-il l’ennemi de la liberté ?
    J’ai tendance à mettre dans ma thèse une petite partie sur l’anarchisme qui me semble incontournable même si je sais que c’est une opinion très utopiste et sans avenir. J’ai tendance à nuancé fortement mes opinions.

  2. En ce qui concerne l’anarchisme, stratégiquement, je vous recommanderai plutôt d’en faire abstraction le jour du bac.
    Sur le fond: la politique ( moderne )commence avec le réalisme Machiavel: c’est lui qui a compris que la volonté de réformer l’homme est terriblement nocive.
    Il faut faire avec l’homme tel qu’il est et non pas tel qu’il devrair être.
    Un peuple de Dieux n’aurait pas besoin d’Etat. Mais tels que nous sommes nous sommes des bêtes carnassières. L’anarchie , c’est la terreur !

    Jetez un coup d’oeil sur mon autre blog
    hansen-love.blogspot.com

  3. Le , Nory a dit :

    « Un peuple de Dieux n’aurait pas besoin d’Etat. Mais tels que nous sommes nous sommes des bêtes carnassières. L’anarchie , c’est la terreur ! »

    Cela n’est valable que si on considère l’homme est une bête de nature. « L’homme est un loup pour l’homme » de Freud. Je ne pense pas que se soit entièrement vrai. La vision que nous avons sur l’homme est déformé par la societée actuelle. La sociètée liée à l’état. Donc comment savoir si réelement, on est un loup pour l’homme. On ne peut pas prouver réelement cette situation. Il faudrait une situation où l’homme soit réelement détaché de la socièté pour voir si il est vraiment dangereux. Dans « L’enfant sauvage » (je ne sais plus l’auteur), l’enfant n’est pas réelement dangereux, il se méfit de se qu’il ne connait pas. L’homme devient dangereux quand il a peur de l’inconnue. Si l’homme connait, il n’est pas dangereux. Celui qui a dit que « L’anarchie, c’est la terreur! », a eu tord, je vais dire pourquoi! La pensée qu’on a de l’anarchie est le chaos ou la terreur. Pourquoi ? Déjà, je dirais en premier lieu que l’auteur à peur de l’inconnue. L’anarchie n’a jamais vraiment vécu, peut-être trois mois en Ukraine (il n’y a eu aucun probleme). Telle que vous concevez l’homme, vous avez raison de dire ça mais cela n’est toujours pas prouvé.

    Personnellement, je ne suis pas anarchiste. C’est une socièté trop utopiste.

    J’en ferais abstraction même si j’ai les idées, je resterais classique pour ne pas me mettre a dos le professeur.

  4. « l’homme est un animal qui a besoin d’un maître » Kant
    Tout le monde admet qu’il faut des règles. Mais chacun fait exception pour lui-même dès qu’il en a l’occasion.
    L’ homme est peut être bon à l’origine. Mais les hommes sont méchants . Tant que ce sera ainsi, l’anarchie ne sera guère souhaitable. Donc , en attendant que les hommes retrouvent leur bonté initiale, il faut des lois contraignantes…Cela risque de durer un bon moment.

  5. Le , Nory a dit :

    Merci de cette réponse. Je ne suis pas trop d’accord avec Kant mais après je n’ai pas encore lu suffisement pour le contre dire et je n’ai pas encore assez d’expérience… On verra plus tard, si je change d’avis… Ce n’est pas totalement faux mais pas totalement vrai…

  6. Le , Baptiste a dit :

    Pourquoi devrait on éviter de parler de l’anarchisme dans une copie? Mal vu par les correcteurs? Pourquoi?

  7. Anarchisme? Le pb est le suivant: il n’y a pas de philosophes anarchistes (ou en tout cas s’il y en a vous ne les connaissez pas..)ni de philosophie narchiste. Tous les grands théoriciens (de Platon à .. Rawls ou même Marx) pensent que l’on ne peut se passer d’Etat (cf Kant « L’homme est un animal qui a besoin d’un maître »).
    Donc si vous développez une thèse anarchiste.. vous serez très démuni sur le plan théorique. Enfin vous pouvez essayer: bonne chance!

  8. Le , Baptiste a dit :

    Et Proudhon ?
    Enfin de toute façon je ne connais l’anarchisme, mais tout ce que je veux dire c’est que dommage que les dissertes et surtout les cours de philo soient si « politiquement corrects » et qu’on cherche souvent à légitimer l’ordre établi. Enfin c’est mon impression.

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