La logique: vérité et validité

B L A N C H E
Considérons le syllogisme traditionnel
Tout homme est mortel Socrate est homme (1) Donc Socrate est mortel
Il est clair d’abord que la validité d’un tel raisonnement n’est nullement liée au personnage sur qui il porte: si ce raisonnement est valable pour Socrate, il le serait aussi bien pour Platon, pour Alcibiade, ou pour n’importe qui. Nous pouvons donc y remplacer le nom de Socrate par une lettre x jouant le rôle d’une variable indéterminée, et marquant seulement la place pour le nom d’un homme quelconque. Et même, il n’est pas nécessaire que ce soit un nom d’homme: car si j’écris « Bucéphale ou «l’Himalaya» , ma mineure assurément sera une proposition fausse et ma conclusion risquera donc de le devenir aussi, mais mon raisonnement n’en demeurera pas moins valable, en ce sens que si les deux prémisses étaient vraies, nécessairement la conclusion le serait aussi. Cette variable x, qui représente un individu quelconque, nous l’appellerons une variable individuelle. Nous pouvons donc écrire notre raisonnement sous cette forme plus schématique:
Tout homme est mortel
x est homme (2) Donc x est mortel
Faisons un second pas. La validité de ce raisonnement ne dépend pas non plus des concepts qui y figurent: homme, mortel. Il est donc permis de les remplacer par d’autres sans faire perdre de sa force au raisonnement. Pour marquer cette possibilité, je substituerai, là aussi, aux mots qui les désignent, des lettres symboliques, f, g, aptes à représenter des concepts quelconques : ce sont des variables conceptuelles. D’où cette nouvelle présentation
Tout f est g
x est f (3) Donc x est g
[…] Nous n’avons plus affaire qu’à un schéma de raisonnement ou, si l’on veut, à un moule à raisonnements, qui donnera un raisonnement lorsqu’on y coulera une matière. Seulement, quelle que soit cette matière,
le raisonnement sera bon, parce que sa validité ne dépend que de la forme du moule, qui demeure invariante.
On voit en quel sens on peut parler de la forme d’un raisonnement. Mais on voit aussi qu’avec cette forme, la notion de vérité semble avoir disparu. D’une part, notre schéma de raisonnement n’est pas plus susceptible de vérité que ne l’était le raisonnement initial, il est seulement, comme lui, susceptible de validité : la vérité et la fausseté ne peuvent convenir qu’aux propositions elles-mêmes, non à la manière de les organiser. […]
Pour retrouver la notion de vérité, il faut passer de la forme inférenteille du raisonnement à l’implication qui lui correspond […] Si tout fest g et si x est f, alors x est g
Cette formule peut-elle être encore qualifiée de vraie? […]
Oui […] en ce sens que, contrairement aux trois schémas propositionnels précédents, celui-ci donnera une proposition vraie quelles que soient les valeurs qu’on assigne à ses variables. Cela ne fait qu’exprimer, en langage d’implication, ce que nous exprimions tantôt en langage d’inférence quand nous disions que la validité d’une inférence est indépendante de son contenu. On dira, par abréviation, qu’une telle formule est toujours vraie. C’est ce genre de vérité, qu’on appelle tautologique, qui constitue la vérité formelle ou, comme on peut aussi la qualifier, la
vérité logique.
Robert Blanché, Introduction à la logique contemporaine, Éd. Armand Colin, 1968, pp. 10-13.

6 réflexions au sujet de « La logique: vérité et validité »

  1. Le , Gorski pascal a dit :

    Tout le monde semble connaître la logique, à grands coups de « C’est logique … » dans les discussions; mais bien peut sont capables de me démontrer ce quelle représente vraiment. Si je dis à quelqu’un que la notion de validité ou la non-validité d’un raisonnement logique est abstraite, – comme notre structure osseuse non-observable qui maintient notre corps – est qu’elle est indépendante de la vérité matérielle des propositions; alors là les choses se compliquent et mon interlocuteur me regarde d’un air dubitatif. Je cite une inférence du style: « Si Kant était un philosophe du 18 siècle, alors il possédait une Ferrari » pour lui faire comprendre que la sructure de cette implication est valide mais matériellement et temporellement impossible car Kant ne pouvait conduire un véhicule du 20 siècle au 18 siècle. Par contre si je lui dis que  » Si Kant est un philosophe, il peut rouler en Ferrari » alors il me répondra que se raisonnement est valide est matériellement possible car un philosophe ou un professeur de philosophie peut s’appeler Kant est rouler en Ferrari. CQFD

  2. personne ne connaît la logique, et j’ai bien du mal lorsque je fais un cours sur la question….

  3. Le , Chou_Boup a dit :

    bonjour,
    j’ai une question de dissertation, que j’ai du mal à résoudre.
    « Quelle chance une vérité a-t-elle de s’imposer face à des croyances fausses ? »

    Les croyances fauses sont les préjugés, les illusions et les superstitions.
    Mais est ce que l’on peut dire que le mot croyance à la même signification que le mot raison ?

    J’ai essayé de faire un plan (mais je doute de celui-ci):
    1ère partie : La vérité est indiscutable
    2ème partie : Le manque d’information sur les croyances peut fausser celles-ci.

  4. Ca ne va pas du tout. Avez-vous lu ma méthode? Avez-vous eu un cours de philo?

    Il faut
    1) Faire trois parties
    2) Chacune doit constituer uen réponse à la question posée.
    Par exemple
    1) cette chance est faible
    2 ) mais cette chance existe
    3) Toutefois souvent cette chance n’est pas saisie car les conditions ne sont pas réunies.

    Quant à votre thèse « la vérité est indiscutable » c’est une énormité!!!!!!!!!
    Quant à la question : « une croyance et la raison est-ce la même chose? »
    , je ne comprends pas. C’est comme si vous me disiez: « du camenbert et du sucre d’orge », est-ce la même chose?

  5. Le , Chou_Boup a dit :

    Bien sûr que j’ai eu des cours de philo, mais ce n’est pas une matière où j’exèle (comme vous avez pu le constater) même avec 13.50 de moyenne.

    C’est notre prof de philo qui nous à dit qu’il fallait faire 2 parties, 3 c’est trop risqué. Après je suis en STG donc..

  6. Je comprends , je comprends…
    Mais si vous faites des plans en deux parties, il faudrit être plus nuancée tout de même..
    Comme
    1) Voici pourquoi la vérité a de la peine à s’imposer (force des illusions, puissance des préjugés)
    2) Voici pourquoi cependant elle parvient à s’imposer avec le temps (efficacité de la science, dangers des illusions, inconvénients des croyances irrationnelles etc..)

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